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NOTRE-DAME-DES- VICTOIRES OU LES PETITS -PÈRES

( Sur la place de ce coin.)

Construite en 1629, sur les dessins du père Lemuet, cette église fut dédiée par Louis XI II à Notre-Dame-des- Victoires, en commémoration de la prise de la Rochelle.

Le nom qu’elle porte aujourd’hui lui vient des Augustins déchaussés, appelés vulgairement Pelits-Pèfcs, qui la tirent rebâtir en 1656. L’architecte Cartaud éleva, en 1739, le portail à pilastres ioniques et corinthiens. 11 n’y a point de bas côtés à l’intérieur; mais la nef est accompagnée de six chapelles ornées de tableaux de prix.

Les terrains environnants ont fait place aujourd'hui à’ d’élégantes maisons construites près la rue de la Banque; il n’en restait qu’une partie consacrée à l’usage d’une caserne qui vient d’ètre abattue.

La mairie du 3* arrondissement est établie dans une des dépendances du monastère, et sa nouvelle façade est actuellement rue de la Banque.

NOTRE-DAME-DE-BOJiNE-NOUVELLE.

( Rue de la Lune.)

Ce monument occupe l’emplacement d'une chapelle bâtie en 1551, et détruite en 1593, durant la Ligue. 11 fut érigé en l'an 1624; mais il a été agrandi et presque entièrement reconstruit il y a quelques années.

Le portail, d’ordre dorique, et décoré de colonnes et de pilastres, appartient à la reconstruction moderne. L’intérieur est divisé en trois nefs séparées par des colonnes ioniques, et le maltre-autel placé dans une abside.

Cette église n’offre de remarquable qu'une fresque d'Abel de Pujol.

Quatrième arrondissement .

• saint-germain-l’auxerrois.

Cure de ir* elisxe.

( Sur la place de rc nom.)

Fondée vers l'an 580, par Chilpéric 1er, en l’honneur de saint Germain, évêque de Paris, cette église portait originairement le nom de Saint-Germain-le-Rond, à cause de sa forme circulaire. Saint Landry, évêque de Paris, y fut inhumé en 655. Elle fut pillée et ruinée par les Normands, lorsque Paris était encore renfermé dans l'ile de la Cité.

Le roi Robert la fit rebâtir en 997 , et c’est depuis ce temps que, pour la distinguer de Saint-Gcrmain-des-Prés, on la nomma par erreur Saint-Germain-l'Auxerrois, quoique saint Germain d’Auxerre n’ait rien de commun avec cette église.

Charles VII l’agrandit on 1423; Jean Gauzel construisit en 1431 le portail, qui est d’architecture gothique, comme le reste de l’église, à l’exception de l’abside, dont le style est roman et qui parait être le seul reste de l’édifice construit par le roi Robert. Le porche fut orné, en 1846, de belles peintures à fresque, niais elles ne produisirent pas tout l'effet que l’artiste en espérait.

On admirait autrefois dans cette église un élégant jubé, ouvrage de Pierre Lescot et de Jean Goujon, qui n’existe plus depuis longtemps. La belle grille du chœur et le banc d'œuvre dessiné par Perrault méritent aussi de fixer l'attention. — Les monuments funéraires étaient nombreux dans cette église, renfermant autrefois les tombeaux des chanceliers d'Aligre, Olivier et de Rellièvre ; de la famille Phelippeaux, du poète Malherbe, de madame Dacier, du comte de Caylus et de beaucoup d’autres personnages célèbres.

Le signal du massacre de la Saint-Barthélemy fut donné, le 24 août 1572, par la grosse cloche de cette église. Dans la nuit du 24 au 25 avril 1617, le maréchal d’Ancre avait été inhumé au-dessous de l’orgue de Saint-Germainl’Auxerrois ; mais au point du jour le peuple, exapéré, tira son cadavre de la fosse et le mit en pièces.

Le 14 février 1831, tandis que les prêtres desservant cette paroisse célébraient un service funèbre pour l'anniversaire de la mort du duc de Berry, une populace farouche envahit cette église et la dévasta. Fermée après cette scène de vaudalisme, elle fut entièrement restaurée avant d 'être rendue au culte, ce qui eut lieu en 1838. Depuis cette époque, de remarquables travaux d’embellissement ont été faits à Saint-Germain-l’Auxerrois. Nous mentionnerons surtout les peintures murales qui décorent le dessous du porche, celles de plusieurs chapelles, et les sculptures en bois qui ornent la chapelle de la Vierge.

A cette église était jadis annexée une école, célébré dès le ix® siècle, mais dont le nom même serait oublié de nos jours si le quai de l'École ne nous le rappelait.

L'église Saint- Germain-l’Auxerrois, qui avait le titre de royale, était une collégiale desservie par un chapitre * très-puissant et très-riche, ayant le privilège de nommer à six cures de Paris. Elle était entourée d’un vaste cloître avec lequel on a formé la place Saint-Germain de même que les rues des Prêtres et Chilpéric. C’est dans une des maisons de ce cloitre, celle du doyen, que Gabrielle d’Estrées, subitement prise de convulsions dans un dîner chez Zamet, se fit transporter et mourut en 1599.

Après avoir été la paroisse des rois de France, Saint- Germain-l’Auxerrois, seule église du 4' arrondissement est aujourd'hui la paroisse de S. M. l’empereur Na poléon 111.

Cinquième arrondissement.

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