‹ Nouveau guide à ParisChapitre 58 sur 266 · ARCHIVES IMPÉRIALES · texte numérisé non relu

ARCHIVES IMPÉRIALES

(Rue de Paradis, au Marais, et rue du Chaume, 12. (Hôtel Souhise.

L’entrée principale, rue de Paradis, est décorée de cc nés d’ordre corinthien et de trophées surmontés des tig d’Hercide et de Pallas, par Coustou jeune et Bourdis balustrade, du côté de la cour, fermée par une belle lerie à colonnes d'ordre composite, est ornée des sta de la Prudence et de la Renommée. Sur la façade, est d’ordre composite et corinthien, s’élèvent des gro' de statues, entre autres celles des Saisons, sculptées le Lorrain.

L’hôtel de Soubise, occupé, aujourd'hui par les arcli impériales, a été formée : 1“ de l’hôtel de Clisson, en 1383 par Olivier de Clisson, connétable de France qui porta quelque temps le nom d' Hôtel de la Miséricc parce que le roi Charles VI, y ayant assemblé les pri paux bourgeois de Paris , après une émeute , en 1 leur (il grâce ; 2’ de l’hôtel de Navarre, situé rue de radis, qui appartint successivement aux maisons d’Évr d’ Armagnac, de Laval et de Guise; 3° de l’hôtel d Roche-Guyon, situé rue Vieille-du-Temple.

C’est avec ces trois hôtels que le duc de Guise se struisit ce vaste palais, qui joua un si grand rôle < es troubles de la Ligue» 11 fut acheté en 1697 et rc presque entièrement avec magnificence par François Rohan, prince de Soubise, chef de cette célèbre fan

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dont la noble fierté est exprimée dans sa propre devise : Roi je ne puis, prince ne daigne, Rohan je suis.

Les peintures et les ornements de cet hôtel sont trèsremarqnables. Le principal salon des grands appariements est un modèle dans le genre du xvin* siècle. On remarque dans les petits appariements une fenêtre ouvrant sur la rue du Chaume, faisant partie du boudoir de la duchesse de Guise, et par laquelle, dit-on, se précipita son amant à l’approche du duc.

C’est à cet hôtel que, en 1793, les citoyens allaient faire leur déclaration pour l’emprunt forcé.

Après la Révolution, Napoléon y donna asile à quelques anciennes familles. Ce fut encore par les ordres de l’Empereur, eu 1809, que l’on consacra cet hôtel an dépôt des Archives impériales.

Leur immense collection se compose de cinq sections :

1° La sechon législative, formant plus de 7,000 cartons et contenant tous les actes de la législature française;

2° La section administrative, comprenant les actes émanés des autorités publiques, parmi lesquels sont les arrêts du Conseil de 1593 à 1791, en 40,000 cartons;

3° La section historique, formée principalement du trésor des Charles depuis le xnc siècle, et de documents historiques et ecclésiastiques dont le plus ancien remonte à l’année 620. Le nombre des cartons de cette section s'élève à 5,436;

4° La section des domaines, 21,000 cartons;

5° La section judiciaire, se composant de tous les arrêts, actes, remontrances du Parlement et autres Cours du royaume, n’a pas moins de 60,000 cartons.

11 s'y trouve aussi une bibliothèque de 14,000 volumes.

On conserve dans ce précieux dépôt les rapports des commissions anglaises, l’armoire de fer, les sceaux et les bulles d’or, les clefs de la Bastille, les clefs d’argent de

Namur présentées à Lonis XIV, le fameux livre ro\ trouvé à Versailles, le serment de Louis XVI, spn tes ment et celui de Marie-Antoinette, la minute de la déc ration des Droits de l’Homme, la planche des assigne des médailles de l’Empire, des lettres autographes Napoléon , et , entre autres , la seule qu'il ait écrite Louis XVIII.

Dans les dépendances du palais des Archives, du c de la rue du Chaume, se trouvent quelques restes ir ressants de l'hôtel de Clisson. On voit encore, outre grosses tourelles et ses épaisses murailles, sa jolie po ogivale, restaurée, il y a quelques années, avec un gn soin. Elle sert d’entrée à l'École des Chartes.

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