ÉVANGILE
Evangile selon S, Matthieu.
N*» 3. Naissance de Jésus-Christ (I, 18 25).
^" Or voici de quelle manière le Christ vint au monde. Marie, sa mère, étant fiancée à Josepli, il se trouva, avant qu'ils eussent habité ensemble, qu'elle avait conçu par la vertu du Saint-Esprit. ^» Joseph, son mari, qui était un homme juste, ne voulant pas la diffamer, résolut de la renvoyer secrètement. ^ Comme il était dans cette pensée, voici qu'un an^e du Seigneur lui apparut en songe, et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crams point de prendre avec loi Marie ton épouse, car ce qui est formé en elle est l'ouvrage du Saint-Esprit. *^ Et elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus ; car il sauvera son peuple de ses péchés. » ^ Or tout cela arriva afin que lût accompli ce qu'avait dit le Seigneur par le Prophète : ** « La Vierge concevra et enfantera un fils ; et on le nommera Emmanuel, » c'est-à-dire Dieu avec nous. ^ Réveillé de son sommeil, Joseph fit ce que l'ange du Seigneur lui avait commandé, et prit avec lui Marie son épouse.
^^Mais il ne la connut point jusqu'à ce qu'elle enfantât son Fils premierné, et il lui donna le nom de Jésus.
N* 4. Adoration des Mages (II, 1-12).
^ Jésus étant né à Bethléem de Judée, aux jours du roi Hérode, voilà que des Mages arrivèrent d'Orient à Jérusalem, ^ disant : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus l'adorer, u ^ Ce qu'ayant appris le roi Hérode, il fut troublé et tout Jérusalem avec lui. * il assembla tous les Princes des prêtres et les Scribes du peuple, et s'enquit d'eux où devait naître le Christ. ^IlS lui dirent : « A Bethléem de Judée, selon ce quia été écrit par le Prophète : " Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n'es pas la moindre parmi les principales villes de Juda, car de toi sortira un Chef qui doit gouverner Israël, mon peuple. » ' Alors Hérode, ayant fait venirsecrètement les Mages, apprit d'eux la date précise à laquelle l'étoile leur était apparue. * Et il les envoya à Bethléem, en disant : « Allez, informez vous exactement de l'Enfant, et lorsque vous l'aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que moi aussi j'aille l'adorer. » ^ Ayant entendu les paroles du roi, ils partirent. Et voilà que l'étoile qu'ils avaient vue en Orient allait devant eux, jusqu'à ce que, venant au-dessus" du lieu où était l'Enfant, elle s'arrêta. '^A la vue de l'étoile, ils se réjouirent d'une grande joie. ^^ Hs entrèrent dans la maison, trouvèrent l'Enfant avec Marie, sa mère, et, se prosternant, ils l'adorèrent; puis, ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent en présent de l'or, de l'encens et de la myrrhe. ^' Mais ayant été avertis en songe de ne point retourner vers Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.
N" 5. Fuite de Jésus en Egypte. — Massacre des SS. Innocents. — Retour d'Egypte (II, 13-23).
^3 Après leur départ, voici qu'un ange du Seigneur apparut à Joseph pendant son sommeil, et lui dit : « Lève-toi, prends l'Enfant et sa mère, fuis en Egypte, et restes-y jusqu'à ce que je t'avertisse ; car Hérode va rechercher l'Enfant pour le faire périr. » ^* Joseph se leva et, la nuit même, prenant l'Enfant avec sa mère, il se retira en Egypte. ^^^Et il y resta jusqu'à la mort d'Hérode, afin que s'accomplît ce qu'avait dit le Seigneur par le Prophète : « J'ai rappelé mon fils d'Egypte. »
^* Alors Hérode, voyant que les Mages s'étaient joué de lui, entra dans une grande colère, et fit tuer tous les enfants qni étaient dans Bethléem
et dans les environs, depuis l^ge de deux ans et an-dessous, d'après la date qu'il connaissait exactement par les Ma!!»M. ''t Alors fut accompli ce qu'avait annoncé le prophète Jérémie : ^* « Une voix a été entendue dans Rama, des plaintes et des cris lamentables : Rachel pleure ses enfants; et elle n'a pas voulu être consolée, parce qu'ils ne sont plus. »
^•'Hérode étant mort, voici qu'un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph dans la terre d'Egypte, *^ et lui dit : « Lève-toi, prends l'Enfant et sa mère, et va dans la terre d'Israël, car ceux qui en voulaient à la vie de l'Enfant sont morts. » ^^ Joseph s'élant levé, prit l'Enfant et sa mère, et vint dans la terre d'Israël. ** Mais, apprenant qu'Ârchélaûs régnait en Judée à la place d'Hérode, son père, il n'osa y aller, et, ayant été averti en songe, il se retira dans la Galilée ^^et vint habiter une ville nommée Nazareth, afin que s'accomplit ce qu'avaient dit les Prophètes : « il sera appelé Nazaréen. »
N» 6. Baptême de Jésus-Christ (III, 1-17).
1 En ces jours-là parut Jean-Baptiste, prêchant dans le désert de Judée, ' et disant : « Faites pénitence, car le royaume des deux est proche. » 3 C'est lui qui a été annoncé par le prophète Isaïe, disant: « Une voix a retenti au désert : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez ses sentiers. » * Or Jean avait un vêtement de poil de chameau, et autour de ses reins une ceinture de cuir, et il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. ^ Alors venaient à lui les habitants de Jérusalem, de toute la Judée, et de tout le pays qui avoisine le Jourdain. <> Et, confessant leurs péchés, ils se faisaient baptiser par lui dans le Jourdain.
"^Voyant un grand nombre de Pharisiens et de Sadducéens venir à son baptême, il leur dit : « Race de vipères, qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? * Faites donc de dignes fruits de pénitence. * Et n'essayez pas de dire en vous-mêmes : Nous avons Abraham pour père ; car je vous dis que de ces pierres mêmes Dieu peut faire nailre des enfants a Abraham. '•oDéjà la cognée est à la racine des arbres : tout arbre donc qui ne porte pas de bon fruit sera coupé et jeté au feu. ^^ Moi, je vous baptis? dans l'eau pour la pénitence ; mais celui qui doit venir après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter sa chaussure ; il vous b'aptisera dans l'Esprit-Saint et dans le feu. ^^Sa main tient le van ; il nettoiera son aire, il amassera son froment dans le grenier, et il brûlera la paille dans un feu qui ne s'éteint point. »
^'^ Alors Jésus, venant de Galilée, alla trouver Jean au Jourdain pour être baptisé par lui. i* Jean s'en défendait en disant : « C'est moi qui dois être baptisé par vous, et vous venez à moi ! » ^^ jésus lui répondit : « Laissez faire maintenant, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice.» Alors Jean le laissa faire, ^^j^sus ayant été baptisé sortit aussitôt de l'eau, et voilà que les cieux lui furent ouverts, et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. ^^Et du ciel une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en c|ui j'ai mis mes complaisances. »
N» 7. Les huit Béatitudes (V, 113).
^ Jésus, voyant celte foule, gravit la montagne, et lorsqu'il se fut assis, ses disciples s'approchèrent de lui. * Alors, ouvrant sa bouche, il se mit à les enseigner, en disant :
» Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux !
* Heureux ceux qui sont doux, car ils posséderont la terre ! 5* Heureux ceux qui pleurent, car ils ssront consolés !
* Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés !
■^ Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde !
« Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu !
» Heureux les pacifiques, car ils seront appelés enfants de Dieu !
^''Heureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, car le royaume des cieux est à eux !
^^ Heureux serez-vous, lorsqu'on vous insultera, qu'on vous persécutera, et qu'on dira faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. '2 Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux : c'est ainsi qu'ils ont persécuté les Prophètes qui ont été avant vous.
N° 8. Jésus guérit un lépreux (VIII, 1-4).
'Jésus étant descendu de la montagne, une grande multitude le suivit. 'Et un lépreux s'étant approché, se prosterna devant lui, en disant: « Seigneur, si vous voulez, vous pouvez me guérir. » ^ Jésus étendit la main, le toucha et dit : « Je le veux, sois guéri. » El à l'instant sa lèpre fut guérie. ^ Alors Jésus lui dit : « Garde-toi d'en parler à personne; mais va te montrer au prêtre, et offre le don prescrit par Moïse pour attester au peuple ta guérison. »
N"> 9. Jésus guérit le serviteur du Centurion (VIII, 5 13;.
^Comme Jésus entrait dans Capharnaûm, un centurion l'aborda*^ et lui fit cette prière : « Seigneur, mon serviteur est couché dans ma maison, frappé de paralysie, et il souffre cruellement. » ' Jésus lui dit : « J'irai et je le guérirai. — * Seigneur, répondit le centurion, je ne suis pas digne que vous entriez sous mon tcit ; mais dites seulement une parole, et mon serviteur sera guéri. ''Car moi qui suis soumis à des supérieurs, j'ai des soldats sous mes ordres, et je dis à l'un : Va, et il va ; et à un autre : Viens, et il. vient; et à mou serviteur : Fais cela, et il le fait. » ^oEn entendant ces paroles, Jésus fut dans l'admiration, et dit à ceux qui le suivaient : « Je vous le dis en vérité, dans Israël même je n'ai pas trouvé une si grande foi. ^' C'est pourquoi je vous dis que beaucoup viendront de l'Orient et de l'Occident et auront place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob, dans le royaume des cieux, ^* tandis que les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures : c'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents. » ^^ Alors Jésus dit au centurion : « Va, et qu'il te soit fait selon ta foi ; » et à l'heure même son serviteur fut guéri.
N» lO. Jésus guérit la belle-mére de S. Pierre (VIII, 14).
^* Jésus vint ensuite dans la maison de Pierre, et il y trouva sa bellemère qui était au lit, tourmentée par la fièvre. ^^^11 lui toucha la main, et la fièvre la quitta ; aussitôt elle se lova, et se mit à le servir.
N" 11. Tempête apaisée (VIII, 23-27).
*3 II entra alors dans la barque, suivi de ses disciples. ** Et voilà qu'une grande agitation se fit dans la mer, de sorte que les flots couvraient la barque : lui, cependant, dormait. «^ Ses disciples venant à lui l'éveillèrent et lui dirent : «Seigneur, sauvez-nous, nous périssons!» *** Jésus leur dit : « Pourquoi craignez-vous, hemmes de peu de foi ? » Alors il se leva, commanda aux vents et à la mer, et il se fit un grand calme. *'Et saisis d'admiration, tous disaient : « Quel est celui-ci, que les vents et la mer lui obéissent ? »
N" IS. Malédictions contre Gorozaïn, Eethsaïda et Capharnaûm (XI, 20-24).
*o Alors Jésus se mit à reprocher aux villes où il avait opéré le plus çrand nombre de ses miracles, de n'avoir pas fait pénitence. *^ « Malheur a loi, Gorozaïn ? Malheur à loi, Bethsaïde ! Car si les miracles qui ont
été faits au milieu de vous^ avaient été faits dans Tyr et dans Sidou, il y a longtemps qu'elles auraient fait pénitence sous le cilice et la cendre. ^^Oui, je vous le dis, il y aura, au jour du jugement, moins de rigueur pour Tyr et pour Sidon, que pour vous. '^Rt loi, Capharuaûm, vas-tu t'élever jusqu'au ciel ? Non, tu seras abaissée jusqu'aux enfers ; car si les miracles qui ont été faits dans tes murs, avaient été faits dans Sodome, elle serait restée debout jusqu'à ce jour. *< Oui, je te le dis, il y aura, au jour du jugement, moins de rigueur pour Sodome que pour toi. »
N*" 13. Le champ des épis (XIT, 1-8).
^ En ce temps-là, Jésus traversait des cliamps de blé un jour de sabbat, et ses disciples, ayant faim, se mirent à cueillir des épis et à les manger. * Les l^harisiens, voyant cela, lui dirent : « Vos disaples font une cbose quil n'est pas permis de faire pendant le sabbat. » ^ Mais il leur répondit : « N'avez-vous pas lu ce que fit David, lorsqu'il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui : ^comment il entra dans la maison de Dieu et mangea les pains de proposition, qu'il ne lui était pas permis de manger, non plus qu'à ceux qui étaient avec lui, mais aux prêtres seuls? ^ Ou n'avezvous pas lu dans la Loi que, le jour du sabbat, les prêtres violent le sabbat dans le temple sans commettre de pécbé ? <* Or, je vous dis qu'il y a ici quelqu'un plus grand que le temple. ^ Si vous compreniez celte parole : « Je veux la miséricorde, et non le sacrifice, » vous n'auriez jamais condamné des innocents. "Car le Fils de l'bomme est maître [même] du sabbat. »
N* 14. Jésus monte dans une barque et parle en
paraboles (XIII, 1-9).
1 Ce jour-là, Jésus sortit de la maison et s'assit au bord de la mer. * Une grande fouie s'élant assemblée autour de lui, il monta dans une barque, où il s'assit, tandis que la foule se tenait sur le rivage; ^el il leur dit beaucoup de choses en paraboles : — « Le semeur sortit pour semer. ^ El pendant qu'il semait, des grains tombèrent le long du chemin, et les oiseaux du ciel vinrent et les mangèrent. ^ D'autres grains tombèrent sur un sol pierreux, où ils n'avaient pas beaucoup de terre, et ils levèrent aussitôt, parce que ta terre était peu profonde. ^Mais le soleil s'étanl levé, la plante, frappée de ses feux et n'ayant pas de racine, sécha. ^ D'autres tombèrent parmi les épines, et les épines crûrent et les étouffèrent. "D'autres tombèrent dans la bonne terre, et ils produisirent des fruits, les uns cent pour un, les autres soixante, les autres trente. ^Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende ! »
N" 15. Jésus marche sur les eaux (XIV, 22-33).
3^ Aussitôt après, Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque
déjà au milieu de la mer, était battue par les flots, car le vent était contraire. *^ A la quatrième veille de la nuit, Jésus alla vers ses disciples, en marchant sur la mer. ^^ Eux, le voyant marcher sur la mer, furent troublés, et dirent : « C'est un fantôme, » et ils poussèrent des cris de frayeur. "Jésus leur dit aussitôt : « Ayez confiance, c'est moi, ne craignez point. » **l*ierre prenant la parole : « Seigneur, dit-il, si c'est vous, ordonnez que j'aille à vous sur les eaux. n^U lui dit: « Viens; » et Pierre étant sorti de la barque marchait sur les eaux pour aller à Jésus. 30 Mais voyant la violence du vent, Il eut peur, et comme il commençait à enfoncer, il s'écria : « Seigneur, sauvez-moi I » 3< Aussitôt Jésus étendant la main le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as- tu douté? » 3^ El lorsqu'ils furent montés dans la barque, le vent s'apaisa.
« Alors ceux qui étaient dans la barque, s'approcbant de lui, l'adorèrent en disant : « Vous êtes Traiment le Fils de Dieu. »
N^ 16. La deuxième multiplication des pains (XV, 29-39).
^ Jésus quitta ces lieux et vint près de la merde Galilée. Ayant gravi la montagne, il s'y assit. ^ Et de grandes troupes de gens s'approchèrent de lui, ayant avec eux des muets, des aveugles, des boiteux, des estropiés et beaucoup d'antres malades. Ils les mirent à ses pieds, et il les guérit ; ^ de sorte que la mxiltitude était dans Tadmiratlon, en vt)yant les muets parler, les boiteux marcher, les aveugles voir, et elle glorifiait le Dieu d'Israël.
** Cependant Jésus, ayant appelé ses disciples, leur dit ; « J'ai compassion de cette foule ; car voilà déjà trois jours qu'ils sont près de moi, et ils n'ont rien à manger. Je ne veux pas les renvoyer à jeun, de peur que les forces ne leur manquent en chemin. » ^ Les disciples lui dirent : « Où trouver dans un désert assez de pains pour rassasier une si grande foule? » 34 Jésus leur demanda : « Combien avez-vous de pains? » « Sept, lui dirent-ils, et quelques petits poissons. » '* Alors il fil asseoir la foule par terre, 3* prit les sept pams et les poissons, et, ayant rendu grâces, il les rompit et les donna à ses disciples, qui les distribuèrent au peuple. 37 Tous mangèrent et furent rassasiés, et des morceaux qui restaient, on emporta sept corl)eilles pleines. '^ Or le nombre de ceux qui avaient mangé s'élevait à quatre mille, sans compter les femmes et les enfants.
3> Après avoir renvoyé le peuple, Jésus monta dans la barque et vint dans le pays de Magédan.
No 17. Le statére dans la bouche d'un poisson (XVII, 23-26).
^Lorsqu'ils furent de retour à Capbarnaùm, ceux qui recueillaient le didrachme s'approchèrent de Pierre et lui dirent : « Votre Maître ne paie-t-il pas le didrachme? — **I1 le paie, » dît Pierre. Et comme ils entraient dans la maison, Jésus, le prévenant, lui dit : « Que t'en semble, Simon, de qui les rois de la terre perçoivent-ils des tributs ou le cens? De leurs fils, ou des étrangers ? » *5 pîerre répondit : « Des étrangers. — Les fils, lui dit Jésus, en sont donc exempts. ^Mais, ^our ae pas les scandaliser, va à la mer, jette l'hameçon, et le premier poisson qui montera, tire-le sur le rivage ; puis, ouvrant sa bouche, tu y trouveras un statère. Prends-le et donne-le leur pour moi et pour toi. u
N* 18. Haceldama (XXVII» 3-10).
'Judas^ qui l'avait livré, voyant qu'il était condamné, fut touché de repentir, et rapporta les trente pièces d'argent aux Princes des prêtres et aux Anciens, ** disant : « J'ai péché en livrant le sang innocent. » Ils répondirent : o Que nous importe ? Cela le regarde. » '^ Alors, ayant jeté l'argent dans le temple, il se retira et alla se pendre. ^Mais les Princes des prêtres ramassèrent l'argent et dirent : a II n'est pas permis de le mettre dans le trésor sacré, puisque c'est le prix du sang. » "'El, après s'être consultés entre eux, ils achetèrent avec cet argent le champ du Potier pour la sépulture des étrangers. •C'est pourquoi ce champ est encore aujourd'hui appelé Haceldama, c'est -à dire champ du sang. -'Alors fut accomplie la parole du prophète Jérémie : a Ils ont reçu trente pièces d'argent, prix de celui dont les enfants d'Israël ont estimé la valeur; <*el ils les ont données pour le champ du Potier, comme le Seigneur noe l'a ordonné. »
N' 18. La pierre de l'Ange et les trois Marie (XXVIIl.l 10).
^ Après le sabbat, dès l'aube du premier jour de la semaine, Marie- Madeleine et l'autre Marie allèrent visiter le sépulcre. *Et voilà qu'il se
fit UD gnnd tremblement de terre ; car un ange du Seigneur, étant descendu du ciel, vint rouler la pierre, et s'assit dessus. 'Son visage brillait comme réclair, et son vêtement était blanc comme la neige. * Les gardes furent frappés d'épouvante, et devinrent comme morts. ^Et l'ange, s'adressant aux femmes, dit : r Vous, ne craignez pas ; car je sais que vous cherchez Jésus qui a été crucifié. ^11 n'est point ici ; il est ressuscité comme il l'avait dit. Venez, et voyez le lieu où le Seigneur avait été mis; 7 et bàtez-vous d'aller dire à ses disciples qu'il est ressuscité des morts. Voici qu'il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez ; je vous l'ai dit. » * AussitM elles sortirent du sépulcre avec crainte et grande joie, et elles coururent porter la nouvelle aux disciples. ^Et voilà que Jésus se présenta devant elles et leur dit : « Salut ! » Elles s'approchèrent, et embrassèrent ses pieds, se prosternant devant lui. i<> Alors Jésus leur dit : « Ne craignez point ; allez dire à mes frères de se rendre en Galilée : c'est là qu'ils me verront. »
Evangile selon S. Marc.
N« 80. Baptême de Jésus (I, 4-11).
' Jean parut, baptisant dans le désort, et prêchant le baptême de pénitence pour la rémission des péchés. ''Tout le pays de Judée et tous les habitants de Jérusalem venaient à lui, et, confessant leurs péchés, ils recevaient de lui le baptême dans le fleuve du Jourdain. <^0r, Jean était vêtu de poils de chameau ; il avait autour de ses reins une ceinture de cuir, et se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Et il prêchait ainsi : "^ « Il vient après moi, celui qui est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de délier, en me baissant, les cordons de sa chaussure. "Moi, je vous ai baptisés dans l'eau, mais lui vous baptisera dans le Saint-Esprit. »
3 Or il arriva en ces jours-là que Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain. ^^ Et, comme il sortait de l'eau, il vit les cieux s'ouvrir, et l'Esprit-iSaint descendre sur lui comme une colombe, et s'y reposer. ^' Et du ciel une voix se fit entendre : « Tu es mon Fils bien-aimé. en toi j'ai mis mes complaisances, b
N° 81. Guérison d'un paraljrtique à Gapharnaûm (II, 1-12.
^ Quelques jours après, Jésus revint à Gapharnaûm. * Lorsqu'on sut qu'il était dans la maison, il s'y assembla un si grand nombre de personnes, que l'espace même qui était devant la porte ne suffisait plus ; et il leur prêchait la parole. ^ Alors on lui amena un paralytique porté par quatre hommes. 'Et, comme ils ne pouvaient le lui présenter à cause de la foule, ils découvrirent le toit à l'endroit où il était, et par l'ouverture ils descendirent le lit où gisait le paralytique. ^ Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique : « Mon fils, tes péchés te sont remis. » <>0r il y avait là quelques Scribes assis, qui pensaient dans leur cœur : ^ « Comment cet homme parle-t-il ainsi? Il blasphème. Qui peut remettre les péchés, que Dieu seul ? » <> Jésus, ayant aussitôt connu par son esprit ce qu'ils pensaient en eux-mêmes, leur dit : « Pourquoi avez-vous de telles pensées dans vos cœurs ? * Lequel est le plus facile de dire au paralytique : Tes péchés te sont remis, ou de lui dire : Lève-toi, prends ton lit et marche? ^0 Mais afin que vous sachiez que le Fils de l'homme a sur la terre le pouvoir de remettre les péchés, ^^ je te le commande, dit-il au paralytique, lève-toi, prends Ion lit, et va dans ta maison. » " Et à l'instant celui-ci se leva, prit son lit, et sortit en présence de tous, de sorte que tout le peuple était dans l'admiration et rendait gloire à Dieu, en disant « Jamais nous n'avons rien vu de semblable. »
N« 88. Guérison de la fille de la Ghananéenne (Vil, 24-30),
"Il partit ensuite de ce lieu, et s'en alla vers les confins de Tyr et de ^-S
Sidon. Et étant entré dans une maison, il désirait que personne ne le sût. ^^^
de nation ; elle le pria de chasser le démon hors de sa lille. '^Il lui dit : « Laissez d'ahord les enfants se rassasier, car il n'est pas bien de prendre Je pain des enfants et de le jeter aux chiens. — ** Il est vrai, Seigneur, répondit-elle ; mais les petits chiens mangent sous la table les miettes des enfants. » ^'' Alors il lui dit : « A cause de cette parole, allez, le démon est sorti de votre fille. » ^^^ Etant retournée à sa maison, elle trouva sa fille couchée sur son lit ; le démon l'avait quittée.
N° 88 bis. Jésus à Dalmanutha. — Le levain des Pharisiens
et d'Hérode (VIII, 1015).
^^11 monta aussitôt dans la barque avec ses disciples, et vint dans le pays de Dalmanutha. ^^ Survinrent les Pharisiens, qui commencèrent à discuter avec lui, lui demandant, pour l'éprouver, un signe du ciel. ^^ Jésus ayant poussé un soupir dans son esprit, dit : « Pourquoi cette génération demande-t-elle un signe ? Je vous le dis en vérité, il ne sera point donné de signe à cette génération. » ^^El les laissant, il remonta dans la barque et passa à l'autre bord.
^* Or les disciples avaient oublié de prendre des pains ; ils n'en avaient qn'un seul avec eux dans la barque. ^^ Jésus leur donna cet avertissement : « Gardez-vous avec soin du levain des Pharisiens et du levain d'Hérode. »
N» S3. Ouérison de l'aveugle à Bethsaîda (VIII, 22-26).
'*Il8 arrivèrent à Belhsaïde, et on lui amena un aveugle qu'on le pria de toucher. ^^ Prenant la main de l'aveugle, Jésus le conduisit hors du bourg, lui mit de sa salive sur les yeux, et, lui ayant imposé les mains, lui demanda s'il voyait quelque chose. ** L'aveugle leva les yeux et dit : « Je vois des hommes qui marchent, semblables à des arbres. » ^^ Jésus lui mit de nouveau les mains sur les yeux, et il commença à voir et il fut si bien guéri, qu'il voyait distinctement toutes choses. *» Alors Jésus le renvoya dans sa maison, en disant : « Va dans ta maison, et si tu entres dans le bourg, ne parle de ceci à personne. »
N» 84. Transfiguration de N.-S. (IX, 1-9).
^ Six jours après, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les conduisit seuls, a l'écart, sur une haute montagne, et il fut transfiguré devant eux. ^Ses vêlements devinrent étincelants de blancheur, comme 4e la neige, et tels qu'aucun foulon sur la terre ne saurait blanchir ainsi. ^Puis Elie et Moïse leur apparurent, conversant avec Jésus. ' Pierre, prenant la parole, dit à Jésus : « Maître, il nous est bon d'être Ici ; dressons trois tentes, une pour vous, une pour Moïse et une pour £lie. » ^11 ne savait ce qu'il disait, i'eiïroi les ayant saisis. c£t une nuée 4es couvrit de son ombre, et de la nuée sortit une voix : r Celui ci est mon Fils bien-aimé ; écoutez-le. » ^ Aussitôt, regardant tout autour, ils ne virent plus personne, si ce n'est Jésus, seul avec eux. <^ Comme ils descendaient de la montagne, il leur défendit de raconter à personne ce «|uMls avaient vu, jusqu'à ce que le Fils de l'homme fût ressuscité des morts. > Et ils retinrent cette parole, tout en se demandant entre eux «e que signifiait ce mot : « être ressuscité des morts. »
N° 25. auérison d'an possédé (IX, 13-28).
i> Etant retourné vers ses disciples, il vit une grande fouie autour d'eux, et des Scribes qui discutaient avec eux. << Toute la foule fut surprise de voir Jésus, et elle accourut pour le saluer. <' Il leur demanda : R Sur quoi discutez-vous entre vous?» **Un homme de la foule lui répondit : n Maftre, Je vous ai amené mon fils, qui est possédé d'un esprit muet, ''t Partout où l'esprit s'empare de lui, il le Jette contre terre, et V enfant écume et grince des dents et il se dessèclie ; j'ai prié vos disciples de le ctiasser, et ils ne l'ont pu. — ""«O race incrédule, leur dît Jésus, iusoues à quand serai-je avec vous? Jusques à quand voussui>- Dorterai-je V Amenez-le moi. » "On le lui amena. Et sitôt que l'enfant vit Jésus, l'esprit l'agita avec violence ; il tomba par terre et se roulait en écumant. *« Jésus demanda au père de l'enfant : «Combien y a-t-il de temps que cela lui arrive? — Depuis son enfance, répondit-il. *^ Souvent l'esprit l'a Jeté dans le feu et dans l'eau pour le faire périr ; si vous pouvez quelque chose, ayet piti^ de nous et nous secourez. » ^ Jésus lui dit : « Si tu peux croire, tout est possible à celui qui croit. » ^3 aussitôt le père de l'enfant s'écria, disant avec larmes : « Je crois» Seigneur. Venez au secours de mon incrédulité. » ^ Jésus, voyant le peuple accourir en foule> menaça l'esprit impur, en disant : « Esprit sourd et muet, ic te le commande, sors de cet enfant, et ne rentre plus en lui. » ^ Alors, ayant poussé un grand cri, et l'ayant agité avec violence, il sortit, et l'enfant devint comme un cadavre, au point que plusieurs disaient : a II est mort. » ^^> Mais Jésus, l'ayant pris par la main, le fit lever, et il se tint det>out.
^'^ Lorsqu'il fut entré dans la maison, ses disciples lui demandèrent : « Pourquoi n'avons-nous pu chassar cet esprit ? » ^ Il leur dit : r Cette sorte de démon ne peut être chassée que par la prière et le jeûne. »
N* 126. Le denier de la veuve (XII, 4i*44}.
^* S'étant assis vis à-vis du tronc, Jésus considérait comment le peuple y jetait de l'argent ; plusieurs riches y mettaient beaucoup. ^^ Une pauvre veuve étant venue, elle y mil deux petites pièces, valant ensenible le quart d'un as. ^^ Alors Jésus, appelant ses disciples. leur dit : « Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a donné plus que tous ceux qui ont mis dans le tronc. ^^ Car tous ont mis de leur superflu, mais celte femme a donné de son nécessaire, tout ce qu'elle possédait, tout ce quWIe nvnit pour vivre. »
N" 87. Jésus chez Simon le lépreux à Béthanie (XIY, 1-9).
^ La Pâque et les Azymes devaient avoir lieu deux jours après ; et les Princes des prêtres et les Scribes cherchaient les moyens de se saisir de Jésus par ruse, et de le faire mourir. * Car ils disaient : « Que ce ne soit pas pendant la fêle, de peur qu'il n'y ait du tumulte parmi le peuple. »
'Gomme Jésus était à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux, une femme entra pendant qu'il se trouvait à table. Elle tenait un vase d'albâtre plein d'un parfum de nard pur de grand prix ; et ayant romim le vase, elle répandit le parfum sur sa tète. * Plusieurs de ceux qui étaient là en témoignèrent entre eux leur mécontentement : « Pourquoi perdre ainsi ce parfum? ^On aurait pu le vendre plus de trois cents deniers, et les donner aux pauvres. » Et ils se fâchaient contre elle. * Mais Jésus dît : « Laissez-la ; pourquoi lui faites-vous de la peine ? C'est une l»mie action qu'elle a faite à mon égard. 'Car vous aurez toujours des pauvres avec vous, et toutes les fois que vous voudrez, vous pourrez leur faire du bien-, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours. «Cette femme a fait ce qu'elle a pu ; elle a d'avance embaumé mon corps pour la sépulture. 9 Je vous le dis en vérité, partout où sera prêché rEvangîte, daaa le
monde eatier, on racontera aussi ce qu'elle a fait, pour glorifier ma mémoire. »
N* 88. Agonie de Jésus au jardin de Gethsémani (XI\', 32-42).
3s Ils arrivèrent en un lieu appelé Gethsémani, et il dit à ses disciples : « Asseyez-vous ici pendant que je prierai. » ^3 Et ayant pris avec lui Pierre, Jacques et Jean, il commença à sentir de la frayeur et de l'abattement. 3^ Et il leur dit : « Mon âme est triste jusqu'à fa mort ; restez ici et veillez. »
'^ S'étant un peu avancé, il se jeta contre terre ; et il priait que cette heure, s'il se pouvait, s'éioignât de lui. ^ Et il disait : « Abba, Père, tout voua est possible, éloignez de moi ce calice ; cependant, que votre volonté soit faite, et non pas la mienne, m ^1\ vint ensuite à ses disciples^ et, les trouvant endormis, il dit à Pierre : « Simon, tu dors ! Tu n'as pu veiller une heure! ^«Veiltez et priez, de penr que vous ne tombiez en tentation. L'esprit est prompt, mais la chair est faible. » ^o n s'éloigna de nouveau, et fit la même prière. ^(> Etant revenu, il les trouva encore endormis ; car leurs yeux étaient appesantis, et ils ne savaient que lui répondre. ^^ Il revint une troisième fois, et leur dit : « Dormez maintenant, et reposez-vous. — C'est assez ! L'heure est venue ; voici que le Fils de l'homme est livré aux mains des pécheurs. ** Levez-vous, allons ; celui qui doit me trahir est près d'ici. »
N» 89. Trahison de Judas (XIV, 43-50).
43 Au même moment, comme il parlait encore, arriva Judas Iseariote, 'un des Douze, et avec lui une grande troupe armée d'épées et de bâtons, envoyée par les Princes des prêtres, par les Scribes et ijar les Anciens. 4^ Le traître leur avait donné ce signe : c Celui que je baiserai, c'est lui, saisissez-le, et emmenez-le sûrement. » ^ Dès qu'il fut arrivé, ii s'appro< cha de Jésus, disant : « Salut, Maître; » et il le baisa. ^^ Alors ils jetèrent les mains sur lui, et l'arrêtèrent. ^^ Un de ceux qui étaient là, tirant l'épée, en frappa le serviteur du grand prêtre, et il lui coupa l'oreille. 4^ Jésus, prenant la parole, leur dit : a Vous êtes venus, comme à un brigand, avec des épées et des bâtons pour me prendre. *^ Tous les leurs j'étais assis parmi vous, enseignant dans le temple, et vous ne rn^avez pas arrêté; mais c'05t afin que les Ecritures s'accomplissent. » °® Alors tous ses disciples l'abandonnèrent et prirent la fuite.
N* 30. Résurrection de Jésus et son apparition à Marie- Madeleine (XVI, 1-13).
^ Lorsque le sabbat fut passé, Marie-Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Satomé achetèrent des aromates, afin d'aller embaumer Jésus. ^ Et, le premier jour de la semaine, de grand matin, elles arrivèrent au sépulcre, au moment où le soleil venait de se lever. ^ Elles se disaient entre elles : « Qui nous êtera la pierre qui ferme l'entrée du sépulcre? » ^Ët, levant les yeux, elles aperçurent que la pierre avait été ôtée ; car elle était fort grande. ^ Elles entrèrent dans le sépulcre, et virent un jeune homme cassis à droite, vêtu d'une robe blanche, et elles furent saisies de frayeur. « Il leur dit : « Ne vous ellrayez pas ; vous cherchez Jésus de Nazareth, <ini a été crucifié : il est ressuscité, il n'est point ici ; voici le lieu ou on Vavait mis. ? Mais allez dire à ses disciples et à Pierre qu'il vous précède -en Galilée ; c'est là que vous le verrez, comme il vous l'a dit. » ^Sortant aussitêt du sépulcre, elles s'enfuirent, car le tremblement et la stupeur les avaient saisies ; et elles ne dirent rien à personne, à cause de leur effroi.
A Jésus étant ressuscité le matin du premier jour de la semaine, il apparut d'abord à Marie-Madeleine, de laquelle il avait chassé sept démons; ^^et elle alla l'annoncer à ceux qui avaient été avec lui, et qui
oc
s'affligeaient et pleuraient. ^^ Quand ils entendirent qu'il vivait et qu'elle l'avait vu, ils ne la crurent point. ^^ Ensuite Jésus se montra en cheminsous une autre forme à deux d'entre eux qui allaient à la campagne. 1? Ceux-ci revinrent l'annoncer aux autres disciples^ qui ne les crurent pas non plus.
Evangile selon S. Lue.
N' 31. Gabriel promet un fils à Zàcharie (J, 5 25}.
^Xu\ jours d'Hérode. roi de Judée, il y avait un prêtre nommé Zàcharie, de la classe d'Abia ; et sa femme, qui était une des filles d'Aaron, s'appelait Elisabeth. <^Tous deux étaient justes devant Dieu, marchant dans tous les commandements et ordonnances du Seigneur, d'une manière irréprochable. "^ Ils n'avaient pas d'enfants, parce qu'Elisabethétait stérile, et ils étaient l'un et l'autre avancés en âge.
" Or, pendant que Zàcharie s'acquittait devant Dieu des fonctions sacerdotales dans l'ordre de sa classe, " il fut désigné par le sort, selon la coutume observée entre les prêtres, pour entrer dans le sanctuaire du- Seigneur et y offrir l'encens. i<'Et toute la multitude du peuple était dehors en prière à l'heure de l'encens. ^^ Et un ange du Seigneur luii apparut, debout à droite de l'autel de l'encens. ^^ Zàcharie, en le voyant, fut (rouble, et la crainte le saisit. ^^ Mais l'ange lui dit : « Ne crains point, Zàcharie, car ta prière a été exaucée; ta femme Elisabeth te donnera un fils que tu appelleras Jean. ^^ Il sera pour toi un sujet de joieet d'allégresse, el beaucoup se réjouiront de sa naissance: i^c$ir il seragrand devant le Seigneur. Il ne boira ni vin, ni rien qui enivre, et il sera rempli de l'Esprit- Saint dès le sein de sa mère. ^'^II convertira beaucoup d'enfants d'Israël au Seigneur leur Dieu ; " et lui-même marchera devant lui dans l'esprit et la puissance d'EIie, pour ramener les coeurs des pères vers les enfants, et les incrédules a la sagesse des justes, afin de préparer au Seigneur un peuple parfait. » i<i Zàcharie dit à l'ange : « A quoi reconnaitrai-je la vérité de ces paroles ? Car je suis vieux, et ma femme est avancée en âge. » ^^ L'ange lui répondit : « Je suis Gabriel, qui me tiens devant Dieu ; j'ai été envoyé pour te parler et t'annoncer celle heureuse nouvelle. ^^'Et voici que tu seras muet et ne pourras parler qu'au jour où ces choses arriveront, parce que tu n'as pas cru à mes paroles, qui s'accompliront en leur temps. » *^ Cependant le peuple attendait Zàcharie, et s'étonnait qu'il demeurât si longtemps dans le sanctuaire. ** Lorsqu'il sortit, il ne pouvait leur parler, el ils comprirent qu'il avait eu une vision dans le sanctuaire, ce qu'il leur faisait entendre par signes ; et il resta muet.
^ Quand les jours de son ministère furent accomplis, il s'en alla en samaison. ** Quelque temps apr«s, Elisabeth, sa femme, conçut, et elle se tint cachée pendant cinq mois, disant : *5 « C'est une grâce que le Seigneur m'a faite, au jour où il m'a regardés pour ôter mon opprobre parmi les hommes. »
N« 32. Annonciation (I, 26-38).
^^ Au sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé de Dieu dans une ville le Galilée appelée Nazareth, '^'auprès d'une vierge qui était fiancée à un omme de la maison de David, nommé Joseph, el le nom de la vierge lait Marie. *« L'ange étant entré où elle était, lui dit : « Je vous salue,, leine de grâce ; le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes îs femmes. » ««Marie fut troublée de ces paroles, et elle se demandait e que pouvait signifier celte salutation, a» L'ange lui dit : «Ne craignez oint, Marie, car vous avez trouvé grâce devant Dieu, ^i Voici que von* oncevrez en votre sein, et vous enfanterez un fils, et vous lui donnerez
ÉVANÇILE SELON S. LUC 563
le nom de Jésus. ^^ Il sera grand ; on l'appellera Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera éternellement sur la maison de Jacob, ^^et son règne n'aura point de fin. » 3* Marie dit à l'ange : « Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'tiomme? » ^^I/ange lui répondit : « L'Esprit-Saint viendra sur vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre. C'est pourquoi le /'ruit saint qui naîtra de vous sera appelé Fils de Dieu. 3' Déjà Elisabeth, votre parente, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse, et c'est ici le sixième mois de celle qui était appelée stérile ; 3' car rien n'est impossible à Dieu. » ^s Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole. » EtVange la quitta.
N» 33. Visitation (I, 39-56).
39 En ces jours-là, Marie se levant, s'en alla en hâte au pays des montagnes, en une ville de Juda. ^^^Et elle entra dans la maison de Zacharie, et salua Elisabeth.^^ Dès qu'Elisabeth eut entendu la salutation de Marie, son enfant tressaillit dans son sein, et elle fut remplie du Saint-Esprit. <*Et élevant r& voix, elle s'écria : « Vous êtes bénie entre les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni. <» Et d'où me vient cet honneur, que la mère de mon Seigneur vienne à moi ? *^ Car votre voix, lorsque vous m'avez saluée, n'a pas plus tôt frappé mon oreille, que mon enfant a tressailli de joie dans mon sein. ^^^ Heureuse êtes vous d'avoir cru à l'accomplissement des choses qui vous ont été dites de la part du Seigneur ! M ** Et Marie dit :
« Mon âme glorifie le Seigneur, ^"^et mon esprit tressaille de joie en Dieu, mon Sauveur, *« parce qu'il a regardé la bassesse de sî servante.
Car désormais toutes les générations m'appelleront bienheureuse, *» parce que le Tout-Puissant a fait en moi de grandes choses ; son nom est saint, ^^et sa miséricorde se répand d'âge en âge sur ceux qui le craignent.
5^ Il a déployé la force de son bras; il a dissipé ceux qui s'enorgueillissaient dans les pensées de leur cœur; s* il a renversé de leur trône les puissants, et il a élevé les petits ; ^^Wa comblé de biens les allâmes, et renvoyé les riches les mains vides.
*^ Il a pris sain d'Israël, son serviteur, se ressouvenant de sa miséricorde, — 55 selon la promesse qu'il en avait faite à nos pères; — de sa miséncorde envers Abraham et sa race pour toujours. »
56 Marie demeura avec Elisabeth environ trois mois, él elle s'en retourna dans sa maison.
N" 34. Naissance de S. Jean-Baptiste (I, 57-80).
5^ Cependant, le temps d'Elisabeth étant venu, elle enfanta un fils. 5» Ses voisins et ses parents ayant appris que le Seigneur avait signalé en elle sa miséricorde, se réjouissaient avec elle. 5» Le huitième jour, ils vinrent pour circoncire l'enfant, et i!s le nommaient Zacharie, qui était le nom de son père. <^(( Non, dit sa mère, mais il s'afipellera Jean. » 6^ Ils lui dirent : « Il n'y a personne dans votre famille qui soit appelé de ce nom. » ^^Et ils demandèrent par signe à son père comment il voulait qu'on le nommât. ^S'étant fait apporter des tablettes, il écrivit : « Jean est son nom ; » et tous furent dans l'étonnement. ^^Âu même instant, sa bouche s'ouvrit, sa langue se délia ; et il parlait, bénissant Dieu. ^^Ia crainte s'empara de tous les habitants d'alentour, et, dans toutes les mon* tagnes de la Judée, on racontait ces merveilles. ««Tous ceux qui en entendirent parler les gardèrent dans leur cœur, et ils disaient: «Que sera donc cet enfant? » Car la main du Seigneur était avec lui.
67 Et Zacharie, son père, fut rempli de l'Esprit-Saint, et il prophétisa, en disant :
«« « Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, de ce qu'il a visité et racheté son peuple. «Ul nous a suscité un puissant Sauveur dans la maison de
David, son serviteur, >- ^ selon ce qa'il a dit par ia boache de ses saints prophètes aax siècles passés, — "^^ un Sûuveur qui nous délivrera de nos ennemis et des mains de tous eeu-i qui nous haïssent. ^ II a accompli la miséricorde promise à nos pères, et s'est souvenu de son alliance sainte, selon le serment ''^par lequel il a juré à Abraham notre père de nous faire cette grâce, '^^ qu'étant délivrés des mains de nos ennemis, nous le servions sans crainte, '''dans la sainteté et la Justice en sa présence, tous les jours de notre vie. ^^ Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut ; car tu marcheras devant la face du Seigneur pour lui préparer les voies, "" pour donnar à son peuple la connaissance du salut dans le pardon de ses péchés, ^ par les entrailles de la miséricorde de notre Dieu, par lesquelles le Soleil levant nous a visités d'en haut, ''^ pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort, et pour diriger nos pas dans la voie de la paix. » ' M Or l'Enfant croissait et se fortifiait en esprit, et il demeura dans le désert jusqu'au jour de sa manifestation devant Israël.
N° 35. Naissance de Jésus-Christ (II, 1»7).
1 En ces jours-là fut publié un édit de César Auguste, ordonnant qu'on fît le recensement des habitants de toute la terre. * Ce premier recensement a été fait par Quirinius, gouverneur de Syrie. ^ Et tous allaient se faire inscrire, chacun dans sa ville. ^ Joseph aussi monta de la Galilée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée, dans la ville de David, appelée Bethléem, parce cju'il élait de la maison et de la famille de David, ^ pour se faire inscrire avec Marie, son épouse, qui élait enceinte. '^Or, pendant qu'ils étaient en ce lieu, le temps où elle devait enfanter s'accomplit. "^ Et elle mit au monde son fils premier-né, Tenveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie.
N' 36. Les bergers à la Crèche (II, 8>20).
8 II y avait aux environs des bergers qui passaient la nuit aux champs, gardant leur troupeau. ^Tout à coup un ange du Seigneur leur apparut, et la gloire du Seigneur resplendit autour d'eux, et ils furent saisis d'une grande crainte. ^^Mais l'ange leur dit : « Ne craignez point, car je vous annonce une nouvelle qui sera pour tout le peuple une grande joie. ^^ Il vous est né aujourd'hui, dans la ville de David, un Sauveur^ qui est le Christ, le Seigneur. ^* Voici à quel signe vous le reconnaîtrez : vous trouverez un enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche. » ''^ Au même instant se joignit à l'ange une troupe de la milice céleste, louant Dieu et disant : ^^ « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! »
1^ Lorsque les anges, remontant au ciel, les eurent quittés, les bergers se dirent les uns aux autres : « Passons jusqu'à Bethléem, et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait savoir. » ^^ Us s'y rendirent en toute hâte, et trouvèrent Marie, Joseph, et l'Enfant couché dans la crèche. ^' Après l'avoir vu, ils reconnurent la vérité de ce qui leur avait été dit au sujet de cet Enfant. ^^Et tous ceux qui les entendirent furent dans l'admiration de ce que leur disaient les bergers. ^^ Or Marie coaservait toutes ces choses en elle-même, les repassant dans son cœur. ^ Et les bergers s'en retournèrent, glorifiant et louant Dieu de tout ce quils avaient vu et entendu, selon ce qui leur avait été annoncé par l'ange,
N» 37. irconcision (II, 21).
*^ Le huitième jour étant arrivé, auquel l'Enfant devait être circoncis, il fat appelé Jésus, nom que l'ange lui avait donné avant qu'il e(it été conçu dans le sein de sa mère.
N« 38. Purification {II, 22-38)«
^ Quand les jours de sa puriflcatioa furent arrivés, selon la loi de Moïse, Marie et Joseph portèrent l'Enfant à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, ^ suivant ce qui est écrit dans la loi du Seigneur : « Tout mâle premier-né sera consacré au Seigneur ; » ^ et pour offrir en sacri« fioe, ainsi que le prescrit la loi du Seigneur, deux tourterelles, ou deux petits de colombes.
>^0r, il y avait à Jérusalem un homme nommé Siméon ; c'était un homme juste et craignant Dieu, qui attendait la consolation d'Israël, et l'Esprit-Saint était en lui. ^ L'Esprit- Saint lui avait révélé qu'il ne mourrait point avant d'avoir vu le Christ du Seigneur. ^ Il vint dans le temple, poussé par l'Esprit. Et comme les parents apportaient le petit Enfant Jésus, pour accomplir à son égard ce qu'ordonnait la loi, ^^ il le prit entre ses bras, et bénit Dieu en disant : ^ « C'est maintenant, Seigneur,
âue, selon votre parole, vous laissez votre serviteur s'en aller en paix ; ' car mes yeux ont vu votre salut, ^^ <^ue vous avez préparé devant tous les peuples, ^ pour être la lumière qui éclairera les nations et la gloire de votre peuple d'Israël. »
^ Le père et la mère de l'Enfant étaient dans l'admiration des choses que l'on disait de lui. ^^Et Siméon les bénit, et dit à Marie, sa mère : « Cet Enfant est au monde pour la ruine et le salut d'un grand nombre en Israël, et pour être un signe auquel on contredira ; ^5 vous-même, un glaive transpercera votre âme ; — et ainsi seront révélées les pensées cachées dans le cœur d'un grand nombre. »
* Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d'Aser ; elle était fort avancée en âge, et n'avait vécu, depuis sa virginité, que sept ans avec son mari. "^ Restée veuve, et âgée a fors de quatre-vingt-quatre ans, elle ne quittait point le temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et dans la prière. ^ Elle aussi, survenant à cette heurej se mil à louer le Seigneur et à parler de l'Enfant à tous ceux qui attendaient la rédemption d'Israël.
N« 39. Jésns an milieu des Docteurs (II, 39-52).
» Lorsqu'ils eurent tout accompli selon la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. *® Cependant l'Enfant croissait et se fortifiait, étant rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était en lui.
*^ Or ses parents allaient tous les ans à Jérusalem, à la fôte de Pâque. ^* Quand il eut atteint sa douzième année, ils y montèrent, selon la coutume de cette fête ; '^ et lorsqu'ils s'en retournèrent, les jours de la fête étant passés, l'enfant Jésus resta dans la ville, sans que ses parents s'en fussent aperçu. <* Pensant qu'il était avec leurs compagnons de voyage, ils marchèrent tout un jour, et alors ils le cherchèrent parmi leurs parents et leurs connaissances. *^'Ne l'ayant point trouvé, ils retournèrent à Jérusalem pour le chercher. ^ Au bout de trois jours, ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant. *''Et tous ceux qui l'entendaient étaient ravis de son intelligence et de ses réponses. **En le voyant, ils furent étonnés; et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi avez- vous agi ainsi avec nous ? Votre père et moi nous vous cherchions tout afDigés. » *® Il leur répondit : « Pourquoi me cherchiez- vous? Ne saviez-vous pas qu'il faut que je sois aux choses de mon Père? » ^^Mais ils ne comprirent pas ce qu'il leur disait. ^1 Alors il descendit avec eux, et vint à Nazareth, et il leur était soumis. Et Sa mère conservait toutes ces choses dans son cœur.
^* Et Jésus croissait en sagesse, en âge et en grâce devant Dieu et devant les hommes.
N' 40. Tentation de Jésus (IV, 1-15).
^ Jésus, rempli ée l'Esprit-Saint, revint du Jourdain, el il fut poussé par l'Esprit dans le désert, * où il fut tenté par le démon pendant quarante jours. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et quand ils furent passés, Il eut faim. ^ Alors le démon lui dit : « Si vous êtes ie Fils de Dieu, commandez à cette pierre de se changer en pain. » * Jésus lui répondit : a II est écrit : L'homme ne vit pas seulemenl de pain, mais de toute parole de Dieu. » ^ Et le démon l'emmena snr une haute montagne ; et lui ayant montré en un instant tous les royaumes de la terre, ^ il lui dit : « Je vous donnerai toute cette puissance et toute la gloire de ces royaumes ; car elle m'a été livrée, et je la donne à qui je veux. ' Si donc vous m'adorez, «Ile sera toute à vous. » '^ Jésus lui répondit : « Il est écrit : Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu le serviras lui seul. » ^Le démon le conduisit encore à Jérusalem, et l'ayant placé sur le faite du temçle, il lui dit : « Si vous êtes Fils de Dieu, jetez-vous d'ici en bas. ^o Car il est écrit : Il a donné pour vous l'ordre à ses anges de vous garder, ^^ et ils vous prendront entre leurs mains, de peur que votre pied ne heurte contre la pierre, u ^' Jésus lui répondit: «Il est écrit: Tu ne tenteras point le Seigneur ton Dieu. » ^^ Après l'avoir ainsi tenté de toutes manières, le diable se retira de lui pour un temps.
^^ Alors Jésus, par le mouvement de l'Esprit, retourna en Galilée, el sa renommée se répandit dans tout le pays d'alentour. ^^11 enseignait dans les synagogues, et tons publiaient ses louanges.
N<> 41. Jésus dans la synagogue de Nazareth (IV, 16-30).
^^ Etant venu à Nazareth, où il avait été élevé, il entra, selon sa coutume, le jour du sabbat dans la synagogue, et se leva pour faire la lecture. " On lui remit le livre du prophète Isaïe ; et l'ayant déroulé, il trouva l'endroit où il est écrit : ^^ « L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par son onction ; il m'a envoyé pour évangéliser les pauvres, guérir ceux qui ont le cœur brisé, 'i® annoncer aux captifs la délivrance, aux aveugles le bienfait de la vue, pour rendre libres les opprimés, publier une année favorable du Seigneur et le jour de la rétribution. » ^<) Ayant roulé le livre, il ie rendit au ministre et s'assit ; et tous, d^ns la synagogue, avaient les yeux attachés sur lui.
*^ Alors il commença à leur dire : « Aujourd'hui s'est accompli cet oracle à vos oreilles. » ^ Et tous lui rendaient témoignage, et admirant les paroles de grâce qui sortaient de sa bouche, ils disaient : « N'est-ce pas là le fils de Joseph ? » ^ Alors il leur dit : « Sans doute, vous m'alléguerez cet adage : Médecin, guéris-toi toi-même ; et vous me direz : Les grandes choses que nous avons ouï dire que vous avez faites à Gapbarnaûm, faites-les ici dans votre patrie. » *^ Et il ajouta : « En vérité, je vous le dis, aucun prophète n'est bien reçu dans sa patrie. '^ Je vous le dis en vérité, il y avait beaucoup de veuves en Israël aux jours d'Elie, lorsque le ciel fut fermé pendant trois ans et six mois, et qu'il y eut une grande famine dans toute la terre ; *• et cependant Elle ne fut envoyé à aucune d'elles, mais à une veuve de Sarepta, dans le pays des Sidoniens. ^"^ Il y avait de même en Israël beaucoup de lépreux aux jours du prophète Elisée ; et cependant aucun d'eux ne fut guéri, si ce n'est Naaman le Syrien. » "^En entendant cela, ils furent tous remplis décoléré dans la synagogue. ^ Et s'étant levés, ils le poussèrent hors de la ville, et le menèrent jusqu'à un escarpement de la montagne sur laquelle elle était bâtie, pour le précipiter en bas. ^(^Mais lui, passant au milieu d'eux, s'en alla.
N« 4d. Le possédé de Gapharnaûm (IV, 31-37).
3* 11 descendit à Gapharnaûm, ville de Galilée, et là il enseignait les jours de sabbat. 3* Et sa doctrine- les frappait d'étonnement, parce qu'il parlait avec autorité.
^ Il y avait dans la synagogue un homme possédé d'un démon impur, iequel jeta un grand cri, ^^ disant : « Laisse-nous ; qu'y a-t-il entre nous et toi, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : le Saint de Dieu. » ^^ Mais Jésus lui dit d'un ton sévère : « Taistoi, et sors de cet homme, u Et le démon l'ayant jelé par terré au milieu de ta synagogue, sortit de lui sans lui avoir fait aucun mal. '^ Et tous, saisis d'épouvante, se disaient entre eux : « Quelle est cette parole ? Il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs, et ils sortent ! » ^ Et sa renommée se répandait de tous côtés dans le pays.
N" 43. Résurrection du fils de la veuve de Naïm (VII, 11-15).
^^ Jésus se rendit ensuite dans une ville appelée Naïm ; plusieurs de ses disciples et une foule nombreuse faisaient route avec lui. ^^ Comme il arrivait près de la porte de la ville, il se trouva qu'on portait en terre un mort, fils nnique de sa mère, et celle-ci était veuve, et beaucoup de gens de la ville l'accompagnaient. ^^ Le Seigneur l'ayant vue, fut touché de compassion pour elle, et lui dit : « Ne pleurez pas. » ^^ Et il s'approcha et toucha le cercueil ; ceux qui le portaient s'arrêtèrent, et il dit : « Jeune homme, je te le commande, lève-toi. » ^î* Aussitôt le mort se leva sur son séant, et commença à parler, et Jésus le rendit à sa mère.
N« 44. La pécheresse pardonnée (VII, 36-50).
^ Un Pharisien ayant prié Jésus de manger avec lui, il entra dans sa maison et se mit à table. ^Et voici qu'une femme qui menait une vie déréglée dans la ville, ayant su qu'il était à table dans la maison du Pharisien, apporta un vase d'albâtre plein de parfum. ^^Ët se tenant derrière lui, à ses pieds, tout en pleurs, elle se mit à les arroser de ses larmes et à les essuyer avec les cheveux de sa tète, et elle les baisait et les oignait de parfum. ^ A cette vue, le Pharisien qui l'avait invité, dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait quelle est la femme qui le touche, et que c'est une pécheresse. » ^^ Alors Jésus lui dit : « Simon, j'ai quelque chose à te dire. » — « Maître, parlez, » dit-il. — ^^ « Un créancier avait deux débiteurs : l'un lui devait cinq cents deniers, et l'autre cinquante. ** Comme ils n'avaient pas de quoi payer leur dette, il la leur remit à tous deux. Lequel l'aimera davantage?» ^^simon répondit: « Celui, je pense, auquel il a le plus remis. » Jésus lui dit : « Tu as bien jugé. » "El, se tournant vers la femme, il dit à Simon : « Vois-tu celte femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m'as pas donné d'eau pour laver mes pieds ; mais elle, elle les a mouillés de ses larmes, et les a essuyés avec ses cheveux. ^^Tu ne m'as pas donné de baiser ; mais elle, depuis qu'elle est entrée, elle n'a point cessé de me baiser les pieds. ^6 Tu n'as pas oint ma tête d'huile, mais elle a oint mes pieds de parfums. "C'est pourquoi, je te le dis, ses nombreux péchés lui sont pardonnes, parce qu'elle a Jjeaucoup aimé ; mais celui à qui on pardonne peu, aime
{)eu. » <*Pui8 il dit à la femme : « Vos péchés vous sont pardonnes. » 9 Et ceux qui étaient à table avec lui dirent en eux-mêmes : « Qui est celui-ci qui remet même les péchés ? » ^^ Mais Jésus dit encore à cette femme : « Votre foi vous a sauvée, allez en paix. »
N« 45. Tempête apaisée (VIII, 22-25).
- **Un jour, il monta dans une barque avec ses disciples, et leur dit : « Passons de l'autre côté du Jac. » Et ils se mirent en mer. *3 pendant qu'ils naviguaient, il s'endormit ; et un vent impétueux s'élant élevé sui le lac, la barque s'emplissait d'eau, et ils étaient en péril. ^^ S'approchant donc, ils le réveillèrent en disant : « Maître, noua périssons I » S'étanI levé, il commanda au vent et aux flots agités, et ils s'apaisèrent, et il se fit un grand calme. ^^ Puis il leur dit : « Où est votre foi ? » Saisis de
crainte et d'étonnement, iis se disaient les uns aux autres : t Quel est donc eeiui-ci, qui commande au Tent et à la mer, et ils lui obéissent ? »
N* 46. Légion de démons chassée à Oérasa (VIII, 26-39).
** Ils al)ordèrent ensuite an pays des Gadaréniens, qui est Tis-à-Tis de la Galilée. " Lorsque Jésus fut descendu à terre, il vint au deyant de lui un homme de la ville qui était depuis lonfçtemps possédé du démon : il ne portait aucun vêtement et n'avait point d'autre habitation que les sépulcres. ^Aussitôt qu'il eut aperçu Jésus, il vint se prosternera ses ptedSj et s'écria à haute voix : « Qu'y at-il entre vous et moi, Jésus, Fils du Dieu Très-Haut? De grâce, ne me tourmentez point. »^ Car Jésus commandait à l'esprit impur de sortir de cet homme. Depuis longtemps Vespril l'emportait avec lui, et quoiqu'on le gardât lié de chaînes et les fers aux pieds, il rompait ses liens, et le démon l'entraînait dans les lieux dâBerts. ^ Jésus lui demanda : « Quel est ton nom ?» Il lui dit : c Je m'appelle Légion ; » car beaucoup ae démons étaient entrés en lui. ^* Et ees démons priaient Jésus de ne pas leur commander d'aller dans l'abîme. -^^ Or, il y avait là un nombreux troupeau de porcs qui paissaient sur la montagne ; ils le prièrent de leur permettre d'y entrer, et il le leur permit. ^ Sortant donc de cet homme, les démons entrèrent dans les pourceaux ; et le troupeau, prenant sa course, se précipita par les pentes escarpées dans le lac, et s'y noya. ^^ A cette vue, les gardiens s'enfuirent, et en portèrent la nouvelle dans la ville et dans les villages. '^ Plusieurs sortirent pour voir ce qui était arrivé ; ils vinrent à Jésus, et trouvèrent l'homme de qui les démons étaient sortis, assis à ses pieds, vêtu et sain d'esprit ; et ils furent remplis de frayeur. * Les témoins de ce fait leur racontèrent aussi comment le démoniaque avait été délivré de la légion. ^^ Alors tous les habitants du pays de Gadara le prièrent de s'éloigner d'eux, parce qulls étaient saisis d^]ne grande crainte. Jésus monta donc dans la barque pour s'en retourner. ^ Et l'homme de qui les démons étaient sortis le priait de l'admettre à sa suite ; mais Jésus le renvoya en disant : '^^ « Retourne dans ta maison, et raconte tout ce que Dieu a fait pour toi. » Et 11 s'en alla et publia par toute la ville ce que Jésus lui avait falL
N* 47. Première multiplication des pains (IX, 10-17).
^^ Les Apôtres, à leur retour, racontèrent à Jésus tout ce qu'ils avalent fait. Il les prit avec lui et se retira à l'écart dans un lieu désert, près de Bethsaîde. ^^ Lorsque le peuple l'eut appris, il le suivit ; Jésus les accueillit, et il leur parla du royaume de Dieu, et rendit la santé à ceux qui en avaient besoin.
^^ Comme le Jour commençait à baisser, les Douze vinrent lui. dire : R Renvoyez le peuple, afin que, se répandant dans les villages et les hameaux d'alentour, ils y trouvent un abri et de la nourriture ; car nous sommes ici dans un lieu désert. » ^^ II leur répondit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Il lui dirent : a Nous n'avons que cinq pains et deux poissons... à moins peut-être que nous n'allions acheter de quoi nourrir tout ce peuple! » ^^Car il y avait environ cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples : « Faites-les asseoir par groupes de cinquante. » ^2 Ils lui obéirent, et les firent tous asseoir. ''^ Alors Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et levant les yeux au oiel, il les bénit, les rompit et les donna à ses disciples pour qu'ils les distribuassent au
leuple. 17 Tous mangèrent et furent rassasia, et des morceaux qnires-
aient, on emporta douze corbeilles pleines.
N" 48. Le bon Samaritain (X, 30-37).
^ Jésus reprit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho; il tomba entre les mains des brigands, qui le dépouillèrent, et l'ayaat
phargé de coups, le laissèreol à demi mort. ** Or il arriTa qu'an prêtre descendait par le même chemin ; il vit cet homme et passa outre. *^ De même un lévite, étant venu dans ce lieu, s'approcha, le vit et passa outre. ^ Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva prés de lui, et, le voyant, fut touché de compassion. ^ Il s'approcha, banda ses plaies, après 7 avoir versé de l'huile et du vin ; puis il le mit sur sa propre monture, le mena dans une hôtellerie, et prit soin de lui. ^s i^ lendemain, tirant deux deniers, il les donna à l^hête et lui dit : Aie soin de cet homme, et tout ce que tu dépenseras de plus, je te le rendrai à mon retour. ^ Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de l'homme qui tomba enti^ les mains des brigands ? b ^ Là docteur répondit : a Cest celui qui a pratiqué la miséricorde envers lui. » Et Jésus lui dit : a Va, et lais de même. »
N* 49. Oraison dominicale (XI, 1-4).
I Un jour que Jésus était en prière en un certain lieu, lorsqu'il eut achevé, un de ses disciples lui dit : « Seigneur, apprenez-nous à prier, comme Jean l'a appris à ses disciples. » *U leur dit : c Lorsque vous
Priez, diles : Père, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive. Donnez-nous aujourd'hui notre pain de chaque jour, * et remettez-nous nos offenses, comme nous remettons nous-mêmes à tous ceux qui nous doivent ; et ne nous induisez pas en tentation. •
N* 50. Guérison des dix lépreux (XVIJ, ll-19j.
II En se rendant à Jérusalem, Jésus passa sur les conPins de la Samarie et de la Galilée. ^^ Gomme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre ; se tenant à distance, ^'^ils élevèrent la voix et dirent : ic Jésus, Maitre, ayez pitié de nous. » ^^Dès qu'il les eut aperçus : « Allez, leur dit-il, montrez-vous aux prêtres. • Et en y allant, ils furent guéris. ^^ L'un d'eux, lorsqu'il se vit çuéri, revint sur ses pas, glorifiant Dieu à haute voix. ^^ Et il se jeta le visage contre terre aux pieds de Jésus, et lui rendit grâces : c'était un Samaritain. " Alors Jésus dit : « Est-ce que les dix n'ont pas été guéris? Les neuf autres où sont-ils? ^U ne s'est trouvé que cet étranger pour revenir et rendre gloire à Dieu ?» i> Et il lui dit : « Lève-toi, va ; ta foi l'a sauvé. »
[ N* 51. Zachée reçoit Jésus à Jéricho (XIX, 1-10).
\ 1 Jésus étant entré dans Jéricho, traversait la ville. * Et voilà qu'un homme nommé Zachée, chef des pul>licains et fort riche, > cherchait à voir qui était Jésus ; et il ne pouvait y parvenir à cause de la loule, car il était de petite taille. 'Il courut dUync en avant et monta sur un sycomore pour le voir, parce qu'il devait passer par là. ^ Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux, et l'ayant vu, il lui dit : > Zachée, descends vite, car il faut que je loge aujourd'hui dans ta maison. » ^^ Zachée se hâta de descendre et le reçut avec joie. ^ Voyant cela, ils murmuraient tons en disant : « 11 est ailé loger chez un pécheur. » *Mais Zachée, se présentant devant le Seigneur, lui dit : « Voici, Seigneur, que je donne aux pauvres la moitié de mes biens, et si j'ai fait tort de quelque chose à quelqu'un, je lui rends le quadruple, v <^ Jésus lui dit: n Le salut est entré aujourd'hui dans cette maison, parce que celui ci est aussi un fils d'Abraham. ^^Car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »
N* 52. Entrée de Jésus à Jérnsalem (XIX, 29-44).
** Lorsqu'il approcha de Bethpfaagé et de Béthanie, vers la montagne appelée des Oliviers, il envoya deux de ses disciples, ^en disant : « Allez au village qui est en face ; en y entrant, vous trouverez un ânon attaché,
570 ÉVAXGILE SELON S. LUC
sur lequel aucun homme ne s'est jamais assis ; déliez-Ie, et me l'amenez. 3* Et SI quelqu'un vous demande pourquoi vous le détachez, vous lui répondrez: Parce que le Seigneur en a besoin. » ^Ceux qui étaient envoyés partirent et trouvèrent l'ânon comme Jésus le leur avait dit. 33 Comme ils détachaient l'ànon, ses maîtres leur dirent: «Pourquoi déliez-vous cet ânon? » ^ Ils répondirent : « Parce que le Seigneur en a besoin. » 35£t ils l'amenèrent à Jésus; puis, ayant jeté leurs manteaux sur l'ânon, ils le firent monter dessus. 38 Sur son passasre, les gens éten daient leurs manteaux sur la route. 37 Lorsqu'il fut près de la descente du mont des Oliviers, toute la foule, transportée de joie, se mit à louer Dieu a haute voix pour toutes les merveilles qu'ils avaient vues. 38 « Béni soit, disaient-ils, le roi qui vient au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel, et gloire à Dieu dans les hauteurs des cietix ! » 3'^lors quelques Pharisiens, du milieu de la foule, dirent à Jésus : « Maître, faites taire vos disciples. » '^n leur répondit : « Je vous le dis, s'ils se taisent, les pierres crieront. »
'1 Quand il fut proche de Jérusalem, à la vue de cette ville, il pleura sur elle, en disant : '* « Si tu connaissais, toi aussi, du moins en ce jour qui t'est donné, ce qui ferait ta paix ! Mais mainlenant ces choses sont cachées à tes yeux. ^3 viendront sur toi des jours où tes ennemis t'environneront de tranchées, t'investiront et te serreront de toutes parts ; ** ils te renverseront par terre, toi et tes enfants qui sont dans ton sein, et ils ne laisseront pas dans ton enceinte pierre sur pierre, parce que tu n'as pas connu le temps où tu as été visitée. »
N* 53. Institution de TEucharistie (XXli, 7-23).
"^ Arriva le jour des Azymes, où l'on devait immoler la Pâque. 3 Jésus envoya Pierre et Jean : « Allez, leur dit-il, nous préparer le repas pascal. » *Ils lui dirent : « Où voulez-vous que nous le préparions? » ^®I1 leur répondit : « En entrant dans la ville, vous rencontrerez un homme portant une cruche d'eau ; suivez-le dans la maison où il entrera, ^* et vous direz au maître de cette maison : Le Maître le fait dire : Où est le lieu où je manserai la Pâque avec mes disciples? ^^Et il vous montrera une grande salle meublée : préparez-y ce qu'il faut. » i3 ns partirent, et trouvèrent les choses comme il le leur avait dit ; et ils préparèrent la Pâque.
^* L'heure étant venue, Jésus se mit à table, et les douze Apôtres avec lui; If et il leur dit: « J'ai désiré d'un grand désir de manger celte Pâque' avec vous, avant de soutirir. <«Car, je vous le dis, je ne la mangerai plus jusqu'à la Pâque parfaite, célébrée dans le royaume de Dieu, a ^7 Et prenant une coupe, il rendit grâces et dit : « Prenez et partagez entre vous. i^Car, je vous le dis, je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu'à ce que le royaume de Dieu soit venu. » ^^Puis il prit du pain, et ayant rendu grâces, il le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, gui est donné pour vous : faites ceci en mémoire de moi. » so Après avoir soupe, il prit de même la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui va être versé pour vous. *^ Seulement voici que la main de celui qui me trahit est avec moi à cette table. ^*Car le Fils de l'homme s'en va selon ce qui a été décrété; mais malheur à l'homme par qui il est trahi !» >3 £t les disciples se mirent à se demander les uns aux autres quel était celui d'entre eux qui devait faire cela.
N« 54. Agonie de Jésus (XXH, 39-46).
3'' Etant sorti, il s'en alla, selon sa coutume, vers le mont des Oliviers, et ses disciples le suivirent. *<> Lorsqu'il fut arrivé dans ce lieu, il leur dit : « Priez, afin de ne point tomber en tentation. » << Puis il s'éloigna d'eux à la distance d'un jet de pierre ; et s'étant mis à genoux, il priait, " disant : « Père, si vous le voulez, éloignez de moi ce calice ! Cependant
EVASeiLE SELO>" S. LUC Oil
ïlani ta SKonle, Il priait dIds Ins-
, . r détint comme des KOultes de Ean^ découlant
jusqu'à terre. "Apr*8 avoir prié. ïL se leva et vint vers les disciples qu'il trouva endormis de tristesse. " Et 11 leur dit : i Pourquoi dormei-vous ? Lïvez-voua et priez. aBn de ne point tomber en tenlalion. •
N'' 88. Reniement de Pierre (XXll, 5i-6»;.
"8'élant saisis de lui. Us remmenèrent à la maison du grand prfttre; Pierre suivait de loin. "/.<!! soldats allumèrent du feu su milieu de la - ■ «Une servanle. qui le vil
.,..., .,.. dît: «Cet homme était
le connais point. ■ "Un peu après, un autre l'ayant vu. dit : « Tu es aussi de ces genslà, « Pierre répondit : • Mon ami, je n'en suîs'poinl. ï "Une heure environ s'était écoulée, lorsqu'un ^nlre vint dire avec assurance : « Cerlainemenl cet homme élall aussi avec lui, car il *st de la Galilée, o •"pierre répondit : ■ Mon ami, je ne sais ce que lu veui dire, a ElanssilM, comme II parlait encore, le coq chanta. ■< Le Seigneur, s'étani relourné, regarda Pierre, et Pierre se souvint de la parole que le Seigneur
trois lois. > "■El étant sorti, il pleura amèrement,
N' sa. Les saintes lemmes au Calvaire (XXtl, i9, 55-56;.
"Mais lous r«ni de la connaissance de Jésus, et les lemmes qui l'avaient suivi en Galilée, se tenaient là, à distance, regardant ce qui se
» Les [emniès qui élaienl venues de la Galilée" avec Jésus, ayant accompagné Joseph, virent te sépulcre, et la manière dont le corps de Jésus y avait été déposé. «Et s'en étant reloiimées, elles préparèrent lies aromates et des parfums ; le jour du sabbat, elles demeurèrent en repos, selon la Loi.
N° 57. Jésus i Emmaùs (XXIV, 13-35).
"Ce même jour, deux disciples allaient à un village nommé Emniaûs,
» Joignit et fil n
onnoissalent pas. <^ Il leur di ■- — — I tous soyei to
tristes? > "L'un d'eux, nommé Cléophas, lui répondit : . __
le seul élninger venu à Jènisalem, qui ne sache pas les choses qui y sont arrivées ces jours-ci ) — "Quelles choses? a leur dil-ii. Ils répondirent ! ■ Ce qui est arrivé à Jésus de Naiarelh, nui était un prophète puissant en ceutres et en paroles devant Dieu et devant tout lu peuple : "comment les Princes des prêtres et nos Anciens t'ont livré pour être condamné à mort, et l'ont crucilié. " Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël ; mais, avec tout cela, c'est aujourd'hui le troisième jour que ces choses sont arrivées. "A la vérité, quelques-unes des lemmes qnl sonlavec nous, nous ont fort étonnés : étant allées avant le jour au sépulcre, '^el n'ayant pas trouvé son corps, elles sont venues dire que des anges leur ont apparu et ont annoncé. qu'il i "Quelques-uns des iiAlres sont allés au sépulcre, et ont Irai choses comme les femmes ravalent dit, mais lui. ils ne l'ont | ■> Alors Jésus leur dit : • 0 hommes sans intelligence, ï ciEnr est lent à croire tout ce qu'ont dit les Prophètes 1 " N'e ta que le Christ soulIrK ces choses, et qu'il en Irai ainsi dans w
" Puis, commençant par Moïse, et parcourant tous les prophètes, il leur expliqua, dans toutes les Ecritures, ce (]ui le concernait.
" Lorsqu'ils se trouvèrent près du village où ils allaient, il parut vouloir aller i>lus loin. ^Mais ils le pressèrent, en disant : « Reste avec nous, car il se lait tard, et déjà le jour baisse. » Et 11 entra dans le village pour rester avec eux. ^ S'étant mis à table avec eux, il prit le pain et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna, ^t Alors leurs yeux s'ouvrirent, et ils le reconnurent ; mais il disparut de devant leurs yeux. ^ Et ils se dirent l'un à l'autre : « N'est-il pas vrai que notre cœur était tout brûlant au dedans de nous, lorsqu'il nous parlait en chemin, et nous expliquait les Ecritures ? » '^ Se levant à l'heure même, ils retournèrent à Jérusalem, où ils trouvèrent réunis les Onze et leurs compagnons, ^ <^ui leur dirent : « Le Seigneur est vraiment ressuscité, et il est apparu a Simon. » '^Eux-mêmes, à leur tour racontèrent ce gui leur était arrivé en chemin, et comment ils l'avait reconnu à la fractioa du pain.
N* 58. Ascension (XXIV, 50-53).
^ Il les conduisit hors de la ville, vers Béthanie, et, ayant levé les mains, il les bénit. ^^ Pendant qu'il les bénissait, il se sépara d'eux, et il fut enlevé au ciel. <^* Pour eux, après l'avoir adoré, ils retournèrent à Jérusalem avec une grande joie. ^^ Et ils étaient continuellement dans le temple louant et bénissant Dieu. Amen !
Evangile selon S. Jean.
N° 59. Les premiers disciples (I, 35-51).
^ Le lendemain, Jean se trouvait encore là, avec deux de ses disciples. ^ Et ayant regardé Jésus qui passait, il dit : « Voici l'Agneau de Dieu. » ="Ce8 deux disciples l'entendirent parler ainsi, et ils suivirent Jésus. ^^ Alors Jésus se retourna, et voyant qu'ils le suivaient, il leur dit : « Que cherchez-vous? » Ils lui répondirent : « Rabbi (ce qui signifie Maître), où demeurez- vous ?» ** 11 leur dit : « Venez et voyez. » Us allèrent, et virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. Or c'était environ la dixième heure.
4<) André, frère de Simon-Pierre, était l'un des deux disciples qui avaient entendu la parole de Jean, et qui avaient suivi Jésus. *^ Il rencontra le premier son frère Simon, et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie (ce qui signifie le Christ). » " Et il l'amena à Jésus. Jésus, l'ayant regardé, lui dit : « Tu es Simon, fils de Jonas ; tu seras appelé Céphas (ce qui signifie Pierre). »
^'Le jour suivant, Jésus résolut d'aller en Galilée. Il rencontra Philippe, et lui dit : a Suis-moi. » ^^ Philippe était de Bethsaîde. de la même ville qu'André et Pierre. ^^ Philippe rencontiaNathanaêl et lui dit : R Nous avons trouvé celui dont Moïse a parlé dans la Loi et que les Prophètes ont annoncé; c'est Jésus, fils de Joseph, de Nazareth..» 4« Nathanaêl lui répondit : « Peut-il sortir de Nazareth quelque chose de bon? » Philippe lui dit : « Viens et vois. » ^^ Jésus, voyant venir vers lui Nathanaêl, dit en parlant de lui : « Voilà un vrai Israélite, en qui il n'y a nul artifice, v ^^ Nathanaêl lui dit : « D'où me connaissez-vous ? — Avant que Philippe t'appelât, lui dit Jésus, lorsque tu étais sous le fif;uier, je t'ai vu. » *^ Nathanaêl lui répondit : « Maître, vous êtes le Fils de Dieu, vous êtes le roi d'Israël. » ^ Jésus lui répondit : « Parce que je t'ai dit : Je t'ai vu sous le figuier, tu crois ! Tu verras de plus grandes choses que celles-là. » -'^ Et il ajouta : « En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez désormais le ciel ouvert, et les anges de Dieu niQnter et descendre sur le Fils de l'homme. » t
N* 60. Noces de Gana (II, 1-12).
1 Trois jours après, il se fit des noces à Cana en Galilée ; et la mère de Jésus y était. ^ Jésas fut aussi convié aux noces avec ses disciples. ^Le vin étant venu à manquer, la mère de Jésus lui dit : « Ils n'ont point de vin. » ^ Jésus lui répondit : « Femme, qu'y a-t-il entre vous et moi ? Mon heure n'est pas encore venue. » ^Sa mère dit aux serviteurs : « Faites tout ce qu'il vous dira. » * Or il y avait là six urnes de pierre destinées aux ablutions des Juifs, et contenant chacune deux ou trois mesures. "^ Jésus leur dit : « Remplissez d'eau ces urnes. » Et ils les remplirent jusqu'au haut. " Alors Jé«us leur dit : « Puisez maintenant, et portez-en au maître du festin ; » et ils en portèrent. ^ Sit6t que le maître du festin eut goûté l'eau changée en vm {il ne savait pas d'où venait ce vin, mais les serviteurs qui avaient puisé l'eau, le savaient bien), il interpella l'époux, ^^et lui dit : « Tout homme sert d'abord le bon vin, et, après qu'on a beaucoup bu, le moins bon ; mais toi, tu as
Sardé le bon vin jusqu'à cette heure. » ^^ Tel fut le premier des miracles e Jésus, et il le fit a Cana en Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui. ^* Après cela, il descendit à Capharnaûm avec sa mère, ses frères et ses disciples, et ils n'y demeurèrent que peu de jours.
N» 61. La Samaritaine (IV, 5
^ Il vint donc en une ville de Samarie, nommée Sichar, près du champ que Jacob avait donné à son fils Joseph. ^ Là était la fontaine de Jacob. Jésus, fatigué de la route, s'assit tout simplement au bord de la fontaine : il était environ la sixième heure, ^Une femme de Samarie étant venue puiser de l'eau, Jésus lui dit : « Donnez-moi à boire. » ^ Car ses disciples étaient allés à la ville pour acheter des vivres. *La femme samaritaine lui dit : « Comment vous, qui êtes Juif, me demandez-vuus à boire, à moi qui suis Samaritaine? » — Les Juifs, en ellet, n'ont pas de commerce avec les Samaritains. — ^ojégus lui répondit : « Si vous connaissiez le don de Dieu, et gui est celui qui vous dit : Donnez-moi à boire, vous-même lui en auriez demandé, et il vous aurait donné de l'eau vive. — ^^ Seigneur, lui dit cette femme, vous n'avez rien pour puiser, et le pnils est profond : d'où auriez-vous donc cette eau vive ? i^Etes-vous plus grand que notre père Jacob, qui nous a donné ce puits. et en a bu lui-même, ainsi que ses enfants et ses troupeaux ? » i^ Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura encore soif ; mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai, n'aura plus jamais soif ; ^* et l'eau
2ue je lui donnerai deviendra en lui une source d'eau jaillissant en vie ternelle. » ^^La femme lui dit : c Seigneur, donnez-moi de cette eau, afin que je n'aie plus soif, et que je ne vienne plus ici puiser. — ^*^ Allez, lui dit Jésus, appelez votre mari, et venez ici. » "La femme répondit : « Je n'ai point de mari. » Jésus lui dit : « Vous avez raison de dire : Je n'ai point de mari; i*car vous avez eu cinq maris, et celui que vous avez maintenant n'est pas votre mari ; en cela vous avez dit vrai. » ^'^ La femme lui dit : « Seigneur, je vois que vous êtes un prophète. ^^ Nos pères ont adoré sur cette montagne, et vous, vous dites que c'est à Jéru salem guMI faut adorer, m ^ Jésus dit: c Femme, croyez-moi, l'heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne, ni dans Jérusalem, que vous «dorerez le Père. ^ Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. ^ Mais l'heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; ce sont là les adorateurs que le Père demande. ^Dieu est esprit, et ceux qui l'adorent, doivent l'adorer «n esprit et en vérité. » ^La femme lui répondit: c Je sais c|ue le JMessie (celui qu'on appelle Christ) va venir ; lorsqu'il sera venu, il nous instruira de toutes choses, m ^ Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui vous parle. »
>'Là'de39US arrivèrent set disciples, el ils s'élonnèrent de ce qu'il parlait avec une lemme ; néiiainoiDg aneun ne liif dil : > Que désir*!ïousï I ou : • Pourquoi paclei-vous avec elle"? >
ne alors, laissant là sa crucbe, s'en alla dans la ville, et dit Ils : ** ■ Veoei voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai ait-CB point le Chrisl?» "Ils sorlirent donc de la ville, el
tnt ses disciples le pressaient, en disant : ■ Maître, niangei. * ur dil : • J'ai à prendre une aourrilure que vous ne con-
i 13 Et lea dlgciplee se disaieni les uds aux autres : ■ Qnel- :irail-tl apporté à manger? i "Jésus leur dit : ■ Ma nourri-
te dites-vous pas : Encore quatre mois, et la moisson sera ■ ji. . . . , >— mpa qui déjà
1 pour la moisson. "Celui qui ni
lOissonne reçoit
des fruits pour la yi.
e éternelle.
el ainsi celui
qui sème et
oissonne se réjoulsser
. " Car ici s'applique l'adage :
it un autre molssonn
e. «'je voi
pas Iravalllé ; d'aulrt
!s ont trava
illÉ, el ™us, voii
is êtes entrés
rs I^inarltains de ce
tte ville CTO
rent en Jésus s
nr la parole
témoignage
: ' Il m'a dit toi
Il ce que j'ai
donc veni
is vers lui, le
prièrent de
ansleFays.et II y d
emeuia dcii
II jours. "ElDI
1 nlus irand
irenl en lui pour l'av.
luImPme. «Et ils disaienl
is; car nous l'avons entendu nous
i-mfmes,clnous
savons qu'il.
a. Jésus guérit la fils d'un otaciar [IV, i6-U). lone de nouveau à Cana en tialilée, où 11 avall changé l'eau
ia[t à Capharnaiim un olllcicr du roi dont le HIb élalt malade, aria que Jésus arrivai! de Judée en Galilée, Il alla vers lui. Ile descendre en la inaMon, pour guérir son âla qui allait ésua lui dit ; • SI vous ne voyei dei signes et des prodlgeSp yez point. •> "• L'ollIciN lui dit : • Seigneur, venei avant que meure. — •< Va. lui répondît Jésus, ton lils est plein de vie. u erui à la parole que Jésus lui avall dite, et partil. =' Comme bemln. ses serviteurs vlorenl à sa rencontre, el lui apprirent [am vivait. "Il leur demanda à quelle heure son fils s'était II, el ils lui dirent : • Hier, à la seplième heure, la fièvre l'a Le père reronnut que c'élait l'heure à laquelle Jésus lui avait
e second miracle que Jésus fil, après être revenu de Judée en
N" 83. Piscine probatiqne (V, 1-16).
la, il y eut une léte des Jnils. et Jésus monta à Jérusalem. Salem, est la piscine des Brebis, appelée en héhreu Bethsaïda. aq portiques. 'Sous ces portiques étaient couchés un grand malades, d'aveugles, de boiteux el de gens ayant quelque
gneur descendait à certains temps dans la piscine, et airilalt lui qui y descendait le premier après l'agitation de l'eau, était n Inlirmllé, quelle qu'elle Ifil. 'Là se trouvait un homme luis Irente-bult ans. "Jésus l'ayanl vu couché, el sachant
répondit :« Seigneur, je n'ai personne pour me jeler dans l« que leau eal agitée, et pendant que j'y vais, un autre descend
avant moi. » "Jésus lui dit : « Lève-toi, prends ton lit, et marche. » ^Et à l'instant cet liomme fut guéri ; il prit son lit et se mit à marcher. C'était un jour de sabbat.
^^Les Juifs dirent donc à celui qui avait éié guéri : « C'est aujourd'hui le sabbat, il ne t'est pas permis d'emporter ton lit. » ^Ul leur répondit : « Celui qui m'a guéri m'a dit : Prei^ds ton lit et marche. » ^* Ils lui demandèrent : « Qui est l'homme qui t'a dit : Prends ton lit et marche? » ^3 Mais le malade ne savait pas qui c'était ; car Jésus s'était esquivé, grâce à la foule qui était en cet endroit. ^^ Plus tard, le trouvant dans le temçle, Jésus lui dit : ce Te voilà guéri ; ne pèche plus, de peur qu'il ne t'arrive quelque chose de pis. » ^^ Cet homme s'en alla et dit aux Juifs que c'était Jésus qui l'avait guéri. 1<^ C'est pourquoi les Juifs persécutaient Jésus, parce qu'il faisait ces choses le jour du sabbat.
N* 64. Discours sur le pain de vie, dans la synagogue
de Gapharnaûm (VI, 26-70).
**« En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non parce que vous avez vu des miracles, mais parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés. " Travaillez, non pour la nouriture qui périt, mais pour celle qui demeure pour la vie éternelle, et que le Fils de l'homme vous donnera. Car c'est lui que le Père, Dieu, a marqué d'un sceau. » ^ Ils lui dirent : « Que devons-nous faire, pour faire les œuvres de Dieu ? » **• Jésus leur répondit : « L'œuvre que Dieu demande, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé. » ^o jjs lui dirent : « Quel miracle faites-vous donc pour que, le voyant, nous croyions en vous? Quelles sont vos œuvres? ^^ Nos pères ont mangé la manne dans le désert, ainsi qu'il est écrit : Il leur a donné à manger le pain du ciel. » =** Jésus leur répondit : « En vérité, en vérité, je vous le dis. Moïse ne vous a pas donné le pain du ciel ; c'est mon Père qui vous donne le vrai pain du ciel. ^Car le pain de Dieu, c'est le pain qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. »
'^ Ils lui dirent donc : « Seigneur, donnez-nous toujours de ce pain. » ^^ Jésus leur répondit : « Je suis le pain de vie : celui qui vient à moi n'aura jamais faim, et celui qui croit en moi n'aura jamais soif. ^' Mais, je vous l'ai dit, vous m'avez vu, et vous ne croyez point. *^Tout ce que le Père me donne viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai point dehors ; ^f^car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. ^'JQr la volonté de mon Père qui m'a envoyé, est que je ne perde aucun de ceux qu'il m'a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour. ^^Car c'est la volonté de mon Père qui m'a envoyé, que quiconque voit le Fils et croit en lui, ait la vie éternelle ; et moi je le ressusciterai au dernier jour. »
*^ Les Juifs murmuraient contre lui, parce qu'il avait dit : « Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. » ^^Et ils disaient: « N'est-ce pas là Jésus, le fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère ? Comment donc dit-il : Je suis descendu du ciel ? » ^^ Jésus leur répondit: a Ne murmurez point cnlfe vous. *''Nul ne peut venir à moi, si le Père ((ui m'a envoyé ne Tattire ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. ^^ Il est écrit dans les Prophètes : Ils seront tous enseignés de Dieu. Ainsi quiconque a entendu le Père et appris de lui, vient à moi. ^^Ce n'est pas que personne ait vu le Père, sinon celui qui est de Dieu ; celui-là a vu le Père. "Eu vérité, en. vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle. ^^ Je suis le pain de vie. *9Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts. ^ Voici le pain descendu ofu ciel, afin que celui qui en mange ne meure point. ^>^ Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. ''** Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c'est ma chair, livrée pour le salut du monde. »
. ■»* Là-dessus, les Juifs disputaient entre eux, disant : « Comment cet homme peut il nous donner sa chair à manger ? » ^< Jésus leur dit :
« En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de Thomme, et ne l)uvez son sang, vons n'avez point la vie en vous-jnèmes. ^^ Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. ^ Car ma ebair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment an breuvage. ^ Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi, et moi en lui. M Comme le Père qui est vivant m'a envoyé, et que je vis par le Père, de même celui qui me mange vivra aussi par moi. ^ C'est là le pain qui est descendu du ciel : il n'en est point comme de vos pères qui ont mangé la manne et sont morts ; celui qui mange de ce pain vivra éternellement. »
*^ Jésus dit ces choses, enseignant en pleine synagogue à Capbarnaûm.
''^ Plusieurs de ses disciples, l'ayant entendu, dirent : k Cette parole est dure, et qui peut l'écouter? » 8* Jésus, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce sujet, leur dit : « Cela vous scandalise ? "* Et quand vous verrez Iq Fils de l'homme monter où il élait auparavant?... ^ C'est l'esprit qui vivifie ; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vons ai dites sont esçrit et vie. *^ Mais il y en a parmi vous quelquesuns qui ne croient point. » Car Jésus gavait, dès le commencement, qui étaient ceux qui ne croyaient point, et qui était celui qui le trahirait. »• Et il ajouta : « C'est pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, si cela ne lui a été donné par mon Père. »
^ De ce moment, plusieurs de ses disciples se retirèrent, et ils n'allaient plus avec lui. <>« Jésus donc dit aux Douze : « Et vous, voulez-vous aussi vous en aller?» ^Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irions-nous? Vous avez les paroles de la vie éternelle, 'onous avons cru et nous avons connu que vous êtes le Christ, le Fils de Dieu. »
N» 65. La femme adultère (VIII, 1-11).
1 Jésus s'en alla sur la montagne des Oliviers ; 'mais, dès le point du jour, il retourna dans le temple, et tout le peuple vint à lui. S'étant assis, il les enseignait.
3 Alors les Scribes et les Pharisiens lui amenèrent une femme surprise en adultère, et l'ayant placée au milieu de la fouie, ^ ils dirent à Jésus : « Maître, cette femme vient d'être surprise en adultère. » Or Moïse, dans la Loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes. Vons donc, que dites- vous? » ^^ C'était pour l'éprouver qu'ils l'interrogeaient ainsi, afin de pouvoir l'accuser. Mais Jésus> s'étant baissé, écrivait sur la terre avec le doigt. ^ Comme ils continuaient à l'interroger, il se releva et leur dit : H Que celui de vous qui est sans p^hé jette le premier la pierre contre elle. » ^Et s'étant baissé de nouveau, il écrivait sur la terre. ^ Ayant entendu cette parole, et se sentant repris par leur conscience, ils se retirèrent les uns après les autres, les plus âgés d'abord, puis tons les autres, de sorte que Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu, ^o Alors Jésus s'étant relevé, et ne voyant plus que la femme, lui dit : « Femme, où sont ceux qui vous accusaient ? Est-ce que personne ne vous a condamnée ? » ^^ Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Jésus lui dit : « Je ne vous condamne pas non plus. Allez, et ne péchez plus. »
N"* 66. Guérison de Faveugle-né, à la piscine de Siloé