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HOTEL DE VILLE

(Place du mfrae nom, autrefois place tic Grive )

Sur l’emplacement du magnifique Hôtel de ville nous admirons aujourd’hui, et vers le point central df façade, on voyait, au xiv' siècle, une habitation appi la maison de Grève ou lâ maison aux Piliers, à ce des piliers de bois qui soutenaient son humble faç; ou encore la maison aux Dauphins, parce qn’elle a appartenu aux Dauphins de Viennois. Elle fut acqi pour la ville par Étienne Marcel, prévôt des marchai le 7 juillet 1357, au prix de 2,880 livres parisis.

« 11 y avait, dit Sauvai, dans cette maison, deux coi un poulailler, des cuisines hautes et basses, des étu' une chambre de parade, une d’audience appelée plaido \ une salle couverte d’ardoises, longue de cinq toises large de trois, et plusieurs autres commodités. »

Cet édifice, quoique bien modeste, était plus spaci que l’ancien parloir aux Bourgeois, qui, après avoir longtemps à la vallée de Misère, sur le bord de la Sei à l’ouest de la place du Châtelet, avait été transpi près de la place Saint-Michel.

Le siège de la municipalité parisienne fut donc tra féré à la maison aux Piliers , sous le règne du roi Je C’est là que se passèrent les événements les plus irai

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tants de l’histoire de Paris, pendant près de deux siècles.

Au temps de François l*r, cette maison tombant en ruine, on résolut de la remplacer par un hôtel digne de sa destination: • > , <

Pierre Viole, prévôt des marchands, assisté de tous les échevins, posa la première pierre de ce nouvel édifice le • ; 15 juillet 1533, aVec une grande solennité, au son des cloches de Saint-Jean-en-Grève et de Saint-Jacques- la- Boucherie.

Le premier étage de l’Hôtel de ville était élevé, en 1549, lorsque Henri 11 ordonna de suspendre les constructions, pour adopter un nouveau plan que lui avait présenté un architecte italien, Dominique Boccador, de Cortone.

Les travaux, repris sous la direction de cet artiste, marchèrent lentement ; ils ne furent terminés qu’en 1606, par les soins de François Miron, prévôt des marchands et d’André Ducerccau, qui fit subir quelques changements au plan de Dominique de Cortone.

Les sculptures des portiques, de la cour et de l’escalier principal sont attribués à Jean Goujon. Considérablement agrandi en 1801, l’Hôtel de ville reçut, à partir de 1836, les développements remarquables qui, aujourd’hui, le mettent hors de toute comparaison.

Ce monument colossal forme un parallélogramme à deux pavillons intermédiaires et à quatre pavillons aux angles : les façades comptent vingt-cinq croisées; et les côtés, dix-neuf. Au-dessus de la porte principale, sur la place, est un bas-relief en bronze représentant Henri IV à cheval. . ' . > .

La cour centrale, peu étendue, est entourée de portiques et décorée d’une statue de Louis XIV, chef-d’œuvre de Coysevox.

Parmi les somptueuses salles de ce palais, l’une des

plus anciennes et la plus intéressante par ses souvenirs historiques est la salle du Trône, anciennement consacrée aux Réceptions, aux fôtes , aux banquets. Installée dans cette salle, où les Parisiens avaient reçu à genoux Henri H et Louis XIV, la commission du 10 août organisa la sanglante insurrection qui la fit triompher des Tuileries; là aussi elle fut vaincue avec Robespierre, qui s'y fracassa la tête d'un coup de pistolet.

Parmi les grands appartements de réception, on remarque surtout le salon de la Paix, orné de magnifiques peintures par MM. Ingres et Delacroix.

Du côté de la Seine, la façade est ornée de douze statues allégoriques; et un jardin, clos d'une grille, sépare 1 Hôtel de ville du quai. Les statues des hommes qui ont bien mérité de la patrie décorent la grande façade.

L’augmentation considérable que ce superbe édifice a reçue depuis peu , d'après les plans et sous la direction de MM. Goddo et Lesueur, architectes, a permis d’y multiplier le nombre de ces statues.

L’Hôtel de ville est devenu la résidence du préfet de la Seine. Tous les bureaux de la préfecture y sont installés.

Sous le règne de Louis-Pliilippe , l’Hôtel de ville était masqué au nord , au sud et à l’est , par une niasse de vieilles maisons qu'il fit démolir afin de dégager ce splendide monument. Aujourd’hui l’Hôtel de ville déploie sur ses quatre faces toute la beauté de son architecture et de ses graudioscs proportions.

On peut voir, dans notre Plan de Paris , l’heureux effet que produit autour de cet incomparable édifice, l’agrandissement de la place Saint-Jean et le prolongement de la rue de Rivoli. Ce bel ensemble sera plus complet encore, lorsque la place de l’Hôtel de ville aura été régularisée par la construction des maisons monumentales qui doivent faire face au palais municipal.

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