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PARIS SOUS LOUIS XI

Louis XI , ce prince qui fut si terrible aux grands , si débonnaire aux petits, ne négligea rien pour s’attacher les Parisiens. Il se montrait aux bourgeois vêtu comme eux, se mettait de leurs confréries, les haranguait aux halles, riait, causait avec eux, leur faisait de salis contes. 11 aimait surtout dîner à l’hôtel de ville avec les échevins , chez les magistrats du Parlement ou chez quelque gros marchand.

Ce prince organisa la milice bourgeoise, dont il fit faire le dénombrement. Elle s’élevait , suivant un historien , à quatre-vingt mille hommes de seize à soixante ans, partagés sous soixante bannières , ce qui a fait conjecturer avec vraisemblance que la population totale de la ville ne pouvait guère être au-dessous de trois cent mille habitants. Telle était, aux yeux du roi, l’importance de la possession de Paris, durant la ligue du Bien-Public, qu’il dit souvent depuis à Philippe de Connûmes: « Si j’eusse trouvé Paris révolté, le meilleur qui me pouvoit advenir, c’étoit fuir hors du royaume. »

Quoique Louis XI comprit toute l'influence que la capitale exerçait sur le reste du royaume, il n’y séjourna que rarement. A l’exemple de Charles VH, il résida sur les bords de la Loire.

C’est sous ce règne, en 1470, c’est-à-dire trente ans après l’invention de l’imprimerie par Jean Gutenberg, de Mayence, que cet art admirable fut introduit en France. Paris, première ville du royaume, posséda la première une imprimerie. Guillaume Fichet, recteur de l’Université, et son ami Jean Heynlin, prieur de Sorbonne, attirèrent trois imprimeurs allemands: Ulrich Gering, de Constance; Mar-

tin Krantz et Michel Friburger , de Colmar, qui établirent leurs presses à la Sorbonne. En 1473, on vit s’établir à , Tans, au soleil d'or, une seconde imprimerie fondée par Pierre Cesaris, maître ès-arts, et Jean Stolt, tous deux Allemands, associés de Gering. L'art typographique ne tarda pas à se perfectionner, et les imprimeurs parisiens acquirent une réputation aussi brillante que solide.

En même temps que le goût des livres se développe parmi les hautes classes, on voit se développer le goût des spectacles parmi le peuple de Paris. Les clercs de la basoche, les Enfants i>ans-Souci, nouvellement associés aux confrères de la Passion, jouent des farces, soties ou moralités, et un théâtre se fonde aux Halles en regard des deux imprimeries.

Ltu reste, le règne de Louis XI ne produit aucun mo* miment, car il se contenta d’élever, en 1474, un boulevard près de la tour de Billy et un mur neuf près de la porte Montmartre.

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