SAINT-PIERRE- DU-GROS-CAILLOU
(Rue Saint-Dominique , au Cro9-Caillou.)
Au temps de Louis XV, alors que le Gros-Caillou {partie de Paris comprise entre l'esplanade des Invalides et le Champ-de-Mars) était devenu un gros bourg, on éleva sur eet emplacement une église sous le titre de l’Assomption-
de-la-Sainte-Vierge ou de Saint-Pierre. La pre !ière pierre en fut posée le 19 mars 1738. Mais un second é iifice fut construit en 1775 sur un plan plus vaste et sur les dessins de l’architecte Chalgrin. On n'avait pas achevé de le construire, quand vint la Révolution, qui le démolit. En 1822, on y éleva une nouvelle église d’un style correct et d’une belle simplicité. L'édifice, bâti par M. Godde, a 54 mètres de longueur et une hauteur de 24 mètres.
notue-dame-de-l’abbaye-aux-bois.
(Rue de Sàvres, MJ.) •
Cet humble édifice ne tire point .son nom des bois qui peuvent avoir existé sur le terrain qu’il occupe, car ils n’existaient plus, depuis un temps presque immémorial, quand on le bâtit, en 1650, par ordre d'Anne d’Autriche, pour y recueillir des religieuses de la Picardie, que les Espagnols avaient expulsés de la véritable Abbaye-aux Bois. On n’y voit plus aujourd'hui que des dames de la congrégation perpétuelle du Sacré-Cœur-de-Jésus, lesquelles y ont établi un pensionnat de jeunes demoiselles , des écoles gratuites et une maison de retraite pour les veuves et les femmes âgées.
C’est là que se sont retirées , loin du commence des hommes, un grand nombre de femmes, autrefois belles, jeunes et riches, afin de se consoler, dans la prière et dans la pratique des bonnes œuvres, c’est-à-dire avec Dieu luimème, de la perte de leur fortune, de leur jeunesse et de 'leur beauté. C’est là surtout qu'a régné, durant la dernière moitié d’une vie fort agitée, à partir de 1816, une femme qui joua, selon M. Théophile Lavallée « un rôle extraordinaire sous le Directoire et le Consulat, par sa beauté pour ainsi dire mythologique et les hommages presque fanatiques dont elle fut l’objet. M“* Récamier. »
Cette illustre amie de Mm« de Staël et de Benjamin Constant revenait de l’exil et s’ôtait retirée à l'Abbaye-aux- Bois. Son modeste salon fut bientôt aussi célèbre que l’était autrefois son splendide hôtel de la Chaussée-d’Antin. La plupart des hommes d’État briguèrent l’honneur d’y être admis : aussi le cercle présidé par cette femme remarquable exerça-t-il une influence très-grande sur les destinées de la Bestauration.
Après 1830, la politique ayant fait place à la littérature, le salon de M"« Récamier devint eu quelque sorte l’hôtel Rambouillet du xix* siècle.
Chateaubriand, le père des lettres françaises contemporaines, y dominait.de toute la hauteur de son nom. Autour de lui se groupaient les philosophes et les poètes, les hommes de la presse et les hommes de la tribune, les historiens et les critiques, parmi lesquels on remarquait surtout Alexandre Soumet, Lamartine, Ballanche, M. de Custine et Mm* Delphine de Girardin.
C’est là que Chateaubriand lut, en présence du monde littéraire proprement dit, ses Mémoires d’ outre-tombe, et Alexandre Soumet, son Gladiateur. C’est de là que sortirent la plupart des réputations dans les lettres comme dans les arts; c’est par là quelles entrèrent à l’Institut.
Mais# quittons ce cénacle des maitres connus, et passons dans la chapelle, où nous trouverons un Christ de Charles Lebrun, et quelques autres toiles de maitres inconnus.
Dkjitized by
ijii i
fr if*.
Tl !
Mm