‹ Nouveau guide à ParisChapitre 118 sur 266 · ÉCOLES SPÉCIALES · texte numérisé non relu

ÉCOLES SPÉCIALES

école normale, rue Saint-lacques , 15. — Cet établissement est destiné à des jeunes gens qui se' vouent à l’enseignement universitaire. L'âge de rigueur pour y être admis est de dix-sept à vingt-trois ans. Ou exige du candidat le grade de bachelier ès-lettres ou ès-sciences. Il est en outre obligé de subir deux examens sur la philosophie. l’histoire, la littérature ancienne et moderne, ou les sciences physiques et mathématiques. La durée des études est de trois ans. L’École compte dix-neuf professeurs.

école impériale polytechnique, rue de la Monlagnc- Sainte-Geneviève , 71. — Elle est établie dans les bâtiments de l’ancien collège de Navarre. Une nouvelle façade a été dernièrement élevée : elle est ornée de bas-reliefs représentant des machines de guerre, des mécaniques, etc.,

avec cinq médaillous contenant les portraits de Lagrange, Laplace, Monge, Berthollet et Foureroy.

L’École polytechnique, instituée par décret dn 21 ventôse an II, est destinée à former des ingénieurs militaires et maritimes; des officiers d'artillerie, des élèves pour les ponts et chaussées, les mines, etc. La durée des études est de deux ans, et la pension annuelle de 1,000 fr. Pour être admis, il faut subir un examen sévère, surtout pour les sciences mathématiques. La condition d’âge est seize ans au moins, vingt ans au plus. Il y a vingt-quatre bourses distribuées par les divers ministres. — On peut visiter cet établissement en s’adressant au commandant de l’École.

école impériale d’état-major, rue de Grenelle-Saint- Gcrmain, 136. — Cette école est destinée à former des officiers pour l’état-major de l’armée ; le terme ordinaire de leurs études est de deux ans.

ÉCOLE IMPÉRIALE DES PONTS ET CHAUSSÉES, rue des Suitlts-

Pères. — Quatre-vingts élèves sortant de l’École polytechnique s'y occupent de l’art de construire des routes, canaux, ponts, etc.

école impériale des mines, rue d’Enfcr, 34. — Le nombre des élèves est de neuf internes et de neuf externes. A la tète de cette École est un conseil qui dirige toutes les opérations relatives à ce service.

ÉCOLE CENTRALE DES ARTS ET MANUFACTURES, TUC de

Thorigny, 7. — Créée, en 1828, sur le plan de l’École polytechnique. On y forme des manufacturiers, chefs d’usines, ingénieurs civils, etc.

école impériale des chartes, rue du Chaume, hôtel de Clisson. — Cette École, qui a pour objet de former des jeunes gens à la lecture et à l’intelligence des anciens documents de l'histoire et à l’étude des divers dialectes

du moyen âge, fut créée par une ordonnance royale de Louis XVIII, rendue le 2 mars 1821, sur le rapport de M. de Gérando. Elle a reçu depuis plusieurs améliorations et une réorganisation nouvelle. Ses cours sont aujourd'hui très-suivis. Tous les ans il y a un concours parmi les élèves pour le brevet à' archiviste-paléographe.

école des beaux-arts, au palais des Beaux-Arts, rue Bonaparte. — Cette école, fondée par le roi Louis XV111, le 4 août 1819, comprend l’enseignement gratuit de la peinture, de la sculpture et de l'architecture dans toutes leurs parties. L’administration est dirigée par un conseil de cinq membres auquel est adjoint un secrétaire perpétuel. La surveillance des détails est exercée par un agent spécial chargé en même temps de la comptabilité. Les élèves nationaux et étrangers sont admis aux cours ordinaires, jusqu’à l’âge de trente ans, après un examen préalable.

Les concours des grands prix de Rome sont ouverts aux artistes français qui n’ont pas atteint l’âge de trente ans. Ils concernent la peinture, la sculpture, l’architecture, la gravure et la composition musicale.

Les sujets des concours sont donnés par les sections correspondantes de l’Académie des Beaux-Arts de l’Institut.

L’école des Beaux-Arts occupe le beau palais bâti en 1820 sur l'emplacement du couvent des Petits-Augustins et du Musée des monuments français. Nous en avons donné ailleurs la description. (Voir palais des beaux-arts, p. 164.)

école gratuite de nEssus, rue de TÉcole-de-iMédeciue, 5. — Cette École fut fondée en 1767, par M. Bachelier, à l’usage des ouvriers qui se livrent aux arts mécaniques. On y enseigne la géométrie pratique, l’arithmétique, la coupe des pierres, l’architecture, le dessin, etc.

école uratuite de dessen pour les jeunes personnes,

rue Dupuytren, 7. — Cette École est consacrée à l'enseignement de tous les genres de dessin, pour les jeunes filles destinées aux arts et aux professions de l’industrie. Des médailles d’argent sont distribuées en séance publique.

INSTITUTION IMPÉRIALE DES JEUNES AVEUGLES , boule-

vard des Invalides. — Fondée en 1791 par Haüy. Cette École admet les élèves de dix à quatorze ans, qui y sont instruits dans les diverses branches d’éducation, dans les langues vivantes, le calcul, la musique, etc. On y enseigne aussi les professions manuelles de nature à être exercées sans le secours de la vue. 11 y a des exercices publics, où l’on entend de fort bonne musique exécutée par les pensionnaires de l’établissement.

Cette institution , qui renferme deux cent cinquante élèves, a été transportée depuis peu d’années dans le somptueux édifice quelle occupe aujourd'hui; elle était précédemment installée dans l’ancien séminaire de Saint- Firmin. — Pour la visiter et assister aux exercices, s’adresser au directeur.

INSTITUTION IMPÉRIALE DES SOURDS-MUETS, rue Saillt-

Jacques, 254. — La pensée généreuse de rendre à la société des hommes que la nature semblait en avoir exclus pour toujours, en suppléant par la vue et les signes aux orgaues de l'ouïe et de la parole, qui manquent tout à la fois aux sourds-muets, est due à l’illustre abbé de l’Épée.

Sans autre fortune que 12,000 livres de rente, il réunit dans sa propre maison quarante sourds-muets, les nourrit, les instruisit, et dépensa pour eux tout ce qu’il possédait, en s’imposant à lui-môme les plus dures privations pour fonder un des plus -beaux établissements dont la France s’honore.

La reine Marie-Antoinette ayant visité celte école , Louis XVI, sur sa demande, accorda à cette institution un local dans le couvent des Célestins, et une pension de 3,400 fr. L’abbé de l’Épée mourut en 1790, emportant la consolation de voir se continuer le bien qu’il avait fait. L’abbé Sicard lui succéda. Les sourds-muets furent transférés dans l’ancien séminaire de Saint-Magloire, et reçurent du Gouvernement une rente annuelle de 70,000 fr., comptée en 1813 au rang des dépenses publiques de l'État.

Sur cette dotation, quatre-vingt-dix élèves reçoivent une instruction gratuite. Un nombre illimité de pensionnaires payant : les garçons 900 fr. par an, et les fdles 800 fr., partagent les fruits de cette institution. 11 y a école gratuite pour des externes des deux sexes.

coxsEnvAToinE des arts et métiers, rue Saint-Martin, 208. — Placé dans les bâtiments de l’ancienne abbaye de Saint-Martin, et fondé, en 1794, sur la demande de l’abbé Grégoire. On remarque, dans la galerie centrale, un écho très-curieux qui répète, d’un angle à l’autre, un mot, si bas qu’il soit prononcé. Consacré aux machines de toutes espèces, aux outils, aux instruments aratoires, etc. On y voit le tour à guillocher du roi Louis XVI. — Entrée du public les dimanches et jeudis.

Cet édifice fut le lieu de réunion des chefs du mouvement insurrectionnel du 13 juin 1849. On en a reconstruit une partie, dans ces dernières années, sur un plan très-vaste; et on restaure en ce moment, pour servir de salle d’exposition, l’antique et curieuse église de l’abbaye Saint-Martin.

La bibliothèque, dont nous avons parlé ailleurs (voir page 302), occupe le beau réfectoire des moines, réparé et orné comme il l’était au xin* siècle.

Page 1