CHAPELLE EXPIATOIRE
iRue d'Aojou-Saial-Uonoré et rue de l'Arcade.)
Monument construit sur les plans de l’architecte Fontaine, pour recevoir la dépouille mortelle de Louis XVI et de Marie-Antoinette, après son exhumation. L'entrée , précédée d’un parvis, est ornée de quatre colonnes d’ordre dorique romain, qui supportent un fronton surmonté d’une croix latine. La frise se compose de triglvphes séparés par des rosaces et des sabliers sculptés.
Au-dessus de la chapelle s'élève une coupole, aux pendentifs de laquelle sont des bas-reliefs représentant les mystères de la Trinité et de l’Eucharistie; un autre bas-relief représente la translation des restes mortels de Louis XVI et de Marie-Antoinette.
De chaque côté de l’autel, en marbre blanc incrusté de bronze doré, s'élèvent les groupes de Louis XVI et de son confesseur, par Bosio, et celui de Marie-Antoinette implorant les secours de la religion, par Cortot. Sur leurs piédestaux sont gravés en lettres d’or les testaments du roi et de la reine.
Deuxième arrondissement.
SAIAT-ROCH,
Bue Saint-Honoré, 208.
Cette église doit son origine à une chapelle de Saint- Roch élevée en 1587 sur l’emplacement de deux anciens
oratoires connus sous les noms de Sainte-Suzanne-de- Gaillon et des Cinq-Plaies. Érigée en paroisse le 30 juin. 1633, la chapelle de Saint-Roch devint bientôt insuffisante pour les besoins spirituels du quartier Saint-Honoré, dont la population s’était fort accrue. L’acquisition de l'hôtel Gaillon ayant permis de construire un plus vaste édifice, le 28 mars 1653, Louis .XIV et la reine Anne d’Autriche, sa mère, posèrent la première pierre de l’église actuelle.
Le monument, commencé sur les dessins de Lcmcrcier, et continué par Robert de Cotte, n’a été achevé qu’en
La terrasse sur laquelle il est assis et le spacieux escalier qui y conduit annoncent dignement un édifice religieux. Le portail, d’ordre dorique et corinthien, orné de deux rangées de colonnes surmontées d’un fronton, a été dessiné par Robert de Cotte. Son plan se compose d’une nef principale et de deux nefs latérales.
L'intérieur, d’ordre dorique, affecte la forme d’une croix latine, et renferme, outre la nef et le chœur, dix-huit chapelles. Derrière le chœur est placée la chapelle de la Vierge, dont la voûte, représentant l'Assomption, est peinte à fresque par Pierre. Le groupe de marbre blanc disposé sur l’autel, et figurant l'Enfaut Jésus à la crèche, entouré de la Vierge et de saint Joseph, a été sculpté par Anguier.
Plusieurs tableaux décorent cette chapelle : le Christ chassant les marchands du Temple, par Thomas; le Christ ressuscitant la fille de Jaïre, par Delorme, etc. Suivent les chapelles de la Communion et du Calvaire.
L’aspect lugubre de cette dernière est véritablement, saisissant. On y distingue Jésus-Christ au Calvaire et la Madeleine pleurant à ses pieds, morceau d'un effet imposant. La disposition et l’exécution de cette chapelle font
honneur à Falconnet, qui a dessiné et sculpté en 1753 le groupe remarquable de Jésus-Christ mis au tombeau. Abel de Pujol a peint la fresque représentant le Crucifiement.
Signalons encore la chaire à prêcher, soutenue par les quatre Évangélistes; le monument élevé à la mémoire de l’abbé de l’Épée, par Perrault ; et, dans la chapelle des Fonts baptismaux, le Baptême du Christ, sculpté par Lemoine.
Sous l’orgue, on aperçoit, adossé à la muraille, le buste de Pierre Corneille, avec une inscription relatant la date de sa mort (1684) et son inhumation dans les caveaux de Saint-Boch. D’autres chapelles renferment encore les monuments funèbres du cardinal Dubois, de Mignard, de le Nôtre, de M“* Dcshoulières, etc.
C’est sur les marches de Saint-Roch que, de 13 vendémiaire, Bonaparte, investi par Barras du commandement en chef, anéantit sous le feu de son artillerie les sections de Paris armées contre la Convention, et courut ainsi vers la fortune qui l'attendait.