livre de Josué mentionne immédiatement après Nésib
Ceila fut occupée par les Philistins. David vint l'assiéger et en chassa l'ennemi. A cette nouvelle, le roi Saûl s'avança vers Ceila pour s'emparer de la personne de David. Le jeune héros crut prudent de quitter la ville et d'aller se réfugier à Hachila dans le désert de Ziph (I R., XXIII). Après la captivité de Babylone, les deux chefs de Ceila concoururent au rétablissement des remparts de Jérusalem (Néh., III, 17 18). Au iv* s., la tradition indiqua en ce lieu le tombeau du prophète Habacuc et celui d u prophète Michée.
La campagne devient de plus en plus riante. On laisse à gauche les ruines de Sénâbréh, et l'on passe au pied d'une colline escarpée sur laquelle est perché le hameau de Deir Nachchâs. Monastère du Bouvier. C'est peut-être la ville de Nahash ou Naas, fondée par Thinna (I Par. IV, 12).
Une demi-heure plus tard, on arrive, enfin, à travers oo magnlfiquo bois d'olivier au N.-E. de Beit Djibrln (28i m.).
à Gaza. eleuthéropolis Voyage XXll. 515
Beit DJibrîn.
Begabris. Beit Djibrîn, village de 1.000 habitants, est situé entre trois collines et occupe à peiye la 8' partie de l'emplacement d'une ville plus ancienne. Celle-ci n'est pas. mentionnée dans la Bible, quoique ses sépulcres dénotent une tiBcienne ville judaïque. Josèphe (G. J. IV, viii, 5) la nomme Begabris, la table de Peutinger (395) Beto-Gabra et le Talmud Beit- Cubrin.
Eleuthéropolis. En 202, Septime Sévère combla cette ville de privilèges et lui imposa le nom d'Eleuthéropolis, Ville-libre. Elle fut aussi appelée Lucia Septima Severiana. Eusèbe nous apprend qu'elle était le cheMieu d'un grand district et le siège d'un évêché. Détruite par les Sarrasins en 796, elle se releva de ses ruines sous son nom primitif légèrement modifié, Beit Djibrîn, Maison de Gabriel. En H34, les Croisés y élevèrent une forteresse sous le nom de Gibelin. En 1187, elle tomba entre les mains de Saladin. Elle fut reprise par Richard Cœur de Lion en 1191 et rasée par Bibars en 1254. Les Turcs relevèrent la forteresse en 1551.
Etat actuel. Les fortifications des Croisés ne sont visibles qu'au N. Le mur est flanqué à chaque extrémité d'une grosse tour. La citadelle, el Qalâah, qui s'élève à l'angle N.-O., est carrée et mesure 58 m. de côté. Au S., on remarque une partie d'un beau cloître enclavé dans des maisons arabes. D'après les habitants, il appartenait à une église, probablement dédiée à l'archange saint Gabriel ; car le terrain avolsinant est sacré pour les musulmans en l'honneur du Nébi Djibrîn, le prophète Gabriel. La tour de TE.» en grande partie occupée par un cimetière turc, offre encore une porte fort belle, avec un bassin et plusieurs fûts de colonnes.
Environs de Beit Djibrin. Dans le voisinage du bourg, on rencontre 14 grottes, arâk, taillées dans une roche tendre, d'une manière remarquable. Ce sont pour la plupart des chambres arrondies, de 7 à 20 m. de diam. et de 8 à 12 m. de hauteur, recouvertes par des voûtes en forme de bouteille, dont le centre est percé d'une grande ouverture. Quelques>unes de ces grottes sont garnies de petites nichés destinées à recevoir des lampes ; d'autres présentent des niches plus grandes semblables à des columbaria ; l'une d'elles en a 210 disposées sur six rangées. Dans deux de ces grottes coule une source de bonne eau. Il n'est pas douteux que ce ne soient là des habitations de troglodythes. Saint Jérôme raconte déjà que ces souterrains servaient de demeures aux Horréens, habitants de cavernes, puis aux Edomites. L'une ou l'autre grotte a été élargie
516 Voyage XKII. marÉsa D'Hébron
par leurs habitants aux dépens de sépulcres à kokim ou fours à cercueil.
Sandahanna. A 20 min. du village, au S.-E., se dressent au sommet d'une colline les ruines pittoresques de l'église de Sain te- Anne, Sandahanna, construite du v' au vi' s. L'abside, encore assez bien conservée, appartenait, de même que d'autres pans de mur, à un édifice romain du m' s. Comme l'abside était tournée vers le N., les chrétiens la démolirent et la reconstruisirent pièce par pièce dans la direction de TE. M. Glermont- Ganneau a retrouvé son emplacement primitif marqué dans le sol rocheux par un demi-cercle de même rayon <. Le Tell Sandahanna est lui aussi percé d'intéressantes grottes, dont la principale, Moghâret Sandahanna, est un véritable labyrinthe qui s'ouvre en face de l'église.
Marésa. A quelques min. du Tell Sandahanna^ vers le S.,
une colline oblongue couverte de ruines porte le nom de Khir-
bet Mérasch, Ce lieu répond à la ville de Marésa de la tribu de
Juda ^ fortifiée par Roboam ^. C'est dans la vallée de Séphata
de Marésa que le roi Asa remporta une éclatante victoire sur
Zara l'Ethiopien^. Marésa est la patrie du prophète Eliézer, fils
de Dodau ^.
Judas Machabée saccagea Marésa, alors axi pouvoir des Edomites (163 av. J.-C). Jean Hyrcan l'enleva aux Syriens et obligea ses habitants a Se soumettre à la circoncision (110). Pompée lui rendit son indépendance (63) et le proconsul Gabinius la fortitia. L'an 40 av. J.-C, elle fut complètement détruite par les Parthes alliés à Antigone contre Hérode^ et ne se releva plus de ses ruines. Eusèbe, qui place Marésa à 2 milles d'EIeulhéropolis, dit que de son temps elle était déserte.
Eglon. En avançant de 16 km. dans la direction du S.-O., on arrive à une colline (137 m.) portant le nom de Khirbet Adjlân. Àdjlân répond bien au nom d'Eglon, ville de Juda, dans la Séphéla ; mais les ruines du Tell n'ont ni l'étendue, ni le caractère d'une ville très ancienne. On croit qu'Eglon se trouvait au Tell Nedjiléh remarquable par ses ruines, mais situé à 8 km. au S. dWdjlân. Les habitants auraient, dans ce cas, abandonné ce site et donné son nom à la ville nouvellement fondée, comme c'est arrivé pour Lachis.
Dabir, roi d'Eglon, entra dans la coalition des rois chananéens contre Josué et trouva avec eux la mort dans la grotte de Macéda ®. Elle n'est plus mentionnée après le retour de la captivité de Babylone. Les Septante l'appellent Odollam au lieu d'Eglon. Eusèbe suivit celle confusion quand il en détermina l'emplacement.
Lachis. A 4 km. à l'O. du Tell Adjlân, une colline couverte de ruines peu importantes porte le nom de Oumm Laqis. Ce nom est bien celui de la célèbre ville de Lachis qu'il faut cher-
1. Avch. res., II, 447-451. — 2. Jos., XV, 44. — 3. II Par., XI, 8. - 4. II Par., XIV, 9-15. - 5. II Par., XX, 37. - 6. Jos., X, 5. - XII, 19.
à Gaza. lachis Voyage XXII, 51 7
cher dans ces parages. Le Tell el Hésy, à 3 km. au S. du Tell AdjlàD, attirait depuis longtemps Tattention des voyageurs. C'est un cône tronqué formé de débris de constructions de diverses époques. Les fouilles commencées dans ce tertre en 1890 par M. Flinders Pétrie, et continuées par M. Bliss en 1898, ne permettent plus de douter que Tell el Hési ne soit le site de la ville chananéenne de Lachis mentionnée dans la Bible et dans les documents égyptiens et assyriens. Pour des motifs qu'on ignore, ses habitants l'abandonnèrent quatre siècles av. J.-G. et donnèrent son nom à la ville qu'ils fondèrent à une lieue plus loin.
A Tell el Hési on a trouvé par couches successives les débris de huit cités bâties l'une sur l'autre dans l'espace d'environ douze siècles. Les constructions consistant principalement en briques cuites au soleil, l'accumulation des ruines a élevé le sol à une hauteur de 18 m. La partie la plus basse renfermait, entre autres objets, de la poterie dite amorrhéenne. Dans la 2" cité, on trouva des scarabées et des cylindres égyptiens de la XVIir el XIX" dynastie. Des objets de même provenance vinrent à la lumière dans la 3" ville, avec une tablette en caractères cunéiformes de la même époque que celles de Tell Amarna. Dans la 4% on releva deux inscriptions phéniciennes qui remontent à 7 ou 8 siècles av. J.-G. La 5'' ville oiTrit des constructions en pierre et des ustensiles en bronze et en fèr ; la 6% des fragments de poterie phénicienne ou hébraïque avec des inscriptions ; la 7* fut détruite par un incendie ; on y recueillit beaucoup de poterie grecque ainsi que dans la 8^
Avant rarrivce des Hébreux, Lachis était vassale de l'Eypte. I> nom d'un de ses rois, Ziniridii, fifçure dans la tablette trouvée à TetL el Hesi et dans une autre de Tell Amarna. Lorsque Josué envahit la Palestine, Japhia, roi de Lactiis, s'unit à ceux de.Jébus, d'E^lon, de Jérimoth et d'Hébron pour combattre les Israélites. Roboam répara ses murs. Aipasias, chassé de Jérusalem par une conspiration, se réfugia dans cette ville et y fut assassiné (IV R., XIV, 19). Sennachérib assiégea Lachis et fit représenter la reddition de la ville sur un de ses monuments à Ninive. Nabuchodonosor s'empara de la place à son tour et mena ses habitants en captivité à Babylone.
Le chemin suit le Ouâdi el Hesi et passe par Houreïr (7 lim.), gros village entouré de quelques palmiers, et Simsin (3 Icm.) situé au milieu d'une forêt d'oliviers. Là, il coupe le vallon et se dirige sur Nedjed {2 km.), Toumrâh, (3 1cm.) et Beit Ilanoxln (4 km.) situé sur la route qui vient de Ja£fa. De là à Gaza, il y a encore 7 km. à parcourir. (F. p. 508).
518 Voyage XXIIl. De Caiffa