‹ Nouveau guide à ParisChapitre 78 sur 266 · NOTRE -DAME -DE-LORETTE · texte numérisé non relu

NOTRE -DAME -DE-LORETTE

(Au bout de la rue Laffitte, au bu» de la rue des Martyrs, sur les terrains de l'anrien hôtel Necker.)

Cette église, commencée en 1824, a été finie en 1836 par l’architecte Lebas. Elle forme un carré oblong de 23 mètres sur 70. Sa plus grande hauteur est de 19 mètres.

Le portique, à quatre colonnes corinthiennes, est grêle et d’un effet mesquin. Un bas-relief, représentant une Adoration de la Vierge et de l’Enfant Jésus, par Nanteuil, décore le fronton triangulaire, aux angles duquel s’élèvent les statues de la Foi et de la Charité, par Foyatier,

pt celle de l’Espérance, par Lemaire. Sur la frise on lit : I)eatœ Alarice Virgini Unir et an ce.

Le luxe quelque peu mondain de l'intérieur de cette église lui été ce caractère de majestueuse gravité qui est propre aux temples chrétiens. On ne sait si l'on n'est pas venu dans cette espèce de musée pour admirer soit la chapelle des Fonts baptismaux, par Roger, et la statuette de saint Jean-Baptiste, par Duret ; soit la chapelle du Mariage, par Orsel, et la statue de la Vierge, par Dumont; soit les peintures de Blondel, dans la chapelle des Morts; les œuvres de Bernard, Coûtant, Hesse, A. Johannot, Langlois, Camiuade, qui décorent le côté droit de l’église ; celles de Cbampmartin, Étex, Schnetz, Couderc, E. Deveria, qui se font remarquer sur la gauche ; soit encore la chaire d’Elschoët ; soit enfin le groupe doré de Cortot sur le maître-autel. Et l’on se demande si, au milieu de la curiosité que provoquent toutes ces belles œuvres, on trouvera le recueillement nécessaire pour faire sa prière et pour rendre hommage à Dieu.

Cette église est chauffée en hiver.

Troisième arrondissement.

SAEVT-ELSTACHE.

Cure de i" classe.

; Place des Halles et rue du Jour.

L'église Saint-Eustache est élevée sur l’emplacement d'une antique chapelle qui avait été bâtie vers l’an 1200, sous l'invocation de sainte Agnès, qui, dès l’an 1223, était devenue paroisse, et dont elle porte le nom.

En 1250, un moine de Clteaux, appelé Jacob ou le Maître de Hongrie, et considéré par les pauvres comme

un saint, comme un envoyé de Dieu, souleva les chaumières contre les châteaux, les simples clercs contre les prélats, et marcha vers les rives de la Seine, suivi de cent mille pastoureaux. Après avoir désolé toutes les campagnes,

« tant monta le Maître de Hongrie (chef des pastoureaux ) k en grand orgueil, disent les Chroniques de France, qu'il '• s’habilla en prêtre dans l’église Saiut-Eustaclie de Paris, et prêcha*, la mitre en tète, comme un évêque, et sc fit grandement honorer et servir. # Saint-Eustache, devenu sa conquête, fut le centre de ce mouvement révolutionnaire qui ne tarda pas à être comprimé.

Les Bourguignons, maitres de Paris, en 1418, établirent une confrérie dans cette église; et ils y firent des fêtes où ils portaient des chaperons, c’est-à-dire des couronnes de roses. Le roi Philippe de Valois et Louis, duc d'Orléans, frère de Charles VI, y fondèrent successivement deux chapelles; et les lingères des Halles, un autel consacré à sainte Venice, nom supposé de leur patronne.

Au xvie siècle, la paroisse de Saint-Eustache étant devenue l’une des plus populeuses et des plus étendues de Paris, il fallut reconstruire son église. L’édifice actuel, un des plus vastes, des plus élevés, et, malgré ses défauts, un des monuments religieux les plus imposants qui soient en France, fut commencé en 1532 et terminé seulement en 1642. Sa principale façade, exécutée de 1754 à 1788, d’après les dessins de David et de Moreau, n’a pas été achevée. Deux rangs superposés de colonnes doriques et ioniques sont surmontés d’un fronton , et à leurs extrémités s’élèvent deux tours carrées.

Le portail du midi, qu’on vient de dégager des. maisons qui l’obstruaient, est d’un bel effet; mais plusieurs constructions masquent le portail du nord. L’intérieur, d’une étendue de 106 mètres, d’une hauteur de 23 mètres et d’une largeur de 44. bien que son architecture soit bâ-

tarde, présente néanmoins un ensemble saisissant de grandeur qui impose le recueillement.

Les vitraux sont remarquables. L'orgue, qui fut incendié en 1844, était un chef-d'œuvre; il a été reconstruit depuis quelques années.

Cette église renferme bien des tombeaux : ceux de Voiture, de Vaugelas, de Benserade, de Clievert, du peintre Lafossc, de l’amiral de TourvUlc, du maréchal de la Feuillade, et celui de Colbert, monument si remarquable, qu’il suffirait à lui seul pour immortaliser Coysevox.

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