PALAIS DU CORPS LÉGISLATIF OU PALAIS BOURBON
(Rue de l'Uoivirtité et quai d’Orsay, en face du pont de la Concorde.,
C’est en 1722 que l’architecte italien Girardini bâtit cet élégant palais pour Louise-Françoise, duchesse douairière de Bourbon, sur un terrain qui appartenait jadis à l’abbaye Saint-Germain-des-Prés. En y entrant, il fallait traverser une vaste cour d’honneur plantée de marronniers. Le bâtiment principal se composait d’un seul rez-de-chaussée compris entre deux pavillons.
Quand le prince de Condé en fut devenu possesseur, trouvant Cette construction insuffisante pour l’habiter, il la fit agrandir considérablement acheta le terrain situé entre le quai, la rue de Bourgogne et ce qu’on appelait alors le marais des Invalides, dépensa plus de 20 millions, et ne termina la construction du Palais-Bourbon qu’en 1789, à l’époque où la révolution commençait.
Devenue propriété nationale en 1790, la Convention livra ses bâtiments à l’administration des charrois militaires, et, plus tard, à l 'École des travaux publics, qui se transforma bientôt après en École polytechnique.
L'ancien Palais-Bourbon s’appelait alors Maison de la Révolution. Un décret de l’an III en fit le siège du C> meil des Cinq cen<s. C'est dans le bâtiment placé vis-à-vis du pont que le Conseil tenait ses séances avant le 18 bru- •
maire ; quant au reste de l’édifice, il était occupé par son président.
Sous le Consulat et l’Empire, ce palais devint le siège du Corps législatif. L’Empereur y fit construire, de 1804 à 1807, par Poyet, le péristyle à l’antique, sur le fronton duquel Cliaudet sculpta Napoléon remettant les drapeaux d'Austerlitz aux députations du Corps Fgislaif.
Lors du retour des Bourbons, en 1814, la Chambre des Députés remplaça le Corps législatif, et le fronton de Cliaudet disparut. Un autre architecte fut chargé de sculpter un autre fronton , qui représenta la Charte accompagnée de ’ la France et de la justice, protégeant les sciences, les lettres, les arts et l'industrie. Quoiqu’une loi du 5 décembre l&lli eût rendu le Palais-Bourbon au prince de Coridé, la Chambre continua d’y siéger; mais elle lui payait, comme locataire, un loyer de 124,000 fr.
En 1839, une loi autorisa l’acquisition d’une partie du palais, destinée à la Chambre des députés, moyennant la somme de 5,500,000 fr., et la construction d’une nouvelle salle, qui fut tenriinée en septembre 1834.
Après la mort du duc de Bourbon, la partie des bâtiments qu'il occupait dans le palais fut louée au Gouvernement par son légataire, le duc d’Aumale, pour y installer la présidence de la Chambre des députés. En 1848, l’édifice tout entier revint à l’État, qui, non seulement le fit élever d’un étage, mais encore fit terminer le palais destiné au président de l’Assemblée.
On peut dire que ce palais résume toute la vie politique de la France; car c’est là que retentirent, en l’honneur et à la gloire de notre société, les grands dis-
cours des hommes illustres de nos divers partis. C’est là que se succédèrent tour à tour plusieurs générations d'orateurs, parmi lesquels il suffit de citer Foy, Lainé, Benjamin Constant, De Yillèle, Manuel, De Serres, Chateaubriand, Ravez, Royer-Collard, Casimir Périer, Martignac, Sauzet, Thiers, Lamartine, Molé, Falloux, Montalembert, Michel (de Bourges), Berryer et Guizot. Jamais voix pareilles ne s’étaient fait entendre dans le monde, depuis celles de Démosthènes et de Cicéron.
extérieur de E ÉDiFicE. — En face du pont de la Concorde, une grille de fer est placée au bas d’un immense escalier qui conduit à l’édifice. La façade, bâtie par Poyet, en 1804, consiste en douze colonnes de l’ordre corin- •’ thien.
Un bas-relief de Cortot en couronne le sommet. II re-
présente la France appuyée sur une tribune et portant la Constitution dans la main droite; à ses côtés sont la Force et la Justice; à gauche, un groupe de figures représentant la Navigation, l’Armée, l’Industrie, la Paix et l’Éloquence; à droite, le Commerce, l’Agriculture, les Arts, la Seine et la Marne.
Au pied de l’escalier, on remarque, sut des piédestaux de 6 mètres d’élévation, les statues colossales.de la Justice et de la Prudence; et sur le premier plan, les statues de Sully, Colbert, l’Hôpital et d’Aguesseau.
Sur la place de Bourgogue, s’ouvre l’entrée d’honneur de la cour intérieure du palais, conduisant aux tribunes, . à la questure et aux salles d’attente.
Les visiteurs devront examiner particulièrement :
La salle de la Paix, autrefois salon du roi, où se trouvent un Laocoon, un Virginius, une Minerve en bronze, et un plafond peint par Eugène Delacroix;
La salle Casimir Périer, ancien péristyle du roi, ou l’on voit les statues de Casimir Périer par Duret, de Bailly et
de Mirabeau par Jaley, de Foy par Despretz, enfin deux bas-reliefs représentant la Loi vengeresse et la Loi protectrice, par Triquetti;
La salle des Conférences, où sont un grand nombre de tableaux historiques dus à nos meilleurs peintres.