DOM K DES INVALIDES
Ine magnifique serre a été construite auprès du Petit- Luxembourg. C est là que la Société d'horticulture tient ses séances. Du nord au sud, la longueur du jardin est de 919 mètres, sa largeur, de 750, et sa superficie, de . .,,' 241,064 mètres carrés. C’est aujourd’hui une des pro modes les plus charmantes de Paris.
le petit-ll’xemboi rg.— Cet hôtel, simple dépendance du grand palais, a été commencé vers l’année 1629, par ordre du cardinal de Richelieu, qui y demeura jusqu’à 1 achèvement du Palais-Cardinal. Quand il le quitta, il çn fit hommage à sa nièce, la duchesse d’Àiguillon. Henri- Jules de Bourbon Condé le reçut en héritage, et, après sa mort t Anne, princesse palatine de Bavière, qui fut obligée dy faire d’assez importantes réparations. ,
Sous le Directoire, quatre des directeurs y demeurèrent; le cinquième habitait le grand palais.
Après le 18 brumaire, Bonaparte, premier Consul, y séjourna pendant six mois. « 11 occupait, dit Bourienne,
1 appartement du rez-de-chaussée à droite, en entrant par la rue de\augirard; son cabinet se trouvait près d'un escalier dérobé conduisant au premier étage , où demeurait Joséphine. »
Sous la Restauration et le gouvernement de Juillet, le Petit -Luxembourg devint la résidence du chancelier de I'rance, président de la Chambre des pairs.
Sous le régime actuel, c’est le président et le grand référendaire du Sénat qui l’habitent pendant la session.
nOTEL DES INVALIDES.
Esplanade des Invalides.
On sait que le bon roi Henri, plein de sollicitude pour ses anciens compagnons d’armes, forma le projet de -
créer un établissement où ils passeraient leurs vieux jours, un hospice où ils feraient panser et guérir leurs glorieuses blessures. A cet effet, par deux édits, l’un de 1597, l’autre de 1601, il leur assigna l’hôpital de Lourcine ou de la Charité chrétienne. Trente-trois ans plus tard, Louis XIII, s'inspirant de la même pensée, iit placer les invalides militaires à Bicêtre , qu'il fonda en commanderie de Saint-Louis.
L'hôtel actuel a été bâti par Louis XIV, d’après les plans de Libéral Bruant. Commencé en 1671, il fut terminé en huit années. Son ensemble comprend une superficie de 38,000 mètres. C'est là que les défenseurs de la patrie trouvent un refuge lorsque l’âge où les blessures leur font abandonner la carrière militaire.
Le fameux dôme des Invalides est le chef-d’œuvre de J. Hardouin Mansard, l'architecte de Versailles. Ce dôme a trois coupoles, dont l'une, peinte par Lafosse, représente la Gloire des bienheureux , et occupe nue étendue de 17 mètres de diamètre. Son portique, où l’ordonnance dorique et l’ordonnance ionique sont employées d'une manière harmonieuse, est supporté par un perron, et supporte lui-mème un fronton triangulaire. Toutes les niches sont garnies de statues. Sa colonnade circulaire soutient un attique orné de contre-forts. Sa coupole est recouverte en plomb ; mais elle a douze grandes côtes dorées qui encadrent des trophées militaires également dorés : enfin, une flèche élégante surmonte le dôme et s’élève à 108 mètres du sol. Tout cela forme un ensemble vraiment grandiose.
Le principal corps de bâtiment, élevé de trois étages, se trouve situé à l’extrémité d’une large esplanade bordée d'allées d’arbres et de gazon. La cour garnie de canons de tous calibres, pris sur l’ennemi, est environnée de fossés du côté de la rivière, et fermée par une grille magnifique.
La cour d’honneur, ceinte d’arcades superposées, a 130 mètres de long sur 64 mètres de large. Deux corps de bâtiment en forment les longs côtés, et au fond s'élève une chapelle d’une remarquable architecture.
Voici les détails les plus intéressants sur cet hôtel :
Lors de la Révolution, il dut prendre le nom de Tem- ■ pU de l’Humanité, pour être respecté en ce temps de barbarie. Sous le règne de Napoléon, époque toute militaire qui vit s’accroître si considérablement le nombre des invalides, il fut appelé le Temple de Mars, comme si nous étions revenus à l'ère païenne.
La Restauration lui rendit enfin son nom primitif.
L’hôtel peut contenir 5,000 hommes; il a quatre étages et trois pavillons. Celui du milieu , qui sert d’entrée principale, est décoré de piliers d’ordre ionique qui supportent un arc chargé de trophées. On y remarque un haut-relief de Coustou, représentant Louis XIV à cheval, entouré de la Justice et de la Prudence.
Ce haut-relief fut restauré en 1816 par Cartelicr.
Le pavillon central est décoré des statues de Mars et de Minerve, en bronze, sculptées par Coustou; et les deux pavillons extrêmes sont ornés de trophées militaires reposant sur des attiques. Le haut en est formé par des terrasses carrées entourées de balustrades.
Les quatre statues hautes de 4 mètres, par Desjardins, qui entouraient autrefois celle de Louis XIV sur la place des Victoires, et qui représentent des Nations vaincues, furent transportées aux Invalides, en 1800, pour orner les angles de ces pavillons.
Les fenêtres consistent en des trophées militaires de pierre sculptée. Chacun de ces trophées est une cuirasse dans laquelle s’encadre la fenêtre, surmontée d’un casque et d’un manteau.
Dans la cour dite de l’Amitié, se retrouvent les ornements que nous venons de décrire.
La façade principale, de 204 mètres, a trois portes latérales : celle du milieu conduit à la cour d' Honneur, qui a 100 mètres de long sur 64 de large; elle est précédée d’un élégant vestibule orné de colonnes ioniques.
Cette cour est entourée de bâtiments carrés dont les quatre ailes sont proéminentes sur le milieu, et se terminent aux angles par deux petits pavillons. Chaque édifice est décoré de deux rangées d’arcades couronnées par un entablement et par des fenêtres en lucarne, ornées de trophées militaires. À chaque angle est un groupe de chevaux qui piétinent sur des instruments guerriers.
Les arcades enveloppent des galeries spacieuses dont l’une, celle du haut, est ornée de balustrades. La projection centrale du côté du midi forme le portique de l’église, sur le devant de laquelle s’élève une statue de Napoléon. Quatre couples de colonnes ioniques en supportent un même nombre, d’ordre corinthien, surmontées d’un fronton dans lequel est une horloge soutenue par les statues du Temps et de l’Etude, et couronnée par un campanile dont l'extrémité porte une croix. L’horloge, qui est de Lepaute, a été placée en 1781.
L’église, œuvre de Mansard, a 22 mètres de haut sur 70 de long. Les piles des arcades présentent dans leur ensemble une façade corinthienne supportant un bel entablement, au-dessus duquel se développent une rangée de fenêtres, d’où arrive une vive lumière qui se reflète sur les nombreuses bannières dont les deux côtés de la nef sont ornés. Ces bannières proviennent principalement des dépouilles faites sur les champs de bataille d’Afrique.
Sous l’Empire, un grand nombre de drapeaux conquis sur les ennemis étaient déployés dans cette église; on en
comptait 960 à la fin de l'année 1813; mais la veille de l’entrée des armées des alliés à Paris, le 31 mars 1814, le duc de Feltre, alors ministre de la guerre, les fit brûler par ordre de Joseph Bonaparte, et fit briser l’épée de Frédéric le Grand, qui y était conservée. — Cet ordre fut donné par trois fois avant d’ètre exécuté.
Plusieurs piliers de la nef sont ornés d’inscriptions sur marbre. On y remarque les noms du comte de Guibert, gouverneur des Invalides, qui mourut en 1786; du duc de Coigny (1821), du maréchal Jourdan (1838), du maréchal Moncey (1842), du maréchal Lobau (1838), du maréchal Oudinot, duc de Rcggio (1847).
Plusieurs noms illustres sont gravés sur deux tablettes de bronze; parmi ces noms sont ceux du maréchal Mortier, tué en 1835 par la machine infernale de Fieschi, et du général Damrémont, qui mourut sous les murs de Constantine en 1837.
Les gouverneurs qui meurent pendant l’exercice de leurs fonctions sont seuls admis à la sépulture sous la nef et à l’honneur des inscriptions dans l’église.
C’est dans la chapelle Saint-Jérôme que fut déposé le corps de Napoléon, rapporté de Saint-Hélène en 1840 et enterré dans l’église le 15 décembre suivant, avec une pompe dont l’histoire des temps modernes n’offre aucun exemple.
Sur le sarcophage provisoire, furent déposés l’épée léguée par l’F.mpereur au général Bertrand et le chapeau qu’il portait à Eylau; Napoléon 4’avait donné lui-même au baron Gros.
Le tombeau de l’Empereur, construit en granit et en porphyre, sans aucun ornement, occupera une crypte ou chapelle souterraine pratiquée au centre de l’église, et au-dessous du dôme. On y descend par un escalier de marbre placé derrière le grand autel. Au-dessus de la
porte de bronze qui donne accès dans la crypte, on lit ces paroles de l’Empereur : « Je désire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple français que j’ai tant aimé. .»
Deux statues colossales, œuvre de Duret, qui a représenté d’un côté la Force civile, de l’autre la Force militaire, sont placées à côté de la porte de la crypte. Avant de pénétrer dans la chapelle souterraine, on traverse un vestibule qui renferme la tombe de Bertrand et celle de Duroc. Une partie de la crypte est à ciel ouvert sous le dôme. Le sarcophage préparé pour recevoir les restes de l'Empereur est entouré de douze figures colossales, œuvre de Pradier.
Dans un caveau, éclairé par une lampe et placé en face de la porte d’entrée, on a déposé l’épée d’Austerlitz, les décorations que portait Napoléon I,r, d'autres emblèmes impériaux et 60 drapeaux pris à l’ennemi.
l’école militaire.
Ce monument, créé par Louis XV, dans la plaine de Grenelle, a été construit sur les dessins de l’architecte Gabriel. Sa destination primitive est énoncée dans l’ordonnance royale de janvier 1751, portant que cette École était fondée « pour y élever cinq cents gentilshommes dans toutes les sciences nécessaires et convenables à un officier. »
Comme l’abbaye de Laon se trouvait alors vacante, on résolut de ne point y pourvoir, afin d’en consacrer les revenus à la dotation de l’École Militaire, qui fut complétée par une loterie. En attendant que l’édifice, commencé aussitôt, fût entièrement achevé, les élèves militaires s’installèrent provisoirement dans le château de Vincenncs, où l’on pouvait en compter déjà quatre-vingts, en 1753;
trois ans après, ils étaient déjà, plus nombreux, définitivement installés dans leur magnifique demeure.
La façade principale de l'École Militaire donne sur le Champ-de-Mars. Elle n’est ornée que d’un avant-corps de colonnes d’ordre corinthien; mais le vestibule du centre est décoré de quatre rangs d’ordre toscan. A gauche de ce vestibule se trouve la chapelle, dont la première pierre ne fut posée qu’en 1769, et dont la voûte, en arc surbaissé, est supportée par d’autres colonnes d’ordre corinthien.
Les décorations du principal corps de bâtiment sont vraiment remarquables. Du côté de la cour, elles présentent un premier ordre de colonnes doriques surmonté d’un second ordre ionique; et au centre, un avant-corps d’ordre corinthien, dont les colonnes s'élèvent aux deux étages, et qui est couronné d’un fronton et d’un attique. A chaque extrémité de la première cour, on construisit, en 1788, un bâtiment où l’on établit un superbe manège et un observatoire que les révolutions ont respecté.
Avant 1789, on remarquait, non-seulement dans la cour d’honneur, une statue de Louis XV, par Lemoine, qui avait représenté ce roi tète nue et cuirassé; mais, sur le grand escalier, celles de Condé, par Lecomte; de Turenne, par Pajou; du maréchal de Luxembourg, par Mouchi, et du maréchal de Saxe, par d’Huez.
L’École Militaire était, sous notre ancienne monarchie, ce qu’ont été sous la monarchie constitutionnelle, et ce que sont encore, sousl’empire actuel, les deux écoles Polytechnique et de Saint-Cyr. On en sortait ordinairement pour entrer, avec le grade de sous-lieutenant, dans l’infanterie, dans la cavalerie ou dans les dragons ; mais les meilleurs élèves de cette école préparatoire passaient à l’école d’artillerie de Mézjères.
Lors de la Révolution, l’École Militaire devint ce quelle
est restée depuis, c’est-à-dire une simple caserne où la garde impériale tint ses quartiers, de 1804 à 1814, et la garde royale, de 1814 à 1830; maintenant, elle est affectée partie à l’infanterie, partie à la cavalerie.