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ÉGLISE DF I.A MADELEINE

qui reçut le nom de Ville-V Évêque. An xv* siècle, la chapelle, tombant eu ruine, fut démolie et remplacée par un nouvel édifice dont Charles VIII posa la première pierre, le 21 février 1487. Ce prince fonda, quatre ans plus tard, dans cette même chapelle, la confrérie de la Madeleine, dont elle prit le nom. La chapelle de la Madeleine ayant été érigée en paroisse l’an 1639, on la rebâtit en 1659, pour en faire une église.

Lorsque le bourg de la Ville-l’Évèque eut été compris dans l’enceinte de Paris, et après l’ouverture de la rue Royale, on résolut de reconstruire l’église de la Madeleine en regard du Palais-Bourbon et de la place Louis XV, achevés depuis^ 1754. Le roi Louis XV adopta d’abord, pour cette reconstruction, les plans de l’architecte Constant d’Ivry. Mais la disposition ei^fut modifiée, en 1777, par l’architecte Couture; et la Révolution ayant suspendu les travaux, ils ne furent repris qu’en 1806, sur les nouveaux plans de Vignon.

Ce monument chrétien a failli devenir monument païen. Napoléon voulait transformer l’église de la Madeleine en Temple de la Gloire, dédié aux soldats de la Grande Armée; mais l’Empire tomba bien avant que l’édifice fût élevé.

La Restauration elle-même dura bien moins longtemps que la construction de cette église, tant les travaux marchèrent lentement. Ils ne prirent d'activité qu'en 1836, sous la direction de l’architecte Huvé , qui les conduisit jusqn’à leur entier achèvement.

L’église de la Madeleine, inaugurée en 1842, est peutêtre la plus belle imitation de l’art antique essayée dans les temps modernes. Son plan forme un rectangle de 100 mètres de long sur 42 de large. Tout autour, sur un soubassement lisse de 51 mètres, règne un péristyle de

cinquante-deux colonnes de 19“, 04, entre lesquelles sont placées trente-quatre statues de saints.

Au nord et an midi sont deux portiques surmontés de frontons triangulaires; celui du midi est orné d'un basrelief de 37 mètres de longueur sur 7“,50 de hauteur. Cette belle œuvre du sculpteur Lemaire représente le Jugement dernier. Le fronton du nord est resté libre. Un espace a été ménagé intérieurement dans cette partie de l’édifice pour recevoir les cloches’. Le toit, formé d’une charpente de fer et de tables de cuivre, est à deux égouts. Une grille de fer entoure tout le monument. Aucun jour n’est pratiqué dans les murs, et l’intérieur se trouve éclairé d’en haut.

La porte d’entrée, exécutée tout en bronze, fait le plus grand honneur à M. Triquetti. Une arcade de 26 mètres de hauteur environ et île 15 mètres de largeur forme un beau vestibule, où sont les deux chapelles du Baptême et du Mariage. Tout l’intérieur n’est qu’une nef immense, terminée semi-circulairement au nord par le maitrc-autel, orné d’une Exaltation de la Madeleine, sculptée avec une grande hardiesse par Marochetti, et d’une fresque splendide de Ziegler.

• De tous côtés on admire les belles peintures de MM. Abel de Pujol, Thomas, Gérard, etc.; et les sculptures des Apôtres, par MM. Rudde, Foyalier et Pradier. Le parquet est richement exécuté en marbre français, et le plafond magnifiquement ciselé par M. Derre.

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