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PARIS SOLS LUARLES VIII ET LOUIS XII

. Charles Vil I et Louis Xll s'occupèrent peu de l'embellissement de Paris, mais les bienfaits du gouvernement de ce dernier roi donnèrent une impulsion nouvelle à l’industrie et au commerce. « Pour un gros marchand qu’on trouvait à Paris du temps de Louis XI, dit un historien , on en trouva cinquante sous Louis XII, et ils faisaient moins de difficultés d'aller à Rome, à Naples, à Londres, qu’ils n’en faisaient autrefois d’aller â Lyon. »

Tout le commerce parisien se résumait en quelque sorte dans les six corps marchan /s, qu’on classait ainsi dans l’ordre hiérarchique : les drapiers, les épiciers, et apothicaires, les merciers, les pelletiers, les changeurs, remplacés paris. , 5

au xvi» siècle par les bonnetiers, et enfin les orfèvres. Chacun de ces corps avait pour chefs six maîtres et six gardes élus pour deux années. Les assemblées générales étaient convoquées par les drapiers. C'était exclusivement dans ces compagnies que se choisissaient les juges-consuls et les échevins. Les six corps marchands avaient leur rang dans les cérémonies publiques , où ils portaient une robe de drap noir bordée de velours de couleur différente jour chaque industrie.

Louis XII, veillant à la défense de Paris, fit aplanir les voiries ou amas d’immondices, qui étaient devenus assez hauts en quelques endroits pour dominer la ville.

On communiquait alors d’une rive de la Seine à l’autre par huit ponts : le pont de bois de l’ile Notre-Dame, remplacé depuis par le pont de la Tournelle; le pont d'Auprès-Saint-liernard-aux-Barrés, où est aujourd’hui le pont Marie; le pont au Double, près de l’Hétel-Dieu; le Petit- Pont; le pont Saint-Michel ; le pont au Change, connu auparavant sous le nom de Grand-Pont ; le pont Notre-Dame, bâti en bois en 1413, reconstruit en pierre de 1499 à 1512; enfin le pont aux Meuniers ou le pont Marchand, qui communiquait du quai de l’Horloge au quai de la Mégisserie, vis-à-vis de la rue de la Saunerie, et qu’un incendie détruisit en 1621. On sait que la plupart de ces ponts étaient couverts de maisons. Le quai des Augustins, le plus ancien de Paris, remontait au règne de Philippe le Bel. Quatre nouveaux quais seulement furent construits dans le xrve et le xv* siècle : les quais de la Mortellerie et de la Saunerie 11369), celui de l’École et le quai Saint-Bernard.

L’accroissement du commerce parisien multiplia les ports sur les deux rives de la Seine. Au commencement du xin» siècle , il en existait quatre : les ports de Saint-Lamlri , de la Grève, de l’École et dn Petit-Pont, On vit depuià

s'établir dans la Cité, sur la rive droite, le port aux Œufs ; le port au Flâtre, celui des Barrés ; le port au Blé; le port au Foin; le port Bourgogne, pour les vins de ce pays; le port Français, pour les vins de l'Ile-de-France; le port du Louvre, aujourd’hui port Saint-Nicolas; et, sur la rive gauche, le port Saint-Bernard, le port aux Mulets, le port des Augustins, le port de Nesle.

L’architecture ogivale, qui allait bientôt faire place au style de la renaissance, avait produit à Paris, outre un grand nombre d’admirables églises, beaucoup d’autres édifices d’un caractère purement civil : nous avons nommé l’hôtel Saint-Paul et le palais des Tournelles. On remarquait encore, après ces demeures royales, l’hôtel Barbette* où vécurent lsabeau de Bavière et Diane de Poitiers, et près duquel le duc d’Orléans fut assassiné en 1407 ; l'hôtel de Clisson, rue du Chaume; celui des ducs de Bourgogne, sur l’emplacement actuel de la halle aux cuirs, rue Mauconseil ; l'hôtel de la Trémoille, rue des Bourdonnais ; l'hôtel des archevêques de Sens, rue du Figuier-Saint-Paul ; l’hôtel de Behaigne ou de Bohême , appelé aussi Séjour d'Orléans, et depuis hôtel de Soissons. sur l’emplacement de la halle au Blé ; le célèbre hôtel de Nesle, sur la rive gauche de la Seine, près du lieu où est aujourd’hui le palais de l'Institut ; l’hôtel de Cluny, rue des Mathurins-Saint-Jacques, devenu un musée; l’hôtel Savoisy , rue Pavée, au Marais ; le Séjour du Roi, bâti par Charles Y près de la porte Montmartre, et dont la rue du Jour a retenu le nom défiguré ; enfin les hôtels du Petit-Bourbon et d’Alençon, près du Louvre.

Tous ces monuments sont aujourd’hui détruits , à l’exception des hôtels de Cluny et de Sens et d’une partie de l’hôtel de Clisson. Jacques Cœur possédait une belle maison, rue de l’Homme-Àrmé ; Philippe de Cowmines, le château de Nigcon ou Chaillot, que Louis XI

lui avait donné ; mais il ne reste plus aucun vestige de ces habitations. Pas la moindre trace non plus de ce « merveilleux logis » que Jacques Cothier ou Coycticr, le riche médecin de Louis XI, avait construit dans la rue Saint-André-des-Arts, et sur la façade duquel il avait fait inscrire ce jeu de mots, qui caractérise toute son époque : A l’abri-Cothier.

PARIS SOUS FRANÇOIS 1er.

A partir du régne de François 1", le pouvoir royal centralise à Paris tous les intérêts généraux et toute la vie intellectuelle de la France. Après cent années de repos, la capitale, troublée par le protestantisme naissant, voit rouvrir pour elle et en elle-même l’ère des révolutions. Aussi devient-elle, alors comme aujourd'hui, le théâtre de tous les événements importants de notre histoire. Mais le récit de ces grandes scènes ne saurait être resserré dans le cadre étroit de cette esquisse; et, fidèle au devoir, nous nous bornerons à indiquer les accroissements successifs de Paris, dont le progrès ne s’arrête plus depuis le xvi* siècle jusqu’à nos jours.

François 1", attirant une foule de savants ou d’artistes à Paris, y fait exécuter de grands travaux sur tous les points. 11 fonde le Collège de France en 1529; restaure les églises de Saint-Merrv, de Saint-Gervais , de Saint- Germain-l’Auxerrois, et bâtit la tour de Saint-Jacques-la- Boucherie. Le Louvre déjà vieux, où il a reçu l’empereur Charles-Quint en 1540, est démoli pour être reconstruit sur un nouveau plan et d’après les ordres formels du roi. La première pierre de l’hôtel de ville est posée ; les tableaux des meilleurs maîtres ornent les palais que conçoit le génie de Philibert Delorme, et que le ciseau de

Jean Gonjon peuple de sculptures. Les monuments publics acquièrent une véritable magnificence; maintenant les demeures bourgeoises deviennent plus agréables, pins commodes, plus somptueuses que ne l'étaient autrefois celles des grands seigneurs, et même celles de nos premiers souverains.

Certaines habitations ont leur célébrité comme certaines personnes. Aussi mentionne-t-on particulièrement l'hôtel que le roi-chevalier fit bâtir, rue Git-le-Cœur, pour la duchesse d’Étampes; l'humble maison qu’occupait Amyot dans la rue de la Harpe, non loin du collège d’Harcourt (lycée Saint-Louis); celle où véout Ronsard, dans la rue des Fossés-Saint-Victor, près du collège de Boncourt, et touchant au mur d’enceinte, en compagnie de la fameuse pléiade des beaux esprits du xvi* siècle , qu’il y réunissait; et celle où Rabelais vint mourir, dans la rue des Jardins-Saint- Paul.

Disons pour mémoire que, sous le règne de François l*r, en 1539, une ordonnance prescrivit des mesures à l’effet d’assainir la ville et de généraliser le pavage des rues.

En apprenant la captivité du roi, le cardinal du Bellay, gouverneur de Paris, construisit de nouvelles fortifications à l’enceinte de Charles V, pour mettre la ville en état de défense. Plus tard, .lorsque Charlcs-Quint s’avança jusqu'à Château-Thierry (1544), le duc de Guise fit entourer de remparts les faubourgs du Temple, de Montmartre. Saint-Antoine, Saint-Marcel et Saint-Jacques.

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