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PALAIS DES TUILERIES

Les Tuileries ! A ce seul mot, tout un monde d'événements, que Paris semble avoir oubliés, comme il s'oublie souvent lui-méme, assiègent subitement la pensée du voyageur. Le voilà donc ce pahds où sont nés en moins d’un siècle, plusieurs princes qui moururent en exil, où régnèrent plusieurs souverains qui furent détrônés par leurs propres sujets, et où s’accomplirent successivement tant de restaurations et tant de révolutions!

Les monuments ont leur destinée comme les hommes. Celle des Tuileries a été bien sombre dès son origine. Bâties à l’époque de nos discordes religieuses, elles ont été plusieurs fois saccagées à l’époque de nos discordes politiques, Après avoir été l’objet de la prédilection des rois, elles étaient devenues celui de la fureur du peuple.

Le château des Tuileries fut construit par Catherine de Médicis, au moment où elle cessa de rebâtir le Louvre, c’est-à-dire vers l’an 15G4. Désormais pleine d’indifférence

pour les travaux du vieux palais de la royauté, cette reine poursuivit avec passion les travaux d’un nouveau palais qui serait sa propre création et où elle déploierait toutes les magnificences de l’art monumental.

Ayant fait choix d’un vaste terrain connu sous le nom de la Sablonnière et situé hors de la ville, immédiatement au delà des remparts, elle en acheta les fabriques de poteries et tuileries qui le couvraient et qui servaient à couvrir Paris, depuis un temps immémorial.

Le sous-intendant Pierre des Essarts avait déjà construit, 1342, sur une partie de ce terrain, une maison de campagne qu’il donna à l’hospice des Quinze-Vingts; et Nicolas de Neuville de Yilleroi avait construit, sur une autre partie de ce même terrain, au commencement du xvi* siècle, une maison de plaisance bien plus considérable. François I't avait acquis, l’an 1518, ces deux maisons à la couronne, qui donna la terre de Chanteloup en échange.

Catherine employa la pioche avant la truelle. Quand les maisons, les fabriques et les tuileries eurent disparu selon ses désirs, on vit paraître les premières constructions de son palais et les premiers arbres d’un immense jardin.

« Pendant cinq ou six ans, dit un savant historien (1), elle poursuivit son œuvre avec cette activité fiévreuse qu’elle portait par moment aux affaires; ne logeant plus que rarement au Louvre, elle s’était ménagé, près la rue Saint-Honoré, une petite habitation d'où elle allait sans cesse surveiller et presser les ouvriers. Mais, un beau jour, cette ardeur s’éteignit : elle venait d’apprendre d'un de ses astrologues qu’il lui fallait se garder de Saini- Germain, qu’elle mourrait près de lui sous les débris d’une grande maison. C’en fut assez pour que la reine,

(1) M. L. Vitet, le Louvre.

- lit —

non-seulement ne mît plus les pieds à Saint-Germain-en- Laye, mais renonçât aux Tuileries, attendu que le terrain sur lequel elle bâtissait, bien que situé hors la ville, dépendait de la paroisse Saint-Germain (11. »

Et cependant, cette grande entreprise des Tuileries s’accomplissait, non-seulement selon ses propres vœux, mais sous sa propre direction, d’après le plan tracé par Philibert Delorme et avec le concours de Jean Bullant, Car la reine avait voulu que ces deux grands architectes, quoique chacun d’un talent bien divers, élevassent en commun le pavillon du centre, les deux ailes ou galeries adjacentes et les deux petits pavillons qui les flanquent à chaque extrémité.

On suivit donc le plan de Philibert Delorme, qui avait la l'orme d’un carré long, et pouvait comporter près de quatre fois plus de construction qu’on n’en a fait. Lorsque Catherine renonça aux Tuileries, comme elle avait déjà renoncé au Louvre, le pavillon ceutral, les deux ailes et un seul petit pavillon, celui du côté de la rivière, étaient achevés, ou sur le point de l’étre; mais le second* petit pavillon était à peine commencé.

Le pavillon terminé était l’oeuvré de Bullant , dont on retrouve toute la belle imagination dans les profils si purs et si exquis de ces deux ordres ionique et corinthien qui forment les deux premiers étages. « Quant à l’étage Supérieur, dit M. Vitet, il a perdu tout caractère et toute originalité! C’était là qu’apparaissait, comme au Louvre, un certain souvenir de la première renaissance

française : de grandes fenêtres en saillie sur le ram-

(1) Les croyants à l’astrologie eurent grand soin de faire remarquer, après la mort de la reine à Blois, qu’elle avait rendu le dernier soupir entre les bras d’un prêtre nommé Saint-Germain, après le meurtre du duc de Guise, et, pour ainsi parler, sous les débris d’une grande maison.

pant du toit, richement encadrées et réunies à mihauteur par des motifs de sculpture,, couronnaient élégamment l’édifice. Tout cela n’existe plus depuis la restauration de 1660, et a été remplacé par un attique aussi lourd que monotone, percé de petites fenêtres carrées.

» Si cette restauration a maltraité Bullant, la partie confiée à Delorme, savoir le pavillon central et les deux galeries, a subi, sans contredit, une transformation plus complète encore. Le pavillon ne consistait alors que dans le corps avancé du papillon actuel ; il était peut-être trop petit pour la longueur de la façade ; démesurément agrandi, il est devenu une masse incohérente; un dôme semi-sphérique, de la courbe la plus élégante, lui servait d’amortissement, on en a fait cette énorme calotte à quatre pans sous laquelle les quatre murs ont l’air de succomber-

» Nos regrets sont moins vifs en ce qui touche la suppression d’une double série de frontons bizarrement enchâssés les uns dans les autres, que Delorme avait fait régner au dessus des arcades de ces deux galeries. C’était une de ces fantaisies dont il n’était pas assez sobre. Quaut aux colonnes à tambours, une de ses combinaisons favorites, elles ont été conservées, sinon au premier étage du pavillon, du moins devant les trumeaux des deux galeries; et grâce à la finesse des broderies qui les recouvrent, il n’y a qu’à s’en féliciter.

» Mais ce qu’il faut déplorer avant tout, c’est ce fameux escalier à spirale et à jour, qui occupait tout l'intérieur du pavillon central, et que les contemporains appellent k degré le plus vaste, le plus aisé et le plus admirable qui soit au monde. C’était un chef-d’œuvre dans cet art de la coupe des pierrfes, où Delorme était vraiment supérieur.

Il fut abattu en 1660, sous prétexte qu’il obstruait l'entrée du vestibule et empêchait d’apercevoir, dès la cour, l'enfilade et la profondeur du jardin. » i

Henri IV, dès le début de son règne, conçut le projet d’opérer la réunion des Tuileries et du Louvre; et cette œuvre considérable que nos architectes actuels sont chargés de terminer d'après des plans tout à fait nouveaux, fut commencée aussitôt, sans tenir compte des plans anciens; car on ne voulait pas subordonner les constructions projetées aux constructions existantes.

D’ailleurs, si Henri IV était monté en quelques années à l’apogée de la grandeur et de la puissance, l’art monumental était tombé, en aussi peu de temps, dans le déclin et l’impuissance. La grande génération artistique du xvi* siècle n’existait plus. Aux Lescot, aux Huilant, aux Delorme, ces glorieux représentants de la renaissance française, on essayait d’opposer un homme qui, durant sa jeunesse, avait été souvent employé sous leurs ordres, qui avait assisté longtemps à la création de leurs chefsd’œuvre, et qui, par conséquent, devait passer pour leur légitime héritier; on a nommé André Ducerceau.

En conséquence, il fallut qu'Henri IV s’en remit entièrement à lui. Son influence étant devenue souveraine, Ducerceau porta les derniers coups à l’architecture sobre et contenue, au véritable goût, à l’art véritable, dont la finesse fit place à l’exagération la plus outrée, l'ordonnance la plus pure aux plus fastueux effets, le grand au gigantesque, et la délicatesse originale aux énormités de l'ordre colossal.

Avant de toucher au Louvre, Ducerceau porta ses mains profanes sur les Tuileries. « Veut-on se rendre compte du prodigieux chemin qu’avaient fait, eu trente années, nos idées architecturales, il suffit, dit M. Vitet, de jeter les yeux sur ce pavillon de Flore et sur le corps de logis qui le relie au pavillon de Huilant. Vit-on jamais plus monstrueuse alliance, plus choquante anomalie? A côté de cette délicate finesse, comment comprendre çette

— liû —

gigantesque lourdeur? Si, du moins, les deux édifices étaient isolés et indépendants! Mais non; c’est pour être accolées, accouplées, pour faire un tout, qu’on associe des formes aussi disparates, aussi antipathiques! Et c’est un contemporain, presque un élève des deux grands maîtres des Tuileries, qui s’en vient écraser leur œuvre sous ces massives additions! »

Passons très vite devant ces énormes pilastres, que Ducerceau a placés sur l’aile qui relie le pavillon de Flore au palais de Catherine, sur la grande galerie qui mène du susdit pavillon au guichet Lesdiguières, et sur les deux premiers étages du même pavillon. Ne nous arrêtons devant les constructions de Dupeirac, successeur immédiat de Ducerceau, que pour signaler de nouvelles disparates; car cet architecte mit l’ordre colossal en présence, non pas de deux ordres, mais de cette espèce d’attique intermédiaire que les Italiens appellent le mezzanino. Ses travaux, interrompus après la mort de Henri IV, furent repris par ordre de Louis XIII, qui vint fixer sa résidence aux Tuileries.

On songea plus tard à rétablir une harmonie quelconque entre tous ces contrastes. Louis XIV chargea Lcvau et son gendre, François Dorbay, en 1660, d’accomplir cette tâche, exigeant autant de destructions que de créations. Levau ne sc borna pas à supprimer le gracieux étage supérieur de Bullant, et la fine coupole de Delorme, ni à ajouter un grenier pour augmenter l’ampleur du pavillon central, il entreprit encore le ravalement de la partie de la grande galerie d’Henri IV, sur les frontons de laquelle il fit sculpter le soleil de Louis XIV; il construisit à neuf le pavillon Marsan ainsi que le corps de logis contigu; puis il s’efforça de raccorder toutes les différences de style qui régnaient dans l'ensemble du monument, de la manière brutale que nous avons signalée plus haut, en

résumant avec M. Vitet l’oeuvre générale des restaurations et des démolitions de cette époque.

Tant que Louis XIV résida aux Tuileries, il persévéra dans les idées de Henri IV, relativement à la réunion de ce château et de celui du Louvre; mais il les abandonna dès qu’il eut résolu de quitter Paris pour habiter Versailles qu’il avait fait bâtir. La cour ne reparut dans le palais de Catherine qu’avec le régent, duc d’Orléans, qui habita les Tuileries pendant la minorité de Louis XV; mais ce monarque, devenu majeur, ne voulut habiter que le palais de Louis XIV. Depuis cette époque, jusqu’au retour forcé de Louis XVI, les Tuileries se trouvèrent occupées par les seuls officiers de la maison du roi.

Passons sous silence les souvenirs historiques qui se rattachent à ce palais, du temps de la révolution.

Les Tuileries furent la résidence de Napoléon I", empereur.

Elles redevinrent, après la Restauration, sous Louis XV1I1 et sous Charles X, ce quelles avaient été sous Louis XIII, la résidence de la famille royale. C'est là que Louis XVIII prit le pas sur tous les souverains de l’Europe, le lendemain môme de son intronisation, pour montrer aux vieilles dynasties que la maison de Bourbon était la première de toutes les maisons régnantes, et pour montrer aux peuples que la monarchie française était aussi la première de toutes les monarchies.

Quand la révolution de juillet eut été accomplie, Louis Philippe, élu roi des Français, quitta le Palais-Royal et vint s’installer aux Tuileries. Ce monarque put les occuper, avec sa nombreuse famille, depuis 1831 jusqu’au 24 février 1848.

Aux termes d’un décret du Gouvernement provisoire, portant la date du 25 février 1848, on devait convertir les Tuileries en un asile pour les Invalides civils. Ce

décret nè fut jamais mis à exécution. Pendant l’iiisur rection de juin 1848, le château servit d’hôpital aux blessés. Aujourd’hui, ce magnifique palais est la demeure officielle de l'empereur ; et le ministère d’État occupe l’aile située entre la place du Carrousel et la rue de Rivoli.

La longueur de la façade de ce palais est de 336 mètres ; et la largeur, de 36. Le style général de l’archbtecture ne peut être déterminé d’une manière précise. Les parties les plus anciennes sont du style italien du xvi* siècle ; d’autres parties, du style / de l’époque de Henri IY : ce sont les plus beaux souvenirs que Paris ait de l’architecture du règne de ce roi.

Le visiteur ferait bien, pour se former une idée juste du style architectural de cette époque, de comparer l’église Saint-Eustache avec les parties des Tuileries qui furent construites sous le règne de Henri IV.

Les colonnes de l’étage inférieur sont de style ionique, celles du second sont de style corinthien, enfin celles du troisième sont de style composite. Au reste, on a tâché de faire concorder tous ces styles différents. Les colonnes ioniques sont ornées de bandes et d’autres ornements qui remontent à la même époque. De chaque côté du pavillon de l’Horloge étaient originairement, au sud, une longue galerie; au nord, un grand escalier remplaçant une galerie semblable du temps de Louis XIV.

Vers le jardin, au rez-de-chaussée, des arcades voûtées partent du pavillon central, devant les galeries, pour rejoindre ensuite les deux du millieu. La partie supérieure de ces arcades sert de terrasse. 11 n’en reste aujourd’hui qu’une seule, celle du midi ; l’autre a été remplacée par un escalier.

Les pavillons des extrémités du palais sont remarquables par leurs fenêtres élevées, ainsi que par leurs

cheminées et leurs toits. Le pavillon du côté de la Seine est appelé pavillon de Flore; celui du côté opposé, pavillon Marsan.

intérieur du PAUAis. — On entre par le pavillon de Flore dans les appartements privés qui sont destinés aux souverains de France. Us sont situés au rez-de-chaussée de l’aile du sud, et furent occupés autrefois par Marie- Antoinette. Ils se composent d’une antichambre , de deux salons, du cabinet particulier de l'Empereur, d'un second cabinet, d’une chambre à coucher, et d’un cabinet de toilette où on voit un tableau des trois Grâces, par Blondel ; le tout est en enfilade. . "

L’escalier du pavillon de Flore conduit aux grands appartements. Ceux que l’on parcourt les premiers font face au jardin, et àont placés à la suite l'un de l’autre , ainsi : la salle de Mars, ancienne salle des Gardes sous Charles X ; une chambre ordinaire ; la salle du Conseil, tapissée en soie rouge, dans laquelle se trouvent des tableaux d’isabey, de Granet, de Mercey, d’Ouvrié, de Sebron, appendus aux murs, et la table du onseil placée au milieu de cette belle pièce. Viennent après le salon Bleu , où Napoléon recevait; la bibliothèque privée qui servit de cabinet de travail à l’Empereur, et où furent signées, par Charles X, les ordonnances de juillet 1830; enfin le cabinet des fiâmes et la salle de Bain.

Ces appartements avaient, du temps de Louis-Philippe, les mômes destinations que sous ses prédécesseurs.

La salle de Billard servait autrefois à loger les officiers de service. Une porte ouvre, de celte salle, sur la terrasse qui mène au pavillon de l’Horloge. Derrière ces appartements, du côté de la cour du palais, est la galerie de Diane, longue de 58 mètres environ et large de 10. Le plafond et les panneaux, richement dorés, sont ornés de peintures d’après l’école italienne.

Le salon de Louis XIV vient ensuite, avec ses dorures splendides et ses deux tableaux; l’un, reproduisant la scène historique où Louis XIV présente son petit-fils Philippe V aux grands d’Espagne, nous montre le grand roi dans sa soixante-dixième année , et frappant de ressemblance; l’autre, reproduisant Anne d’Autriche, accompagnée par Louis XIV et le duc d’Orléans , tous deux enfants, avec le pinceau de Mignard.

On entre de là dans la salle du Trône, qui, par l’effet d'une restauration habile, a repris tout récemment son ancienne splendeur.

Le salon d'Apolkm et le salon d' Attente conduisent vers la galerie du centre. Dans le premier se trouve le magnifique tableau de Mignard : Apollon et les Muses. Le pavillon de l’Horloge forme une vaste salle appelée salle des Maréchaux. Les murs de cette salle sont ornés des portraits des maréchaux et amiraux de France.

11 s’v trouve aussi plusieurs bustes de généraux.

La salle des Maréchaux communique par une porte du côté du jardin, avec un petit appartement tort élégant, conduisant lui-mème à un corridor qui entoure l’escalier d’honneur. Les balustrades de cet escalier sont en bronze et acier poli, et ses sculptures en pierre sont très-belles.

La paierie Neuve sert de saille de bal ; elle a 12 mètres de long sur 10,n,5 de large. D’un côté se trouvent les v fenêtres; de l’autre, d’immenses glaces. Au midi de cette salle on voit la statue de la Paix , présentée à Napoléon par la ville de Paris, après la paix d’Amiens. Cette statue est encadrée à droite et à gauche par deux colonnes de marbre qui soutiennent des bustes antiques. A l’autre bout de la salle, on voit deux belles statues des chanceliers.de lHôpltal et d’Aguesseau.

Ensuite, vient l'antichambre d'honneur, dont on remar-

que le plafond, à cause de sou travail et de son antiquité. Ce morceau d’art a été apporté, dit-on, de Vincennes, où il ornait la chambre à coucher de la reine Blanche. Quoi qu'il en soit, l'antichambre conduit du salon à la chapelle.

De ce salon on passe au théâtre; salle élégante, composée d'un parterre, de deux rangs de loges et d'un rang de petites loges construites prés du plafond. Ce théâtre peut contenir environ six cents spectateurs.

Tous les appartements du côté de la cour se suivent , de telle sorte qu’ils forment un coup d’œil magnifique pour le visiteur qui se place à l’une des extrémités.

jardin. — Après être monté dans le palais des Tuileries, il faut descendre daus le jardin, commencé par je ne sais plus qui, sous le régne de Heuri IV, et fini, c’està-dire entièrement refait ou créé par le célèbre Le Nôtre, sous le règne de Louis X1Y. On y remarque deux terrasses: l’une, au nord, appelée la terrasse des Feuillants, à cause du cousent qui y était avant la révolution de 1780, l’autre, au sud, la terrasse du bord de l'eau, sous laquelle est un passage souterrain. Elles viennent toutes les deux se terminer en s’arrondissant à l'extrémité occidentale du jardin.

Au bout de la terrasse du bord de l'eau et près de la place de la Concorde, s’élève l'Orangerie, qui a été construite durant ces dernières années. Une grande partie du jardin est du style Louis XIV. Il est orné de parterres, de quatre bassins et de statues.

Il y avait, sous la Restauration, une terrasse qui longeait le devant du château; Louis-Philippe la fit disparaître durant son règne. On la remplaça par un jardin particulier, qu’une barrière grillagée sépare complètement du jardin public.

PT maintenant, il ne nous reste plus qu’à signaler les

nombreuses statues qui peuplent c-ette belle promenade. Il y en a de charmantes et de terribles, de toutes les écoles et de tous les styles; chefs-d'œuvre qui font vivre le marbre et parmi lesquels nous mentionnerons d’abord deux groupes par Coysevox, l’un de Mercure, l’autre de la Renommée sur des chevaux ailés.

Autour du bassin octogone, on remarque des groupes admirables: le Tibre, par Bourdot; la Loire et le Loiret, par Vanclève; la Seine et la Marne, par Coustou; le îsTil, par Bourdot; plus loin, deux statues de Bacclius ; une Vestale, par Legras; les quatre saisons; Annibal , par Sloedtz, et Scipion l’Africain, par Coustou.

Sons les arbres, au nord, un Centaure subjugué par Cupidon; puis un groupe de Castor et Pollux. En face, dans l’autre quinconce, le Sanglier célèbre, dont l’original grec est conservé dans la galerie de Florence.

Au rond-point du parterre, on remarque deux statues de Lepautrc, ÉnéC emportant son père Ancbise qui tient la main du jeune Ascagne; la Mort de Lucrèce; l’Enlèvement de Cybèle par Saturne; puis, plus près du château, les statues en bronze du Rémouleur et de Vénus accroupie; le groupe de Laocoon; le Phidias de Pradier, enfin le Spartacus de M Foyatier, qui exprime d'une manière si saisissante les révoltes de l’homme contre la servitude et ses aspirations à la liberté.

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