Mèlaphi-aste, P. Migne, P. G., CXIV
à Nazareth. SAPHA Voyage XII. 311
trouve également un hôtel de la même;sociélé et un autre fort modeste tenu^par un indigène. De là, on arrive le même jour à Nazareth cjui. outre la grande hôtellerie franciscaine, Casa Nora, possède un hôlel européen et plusieurs autres exploités par des indigènes.
Le meilleur moyen de faire ce voyage est de passer la nuit sous la tente. Les dépenses sont plus considérables ; mais on a l'avantage de s'ar rêter où l'on veut, à Béthel, Silo, Soulem, Naïm, etc. 11 faudra, dans ce cas, faire un contrat en règle avec un drogman, qui aura à s'occuper de la monture, de la literie, de la cuisine et du service de table.
Parmi les localités du pays qu'on traverse, nous indicpierons loiiles celles qui offrent quelqu'intérèt ; d'autant plus que les voyageurs ne suivent pas toujours le même chemin. Plusieurs, en effet, désirent visiter certaines villes bibliques qui ne se trouvent pas sur le chemin direct. D'autre part, pendant la saison des pluies, les pèlerins sont obligés de suivre les hauteurs, afin d'éviter les bas-fonds marécageux de certaines plaines.
Départ de Jérusalem.
En sortant de Jérusalem, on se dirige vers le Tombeau dos Rois. De là on arrive en 20 min. au mont Scopus, à la bifurcation de la route du mont des Oliviers (V. Jérusalem, 6' Visite, p. 181-185). Sur cette éminence, le pèlerin salue une dernièro fois la Ville sainte, disant avec le Psalmiste :
« Si jamais je t'oublie Jérusalem, Que ma droite oublie de se mouvoir; Que ma langue s'attache à mon palais Si je cesse de penser à toi. »
Par un rescrit du 7 juin 1888, le Pape Léon XIII a accordé une indulgence de 300 ans à tout pèlerin qui, en partant de Jérusalem, récite on chante le psaume CXXWl, Supev flumina Uabylonis. {V. ce psaume à la lin, n' 2).
La route se dirige ensuite vers le N. et passe, 20 min. plus
loin, devant Schafât, petit village musulman situé à g. sur un
plateau de 800 m. daltitudc. On y voit une piscine taillée diius
le roc et les vest'ges d'une église chrétienne Schafôt répond à
Sapha, nom que Josôphc interprète par Scopus, lieu d'obs(Mva-
tion. Là le grand-prôtre Jaddus se présenta devant Alexandre
le Grand*. (V. Jérusalem, 6" Visite, p. 185;. Quelques autours
latins du moyen âge l'appellent «losaphat.
Cette localité ne semble pas avoir existé au temps du lévite d'ïîphraïm : celui-ci l'aurait, sans doute, nommée avant Gahaa *. On ne peut donc |)as l'identifier avec la ville chananéenne de Nob, et encore moins avec Masphat, le lieu d'assemblée des Machahée.s, qui portait encore le nom ilc Jdasphate au temps de Josèphe^. D'après les indigène?, Sehafât tire son nom de celui d'un roi de Jérusalem. C'est Josaphat ; Schafàt renferme on effet tous les radicaux de ce nom. Au xu* s., Fretellus indique l'église Saint-ï:tienne entre Jérusalem et le village de Josaphat. Marin San nl<» (1322) mentionne celte localité sous le même nom et à la mémo place.
Le monticule à dr. porte le nom de Khirbet es Sôma, ruines 1. A. J., XIII, vil, 5. - 2. Jg., XIX. - 3. A. J., XI, viii, 5.
312 Voyage XII. gabaath-s VUL De Jérusalem
(lu Monceau, ou du Cloître. La colline renferme une grande cUerno, dos tombeaux taillés dans le roc et quelques vestiges do construction d'apparence moderne.
Gabaath-Saûl.
Un peu plus loin apparaît à dr. une haute colline conique (83o m.), appelôe Tell el Foûl^ colline des Fèves. Au sommet on remarque les restes d'une tour carrée d'environ 20 m. de côté, autour de laquelle régnait un chemin de ronde, puis une enceinte. Au bas de la colline se rencontrent des citernes et des pierres provenant d'antiques constructions. Tell el Foûl est communément identifié avec Gabaa où s'arrôla le lévite d'Ephralm. On l'appelait aussi Gabaath-Saùl, parce que Saûl y vit lo jour et en fit sa résidence royale. Parfois elle porte lo nom do Gabaa de Benjamin ^
Histoire. Lt>, lévile d't^phraïin partit de Bethléem avec sa femme et son serviteur et arriva en face de Jébiis (Jérusalem) au dcH'lin du jour. Au lieu de passer la nuit dans une ville d'infidèles, il préféra continuer son chemin jusqu'à « Gabaa ou Rama ». Il s'arrêta à Gabaa. lÀ, plusieurs habitants firent subir à sa femme l'indigne outrage qui souleva dans tout Israël un cri d'horreur ; 400.000 combattants s'assemblèrent à Maspha en Ephraïm, sur les frontièi*e8 de Benjamin, demandant aux Benjamites de leur livrer les coupables. Le*8 Benjamites prirent, au contraire, fait et cause pour les habitants de Gabaa, ce qui amena l'extermination, non , seulement de celle ville, mais de presque toute la tribu de Benjamin *.
La même ville est appelée plus lard Gabaalh Saûl, pour la distinguer d'une autre de même nom située un peu j)lu8 au N. A Gabaath, les messager."* de Jabè-* vinrent trouver le roi Saul pour solliciter son appui ^. lÀ aussi les habitants de Ziph vinrent lui découvrir la retraite de David*. Plus tard, les (iabaonites, qui eurent beaucoup à souffrir de Safil, pendirent à Gabaalh-Saùl, avec l'autorisation de David, deux ûls de Respha, concubine de Saùl, et cinq fils de Mérob, filleduroi. Respha. pour empêcher les oiseaux de proie et les bêtes fauves de dévorer les cadavres, resta au pied des potences depuis le commencement de la mois-!on jusqu'à la saison des pluies. En apprenant l'admirable dévoùment de Respha, David alla prendre les ossements de Saûl et de son fils Jonathan chez les habitants de .laliès en Galaad, et les ensevelît avec ceux des fils de Respha et de Mérob dans le tombeau de Gis, père de Saùl, à Séla ', ville de Benjamin. Le livre de Josué indique Séla non loin de Jérusalem, mais cette localité n'a pas encore élé retrouvée.
Isaïc, décrivant la marche des Assyriens contre .Téru?alem, nous montre Gabaath-Saûl au S. de Rama, er liâin*'. Josèphe rapporte que Titus, s'avançant de Gophna, Djif^iêh, établit son camp « dans le lieu appelé par les Juifs en leur langue la vallée des Epines, près d'un village nommé Gabaath-Saûl, et se tint à envii*on 30 slade.4 (5 km. 1/2) de Jérusalem ">. m Cette distance nous conduit au Ouâdi ed DoumWy arbustes épineux, qui s'étend au N.-O. de Tell el Foûl, et qui plus loin vers J'O. porte dans la Bible le nom de vallée de Soreo.
Anatoth. Du sommet de Tell el Foûly on aperçoit au S.-E. le petit village d'Ànâta^ qui semble avoir été fortifié jadis et qui
1. Jg., XX, 4 et 10. - 2. Jg., XÏX, XX. - 3. I R., XI, 4. - 4. I R., XXIII, lî). - 5. H R., XXI. — (i. Is., X, 32. - 7, G. J., V, ii, 1.
à Nazareth, adarsa Voyage XII. 313
possède les vestiges d'une église pavée de mosaïques. C'est l'ancienne ville d'Anatoth, patrie du prophète Jérémie.
Les données fournies par la Bible, Eusèhe et saint Jérôme permettent d'identifier sans hésitation Anâta avec Anatoth. Cette ville vit naître Abiézer et Jéhu, deux des vaillants de David, et le grand-prêtre Abiathar qui favorisa la conspiration d'Adonias, fils de David. Elle est surtout célèbre pour avoir été le berceau de Jérémie, qui, d'ailleurs, n'était pas « prophète dans sa patrie ; » car il fut en butte à la haine de ses concitoyens.
A o km. à l'E. de Tell el Foûly existe une ancienne localité en ruines appelée Khirbet Almît. C'est la ville d'Almath S appelée Almon dans le livre de Josué (XXI, 18) qui la cite entre Gabaa, Djéba^ et Anatotli. Le Targum Jonathan (II R. XVI, 5) rend Bahurim par Aima t. Ce sont là deux villes distinctes , mais voisines l'une de l'autre.
Au N., on aperçoit Hizméh, Azmaveth, er Râm^ Rama, Djéba, Gabaa, Mukhmâs, Nachmas, etc. (F. plus loin à Djéba^ p. 315).
A ro. on voit Beit Iksa, Beit Hanina, Ananla et d'autres localités autour de Nébi-Sàmoull (V. Voy. 293).
Adarsa. En avançant de 20 min. au N. de Tell el Foûl, on rencontre un chemin qui se détache de la route à g. C'est là que la voie romaine de Césarée-Lydda-Béthoron se rencontrait avec celle de Jérusalem à Naplouse. Au N.O. de la bifurcation, une colline verdoyante porte le nom de Khirbet Adaséh. C'est Adarsa'^ ou Adazer^ de la Bible, appelée Adasa par Josèphc*. Ce lieu est devenu célèbre par la brillante victoire que Judas Machabée remporta sur Nicanor l'an 161 av. J.-C. En souvenir de ce glorieux fait d'arme qui rendit a la terre de la Judée la tranquillité pour quelque temps, on institua une fête annuelle qui se célébrait encore au temps de l'historien juif.
Gabaon. Le chemin à g. mène en une h. 'd el Djib, village perché sur une colline . conique (710 m.), formée d'une suite de gradins naturels concentriques, au milieu d'une fertile campagne arrosée par huit sources différentes. Malgré quelques difficultés qu'offrent les récits des anciens, el Djib est identifié presque unanimement avec la célèbre Gabaon, en hébreu Gibôn.
Gabaon, primitivement habitée par les Hévéens^, était une cité royale dont dépendaient Caphira, Béroth et Cariathiarim. A l'arrivée des Hébreux, les Gabaonites surprirent la bonne foi de Josué et échappèrent par leur stratagème à l'extermination ^. Gabaon fut assignée à la tribu de Benjamin et devint ville sacerdotale.
Un jour, les partisans de David, commandés par Joab, el ceux d'Isbo-
1. IPar., YI, 60. — 2. 1 Mach., VII, 40 49. — 3. II Mach., XV, 36. — 4. G. J., XII, X, 5. — 5. Jos,, XI, 19. — 6. Jos., IX. 2.
314 Voyage XII . rama De Jérusalem
seth, fils de Saui, conduits par Abner, se rencontrèrent prè-? de. la pi«:ciiu* de (}abaon. Il y eut d'abord un combat singulier. Douze champions (1<> chaque cùté entrèrent en lice, et leur ardeur fut telle qu'ils se passèrent tous i'épée à travers le corps et tomlèrent morts tous ensemble. Ce lieu reçut le nom de « Champ des vaillants ». La mêlée devint alors générale et Abner fut battu et mis en fuite ^. L'une des sources d'<î/ Djîh jaillit toujours au fond d'une grotte et alimente une antique et vast«» piscine qui rappelle le grand bassin d'Hébron. Le vallon, qui s'étend an N. du village, porte le nom de (iuàrii el Askar, vallée des Soldats.
Lorsque David ramena l'arche d'alliance à Jérusalem, le tabernacle resta àGabaon avec l'autel des holocaustes, sur lequel on sacrifiait chaque jour. Ciabaon était avant la fondation du Temple le haut lieu le plus important de tous ceux qui furent consacrés au Seigneur. Salomon y alla un jour oiïrir l.OCO victimes en holocauste, et obtint, sur «a prière, \v don de sagesse*.
Joab, qui avait traîtreusement tué Abner à Hébron et soutenu le parti d'.îdonias contre Salomon. alla se réfugier aprè-? la mort de David, dans le tabernacle de Gabaon ; mais là il fut tué par Bananias, sur l'ordre de Salomon =•.
Rama.
Rama. A 25 mÎD. de la bifurcation, on atteint Khoraîb er Râm^ khan abandonné, qui ne semble pas être très ancien. Dix min. plus loin, on est en face d'er Râm, pauvre village qui s'élève à dr. sur une colline de 793 m. d'altitude. On y voit un réservoir et quelques pierres antiques. Le Oueli Scheikh Hasirij qu'on aperçoit à l'O. du hameau, est construit dans les ruines d'une ancienne église. Er Râm est la ville de Rama, patrie et lieu de sépulture du prophète Samuel.
Parmi les villes assignées par Josué à la tribu de Jtenjamin se trouvent, à la suite, (iabaon, Rama et Béroth ^ Rama en hébreu signifie hauteur, lieu élevé. Les dérivés Ram, Ramah, au pluriel Ramath, Ramatha, au duel Ramathaïm, souvent avec l'article ha, Armathem, ont tous le même sens. Eu Palestine, beaucoup d'anciennes localités portaient un de ces noms ; mais la Rible n'en mentionne qu'une seule dans le territoire de Benjamin ; c'est la patrie de Samuel.
Le texte hébreu du 1" livre des Rois nous apprend à deux reprises que Samuel fut enterré « dans sa maison à Rama '•'. » La Vulgate et la ver.^ion syria(iue rendent ce nom par Ramatha. Les Septante écrivent Armathem et la version chaldéenne une fois /<ama et l'autre foii>>Uamatha. Ailleurs, le texte hébreu du même livre désigne aussi la patrie de Samuel sous le nom de Ramatha. Dans tous les autres livres sacrés Rama et Ramatha sont une seule et même ville, et il ne peut y avoir de doute que Ramathalm-Sophlm ne soit identique avec Rama.
Ramathaîm-Sophim, qui n'apparaît qu'une fois dans la Bible, signifie la double hauteur des vedettes?. Cette ville a toujours offert de grandes difficultés aux exégètes, parce que grammaticalement son nom n'est pas explicable. Les Septante ont fait une rectification en remplaçant le mot, Sophim psiT Seipha, pluriel de Su fîtes. Comme Elcana, père de Samuel descend de Suph VEphraïte, on propose de lire (I R. 1, 1) : « Un homme de Ramathaïm, des Suphites des pays montagneux d'Éphraïm..., » ou bien : « l'n homme de Ramathaïm, un Supbite''... »
Rama de Benjamin est invariablement indiqué au N. de Jérusalem et
1. 11 R., II, 2 17. — 2. III R., III, 4-i:i; - IX, 2. —3. III R., II, 34. — 4. Jos., IX, 17. —5. 1 R., XXV, 1 ; - XXVIII, 3. — 6. K, D. B. H., IV, 108.
à Nazatelh. machmas Voyage XII. 315
fixé avec assez de précision au village moderne d'er Ràm, à 9 km. au N. de la Ville sainte.
Le lévite d'Ephraîm arrivé de Bethléem en face de Jérusalem, se décide à aller plus loin « à Gabaa (Tell el FoftI) ou à Rama. » Ije palmier de Débora se voyait entre Rama et Béthel sur la montagne d'Ephraïm^ Après le «chisme des tribus du N., Baasa, roi d'Israël, s'avance contre Juda et s'empare de Rama. Déjà il renforçait les fortifications de la ville, dans le but d'empêcher qui que ce fut de sortir de Juda ou d'y entrer, quand il dut se retirer*. Josèphe indique Ramatha conquise par Baasa à 40 stades au N. de Jérusalem^. Er Râm occupe en effet une position stratégique et répond assez bien à la distance indiquée par l'historien juif. Isaïe la montre au N. de Gabaa th-SaiiH. Puis, après la destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor, le convoi des captifs conduits à Babylonc passa par Rama, et c'est là que le prophète Jérémie fut délivré de ses chaînes et remis en liberté ^ Enfin, Eusèbe et saint Jérôme écrivent : « Rama dans la tribu de Benjamin, ville de Saûl, est à 6 milles (9 km.) au N. d'.IClia, vers Bethel «. » Mais ne sachant où localiser Ramathaïm-Sophim, et connaissant un bourg du nom d'Armathem, Arimathie, près de Lydda, ils fusionnèrent la première avec la seconde, comme ils l'ont fait pour les deux Emmaûs, les trois Maspha et d'autres localités de même nom. Quelques-uns ont cherché le même Ramathaïm-Sophim au Maspha de Benjamin que Samuel a rendu glorieux par ses exploits et qui porte le nom de Nébi Samoîiîl.
Gabaa, Machinas, Asmaveth. Une excursion d'er Râm à Djéba, l'antique Gabaa (33 min.), est fort intéressante, parce que cette localité (801 m.) domine un pays pittoresque et plein de souvenirs bibliques.
Gabaa. D'er Râm on suit, dans la direction de l'E., la crête de la longue colline jusqu'à Djéba^ village musulman qui couronne la montagne k son extrémité. Sa position stratégique est importante et l'on y voit beaucoup de vestiges d'anciennes fortifications» Djéba est sans aucun doute la ville de Gabaa où les Philistins avaient établi une garnison et d'où ils furent délogés par le vaillant Jonathas, flls aîné de Saûl '.
Machmas. A 3 km. en ligne droite au N.-E. de Djéba apparaît le village de Mukhmâs, également dans une très forte position. C'est l'ancienne ville de Machmas, occupée par les Philistins après leur expulsion de Gabaa. Ces deux localités sont séparées par le Ouâdi Soueïnity gorge sauvage et profonde, bordée d'immenses rochers élevés à pic. On y reconnaît les deux rochers restés célèbres dans la Bible sous le nom de Bôses et de Sénéh^. 11 semble même que la gorge Soueïnit ait tiré son nom de ce dernier.
Jonathas, suivi de son écuyer, escalada les flancs escarpés de la vallée, attaqua, avec une audace inouïe, le poste ennemi et tua 20 hommes. Au bruit des armes, Saûl s'élança avec ses troupes vers le lieu du combat et infligea une défaite sanglante à l'armée philistine qui fut poursuivie ju.squ'à Aïalon. La nature du terrain illustre d'une manière surprenante les récils du XIII* et du XIV chapitre du I" livre des Rois. Une colline
1. Jg., IV, 5. — 2. III R., XV, 17. — 3. A. J., VIII, xn, 3. — 4. Is., X, 28. — 5. Jér., XL, 1. - 6. 0. S., IV*. - 7. I R., XIII, 3. — 8. I R., XIV, 4.
316 Voyage 111. Ramallah De Jérusalem
située au N. 0. de Mukhmàs porte le nom de Tell el Asfcar, colline des Soldats.
De Djéba, on découvre aussi l'emplacement de. Haï près de Beitîn, Béthel, puis le rocher de Remmon, plus loin Ephrem où Jésus se retira avant sa passion, et Baalhazor. Nous en donnerons la description plus loin, p. 318 et p. 320.
Azmayeth. A 2 km. au 8. de Djéba, on voit le petit village de Hizmehf qui répond fort bien à la ville d'Azmaveth, citée avec Anatoth, Béroth et Rama *, et qui, avec Gabaa, envoya des chantres à Jérusalem lors de la dédicace des nouvelles murailles, sous Néhémie *.
Gédérah. En reprenant la route à er Râm, on aperçoit à 3 km., à VO., le petit village de Djédiréh qui répond à la ville de Gédérah de Benjamin, d'où était originaire Jézabad, un des vaillants de David ^
Puis, 20 min. plus loin, apparaît à g. le hameau de Kalendiyéh, la Kalandie des Croisés, un des 21 villages donnés en fief aux chanoines du Saint- Sépulcre sous le règne de Godefroy de Bouillon.
Ataroth. En continuant la marche pendant 20 autres min., on rencontre à dr. le hameau de Kefr Akab, et on laisse à g. une ancienne localité en ruines nommée Khirbet Atâra, qui semble bien être Ataroth, ville de la frontière septentrionale de Benjamin.
De Béthel, la frontière « descendait à Atarotli Addar, par la montagne qui est au-dessous de Bétiioron le-Bas *. » Cette ville ne peut pas être à la fois au midi de Béthel el de Béthoron. Il faut supposer qu'il y a une petite lacune dans le texte et voir dans Ataroth-Addar deux villes : la première au midi de Beilîn représentée par Khirbet Atâra, et la seconde au S.-O. de Beit Our et Tahta, où se trouve le Khirbet ed Darivéh.
On s'est beaucoup occupé en ces derniers temps de Aïn-Misoah et de Tell el Nasbéh dans \e Yoiainsige de Khirbet Atàî'a; mais bien inutilement. « Pour les paysans de la contrée, dit M. L. Heidet, Nasbèh comme Misbah,.. sont des noms purement arabes et d'origine récente, dont la similitude avec Mispha est purement fortuite ^. »
Jarephel. A l'O.-S.-O. de Khirbet Atâra existe un hameau du nom de Râfat, avec de beaux sépulcres juifs de 2 à 8 fours à cercueil. Il est possible que ce soit la ville d'Irpeel ou Jarephel de Benjamin 6.
Ramallah. A g., on rencontre ensuite un chemin qui en 45 min. mène à Ramallah, dans la direction du N.-O. C'est un grand village habité exclusivement par des chrétiens au nombre d'environ 5.000, dont la grande majorité sont de rite grec non-uni ; puis viennent les Latins avec deux écoles ; celle des filles est dirigée par les Sœurs de Saint-Joseph. Les
i. Esd., II, 24. — 3. Néh., XII, 29. - 3. I Par., — 5. D. B. V., IV, 842. — 6. Jos., XVIII, 27.
XII, 4. — 4. Jos., XIX, 13.
à Nazareth. béroth Voyage Xll, 317
Anglais et les Quakers américains y ont aussi établi une mission et des écoles. Dans la maison du patriarcat latin, le curé donne l'hospitalité aux pèlerins.
En suivant un vallon assez dénudé et en traversant ensuite un plateau aride qui fait partie de la ligne de partage des eaux entre la Méditerranée et le Jourdain, on arrive en 40 min à el Biréh, situé à 15 km, de Jérusalem.
Béroth.
El Biréh, les Puits, est l'ancienne Béroth, en hébreu Beeroth, les Puits, ville de Benjamin.
Dans la liste des places habitées par les successeurs du grand-prétn; Tobias, la Chronique samaritaine nomme dans le texte samaritain Beirothali, rendue dans la version arabe par el Biréh ^
Au XII* s., les Croisés l'appelèrent Bira et aussi la Grande Mahonnerie. Au xiv* s. le voyageur Israélite Isaac Chélo dit : « De Rama ou se rend à Beeroth, ville mentionnée par Josué. On la nomme aujourd'hui Albérah (al Bérah) «. »
Cette ville semble figurer dans la liste des places conquises par Thoiilmès III sous le nom de Bartu. A l'arrivée des Hébreux, elle formait une confédération avec Gabaon et quelques autres villes ='. Josué l'assijina à Ja tribu de Benjamin ^.
Baana et Réchab, qui assassinèrent Isboseth, fils de Saûl, et que David fit pendre à Hébron, étaient natifs de Béroth*, ainsi que Naharai,écuyer de Joab, le neveu de David *.
El Biréh^ habitée par un millier d'habitants, est bâtie sur une colline rocheuse ^893 m.)- Au bas de la colline, tout près de la route, à dr., coule une magnifique source dont l'eau alimente un petit réservoir surmonté d'un oratoire musulman. Elle à'écoulait autrefois dans deux grands bassins d'un beau travail, dont on voit encore quelques pans de mur. Au S.-E. de la fontaine, s'élève un vaste khan bien construit, mais fort délabré aujourd'hui. Au temps de Quaresmius (xvii* s.) il était encore fréquenté par les caravanes.
Eglise de la Sainte-Famille. L'église en partie debout au sommet du village, fut terminée l'an 1146, ainsi que l'hôpital qui en dépendait. Elle est divisée en 3 nefs et présente une longueur totale de 43 m. sur une largeur de 22. Les murs ont 2 m. 70 d'épaisseur ; les angles et d'autres parties de l'édifice sont construits avec des pierres à bossage. Ce monument a sans doute remplacé une église plus ancienne ; car, d'après la tradition, c'est le lieu où Marie et Joseph, revenant de Jérusalem, se sont aperçu que l'Enfant Jésus n'était pas avec sos compagnons de voyage, comme ils l'avaient supposé. Ils retour-
1. S. W. P., S. P., 230. — 2. Carmoly, op. cit., 249. — 3. Jos., - 4. Jos., XVIII, 25, — 5. II R.,IV, 2 9. — 6. II R., XXIH, 37.