ENSEIGNEMENT PUBLIC
collège de sorbonne, à la Sorbonne. — Composé des facultés des sciences, des lettres et de théologie. On y enseigne gratuitement et publiquement, à des jours indiqués lors de l’ouverture de chaque cours, les sciences astronomiques, physiques, mathématiques, philosophiques, naturelles; les langues mortes, l’histoire, la géographie
la littérature française et étrangère; les saintes Écritures, les dogmes, l'éloquence sacrée et l’hébreu.
Chaque année, un programme indique régulièrement les noms des professeurs et les heures auxquelles ils font leurs cours dans cet établissement. (Voyez plus loin : FACULTÉS DES SCIENCES ET DES LETTRES, p. 305.1
La Sorbonne est encore, consacrée au concours annuel de tous les collèges de Paris et à la distribution des prix. On y remarque un amphithéâtre plus spacieux qu’architectural.
La Sorbonne, nom donné d’abord à la Faculté de Parit, fut fondée, en 1252, par Robert Sorbon, confesseur de saint Louis. Sa renommée fut européenne pendant quatre cents ans, à partir du xiv* siècle; les bâtiments furent restaurés au commencement du xvn* siècle, par le cardinal de Richelieu.
école de droit, place Sainte-Geneviève, 8, et rue Saint- Jacques, 115. — L’étude régulière du droit commença à Paris en 1384, et fut réorganisée en 1630 sous Louis XIV. Les premières leçons se donnèrent rue Saint -Jean -de - Beauvais. Cette école fut transférée, en 1771, dans le bâtiment qu’elle occupe, construit sur les dessins de Soufilot.
On enseigne, dans chacune de ses deux sections, formées en 1819, le droit romain, le code civil, les pandectes, le code de procédure, le code de commerce, la législation criminelle, le droit administratif, le droit des gens, la législation pénale comparée, et l’histoire du droit.
Pour être admis à suivre scs cours, on doit apporter au secrétariat de cette Faculté le diplôme de bachelier ès-lettres. 11 faut les suivre deux ans pour obtenir le degré de bachelier, trois ans pour celui do licencié, et
quatre ans pour le doctorat; subir des examens et soutenir des thèses.
école de médecine, rue de l’École - de -Médecine , 14. Placée dans les anciennes écoles de chirurgie. — Cet édifice, commencé en 1769, sur les dessins de Gondouin, et achevé en 1786, est composé de quatre corps de bâtiment , environnant une cour de 22 mètres de profondeur sur 32 de largeur. Sa façade sur la rue en a 66. Son péristyle est formé de quatre rangs de colonnes ioniques.
Un second péristyle, de six colonnes corinthiennes surmontées d’un fronton triangulaire sur lequel lîerruer a sculpté l’union allégorique de la Théorie à la Pratique de la chirurgie, annonce l’entrée de l’amphithéâtre. Il peut contenir 1,200 personnes; mais il est trop étroit pour une école qui ne contient jamais moins de 3,000 étudiants. Sur le mur du fond sont, dans des médaillons, les portraits de J. Pitard, d’A. Paré, de G. Mareschal et de J. de la Peyronnie, chirurgiens fameux.
L’amphithéâtre est décoré de peintures à fresque, par Gibelin; orné des bustes de Lamartinière et de la Peyronnie, par Lemoine. Dans la salle d’assemblée est un tableau de Girodet, représentant Hippocrate refusant les présents qui lui sont offerts par les ambassadeurs du roi de Perse, pour aller exercer son art chez les ennemis de son pays. Cette salle est environnée des bustes des ana tomistes et des chirurgiens français les plus habiles.
Nous avons parlé ailleurs de la bibliothèque et du cabinet d’anatomie, qui sont placés dans les bâtiments de l’École de médecine.
FACULTÉS DES SCIENCES ET DES LETTRES. — Dans la COUT
de la Sorbonne sont placées de grandes salles, où les étudiants et les personnes qui ont le désir d’entendre la
parole de nos savants professeurs de l’Université s'assemblent et assistent à leurs cours.
C’est de cet enseignement que sont sortis les hommes qui ont illustré la France, depuis un demi-siècle, dans les sciences, dans les lettres, dans la politique : c’est de là que Laplace, Cuvier, Thénard, Gay-Lussac, Arago, Guizot, Cousin, Yillemain, Saint-Marc-Girardin, etc., sont partis pour arriver à la célébrité.
Des cours publics sont ouverts chaque année. Un règlement, publié au commencement de l’année scolaire, indique le nom des professeurs, les cours professés, et l’heure à laquelle le public est admis.
On trouve ce règlement affiché pendant toute la durée de l’année dans la cour de la Sorbonne et à la porte du domicile des professeurs.
L’entrée n’est pas refusée; mais il est bon de se munir d'un billet, que le recteur de l’Académie donne à ceux qui le lui demandent.
collège de France, place Cambrai, 1. — Le Collège de France fut institué par François Ier, sur la proposition de son aumônier Parvi et du célèbre Budé. 11 était destiné à l’enseignement supérieur. Les guerres civiles et les désordres qui affligèrent Taris à la fin du xvie siècle arrêtèrent son développement. Henri IV, à la fin de son règne, forma le projet d’ériger un nouveau Collège. Ses intentions n’eurent malheureusement pas tout le résultat désirable, la mort l’ayant surpris avant leur exécution- Les travaux furent continués sous Louis XIII ; Cnfin, en 1774, ils furent presque entièrement renouvelés, sous la direction de Chalgrin.
Ce Collège occupe remplacement des collèges Tréguier, des Trois-Évêques et de Cambrai, où les premiers professeurs, nommés par François 1er, avaient précédemment
enseigné. 11 se compose d'une cour spacieuse et de trois corps de bâtiment. Une arche, couronnée d’un fronton orné de sculptures, est la seule décoration de l'entrée. Quelques additions très -étendues ont été dernièrement faites le long de la rue Saint-Jacques.
Vingt-trois professeurs sont attachés à ce Collège, et y enseignent publiquement l’astronomie, les mathématiques, la physique expérimentale, la médecine, la chimie, l’histoire naturelle, la législation comparée, l'archéologie, la paléographie du moyen âge, l’hébreu, le chaldéen, le syriaque, l’arabe, le persan, le turc, le tartare-mantchou , les langues sanscrites, la littérature grecque, les philosophies grecque et latine, l’éloquence latine, la poésie latine et la littérature française.
école de pharmacie, rue de l’Arbalète, 17. — Cette école occupe les anciens bâtiments du couvent de Lourcine. Le jardin de botanique, classé d’après Tournefort, est fait sur le modèle de celui de Padoue. Elle renferme une très-belle collection de minéralogie. Dix professeurs sont attachés à cette école, et y enseignent la théorie et la pratique de la préparation des remèdes de la chimie médicale, l’histoire naturelle, la botanique et la pharmacologie.
Le jardin est ouvert tous les jours, de 10 à 4 heures, les dimanches exceptés.