Jos., XVIII, 24. — 2. A. J., XII, XI, 4 et
322 Voyage XIl. samarie De Jérusalem
fonde pour le royaume de Juda, obligèrent les rois d'Israél k rechercher les alliances avec les puissances païennes et préparèrent la ruine de la nation. Les Israélites furent déportés en Assyrie par Téglatphalasar IIÏ, Salmanasar V et Sargon II qui détruisit la ville de Samarie en 722 et mit fin au royaume du N. Cinquante ans plus tard, les Assyriens remplacèrent la population exilée par des gens de Babylone, de Cutha et d'autres pays étrangers. Ces nouveaux colons vinrent avec leurs divinités nationales. Ils adoptèrent cependant peu à peu la loi mosaïque pratiquée par les Israélites restés dans leur patrie, et créèrent une religion nouvelle, mélange disparate de mosalsme et d'idohUrie. Ils furent désignés sous le nom de Samaritains.
Moins d'un siècle et demi après la chute de Samarie, Jérusalem fut détruite par Nabucbodonosor et les habitants du royaume de Juda transportés à leur tour à Babylone. Lorsque 70 ans plus tard ils revinrent de la captivité, ils refusèrent aux Samaritains la faveur de coopérer à la reconstruction du Temple. Dès lors, ceux-ci vouèrent aux Juifs une haine mortelle.
Après avoir été une province assyrienne, la Samarie passa successivement au pouvoir des Cbaldéens, des Perses et des Grecs-Macédoniens. Sous les Asmonécns et Hérode le Grand, elle retourna à la Judée; mais à cette époque, elle était limitée au N. par la Galilée.
De Djifnèh à, el Loubbàn.
Au-delà de Djifnèh, la route continue le long de la fertile vallée.
Kephar Emona. Elle laisse k dr. le Khirbet Kefr Ana^ probablement le Kephar Emona, ville de Benjaniin^, appelée Anât dans le Talmud^.
En3o min., on atteint par de grandes courbes le village d'Ain
Sinia {2È km. de Jérusalem). Ce lieu semble être la ville
biblique de Jésana.
Abia, roi de Juda, après avoir remporté une éclatante victoire sur Jéroboam I", se rendit maître d'Ephrera, de Bélhel et de Jésana '. Josèphe raconte qu'Hérodo le Grand remporta une victoire sur Pappus, général de l'armée d'Antigone, à Isana, au S. de la Samarie *. En 1872, on découvrit sur l'une des tombes d^Aïn Sînia une inscription liébraïque mutilée.
La route monte ensuite vers le N., toujours le long de la vallée. Arrivé au sommet d'une colline, on voit à g. le gros village d'Atâra^ qui paraît être l'ancienne Atarôth, ville méri-
1. Jos., XVIII, 24. — 2. Neubaucr, op. cit., 154. — 3. II P., XIII, 19. — 4. A. J., XIV, XV, 12.
h Nazareth. EL haramiyêh Voyage XII. 323
dionale d'Ephralm', qu'Eusèbe appelle, d'après les Septante, Archiatarôth d'Ephraîm ^.
A dr., on aperçoit le village d'Yébroûd et, un peu plus loin, celui de Sélouâd. Du même côté, apparaissent les ruines d'une forteresse des Croisés au sommet d'une colline (793 m.). C'est l'ancien château de Baudouin, que les Arabes appellent Bordj BerdaouU.
Baalhasor, La route fait un brusque détour vers l'E., et à environ 4 km. du ciUé de l'orient, on aperçoit une haute montagne (945 m.) qui domine tous les alentours. Elle est appelée Tell Àsour. C'est Baalhasor que la Bible indi([ue près de la ville d'Ephralm (Tayébèh).
Absalon, fils de David, possédait à Baalhasor un $;rand domaine et de nombreux troupeaux. A l'occasion de la tonte des moutons, il donna un grand festin auquel il convia tous ses frères. Vers la fin du banquet, il fit tuer son frère Amnon, pour venger l'outrage fait à sa sœur Thamar ^.
La route s'engage alors dans le Ouâdi el Harâmtyéh, vallée des Voleurs, ombragée d'arbres fruitiers et autres.
Ayoûn el Haràmiyéh. 31 km. Après avoir suivi la vallée sur un parcours de 3 km., on arrive près d'un ancien khan en ruines. Des flancs rocheux de la gorge, à g., Teau suinte avec abondance et forme la source des Vole^irSy Ayoûn el Harâmiyéhy nom qui signifie aussi les Yeux des Voleurs, représentés par de petites cavernes creusées dans la paroi rocheuse.
A l'E. de la source s'élève une colline qui ne le cède en hauteur qu'au Tell Àsotir et qui sur trois de ses flancs est inaccessible. Au sommet elle porte les ruines du Bordj Lisânéh^ tour de la Langue. C'est une construction du xii* s., faite avec des matériaux romains. A l'O. de la tour, se trouvent les ruines d'une église d'origine byzantine. Le Ouâdi el Harâmiyéli est la clef de la route de Jérusalem i\ Naplouse, et de tout temps, on a protégé ce défilé par des fortins contre les brigands.
Après 45 min. de circuit au fond de la vallée, la route débouche dans une plaine fertile dominée par un gros village musulman appelé Sindjîl. Il doit son nom à Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse.
Frelellus (1145) mentionne le casai Saint-Gilles entre Jérusalem et Naplouse. Au sommet de. la colline, on remarque deux édifices en ruines, datant de l'époque des ('roisades : l'un porte le nom de Qasr, tour, J'aulre celui de kénishê, église.
Galgala. A 4 km. à l'O. de Sindjll, un bourg du nom de DjUdjilia occupe la cime d'une colline haute (843 m.) et escarpée. C'est Gîlgala ou Galgala ou habitait le prophète Elle peu avant son enlèvement au ciel.