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nèrent aussitôt à Jérusalem et le retrouvèrent au Temple au milieu des docteurs de la loi. (V. Luc, 11,40-52, n» 89).
Viter diei, la journée de marche de saint Luc, correspond en Orient à G ou 7 heures. Mais ici, il ne signifie pas tant le chemin qu'on peut parcourir en un jour, que la première étape d'une caravane où se trouvaient des enfants. Le départ des jurandes caravanes s'orçanise lentement, et la première étape est d'ordinaire très courte, comme le prouve, du reste, el liiréh, où de temps immémorial s'élevait près de la belle source un caravansérail pour les voyageurs se rendant de Jérusalem en Samarie et en Galilée. En Orient, les usages des caravanes changent difficilement.
De/ Biréhy un chemin carrossable conduit en 15 min. à Ramallah, vers l'O.
Beitîn, la célèbre Béthel, se trouve à un peu plus de 2 km. à dr. de la route carrossable. Si l'on veut s'y rendre, on prend le chemin qui se détache de la route ù 400 m. au N. d'el Biréh et qui y conduit en 40 min. A mi-chemin, on rencontre à g. deux sources dont l'une se déverse dans deux grottes, confondues, au xii« s., avec ïAyoûn el Hàrâmiyéhj sources des Voleurs, qu'on trouvera près de Silo. Dix min. avant d'arriver au village, on laisse à g. une 3* source, Aïn el Akabéh.
Béthel.
La ville chananéenne de Luz ou Luza, les Amandiers, est appelée depuis le temps des Patriarches Béthel, Maison de Dieu. C'est le premier sanctuaire de la Palestine, particulièrement riche en souvenirs bibliques.
Disons d'abord que peu de villes ont leur position déterminée avec plus de précision que Béthel. Elle se trouve, d'après la Bible, dans les montagnes d'Ëphralm, sur le chemin de Sichem, au S. de Silo et au N. de Rama. Eusèbe et saint Jérôme la placent ù 12 milles (18 km.) de Jérusalem, à dr. de la route qui de la Ville sainte conduit à Naplouse. C'est le site de Beitîn (881 m.).
A son entrée dans la terre de Chanaan, Abraham fixa sa tente à l'orient de Luz, « entre Béthel et Haï, » et y bâtit un autel au Seigneur. Revenant d'Egypte, il retourna au même lieu et campa près de l'autel. C'est là qu'il se sépara de Lot, son neveu, après que celui-ci eut choisi pour sa part la plaine du Jourdain, qu'on aperçoit des sommets les plus élevés au S.-E. de Beitîn, avec la partie septentrionale de la mer Morte.
Jacob, fuyant devant son frère Esaû, s'arrêta en ce même lieu et vit en songe une échelle qui allait depuis la terre jusqu'au ciel, et sur laquelle montaient et descendaient les anges de Dieu. L'Eternel lui promit alors la terre sur laquelle il reposait. A son réveil, Jacob prit la pierre dont il avait fait son chevet et l'érigea en monument, disant : « Que ce lieu est redoutable ! C'est bien ici la maison de Dieu, c'est ici la porte du ciel ! » En même t<^mps il nomma ce lieu Béthel, maison de Dieu. Lorsqu'il revint de Mésopotamie, il se rendit de Sichem à Béthel sur l'ordre du Seigneur et en lit un sanctuaire. Dans une nou-
n Nazareth, béthel Voyage IIL 319
velle apparition, Dieu eoutiniia au patriaiTlie son nom d'Israël et lui renouvela ses promesses antt'Heures. C'est aussi près de ee lieu « sous le Chêne des Pleurs, » que fut enterrée Débora, la nourrice de Rébecca. Le nom de Réthel imposé à ce lieu par Jacob, s'étendit à la ville voisine et remplaça celui de Luz, au temp» des Israélites.
Après la conquête de la Terre promise, Réthel fut attribuée aux fils de Benjamin ; mais les Ephraïmites, enfants de Joseph, s'en emparèrent plus lard ^ C'est entre Rama et Rélhel que la prophétesse Débora, assise sous son palmier, recevait les enfants d'Israël pour régler leurs dilïérends.
Afin de venger le crime commis à Gabaa sur la femme du lévite d'Ephraïm, 400,000 Israélites s'étaient assemblés à Masphath, la Hauteur, apparemment en Ephraïm. Avant de marcher contre les Benjamiles, ils montèrent à Réthel, où se trouvait temporairement l'arche d'alliance, comme le texte hébreu (Jg. XX, 27) le dit expressément. Là ils consultèrent le Seigneur et pleurèrent devant lui, tout en se livrant au jeûne et en oflraiit des holocaustes et des hosties pacifiques '.
Chaque année, le prophète Samuel se rendait à Béthel, comme à Maspha et à Calgala, i)our juger le peuple ■■•. Au début du Fchisme d'Israël, Jéroboam interdit à ses sujets le pèlerinage à Jérusalem et fit ériger dans Béthel un veau d'or.
Elie, peu avant son enlèvement au ciel, visita Béthel qui possédait alors une école de prophètes. Elisée, son disciple, y revint peu après, à son retour du Jourdain. Comme il s'approchait de la ville, une troupe d'enfants en sortirent et l'accablèrent d'insultes. « Monte, tète chauve, monte, tète chauve, » lui crièrent-ils. Le prophète les maudit au nom du Seigneur, et aussitôt deux ours sortirent des bois et déchirèrent 42 de ces Jeunes insolents.
Malgré les réprimandes des prophètes Amos, Osée et Jérémie, le roi Jéhu et ses successeurs toléraient le culte idolâlrique dans cette ville. A la chute de Samarie, les Assyriens emportèrent les idoles de Béthel *. Plus tard, Josias, roi de Juda, pollua ses hauts Lieux. Après la captivité de Babylone, la ville fut habitée de nouveau par quelques Benjamiles. Sous les Macliabées, Bacchides, général syrien, y construisit un fort. Finalement Vespasien s'empara de la ville, ainsi que d'Ephraïm, sa voisine.
lieitin a environ 400 habitants qui vivent dans de misérables cabanes. L'une de ses sources coule au S.-O. du village, au fond d'un petit réservoir circulaire ménagé au milieu d'un immense bassin de 1)6 m. de longueur sur 06 de largeur, itppelé Bahr Beitvn^ mer de Beitln ; il est à moitié remblayé et .sert d'aire pour battre le blé. Au N.-O., au point le plus élevé du village, on remarque une tour restaurée au xii*^ s. et les vestiges d'une église de la même époque dédiée à Saint- Joseph ; depuis 1892, elle est remplacée par une mosquée.
A 800 m. environ du village, à l'E.-S.-E., s'élève une colline appelée Bordj Beitin. On y voit les traces d'une ancienne église du v* au vu"" s., et d'un monastère transformé plus tard en forteresse. C'est là que M. V, Guérin voit l'emplacement de l'autel d'Abraham et de Jacob.
Haï. A 2 km. 1/2 à l'E.-S.-E. de Beitln, une colline escarpée et toute couverte de pierres porte le nom de et Tell, sans autre déterminatif. Un
1. Jg., I, 22 et 20. - 2. Jg., XX, 27; - XXI. 2. - 3. I R., VII, 16. - 4. Os., X; 5-6.
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km, plus loin, dans la même direction, on aperçoit le village de Deir Diouân, et à 500 m. au S. du village, une colline s'appelle Khirbet Haiyân. Haï signifie monceau de pierres, en arabe et Tell. C'est le mot équivalent à et Tell qu'emploie l'Ecriture sainte en disant que Josué, après avoir fait passer tous les habitants au nombre de 12.000, au Ml de l'épée, « brûla la ville de Haï et en fit un monceau éternel "•. » Aussi, quelques palestinologues voient-ils dans et Tell l'emplacement de la célèbre ville chananéenne. D'autres croient que Haiyàn représente Haï, appelée par Josèphe Aina *. D'autres enfin identifient cette ville avec hhirbet et Uoudeirèh, au S. E. de Beitîn, parce que ses ruines étendues, ses nombreuses citernes et son grand réservoir accusent une ville de grande importance.
Bethaven. L'emplacement de cette ville, située tout près de Haï, n'a pas été retrouvé. Elle donna son nom au désert qui boraait la frontière septentrionale de Benjamin, c'est-à-dire, à l'aride contrée qui s'étend du S.-E. de Beitîn vers le Jourdain.
Rocher de Remmon. A 5 km. ù l'E. de Beitîn et à 2 km. 1/2 au N.-N.-E. de Deir Diouân^ se dresse une colline conique, escarpée et percée de grottes. Elle est couronnée d'un village appelé Rammoûn. C'est le rocher de Remmon, où pendant la guerre d'extermination s'étaient réfugiés 600 Ben ja mites. Ceux-ci restèrent pendant quatre mois sur cette colline, jusqu'à ce que les autres tribus leur eussent offert la paix ^. Eusèbe indique le rocher de Remmon à lo milles (22 km.) au N. de Jérusalem.
Ephrem. A 6 km. au N.-E. de Beitîn, à 2 km. au N. de Rammoûn, une colline conique très élevée (823 m.) porte un grand village appelé Tayéhèh, où n'habitent que des chrétiens, savoir 650 Grecs non-unis, 300 Latins et 50 Melchltes. D'après la carte de Mâdaba et les renseignements fournis par la Bible, Tayébèh occupe l'emplacement d'Ephreni, « ville d'une contrée voisine du désert, » dans laquelle Jésus se retira et séjourna quelque temps avec ses disciples, lorsque le Sanhédrin eut décrété sa mort ^.
Ephrem, Ephrala, Ephron est la même ville qu'Ophra énumérée dans le livre de Josué (XVIll, 23) parmi les villes du N.-E. de Benjamin^; mais en réalité, elle devint le {xartage des Ephraimites ". Eusèbe indique Aphra ou Ephrem aii 5' mille de Béthel, ce qui nous mène aussi à Tayébèh.
En continuant la route sans passer par Beitîn, on arrive en 20 min., à g., près d'un petit lac, et Bâloûa, presque toujours sec en été.
A 2 km. 1/2 du lac, on rencontre le petit village de Sourda étendu sur le flanc d'une colline au pied de laquelle jaillit la source d*Aïn Djélazoûn. Sourda est peut-être Saréda, patrie de Jéroboam, premier roi d'IsraM, dans le royaume du N. ''.
On laisse ensuite à g. la riante vallée plantée de vignes
1. Jos., VII et VIII. — 2. A. .1., Y, I, 12. - 3. J^., XX, 47. — 4. Jean, XI, 54. - 5. Cf. I R., XXIII, 17. - 6. Jos., XVI, 2. - Jg., 1, 23. — 7. 111 R., XI, 26.
à Nazareth. djifnèh Voyage XII. 321
appelée Ouâdi Djifnèhy au fond de laquelle on rencontre, au bout de 20 min , le village du même nom.
Gophna.
Djifnèh est l'ancienne Gophna, chef lieu d'une des dix toparchies de la Judée au temps des Romains. Gophna répond à la ville biblique d'Ophnî, mentionnée parmi les cités de Benjamin ^. Yespasien s'en empara l'an 69 et y laissa une garnison romaine.
Le village est assis au milieu d'une gracieuse oasis de verdure. De haute antiquité la localité fut célèbre par ses vignobles, d'où son nom de Gupkna qui en grec signifie cep de vigne, comme Dafn en arabe. La population se compose d'environ 300 Grecs non-unis et d'autant de Latins. La paroisse catholique, desservie par un prêtre du patriarcat, possède une école de filles dirigée par les Sœurs du S. Rosaire.
Les pèlerins sont hébergés au presbytère.
A TE. du presbytère, ou a découvert les vestiges d'une ancienne église. Celle des Grecs, au S. du village, s'élève également sur les ruines d'un monastère byzantin ; on y remarque, entre autres antiquités, un beau sarcophage enclavé dans une muraille. Vers le S., une colline est coaronnée des ruines d'un château fort.
Berzétho. A 1 km. 1/2 à l'O. de Djifnèh, se rencontre un petit village du nom de Bir ez Zeit. C'est probablement là que Judas Machabée périt glorieusement dans un combat acharné contre Bacchides. Cette bataille, dit Josèphe, eut lieu au N. de Jérusalem à Berzétho ou Bethzéto, d'où Judas poursuivit l'ennemi jusqu'à la montagne d'Asa '^. Le !«' livre des Machabées appelle cette même montagne Azotus (IX, iï).
Au N.-O. de Djifnèh, dans une localité appelée Tibnéh, M. V. Guérin croit avoir découvert le tombeau de Josué.(F. plus loin, p. 327.)