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GARDE-MEUBLE DE LA COURONNE

» (Bue de Vüniversité, 184, et qüni d'Orsay.)

Sous l’ancienne monarchie, les richesses en diamants, joyaux, curiosités, meubles, etc., qui appartenaient aux rois de France, formaient une collection précieusement conservée à l’hôtel du Petit-Bourbon, près du Louvre. Cet édifice ayant été démoli en 1758, le Garde-Meuble de la couronne fut successivement transféré à l'hôtel de Conti, â l’hôtel d’Évreux, et, vers 1770, dans l’un des splendides bâtiments qu’on venait de construire sur la place Louis XV.

Le Garde-Meuble, que le public pouvait alors visiter le premier mardi de chaque mois, était divisé en plusieurs parties. La première salle contenait les armes, parmi lesquelles on remarquait deux petits canons d’argent damasquinés, offerts à Louis XIV par les ambassadeurs du roi de Siam, et la belle collection d’armures qui est aujourd'hui au musée d’artillerie ; dans la seconde salle , étaient les tapisseries. Les armoires de la troisième salle renfermaient les diamants, les pierres précieuses, les objets de curiosité.

On y voyait la chapelle d’or donnée à Louis XIII par le cardinal de Richelieu et dont toutes les pièces étaient d’or massif et garnies de pierreries. Le nombre des diamants de la couronne s’élevait à plus de huit mille, suivant un inventaire dressé en 1774. Les deux plus beaux étaient le Régent et le Sancy.

A.u xv« siècle, un Suisse veudit le Sancy, pour un écu,

à Charles le Téméraire. Don Antoine, roi de Portugal, le possédait en 1589. Il emprunta, sur ce diamant, que l’on regardait alors comme le plus beau de l’Europe, ur.e somme de 40,000 livres à Nicolas de Harlay de Sancy, qui lui en donna cent mille pour le garder. Quoiqu’il ait passé successivement aux mains de Jacques II, roi d’Augleterre, et de Louis XIV, le nom de Sancy lui est resté.

Le Régent, beaucoup plus beau que le Sancy, reçut son nom du duc d’Orléans, régent de France, qui l’acheta deux millions en 1717.

L’Assemblée constituante déclara les diamants de la couronne propriété de la nation, et laissa à la famille royale le mobilier, dont la valeur s’élevait à près de 20 millions. •

En 1789, la veille du 14 juillet, le peuple envahit le Garde-Meuble, et enleva une partie des armures, ainsi que les deux canons d’argent du roi de Siam, qui servirent à la prise de la Bastille. Le 17 septembre 1792, un vol considérable fut commis au Garde-Meuble ; on parvint à soustraire presque tous les diamants, entre autres le Régent et le Sancy; mais ils furent retrouvés depuis, ainsi que la plupart des objets dérobés.

Sous l’Empire, l’hôtel de la place de la Concorde ayant été affecté, en 1806, au ministère de la marine (voy. l’article précédent), le mobilier et les bijoux de la couronne furent transportés dans l'hôtel occupé auparavant par le général Junot, duc d’Abrantès, rue des Champs-Élysées, 6. On détacha de cette précieuse collection les armures, qui furent déposées au musée d'artillerie, et les objets d’autiquité, qui furent placés à la Bibliothèque impériale; mais une partie des meubles, fut vendue.

Depuis cette époque, le mobilier de la couronne s’est accru de nouvelles richesses. La Restauration le fit établir rue du Faubourg-Poissonnière, dans l’ancien hôtel

des Menus-Plaisirs, qu’on vient de démolir. 11 se trouve maintenant nie de l’Université, près du Charap-de-Mars. — Il est difficile, pour ne pas dire impossible, d’ôlre admis à le visiter.

MANUFACTURE IMPÉRIALE DES TAPISSERIES DES GOBELINS ET DES TAPIS DE LA SAVONNERIE.

(Une MoufleloTii, 270.) ,

Jean Gobelin forma sur cet emplacement, en 1450, une célèbre teinturerie de laines, que son fils Philibert Gobelin et ses petits-fils firent longtemps prospérer. Le nom des Gobelin devint si célèbre, qu’on le donna au quartier et même à la rivière qui le traversait.

Au commencement du :xyii' siècle, les sieurs Canaye, qui avaient succédé à la famille Gobelin dans la direction de cette manufacture, y apportèrent de Flandre l’art de fabriquer des tapisseries. En 1055, M. Glucq y introduisit l’art de teindre la laine et le drap en écarlate.

Cet établissement fut considérablement augmenté sous Louis XIV ; et, de nos jours, il a acquis un renom européen par ses tapisseries de haute lisse, où la laine est parvenue à exprimer toutes les nuances du pinceau le plus suave, à reproduire ses touches les plus hardies, à transformer de simples tapisseries en tableaux admirables.

La manufacture de tapis de la Savonnerie a été réunie à la manufacture des Gobelins, depuis quelques années. On y fabrique des tapis bien supérieurs à ceux de la Perse, pour l’élégance, la correction du dessin, le choix et la variété.

Cet art fut importé en France, l’an 1604, par Pierre Dupont et Simon Bourdet. Ses produits sont de la plus

haute magnificence ; car un tapis de moyenne dimension se paie jusqu’à 40,000 fr. Le produit le plus grand de cette manufacture est le tapis de la galerie des tableaux du Louvre, composé de 62 pièces, .ayant en totalité 1,300 pieds de longueur.

On entre aux Gobelins les samedis, en été, de 2 à 6 heures du soir, et en hiver, de 2 à 4 heures.

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