FONTAINE DE LA VIERGE
comble de malheur, pea d'années après arrivèrent les disciples de Mahomet. Les monastères et les églises ne furent plus reconstruits et les tombes des victimes de celte époque ne furent pas ornées de riches mosaïques^ à l'entrée des églises en ruines.
A 25 m. du porche de Téglise, du côté de l'O., une maison musulmane recouvre une grande grotte sépulcrale de la même époque que la précédente. On y descend par dix marches ; les parois taillées artificiellement sont recouvertes de stuc portant de nombreuses traces de peinture et quelques lettres grecques ; 5 auges de difiérente grandeur sont creusées dans le sol et paraissent avoir servi plutôt d'ossuaires que de tombes ^
Eglise de la Visitation ^.
De l'église de Saint-Jean, on retourne à la place où Ton a
laissé la voiture ; 4 min. plus loin, coule la source du village,
qui depuis le xiv* s. porte le nom de Fontaine de la Vierge.
Au siècle dernier, les musulmans y ont élevé un lieu de prière
avec un minaret.
L'eau est très bonne et abondante. H est naturel de supposer que pendant son séjour de trois mois auprès d'Elisabeth, Marie vint chaque jour puiser de l'eau à celte fontaine ; mais la tradition n'y a attaché aucun souvenir |iarticulier se rapportant à la sainte Vierge ou aux parents du Précurseur.
Laissant à g. le grand bAtiment qui sort de villégiature aux Pères Blancs, on tourne à dr. et l'on marche le long des jardins» qui descendent en terrasses jusqu'au fond de la vallée. Sur les flancs de la colline qui porte l'établissement des Dames de Sion, on aperçoit quelques sépulcres juifs. On prend ensuite le chemin qui monte à g., et après avoir dépassé l'entrée de la colonie russe, on arrive, à 7 min. de la fontaine, à la porte du couvent de la Visitation.
Les deux maisons de Zacharle. Aîn Karem possède deux sanctuaires érigés sur l'emplacement de deux maisons bien distinctes appartenant à saint Zacharie, et devenues l'une et l'autre le théâtre d'évène ments surnaturels. La première, la demeure habituelle, était située dans la ville vers l'orient ; elle fut témoin des merveilles qui accompagnèrent la naissance de saint Jean. I^ seconde, assise au milieu d'un bosquet sur le flanc occidental du fertile vallon, fut la maison, doinus Zachariœ, uù se rencontrèrent les deux mères, Marie el Elisabeth, et où retentit pour la première fois le cantique sublime du Magnificat.
La double résidence du prêtre est insinuée par l'évangéliste lui-même. « Quelque temps après, dit-il, Elisabeth, sa femme, convut et elle se tint cachée pendant cinq mois, disant : C'est une grâce que le Seigneur m'a faite au jour où il m'a regardée pour faire cesser mon opprobre parmi les hommes. » Elle se retira du milieu des hommes, pour vivre dans la solitude, lorsqu'elle se fut assurée, un mois après la conception, de la «race que Dieu venait de lui faire. Cette résolution lui fut dictée par un besoin profondément senti de reconnaissance, de recueillement et de prière. Le Seifjneur venait de lui accorder une grâce inespérée, et cela même après avoir envoyé un anse à son époux sacrifiant au Temple. Elle ne pénélnut qu'imparfaitement le secret du ciel el attendait dans le recueillement que Dieu lui-même manifestât la grande miséricorde pro-