Jg., IV
à Nazareth. séméron Voyage XIV, 363
généralement une halte de quelques minutes à l'ombre des arbres. En redescendant la colline, on aperçoit à g. le village de Koskos et plus près de la route celui de Toubaoûn.
Toubaoûn est mentionnée dans le Talmud de Babylone avec Hépba et Bethsan à propos de la prononciation défectueuse de Valeph et de Vain commune à leurs habitants, qui pour cela étaient rejetés comme lecteurs dans les synagogues ^
A 1 km. 1/2 vers le S. apparaît sur le sommet d'une belle colline Scheikh Abreik^ très ancienne et très importante localité qui répond au Gaba de Josèphe, le quartier général du tribun romain iËbutius ^.
La colline est percée de vastes cavernes artificielles composées d'un grand nombre de chambres sépulcrales. Celles-ci sont taillées sans régularité et garnies de loculi et de kokim ou cercueils à four. C'est le cimetière le jplus grand et le plus important de ceux qui existent en Galilée. On continua d'y creuser des tombes jusqu'au ii* siècle de notre ère ; mais les explorateurs anglais n'y ont découvert aucun signe chrétien K On soupçonne que le Scheikh Abreik représente le général Barac.
On traverse ensuite le vallon marécageux du Ouâdi Djéda pour remonter au petit hameau de même nom (130 m.).
21 km. Djéda possède un khan moderne et une buvette arabe. C'est l'ancienne Jédala de la Bible.
Djéda forme un triangle avec Beit Lahm situé à 3 km. au N.-N.E., et Sémo'ûviyéh.qn^on rencontrera 3 km. plus loin. Beit Lahm est sans contredit Bethléem de ZaJinlon. On y voit encore des tronçons de colonnes et d'autres vestiges d'antiquité. Sémouniyéh est la place forte de Simonlas, que Josèphe indique « sur les confins de la (ialilée, à 60 stades de Gaba *. » Le Talmud de Jérusalem appelle ce lieu Simouniah et l'identifie avec la ville de Sohimron ou Séméron de la Bible. Or dans l'énumération des villes de la tribu de Zabulon, le livre de Josué (XIX, 15) cite à la file « Séméron, Jédala et Bethléem. » Au N. de Djéda existe le Khirbet Zebda également une antique localité.
24 km. A g., on distingue le misérable village de Simouniyéh. Sur la colline ronde et isolée à l'E. du hameau, se voient encore les vestiges d'une forteresse. C'est là l'emplacement de SimoU' nias, l'ancienne Séméron.
Jabin, roi d'Hazor, apprenant les rapides conquêtes de Josué, invita le roi de Séméron à se joindre à lui pour résister aux Israélites 5. Mais Séméron fut prise et, dans la liste des souverains vaincus par Josué, son roi figure immédiatement avant ceux d'Achsaph, de Thanach et de Mageddo ^.
Pendant les guerres de rébellion, Simonias était une place forte. Josèphe, gouverneur des deux Galilées, faillit être fait prisonnier sous ses murs par la cavalerie du tribun -^butins, l'an 65 ap. J. C. Un peu plus tard, les Romains prirent la ville et rasèrent ses fortifications.
En 1867, une petite colonie wurtembergeoise du Temple vint s'établir ii Simouniyéh; mais dans le courant de l'année, tous moururent de fièvres paludéennes, à Texception d'un seul. Ils furent remplacés depuis par des indigènes. Les deux sources du village fournissent une eau très insalubre.
1. Meguil, 24. — 2. A. J., XV, viii, 5. - G. J., III, m, 1. — 3. S. W. P., I, 343. — 4. Vita, IX. — 5. Jos., XI, 1. — 6. Jos., XII, 2.
364 Voyage XIV. naalol De Caiffa
En montant la côte, toujours sur les confins du territoire de Zabulon et de la plaine d'Issachar, on jouit d'une lîelle vue rétrospective sur le Carmel, qui se développe dans toute sa longueur. La chapelle du Moukhraqa et le Teil el Qdssis apparaissent nettement.
26 km. À g., on aperçoit le village de Maloûl pittoresquement
perché au haut d'une montagne. D'après le Talmud, c'est la ville
biblique de Naalol.
Dans le livre de Josué (XIX, 15) Nabalal ou Naalol est citée dans le même verset que Séméron, Jédaia et Bethléem Elle fut concédée aux lévites de la famille de Mérari ^ Depuis, il n'en est plus question dans riilcriture sainte. Elle devait cependant jouir d'une certaine importance à l'époque gréco-romaine ; car en 1854, M. Y. Guérin trouva à l'O. du village un magnifique mausolée appelé Qasr es Zir'^,
Dans la plaine à dr., on remarque le hameau de DjéhâUt^ qu'Eusëbe Indique sous le nom de « Gabatha près de la grande plaine de Legio, sur les confins de Dlocésarée (Sepphoris) '. » Les explorateurs anglais supposent que c'est la ville de Kebatouân mentionnée parmi les places fortes de la plaine de Jezraël conquises par Touthmès JII, 16 siècles av. J.-C.
^ km. Moudjeidîl (238 m.) est un florissant village au N. d'un petit plateau qui sert d'aire pour battre le blé.
Le village compte 600 habitants dont 400 musulmans, 140 Grecs nonunis et 60 Latins passés du schisme au catholicisme, il y a peu d'années. Outre l'école des Grecs et celle des Pères Franciscains, il y aussi depuis 25 ans une école protestante pour les filles.
Moudjeidîl doit tirer son nom d'an migdal ou magdiel, tour, et possède tous les caractères d'une antique localité ; mais ce simple nom tel quel ne se prête à aucune identification sérieuse.
Après être arrivé sur un haut plateau ondulé, on remarque, à un détour de la route vers TE., les vestiges d'une voie romaine. A dr., au pied de la montagne, apparaît le village de Sindjar, et plus loin el Afoulèh, la gare de chemin de fer pour Nazareth. La plaine d'Esdrelon, encadrée par le Carmel et les montagnes d'Ephralm à l'O., les montagnes de Gelboé au S. et le Djebel Dahi ou le petit Hermon à l'E., offre un beau coup d'oeil, par ses nombreux villages parsemés au milieu de la fertile campagne. La plupart de ces localités ont été témoins de scènes bibliques.
Bientôt on voit s'élever devant soi le ddme majestueux du mont Thabor, et, plus près encore, la montagne du Précipice avec sa silhouette si caractéristique.
35 km. Yâfay le beau village qui occupe à g. deux monticules adjacents, est l'antique ville chananéenne de Yafia ou Japhia que le livre de Josué (XIX, 10 et 12) place sur les limites du territoire de Zabulon.