I. Haer. XX. adr. Herodianos
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quelques pieuses légendes. La tapisserie qui couvre les parois de la crypte est ou amiante et représente les principaux traits de l'Enfance de Jésus. Elle a élé envoyée par la République française sous la présidence de Mac-Mahon, en i874, pour remplacer celle qui venait de disparaître.
Le 25 avril 1873, une bande de 300 Grecs, moines et séculiers, armés jusqu'aux dents, envahirent la sainte Grotte, maltraitèrent et blessèrent les cinq Religieux Franciscains qui y priaient. Après cela, ils saccagt'irent le saint lieu, emportant tout ce qui avait quelque valeur inlrinsè(|ui'. jusqu'aux plaques de marbre qui couvraient la sainte Crèclie. M. Patrimonio, consul de France à Jérusalem, obtint du gouvernement ottoman la réintégration des Franciscains dans leurs droits, avec faculté de réparer les dégàls. C'est alors que le gouvernement français envoya la belle toile d'amiante garantie contre l'incendie. Mais oo n'obtint aucune indemnité pour les dégâts ; aucun objet volé n'a élé restitué et les deux tableaux de VÀdoration des Mages et de la Nativité dus, l'un au pinceau de Murillo, l'autre à celui de Maello, qui furent arrachés durant l'ignoble sac, semblent avoir été détruits. Depuis ce triste événement, un soldat turc est jour et nuit en faction dans la sainte Grotte.
Vingt ans après, dans ce même sanctuaire, un Croate, caouas russe et grec de religion, tua d'un coup de revolver le Frère sacristain laCia. Il tira ensuite sur les Religieux Franciscains qui passaient en procession, et blessa grièvement l'un d'eux, un vieillard. Le meurtrier fut arrMé, mais avant le procès, il réussit à s'évader.
Chapelles souterraines.
Au fond de la Grotte de la Nativité, une porte (7), dont lo Frère sacristain Franciscain tient la clef, donne accès dans un couloir, creusé dans le roc il y a quelques siècles. Il conduit dans un ensemble de pièces souterraines qui semblent avoir communiqué avec le lieu de la Nativité au N., avant la construction de la basilique.
Chapelle de Saint-Joseph i^i (8). La première chapelle que l'on rencontre au sortir de la crypte de la Nativité, est dédié<' à saint Joseph. En 1621, raconte Quaresmius, le P. Custode Thomas de Novare y éleva un autel en mémoire de l'avertissemont que le ehasle époux de la Vierge reçut en songe d'un esprit céleste, lui ordonnant de partir pour l'Egypte avec l'Enfant et sa Mère, {V. Matlh. II, 13 15, n« 5). Une belle peinture sur cuivre, duo au pinceau de Bernard Butte de Dusseldorf 0838), représente le songe de saint Joseph.
Chapelle des S. S. Innocents t (^)» De là on descend par nn escalier de cinq degrés dans la chapelle des Saints Innocents. Au centre, un gros fût de colonne soutient le plafond rocheux. Sous l'autel dédié à ces prémices de martyrs, est une ouverture basse, fermée par une grille en fer, qui donne accès dsns «n petit caveau vide (I0|, d'environ 5 m. de long sur 2 de 1aTs:e. On ne l'ouvre qu'une fois par an, le jour de la fôte des saints Innocents. C'est là que, d'après une antique tradition, Inrcnt
La Basilique, chapelles souterraines Voy. III, 225
déposés les ossements des innocenles victimes de la furetir d'Hérode. (F. Matlh., II, 16-18, n* 5).
Au commeneement du v' s., le Pèlerin arménien, après avoir parlé de la basilique de Bethléem, ajoute : « A droite de l'église, on voit un matum (martyinon) où sont conservées les reliques des enfants massacrés par Hérode ^ » Antonin de Plaisance (vi* s.) dit dans sa description de Bethléem : c Les enfants qu'Uérode a fait mourir y ont également leurs sépulcres et on y voit leurs saintes reliques. » Saewulf (1102) précise davantage l'emplacement de ce lieu : « Les Innocents, dit-il, les enfants qui furent massacrés en cet endroit par Hérode à cause de l'Enfant Jésus, reposent sous l'autel dans la partie méridionale de l'éçlise, non loin des tombeaux de sainte Paule et de sa fille Eustochium. • L'Anonyme de 1187, après avoir parlé du puits qui se trouve au fond de la Grotte de la Nativité, ajoute : c Devers la senestre partie gisent li Innocent. Desous le cloistre est le sépulcre saint Jérôme '. » On ne doit pas exiger que dans ce labyrinthe tous les anciens pèlerins soient d'accord pour l'orientation.
H était naturel que quelques jeunes mères, apprenant que les satellites d'Hérode, venus de l'O., massacraient les petits enfants, se soient enfuies vers TE. et aient cherché à cacher leurs nourrissons dans les grottes, où malheureusement elles furent découvertes par les cruels bourreaux.
Dans tous les cas, lorsque la procession, que les Religieux et les fidèles
loQt chaque soir à travers ces sanctuaires, est parvenue à la grotte des
Innocents, personne ne résiste à l'émotion, quand ià les enfants de
chœur bethléémites entonnent de leur petite voix argentine l'hymne
Sakete flores Martyrum.
« Salut, fleurs des martyrs, que, sur le seuil même de la lumière, le persécuteur du Christ a moissonnées, comme un tourbillon emporte les roses naissantes.
c 0 vous, premières victimes du Christ, tendre troupeau immolé pour lui, vous vous jouez innocemment sous l'autel même, avec des palmes et des couronnes. »
Tombeau de saint Eusèbe de Crémone f fil). On arrive ensuite à un étroit couloir, à g., où Ton rencontre Tautcl qui recouvre le tombeau du B. Eusèbe de Crémone, disciple de saint Jérôme. À la mort du célèbre docteur, il lui succéda comme supérieur du monastère, mais ne lui survécut que deux ans ; il mourut en 422.
Tombeaux de sainte Paule, de sainte Eustochium f et de saint Jérôme t* Sn allant 6 m. plus avant dans l'étroit passage, on arrive dans une chambre entièrement creusée dans le roc, où deux tombes se font face. L'une, celle de g. (12), est la sépulture commune de sainte Paule morte en 404 et de sainte Eustochium, qui fut inhumée à côté de sa mère en 419 ; l'autre (13) est celle de saint Jérôme, qui quitta ce monde en 420. Ces deux tombeaux, de môme que celui du B. Eusèbe, consistent en un banc mortuaire recouvert d'un arcosolium. Originairement, la grotte était plus large à son entrée. Un mur destiné à soutenir le plafond, créa le couloir devant le sépulcre de saint Eusèbe.