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PALAIS DU LUXEMBOURG OU DU SÉNAT

;Rue de Vaugirard.]

Sur l'emplacement de ce palais, il y avait autrefois un v camp romain, qui n’était sans doute habité que lorsque les empereurs séjournaient eux -mêmes dans le palais des Thermes. On y a découvert de nombreux débris d’ustensiles, d’armes et de vêtements, à une assez grande profondeur du sol.

Vers la moitié du xv1 siècle , Robert de Harlay de . - Sancy construisit un vaste édifice dans les jardins qu’on

appelle aujourd’hui le jardin du Luxembourg.

En 1583, cette résidence fut achetée et bientôt augmentée par le duc de Piney-Luxembourg , dont le nom est resté à* la propriété, malgré les transformations qu'elle a subies. Cette habitation et toutes ses dépendances furent acquises par Marie de Médicis , en 1612, moyennant la somme de 20,000 livres.

On a prétendu que Jacques Debrosse fut chargé d’abattre ces vieilles constructions et d’en élever de nouvelles, c’est-à-dire un édifice qui ne serait qu’une imitation du palais Pitti , de Florence, résidence princière des ducs > >• de Toscane. Mais il suffit de jeter les yeux sur la masse •

imposante de ces bâiiments, dont le centre, dominé par un vaste pavillon surmonté d’une coupole, est formé par une tour carrée, et dont les angles offrent des pavillons «saillants, comme les anciennes constructions féodales, pour reconnaître que le Luxembourg appartient bien plutôt à l’architecture française de la renaissance qu’à l’archi- ’tecture florentine

Quoi qu’il en soit, le palais fut bâti; et Marie de Médias y vécut durant plusieurs années avant son exil, moins en reine de France qu’en prisonnière de Richelieu.

Le Luxembourg s'appelait alors le palais Mèdici <, mais il s’appela palais d'Orléans , quand Marie l’eut donné à Gaston, duc d'Orléans, son second fils: il passa des mains de çe prince, qui fut le héros de tant d’intrigues, toutes aussi lâches que coupables, aux mains de la duchesse de Montpensier, Anne-Marie-Louise d'Orléans, l’héroïne de la Fronde, qui l’acheta 500,000 livres; puis, en 1672, il devint la propriété d’Élisabeth d’Orléans, duchesse de Guise et d’Alençon, qui le vendit à Louis XIV en 1694.

La duchesse de Brunswick et mademoiselle d’Orléans, reine douairière d’Espagne, avaient habité successivement le Luxembourg, lorsque Louis XVI en fit don an comte de Provence, depuis Louis XVIII, qui aliéna toute la partie du jardin sur laquelle on a bâti la rue de l’Ouest, avant que la Révolution le contraignit lui-môme à s’éloigner de Paris et de la France.

Le palais du Luxembourg devint alors une prison d’Etat*

C’est là que furent successivement renfermés , au temps oü la Révolution dévorait ses propres enfants, comme Saturne, suivant les paroles immortelles de Yergniaud, tous ceux qui avaient proscrit le parti girondin : Hébert, Danton, Camille Desmoulins, Hérault de Séchelles, Fabre d’Églantine, Chabot, Thomas Payne, Bazire et Robespierre

qui échappa aux geôliers , mais non pas à la Convention.

Quand le Directoire eut remplacé la Convention , en 1795, le Luxembourg devint le siège du Gouvernement; et la triste prison fit place au fastueux palais dictatorial , .où Barras étalait républicainement tout le luxe, toutes les débauches de la Régeuce.

Après le 18 brumaire, Bonaparte en fit le palais du. Consulat et l'habita, jusqu’à ce qu’il allât s'établir aux Tuileries. Sous l’Empire , il en fit le palais du Sénat conservateur. De 1814 à 1848, la Chambre des pairs y tint ses séances.

Après la révolution de juillet, M. Louis Blanc y présida la Commission du Gouvernement pour les travailleurs . qui fut dissoute par l’Assemblée constituante. Enfin, le Luxembourg est redevenu le siège du nouveau Sénat conservateur.

La cour du palais a 120 mètres de long sur 100 de large. On remarque dans les différentes salles du Luxembourg les statues d’Aristide et de Léonidas , de Cincinnatus et de Cicéron, de Solon et de Périclès, et bien des tableaux, notamment, dans la salle de s Messagers : Charles IX recevant les clefs de Paris, par Caminade; saint Louis, par Flandrin; le Duc de Guise, par Vinchon; et dans la salle des Conférences, d’admirables tapisseries des Gobelins.

La bibliothèque, la chapelle de Marie de Médicis et la galerie de labi aux méritent toute l’attention du visiteur.

Le jardin a été planté par Debrosse. En 1792, on coupa des arbres de toute beauté pour construire des cafés. On a mis un soin particulier, depuis quelques années, à décorer le jardin du Luxembourg d’un grand nombre de parterres. <

A l’est, on a établi le jardin botanique de l’École de Médecine, et à l’ouest une nouvelle pépinière, très-riche.

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Pim

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