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HOPITAUX

hotel-dieu, placé du Parvis-Notre-Dame. — L’origine de cet établissement remonte au vii* siècle. Un des plus anciens et des plus illustres évêques de Paris, saint Landry, qui vivait sous le règne de Clovis 11 et mourut l’an 651, en est considéré avec raison comme le fondateur , parce qu’il dota de revenus fixes et assurés la maison des matriculiers, c’est-à-dire l’asile où des pauvres inscrits et matriculés recevaient les secours de la charité épiscopale, et étaient soignés dans leurs maladies.

A cette époque, il existait sur l’emplacement occupé aujourd'hui par l’Hôtel-Dieu un monastère de filles appartenant à Échinoald , maire du palais, qui en fit don à la cathédrale. Ce fut dans les murs de ce couvent, reconstruit ou agrandi, que l’on installa l’hôpital fondé par saint Landry. Et comme on y joignit bientôt après la cha-

pelle de saint-Christophe appartenant an chapitre, on donna le nom de Saint-Christophe à l’hôpital même.

C’est sous ce titre que l'IIôtel-Dieu est cité pour la première fois dans un acte de 829, par lequel l’évêque Incliade assigne à cette maison les dîmes des biens dont il avait gratifié son chapitre. On voit, par le même acte de donation , qu’à certains temps les chanoines y venaient laver les pieds des pauvres.

Les chanoines possédaient dès lors la moitié de cet établissement; l’autre leur fut cédée en 1002, par Renaud, évêque de Paris; et vers la fin du même siècle, l’évêque Guillaume leur fit don de l’église de Saint-Christophe. Depuis cette époque , on voit l’Hôtel-Dieu entièrement sous l'administration du chapitre, gouverné par des chanoinesproviseurs choisis dans son sein , et la chapelle Saint- Christophe desservie par des prêtres de la cathédrale.

L’IIôtel-Dieu n’était pas seulement destiné à recevoir les pauvres malades, mais encore les voyageurs pèlerins, les gens sans asile. Dans la suite , cependant , il fut presque exclusivement consacré aux malades; et en 1168, le chapitre de Notre-Dame, pour augmenter le nombre des lits, ordonna que chaque économe, en mourant où en quittant sa prébende, donnerait un lit à l’hôpital.

Le service de l’établissement, devenu insuffisant par suite de l'accroissement de la population , dut être augmenté, et en même temps régularisé. C’est ce que fit, en 1217, le doyen Étienne, conjointement avec le chapitre, par un statut qui chargea quatre prêtres et quatre clercs des soins spirituels ; trente frères et Aringt-cinq frères également laïques curent soin des malades.

En 1221 , dit Guillaume le Rreton, parlant de l’IIôtel- Dieu, la foudre tomba sur les bâtiments de Yaumônerie , situés devant l’église de Notre-Dame-dc-Paris, et les endommagea. Philippe-Auguste donnait à cet hôpital « les

pailles de sa chambre et de sa maison de Paris, chaque fois qu'il partait de cette ville pour aller coucher ailleurs. 1

Saint Louis, à son retour de la Palestine, agrandit beaucoup les bâtiments de la Maison de Dieu , qui, dès cette époque , et d’après son vœu , prit le nom de Notre-Dame ou de la bienheureuse Vierge Marie , comme il l’appelle lui-même , nom qu’il quitta ensuite pour le beau nom A' Hôtel-Dieu. Saint Louis l’exempta encore des droits d'entrée, de toutes impositions; lui conserva ce privilège un peu singulier qui donnait aux seigneurs et à certains de leurs officiers la faculté de prendre les denrées qu’il leur plaisait et d’en fixer eux-mêmes la valeur , et le prit enfin sous sa protection spéciale.

L’IIôtcl-Dieu , dès lors dans les attributions et sous la surveillance des gouverneurs , fut considéré comme domaine royal. Sa gestion devint assurée et ses ressources à l’abri de toutes vicissitudes. Aussi saint Louis mérite-t-il d’en être considéré comme le plus puissant patron et comme son second fondateur.

Charles le Bel, en 1324, fit don de cent charrettes de bois, à prendre annuellement dans les forêts royales. Philippe de Valois donna les pâturages dans les propriétés royales et une somme considérable à la dame prieure, pour l’ensevelissement des morts. Enfin divers dons et dispenses furent successivement accordés par Charles V et Charles VI. Ensuite Louis XII, Henri 111 et Henri IV confirmèrent ces anciens droits et en accordèrent de nouveaux.

L’Hôtel-Dieu ayant acquis, par les bienfaits des rois, du clergé et des particuliers, une grande importance, il exigeait une administration active, une surveillance soutenue , auxquelles les chanoines ne pouvaient plus suffire. Des abus s’étaient glissés dans l’administration. Toutes ces circonstances amenèrent la réformation qui eut lieu en 1505.

Le cardinal d’Amboise, des présidents , des conseillers, le doyen, le chapitre, enfin le prévôt des marchands et les échevins arrêtèrent de nouveaux statuts, pour en attribuer l’administration à une réunion d’ecclésiastiques et de laïques.

On ne reçut plus à l’Hôtel-Dieu que les malades atteints de maladies aiguës, plusieurs hôpitaux spéciaux ayant été établis pour les maladies chroniques et les maladies contagieuses. Ou y comptait 1,200 lits; le nombre des malades était habituellement de 3,000 et quelquefois du double.

Ce ne fut que longtemps après qu’on put remédier aux dangers qui résultaient de la réunion de plusieurs malades dans un même lit. Leur service immédiat était fait par cent religieuses de Saint-Augustin , indépendamment des médecins, chirurgiens et autres officiers de santé de divers grades.

Plus tard, l’organisqtion de l’Hôtel-Dieu fut encore changée. La réforme devint encore plus parfaite en 1630, par les soins de Geneviève bouquet, dite du saitit nom de Jésus, prieure de l’ordre de Saint-Augustin. Cette sainte fille voulut que les sœurs de l’hôpital fissent des vœux de religion et d'hospitalité, et établit un noviciat régulier. Le nombre des religieuses fut alors porté à cent trente.

Avant saint Louis, les bâtiments de l’Hôtel-Dieu ne consistaient que dans trois ou quatre corps de logis avec l’ancienne chapelle de Saint-Christophe. Des agrandissements successifs eurent lieu depuis, particulièrement en 1531, où les acquisitions nouvelles s’augmentèrent de plusieurs bâtiments sur la rive méridionale de la Seine, rue de la Bùcherie.

En 1606, Henri IV fit construire le pont Saint-Charles pour joindre ensemble les bâtiments des deux rives. En

1634, on termina le second pont, appelé pont au Double, à cause d'un péage qui s'y percevait au profit de l’hôpital et pour lequel on payait un double, petite monnaie du temps.

L’Hôtel-Dieu continuait de s’agrandir : en 1714, les administrateurs obtinrent un droit sur les entrées des théâtres. En 1737 et en 1772, deux incendies ravagèrent 1 Hôtel- Dieu ; et dans le dernier, un grand nombre de malades périrent. Louis XVI rendit une ordonnance qui défendait de mettre plus d'un malade dans chaque lit.

L’érection de nouveaux hôpitaux, construits en 1794 et en 1801, permit de pratiquer à l'Hôtel-Dieu quelques démolitions et d’y établir des systèmes d’assainissement qui ont réduit ses tables de mortalité au chiffre des hôpitaux les mieux situés. La moyenne des décès est d’un sur neuf malades.

Aujourd’hui, l’Hôtel-Dieu, par ses démolitions, par la construction récente d'une façade vers l’orient, du côté de l’ancien archevêché, a reçu une apparence assez régulière. Une partie des bâtiments qui se trouvaient sur la rive gauche de la Seine est tombée pour faire place à la prolongation de la ligne des quais.

L’édifice de l’Hôtel-Dieu se compose donc de deux principaux corps de bâtiment : l’un, dans l’ile de la Cité, l’autre, sur la rive méridionale de la Seine, communiquant entre eux par le pont Saint-Charles. Le petit pont est entièrement indépendant de l’édifice, qui avait autrefois son entrée principale de ce côté. Celle du parvis Notre-Dame était autrefois un portail d’un gothique très-élégant.

L’entrée actuelle, sur le parvis, a été construite en 1804, par Clavereau. L’architecte lui a donné un caractère mixte qui tient des temples et des monuments consacrés à la bienfaisance et à l’utilité publique. Trois colonnes doriques sans cannelures supportent une frise et un fronton

sans sculptures; deux croisées latérales en forme d’arcades ressemblent un peu aux niches des portails d’église.

Dans le péristyle, à gauche, est la statue de saint Vincent de Paul; à droite, celle de Montyon, qui a légué plus de cinq millions aux hospices. Un grand vestibule sur lequel ouvrent les bureaux, les salles de gardes, les amphithéâtres, deux grandes salles de chirurgie et le grand escalier, est orné des portraits des médecins et chirurgiens les plus célèbres de cct hôpital : Thibault, Méry, Dessault, Pelletan, Moreau, Boudon, Bichat, Dupuytren.

En face est le pont Saint-Charles, partie couvert en corridor, partie à jour, et dont la démolition a été décidée. Après le pont se trouve une petite salle des Pas- Perdus, où sont placées les statues de marbre de saint Landry, de saint Louis et de Henri IV, sur des socles couverts d’inscriptions. Sur le piédestal de la statue de saint Louis, on a gravé un extrait de l’ordonnance par laquelle le roi prend l’Hôtel-Dieu sous sa protection.

Diverses inscriptions rappellent, l’une les dates et les motifs des diverses ordonnances royales relatives aux dotations de cet hospice, depuis celle de Philippe-Auguste jusqu’à celles de Louis XVI; d’autres conservent le souvenir des bienfaits que cet hôpital a reçus de divers personnages, tels que Mazarin, Antoine de Laporte, Montyon, etc. Une dernière donne en entier l’ode célèbre que Gilbert composa, comme l’on sait, à l’Hôtel-Dieu :

Au banquet de la vie, infortuné convive,

J’apparus un jour et je meurs ;

Je meurs, et sur ma tombe, où lentement j’arrive,

Xul ne viendra verser des pleurs 1

Au-dessous on lit : Gilbert , — 8 jours avant sa mort, — 22 ans.

Depuis 1002, l'ancienne église de Saint-Julien-le-Pauvre,

voisine de l’Hôtel-Dieu, sert de chapelle à cet hospice. (Yov. Église de Saint- J ulien-le-Pauvre .)

• Vingt-trois salles, dont onze pour les hommes, douze pour les femmes, occupent les trois étages de l’Hôtel-Dieu; elles contiennent onze cent cinquante lits complets. L’ad-1 ministration, composée de quinze membres, non compris le préfet de la Seine et le préfet de police, est la môme pour tous les hôpitaux de Paris.

Le personnel de l'IIôtel-Dieu comprend un directeur, un économe, un certain nombre de commis de bureaux, trois aumôniers, quinze sœurs pour le service général, trois novices, quatorze garçons et quatorze filles de service, dix-sept sœurs de salle, soixante infirmiers, trente infirmières, neuf médecins, trois chirurgiens, un pharmacien, trente-deux élèves, un certain nombre d'employés subalternes et ouvriers étrangers au service de l’intérieur.

La dépense annuelle de l'IIôtel-Dieu s’élève à 700,000 fr. Le public y est admis le dimanche et le jeudi, depuis une heure jusqu’à trois. Pour y entrer à d'autres heures, on doit s’adresser à l'agent de surveillance.

la maternité, rue Port-Royal, 3. — Les bâtiments qu'occupe cet hospice sont ceux de l’ancienne abbaye de Port-Royal, fondée, en 1625, avec les dons delà marquise de Sablé, de la princesse de Guémené et de madame de Guénégaud. Ce monastère est célèbre par la persécution qu’il eut à souffrir au xvn' siècle, à cause de l’attachement des religieuses aux opinions jansénistes.

C’est à Port-Royal que se retira et mourut Mme de Sablé, et que demeura longtemps la duchesse de Longueville. C’est là que voulut être inhumée la duchesse de Fontanges, morte à 22 ans, en 1681.

Pendant la Révolution, cette maison fut transformée en prison, sous le nom de Port-libre ; et l'on y enferma la plupart des suspects du faubourg Saint-Germain, les vingt-

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sept fermiers généraux; Malesherbes, d'Espromesnil, le chevalier Miromcsnil, le prince de Rohan, Mn* deSombreuil. En 1796, Port-Royal devint l'hospice de la Maternité pour les enfants nouveau-nés, et, en 1805, l’hôpital d'accouchement

Cet établissement contient 150 lits pour les femmes enceintes, 100 pour les femmes eu couches, 25 pour les enfants nonveau-nés, 8 pour les nourrices sédentaires et 150 pour les élèves sages-femmes; celles-ci sont admises, les unes en payant 600 fr. de pension, les autres, à titre gratuit, à suivre les cours de l’école pratique d'accouchement annexée à l’hospice. Les femmes enceintes n’y peuvent entrer qu’au huitième mois de leur grossesse ; elles y restent neuf jours après leurs couches, à moins d'accidents imprévus.

L’hospice de la Maternité, qu’on appelle vulgairement la Bourbe, à cause du nom de la rue voisine, reçoit annuellement deux mille femmes enceintes. C’est dans une de ses salles que le cadavre du maréchal Ney, fusillé à quelques pas de là, fut transporté.

hôpital dit midi, rue des Capucins, 39. — Fondé en 1784 dans l'ancien couvent des Capucins; il contient 650 lits. Le public peut y entrer les mercredis et samedis, depuis 9 heures du matin jusqu’à 4 heures. On est admis à le visiter en s’adressant au directeur.

hôpital des filles inscrites, rue de Lourcine, 95. — 11 renferme 300 lits. Pour le visiter, il suffit de s'adresser au bureau.

hôpital cochin, rue Saint-Jacques, 45. — Fondé en 1730 parle bienfaisant Cochin, curé de Saint-Jacques-dullaut-Pas; cet hôpital contient 100 lits. Entrée publique les dimanches et jeudis. Les étrangers sont admis à le visiter en s’adressant au directeur.

hospice des enfants trouvés, rue d’ Enfer, 74. — Cet

hôpital occupe, depuis l’année 1800, les bâtiments de l'ancien couvent des Oratoriens, qui servit en môme temps de maison de retraite à d’illustres pénitents, tels que l'abbé de Rancé, réformateur de la Trappe, le cardinal le Camus, le chancelier de Pontchartrain ; le maréchal de lliron, mort en 1756.

L'hospice des Enfants trouvés doit sa fondation à saint Vincent de Paul. On ne reçoit dans la maison de la rue . d’Enfer que les enfants de moins de deux ans; passé cet âge, ils sont envoyés à l’hospice des Orphelins du faubourg Saint-Antoine.

L’hôpital des Enfants trouvés contient 700 lits ou berceaux, et 150 lits pour les nourrices. Mais ce chiffre ne représente qu’une partie de la population secourue par cet hospice, la plupart des enfants étant envoyés en nourrice dans les campagnes. Le nombre de ces dernière s'est élevé à 22,615 pour 1850.

11 y avait autrefois un tour destiné à recevoir les enfants qui y étaient déposés. Ce tour a été supprimé, et les enfants ne sont plus admis que sur présentation à l’établissement même. On peut le visiter en s'adressant au directeur.

hospice des orphelins, rue du Faubourg-Saiut-Àntoinc, 124 et 126. — Cet établissement doit, comme le précédent, sa fondation à l’inépuisable charité de saint Vincent de Paul. Placé d’abord au château de Bicêtre, c’est seulement en 1669 que l’édifice actuel fut construit pour cette pieuse destination.

La reine Marie-Thérèse d’Autriche posa, en 1676, la première pierre de l’église, qui est assez vaste et renferme un l)on tableau de Lafosse. L’hospice des Orphelins renferme huit à neuf cents eufants des deux sexes, de deux à douze ans, placés dans des bâtiments séparés; ils y apprennent des métiers ou sont mis en apprentissage au dehors.

HOSPICE DE LA SALPÊTRIÈRE Ol DE LA VIEILLESSE

(femmes), boulevard de l'Hôpital. — Cet établissement doit sa fondation à Louis XIV, qui, en 1656, sur la proposition du président Pomponne de Bellièvre, rendit à ce sujet une ordonnance digne d’étre citée :

« Comme nous sommes redevable, dit-il, à la miséricorde divine de tant de grâces et d'une visible protection quelle a fait paraître sur' notre conduite à l’avénement et dans l’heureux cours de notre règne, par le succès de nos armes et le bonheur de nos victoires, nous croyons être plus obligé de lui en témoigner nos reconnaissances par une royale et chrétienne application aux choses qui regardent son honneur et son service... Considérant les pauvres meudiants comme membres vivants de Jésus-Christ, et non pas comme membres inutiles de l’État, et agissant en la conduite d’un si grand œuvre, non par ordre de police, mais par le motif de la charité... A ces causes!., nous ordonnons que les pauvres mendiants valides, de l’un et de l’autre sexe, soient enfermés, pour être employés aux ouvrages, travaux de manufactures, selon leur pouvoir... »

Voilà la première destination de la Salpêtrière, ainsi nommée d’un petit arsenal sur l’emplacement duquel cette maison fut bâtie, sous la direction de l’architecte Bruant. Cet hospice reçut d’abord cinq mille pauvres des deux sexes ; mais leur nombre s’accrut tellement, qu’il fallut le diviser.

Les hommes furent envoyés aux hospices de Bicètre et de la Pitié, et on ne laissa que les femmes et les enfants à la Salpêtrière. Depuis 1802, cet hospice est exclusivement réservé aux femmes âgées de soixante-dix ans, ou insensées, ou aveugles, ou affectées de maladies incurables. J1 en renferme près de six mille.

C’est le plus vaste hôpital de l’Europe, ou, pour mieux dire, une ville entière, qui a ses rues, ses quartiers, son

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marché, et qui sc compose de quarante-cinq corps de bâtiment, ayant une superficie de trente hectares.

L’église est belle, mais d’une construction toute particulière. Elle consiste en un plan circulaire de 20 mètres de diamètre, couvert par un dôme octogone. L'intérieur est percé par huit arcades qui communiquent à quatre nefs et à quatre chapelles. Ces nefs et ces chapelles, disposées en rayons, aboutissent au centre de l’église, où s’élève l’autel principal. Le dessin général est tellement régulier, que, du centre du dôme, l’œil embrasse à la fois l’enceinte de l’église sous huit côtés différents. La sacristie a été bâtie en 1776. Quatre colonnes ioniques décorent le portique extérieur, surmonté d’un attique.

Le personnel de l’hospice se répartit en cinq catégories : 1° les reposantes (femmes vieillies au service de l’hôpital); 2° les infirmes octogénaires; 3° les septuagénaires atteintes de maladies incurables; 4° les indigentes; 5° les aliénées et les épileptiques. — Les lits sont au nombre de 5,100; 1,400 sont affectés à la cinquième classe.

Cet hospice, qui est un modèle d’ordre et de propreté, a été cependant cruellement éprouvé dans la dernière invasion du choléra (1849), où les habitantes, malades et autres, se sont vues si rudement décimées, que force a été de faire évacuer l’établissement. Le public est admis les dimanches et jeudis, de midi à quatre heures, et tous les jours sur la présentation d’un passe-port.

hospice de la rochefoucauld , route d’Orléans, 15, à peu de distance de la barrière d’Enfer.^- Fondé en 1702, par les frères de la Charité, pour les ecclésiastiques d’un âge avancé et de vieux officiers sans fortune. Converti plus tard en maison de retraite pour les employés des hospices. Des sexagénaires y sont logés, nourris et entretenus moyennant une pension annuelle de 250 fr. — 11 contient 213 lits. — On le visite en s’adressant au portier.

infirmerie de Marie-Thérèse, rue d’Enfer, 86. — Fondée en 1819 par la vicomtesse de Chateaubriand, en faveur des prêtres âgés et indigents, et des femmes de la haute société en butte à des revers de fortune. — 11 n’y a que 32 lits. , ,

hopitae de la charité, rue Jacob, 45. — Cet hôpital fut créé, en 1613, pour les religieux dits les Frères de la Charité. 11 y a, du côté de la rue Jacob, une façade nouvelle, érigée en 1841, qui lui donne un aspect monumental. 11 renferme 400 lits, indépendamment de ceux qui sont disposés dans l’ancienne église, convertie en salle de médecine clinique et destinée à l'étude et à la guérison de cas pathologiques plus ou moins rares. — Entrée le dimanche et le jeudi, de 1 heure à 3 heures.

HOPITAL MILITAIRE DE VAL-DE-OR ACE , rue du FaubOlirg-

Saint-Jacques , 277. — Ce bel hôpital est situé dans l’intérieur d’une ancienne abbaye fondée par Anne d’Autriche, femme de Louis XIII, en action de grâces de la naissance d'un fils après vingt-deux ans de stérilité. Ce fils, qui fut depuis Louis XIV, posa la première pierre de ce splendide édifice, le 1" avril 1645.

L’abbaye , fermée sous la Révolution . fut transformée par l’empereur en hôpital militaire. Cet établissement, un des plus magnifiques de ce genre, contient 1,500 lits, et ne reçoit que les malades attachés à l’armée. Les étrangers n’y sont admis, à titre de visiteurs, qu’avec une permission du commandant de la première division militaire.

L’église du Yal-de-Gràce mérite une attention toute particulière. Elle est surmontée par un superbe dôme, l’un des plus élevés de Paris. Le grand portail est placé audessus de seize marches, et se compose de huit colonnes d’ordre corinthien, avec niches et fronton. L’intérieur

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présente line nef séparée des bas côtés par des arcades et des pilastres cannelés. La voûte est chargée de basreliefs remarquables. Les sculptures sont de François Augier. Au-dessus du maitre-autel est un baldaquin supporté par six colonues torses d’ordre composite, relevées de bronze doré.

On admire surtout la peinture à fresque qui orne le dôme : elle est de Mignard, et représente le Séjour des Bienheureux : dans ce vaste tableau figurent 200 personnages qui ont environ 5 mètres de hauteur. Tout l’ensemble de cette église est très-beau.

HOPITAL CLINIQUE DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE, plaCC

de l’École-de- Médecine.— Établi vis-à-vis de cette école, dont il dépend, cet établissement est principalement destiné à l’instruction des élèves et au perfectionnement de l'art. Il contient 150 lits. On y traite les maladies les plus curieuses ou qui réclament des opérations chirurgicales. Un amphithéâtre et un jardin botanique y sont annexés.

La faèade, composée d’un portique d’ordre dorique, occupe la place d’une fontaine assez bizarre, dont les eaux tombaient du cintre même de la voûte. — Entrée publique les dimanches et mercredis, et tous les jours avec un passe-port.

hôpital saint-louis, rue de l’Hôpital-Saint-Louis, 2. — Fondé par Henri IV, en 1610, cet hôpital est aujourd’hui l’un des plus vastes et des plus beaux de Paris. On y traite spécialement les maladies de la peau. Ses bains médicinaux ont une grande réputation. 11 contient 1,100 lits. — Les étrangers peuvent le visiter tous les jours.

hôpital de la pitié, r uc Copeau , près du jardin des Plantes. — On y reçoit les malades et les blessés. — Contient 600 lits.

hospice des incurables (hommes), rue des Récollets,

34.— Établi en 1802, dans l'ancien couvent des Récollets, cet hospice contient environ 500 lits pour les indigents atteints de maladies graves et incurables. 11 est desservi par les sœurs de la Charité.

hospice des incurables (femmes) , rue de Sèvres, 54. —La première pensée de ce charitable établissement est due à la femme d’un conseiller au Châtelet, Marguerite Rouillé, qui, aidée des libéralités du cardinal de la Rochefoucauld, fonda cette maison en 1637. L’hospice des Incurables était alors, et est resté jusqu’à la Révolution, destiné aux vieillards des deux sexes.

En 1802, les incurables hommes ayant été transférés au faubourg Saint-Martin, l’établissement de la rue de Sèvres est demeuré depuis cette époque exclusivement affecté aux incurables femmes. Le nombre des lits est de 600. La chapelle renferme le tombeau de marbre blanc du cardinal de la Rochefoucauld.

hôpital saint- antoine, rue du Faubourg-Saint-Antoine, 206. — Cet hôpital occupe les bâtiments, reconstruits en 1770, d’un ancien couvent de femmes, très-célèbre dans l’histoire de Paris, l’abbaye de Saint-Antoine-dcs-Champs, fondée, en 1198, par Foulques de Neuilly, prédicateur de la quatrième croisade, et dont l’église avait été bâtie sous saint Louis. C’est en 1795 que l’abbaye de Saint-Antoine a été convertie en hôpital. On y reçoit des malades comme à l’Hôtel-Dieu. Le nombre des lits est de 320. 11 est desservi par les sœurs de Sainte-Marthe.

nopiTAL necker, rue de Sèvres, près de la barrière de Sèvres. — Contient 140 lits.

hôpital beaujon, rue du Faubourg -Saint-Honoré. — Fondé par le financier Beaujon, en 1784. Contient 400 lits.

hôpital des quinze-vingts , rue de Charcnton , 38. —

Cet établissement, une des plus belles fondations de saint Louis, occupa longtemps l’ancien hospice que ce prince avait fait bâtir en 1254, rue Saint-Honoré, près de la rue Saint-Nicaise. C’est en 1799 qu’on l’a transféré au faubourg Saint-Antoine, dans les bâtiments de l'ancien hôtel des Mousquetaires noirs. ,

Trois cents aveugles sont placés dans cet hôpital; ils sont nourris et logés, et reçoivent : les célibataires, 1 fr. 20 c.; les hommes mariés, 1 fr. 50 c. L’entrée n'est accordée qu’aux personnes qui y ont des parents.

maison de santé, rue du Faubourg-Saint-Denis. — Cet établissement, connu sous le nom d 'Hospice Dubois, est consacré aux malades qui peuvent payer les soins qu’ils y reçoivent.

hospice des ménages, rue de la Chaise, 28. — 11 est destiné aux mariés, veufs ou célibataires, d’un âge avancé, lesquels, moyennant une modique pension, peuvent y finir tranquillem^pt leur carrière. Cet hospice renferme près de 700 lits. Entrée tous les jours.

HOPITAL DES ENFANTS MALADES, TUe de SèvrCS, 149. —

Créé en 1732 par Languet, curé de l’église Saint-Sulpice, pour des femmes indigentes, cet établissement fut converti, en 1802, en hôpital pour les enfants malades. — 550 lits. On peut le visiter tous les jours.

hospice d’enghien, rue de Babylone, 12 — Fondé, en 1819, par la duchesse de Bourbon; il contient 60 lits pour hommes et 40 pour femmes.

hôpital de la RiuoisiÈRE. — Construit sur les terrains Saint-Lazare, près l’embarcadère du Nord. Ce nouvel hôpital devait porter primitivement le nom d’Hôpital Lonis-Philippc, ensuite celui d’IIôpital de. la République. Un récent décret lui a donné le nom de la Riboisière,

comme un témoignage de reconnaissance pour les libéralités immenses que Mm* la comtesse de la Riboisière a faites aux hospices de Paris par son testament.

Ce remarquable établissement est terminé depuis peu de temps. La grande façade est tournée vers le midi, c’està-dire vers Paris. Il se compose d’un portique, auquel aboutit le mur d’euceinte terminé, et de huit corps de bâtiment, rangés quatre à droite et quatre à gauche d’une grande allée de service, ayant chacun deux étages avec combles au-dessus du rez-de-chaussée, et quinze croisées de face. L’hôpital de la Riboisière est, sans contredit, le plus beau et le mieux distribué de nos hôpitaux civils. 11 contient près de 700 lits.

C^st sur les terrains avoisinants et dans l’hôpital même, alors en construction, que s’est livré un des plus sanglants combats des journées de juin 1848. L’hôpital, occupé par les insurgés et attaqué par la garde mobile, la garde nationale et la troupe de ligne réunies, ne put être enlevé qu’après plusieurs fleures d’une lutte meurtrière.

La barrière voisine, dite barrière Poissonnière, convertie en barricade et protégée 'par 160 meurtrières percées dans le mur d’enceinte de droite et de gauche, ne fut forcée qu’au bout de deux jours d’une canonnade continuelle, qui avait littéralement mis en ruine le bâtiment de l’octroi et criblé les maisons environnantes.

HOPITAL MILITAIRE DU GROS-CAILLOU, rilC Saint-Domilli-

que. — Il fut fondé en 1765, par le duc de Biron, pour les gardes-françaises. Ce vaste hôpital contient 1,200 lits. Il renferme une jolie chapelle.

HOPITAL MILITAIRE DE PICPUS, 1T1C de PicpUS. — C'est

une succursale du Yal-de-Grâce.

hopital militaire mi roule, rue du Fauboorg-Saint- Honoré. Autre succursale du Val-de-Grâce.

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