Matlh., IV, 13. — 2. VUa
à Tibériade. TIBÉRUDE Voyage XVII. 409
murs crénelés et flanqués de tours, mais ouverts par d'immenses lézardes et de vastes brèches, les nombreux palmiers qui élèvent majestueusement leurs couronnes de palmes pardessus les terrasses, la couleur éclatante des maisons blanchies i> la chaux, qui se reflètent dans les ondes du lac, tout contribue h donner à la. ville un aspect original et pittoresque.
Renseignements .
Loffement. Les Pères Franciscains donnent rbospitalité aux pèlerins dans la Casa Nova, beau b&timent qu'on aperçoit sur les bords du lac, presque en face de la porte par laquelle on entre dans la ville.
Près de celte même porte, à g., on rencontre un excellent hôtel européen, Hôtel Tibériade, dans une belle position.
Poste et Télégraphe. On y trouve un bureau de poste turque et de léiégraphe International.
Population. Tibériade est la résidence d'un moudir. Elle compte environ 6.401) habitants dont 4.500 sont des Israélites venus d'Allemagne, de Pologne, d'Espagne et d'autres pays. Ils appartiennent à deux sectes : les Âschkénazim qui possèdent 5 synagogues et les Sépbardim qui en ont 2. Les musulmans ne montent qu'au chitire de 1.600. Les chrétiens sont encore en nombre respectable. On y compte 38 Latins, 185 Grecs Melehltes, 42 Grecs non-unis. Les uns et les autres possèdent une école. La Mission écossaise tient une station avec école et hôpital dans un bel élablissement au N. de la ville ; elle compte une vingtaine de protestants.
Barques. Le prix d'une barque de 6 à 8 places pour se rendre à Capharnaiini y compris le retour, est de 15 à 25 fre selon la saison. On pale le même prix pour aller à la station de chemin de fer d'PS Sémak.
Depuis peu, un petit bateau à vapeur, appartenant au gouvernement turc, fait le service du lac.
Histoire.
Tibériade a élé fondée l'an 17 de notre ère par Uérode Antipas, télrarque de Galilée, qui en fit sa capitale. Il lui donna le nom qu^elle a conservé jusqu'aujourd'hui, en l'honneur de son protecteur l'empereur Tibère.
La ville d'Hérode, qui avait au moins 5 km. de pourtour, occupait, d'après les Talmudistes, l'emplacement de liakkath, l'Etroite, ville que le livre de Josué (XIX, 33) mentionne immédiatement après celle de Hammath (Emath), aujourd'hui Khirbet el Hammam, autour des sources thermales au S. de la ville. Comme dans l'enceinte de la ville en construction on découvrit des tombeaux, les Juifs refusèrent de l'habiter, parce que la violation des sépultures était un sacrilège et que leur contact constituait une impureté légale de 7 jours. Hérode ne réussit à la peupler que de gens de basse extraction ; encore dut-il les gratifier de toutes sortes de faveurs. Malgré cela, ceux-ci mirent le feu au palais que le tétrarque avait osé décorer de peintures païennes. Le Nouveau Testament ne dit nulle part que Jésus-Christ soit jamais entré dans cette ville, et la tradition locale garde le même silence.
Après la mort du triste roitelet gui fit décapiter le Précurseur et qui se moqua de Jésus lors de sa Passion, Néron céda Tibériade à Agrippa le Jeune, l'an 41. Celui-ci déclassa la ville et rendit à Sepphoris son ancien rang de capitale de la Galilée. Lors du soulèvement des Juifs contre les Romains, l'historien Josèphe, devenu gouverneur des deux (ialilées, fortifia Tibériade et y vint fnquemmenl pour imposer son autorité à la population turbulente et souvent rebelle. Les stratagèmes qu'il prétend avoir employés pour les réduire à la soumission ne témoi-
llO TIBEIUADË
nenl pas en laveur de la sagacité el de la bravoure des habitanLs. «ui-ei, du reste, ouvi'lr«iit les porles d« la ville à Vespasien. dès qu'il e lui présenlc sv«e ses Irgians, et celle souinlsslon volunlaîre valul
Tibénade des ména^menls el des faveurs de la pari des Romains près la deslructton de Ji^rusalem.
L'einp«r«ur Adrien, après avoir écrasé la
Tlbérlade un lemple aux faux dieux, pour --'- malgré tout, la prépondérance jui' " '"
régnes suivants. Tibérlade, la ville poilu "' 'ut cboisie par les docteurs de la
ime leur ^lle Si
inosargue. fut cboisie par les docleui [atallte, comme leur ^lle sacrée, leu. „ du i[' s., le grand Sauhédrin se transporta
la célèbre école talmudique dé Jamnia. De celte école, llarissinle pendant plusieurs siècles, sortit le docle rabbi Joda, surnammé hoM lcodes(h. ie saint. Au commencemeot du m' s., il réunit tous les codes el loules les lois iFaditionnelles en un seul corps de droll, connu sous le nom de MUchna, Répétilion uu Seconde loi. t>e l'an S30 à 270, Jochanam compose la Gémara, Coiuplément ou Commenlaire de la Miscbna. Ces deux codes eonslituene le Tatmud de Jérusalem. Le rabbin Itar Anina de Tibériade
SroduiBil la Masora, Tradition. C'est le texte iiébreii de la Bible établi 'après les uianuscrils les plus aulbentlques. En même lemps. l'orlhugrapbe. ou mieux la pureté de la prononciation tut fixée par des commentaires et par des points voyelles et des accents.
Au IV' s., Josepb, un des Juifs les plus dîEIinKués de Tibériade, seconverlit au ehristianisme. L'empereur Constantin l'èlei-a à la dignité de comte de Galilée, et ruatorisi ji transformer en église t'Hadrianeum, lemple fondé par Adrien, resté inachevé ol dont les JuUs allaient faire un bain public'. <Juoii|ne les émeutes do la populallon juive eusse ut obligé le CDUile a se retirer è itcjttiopalis, le nombre des chrétiens augmenta rapidement à Tibériade. Jean, son premier évéque, sauscrivll aux actes du concile de Chalcèdoine en iSl. Justinîen restaura ■"" on^înio : Les bandes de (Siasroês épargnèrent Tibériade, parce qu'
Le cbnattHniame se maintint dans cette ville après l'invasic niane. En 12H, Wllllbald jr vit encore pluaieurs églises, ain; svnagogues. Puis, le roniniemoriilortuni meolionne un évèqi Théodore, S églises avec 30 prêtres, moines et channincs, el u do Religieuses.
Après la cjnqui donna la Galilée
nouvelle ville fut „
relevées et on établit un évècbé latin, sutlrsgant de celui de Naxaretli.
En 118T. avant la bataille de Hatlln, Tibériade, appartenant alors à Raymond III, comte de Tripoli, tomba an pouvoir de tialadln, A l'exeep lion de la citadelle, dans laquelle la comlesse de Tripoli s'était retran cliée avec ses enfants. Mais a la Donvetle du désastre qui trappa l'armé;.' chrétienne le 4 )uil1pl, le rbàleau n'ollrit plus de résistance.
En 1S39, Tibériadï devint pravlsolremenl la pnssessioii d'Eudes de Montbéliapd, en verln d'une allianee conclue avec .Meick Salèh AyoQb. sultan de Damas, contre celui d'Egypte, Cinq ans plus lard, ie sultan d'Egypte, aidé pir les Kharlsmiens, la reprit et massacra la garnison avec toute la population chrétienne ^ Dès lors, son déclin alla toujours
mourir et il n'y avait plus que des musulmans!
. Kpiphanc, ioto Cil, — ï. Procopc, De aed., V, !, iracl., K*np,, .\L\)II et LVI.