SAINT-FRANÇOIS-XAVIER, OU ÉGLISE DES MISSIONS-ÉTRANGÈRES
{ Rue du Bac, (20.)
Quoiqu’elle serve de chapelle au séminaire des Missions- Étrangères, institué pour propager la religion chrétienne chez les peuples infidèles, cette église n’en est pas moins la seconde succursale du 10e arrondissement. Elle a été bâtie en 1683, sur les dessins de Dubuisson.
Entre autres bonnes peintures qu’elle renferme, on doit citer une Adoration des mages, de Vanloo; un Christ chassant les vendeurs du Temple, par Bon Boullongne; une Sainte Famille et une Apothéose de saint François-Xavier.
S AINTE-CLOTILDE.
{ Sur la place Belle chasse.)
Cette église, commencée depuis peu d'années, en 1846, selon les vœux de la reine Marie-Amélie, et qui s’élève avec célérité, d’après les dessins de Gau, heureusement modifiés par M. Ballu, sur l'emplacement des terrains et bâtiments dépendants du couvent des religieuses de Bellechasse et de l’abbaye de Penthepiont, sera sans doute finie dans quelques mois, et rappellera au xix.R siècle les beaux édifices du xiv\
Le monument, du style gothique pur, a intérieurement près de 100 mètres de long sur 40 de large. Un porche de 12 mètres précède la nef, dans laquelle quatorze piliers soutiennent la voûte de chaque côté. A droite et à gauche du porche, dit M Charbonnet, auquel nous devons cette notice remarquable, sont placés le baptistère et une chapelle mortuaire, ayant un caveau pour qu’on y dépose les morts avant leur transfèrement.
Quatre chapelles latérales entourent le choeur, et au fond se trouve la chapelle de la Vierge, plus grande, plus vaste môme que celle de Saint-Sulpiee. Le chœur, entièrement fermé, comme celui de Notre-Dame, doit recevoir sur ses parois une boiserie sculptée dans les ateliers de M. Petit. De même que dans l’église métropolitaine, les faces extérieures de cette clôture sont ornées de basreliefs sculptés dans l’épaisseur des murs, et représentent : celui de droite, le baptême de sainte Valère, sa tentation par le démon, son martyre, et l'instant où, d'après l'antique légende, elle vient apporter sa tête à saint Martial ; celui de gauche, différents sujets relatifs à la vie de sainte Clotilde.
De chaque côté du chœur sont deux sacristies, l’une principale, l’autre pour les mariages, et au-dessous, la chambre des chantres, un magasin pour recevoir les tentures des jours de grandes solennités, et enfin deux puissants calorifères.
Les fenêtres, hautes et basses, «qui régnent autour de l’édifice, sont toutes en ogive, avec doubles ventaux et rosaces au-dessus. Celles du chœur sont ornées de verrières représentant le Christ, ayant à sa droite la Vierge, sainte Clotilde et sainte Valère; à sa gauche, saint Pierre lui présentant saint Denis et saint Remy. Elles sortent des ateliers de M. Maréchal, de Metz. Celles supérieures de la nef sont en grisaille avec double bordure émaillée et mosaïque, et dans les roses des ogives on voit de petits anges.
Toute la maçonnerie de l’église repose sur des fondations en béton de 4 mètres 50 centimètres à 5 mètres de profondeur. La base de tous les piliers, jusqu’à 2 mètres audessus du sol, est en pierre tirée des carrières de Châtillon-sur-Seine, pierre qui a la dureté et la consistance du granit de Cherbourg. Les piliers, en pierre dite roche
de Vergelet, montent jusqu’à la voûte leurs sveltes et gracieuses colonnettes accouplées, se détachant du fût principal mieux encore que celles admirées à Notre-Dame de Taris. Les mêmes matériaux ont été employés pour la façade et les tours; le gros-œuvre est en pierre de l’Isle- Adam.
La toiture en fer qui couvre tout l’édifice est un modèle de légèreté, et tout à la fois de solidité et de force. Toutes en fer forgé, les fermes, façonnées en double T, reposent sur des sabots en fonte , incrustés dans l’épaisseur des murs, et n’ont pas moins de 10 mètres de longueur. D'autres, courbées en arceaux, malgré la résistance de leurs TT, témoignent de la puissance des machines autant que de l’habileté des constructeurs. Cette toiture sort des ateliers de MM. Joly père et fils, d'Àrgenteuil, et n’aura coûté que 99,000 francs.
Comme dans tous les édifices gothiques, la sculpture a eu une belle part à l’intérieur du monument; mais c’est principalement à la façade qu’elle doit déployer toute sa richesse. En outre des bas-reliefs des bas côtés du chœur, les voussures sont chargées d'arabesques et d'encorbelleinents; les statues des quatre Évangélistes, qui décorent la croix du transept, ont été confiées au talent de M. Paul Gayrard, et dans les bas-côtés de la nef, au-dessous de chacune des fenêtres ogivales, est un bas-relief ménagé dans l’épaisseur des murs, et représentant toutes les stations du chemin de la Croix. Les sept bas-reliefs de gauche sont dus au ciseau de Pradier, et les sept de droite à Duret.
Le tympan du milieu de la façade sera décoré d’un grand bas-relief, confié à M. Toussaint, représentant le Christ montrant scs plaies, et deux anges. Eu outre , des statues, au nombre de quatorze, décoreront l’entrée du portail. Enfin, au sommet de la plate-forme, et placée
entre les deux flèches , sera une statue colossale de sainte Clotilde.
Bientôt on va entreprendre les peintures décoratives intérieures et de l’ensemble de l’édifice. Les cinq chapelles autour du chœur sont confiées au pinceau de M. Picot, de l’Institut; et les deux chapelles du transept, à M. Lehmann. Leurs voûtes seront peintes en bleu avec étoiles d’or ; tout le reste de l’église sera également peint , mais avec une plus grande sobriété dans les ornements.
Pour compléter l’ensemble de ce beau monument, qu’une grille gothique entourera à 2 mètres de sa base, sur la place, en avant du portail, doit s’élever une jolie fontaine également dans le style gothique, et la place sera entourée d’arbres. „ •
SAÏNTE-VALÈRE.
(Rue de Bourgogne.)
La chapelle de la communauté des Filles-Pénitentes-de- Sainte-Valère, rue de Grenelle-Saint-Germain , 142, servit longtemps de succursale aux habitants du Xe arrondissement. Depuis la destruction de ce couvent, on a disposé, dans une maison particulière, rue de Bourgogne, une nouvelle chapelle qui a la môme destination et le même nom. Elle doit être supprimée après l’achèvement de la belle église ogivale de sainte-clotïlde.