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POPULATIONS, RAGES

Les Turcs de race et de langue ne sont représentés que par un certain nombre de fonctionnaires, dans la magistrature et dans larmée. Ils sont fréquemment changés de poste et doivent vivre principalement de leur casuel. Aussi se distinguent-ils, comme le gouvernement qu'ils représentent, par une administration négative.

Les Turkomans, race turque nomade, ne se rencontrent guère en dehors des Vilayets d'AIep et de Damas.

La population rurale, le commun peuple des villes, et les enfants du désert passent presque tous pour des Arabes. Cependant les premiers, qui sont sédentaires, portent improprement ce nom ; les bédouins seuls sont des Arabes pur sang.

A rinvasion des mahométans, la Palestine et la Syrie étaient occupées par des Syriens. Ceux-ci adoptèrent vite la langue des nouveaux maîtres et la plupart finirent par embrasser l'islamismc et par se fusionner avec les Arabes.

Ces Syriens- Arabes s'occupent d'agriculture dans la campagne et du petit commerce dans les villes. Extérieurement ils se distinguent des bédouins particulièrement par le bonnet rouge, iarhouchej entouré le plus souvent d'un épais turban de couleur blanche ou voyante. Ceux qui ont fait le pèlerinage de La Mecque ont le privilège de porter un turban vert. Pour les disciples du Coran, le turban sert de linceul à la fin de leur vie.

Les Arabes sédentaires, d'une physionomie pleine de vivacité, mettent en général do la dignité dans leur démarche et une certaine politesse dans leur abord et leurs conversations. L'ignorance et la routine dans lesquelles ils vivent doivent être attribuées bien plus aux vices du gouvernement turc, qu'aux défauts de leur esprit.

Les bédouins vivent sous la tente, du produit de leurs troupeaux. Ils sont divisés en tribus, occupant chacune une étendue de terrain strictement déterminé. Le moindre empiétement d'une tribu sur une autre, ou une oifense grave quelconque, amène la guerre entre elles. De plus, les lois de l'honneur chez les Arabes veulent que tout meurtre soit vengé par le plus proche parent du défunt, à moins que l'offenseur n'ollre à la famille une rançon. Tout crime de ce genre peut entraîner à sa suite une série de vendetta, qui se poursuivent à travers plusieurs générations. Les bédouins sont hostiles à toute autorité turque; mais leurs querelles sanglantes font le jeu du gouvernement ottoman

Le caractère de ce peuple est un singulier mélange de rapacité et de générosité. Pillards par nature, ils exercent le vol en toute occasion ; mais quiconque pénètre dans leur tente et s'assied à leur foyer, devient un ami, une personne sacrée, qu'on ne laisse manquer de rien. Cependant, s'ils exercent cette

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cordiale hospitalité envers un Européen, ils s'attendent à être vaincus en générosité.

La frugalité du bédouin est proverbiale. En dehors de sa tente, on le rencontre toujours armé d'une longue lance, ou d'un fusil à pierre, ou au moins d'un cimetère. Il se coiffe d'un foulard, kouf/iéh, qu'une grosse corde en poil de chameau serre autour de la tête. Il porte un caleçon blanc, une robe grise, kombas^ à manches longues et larges, serrée à la taille par une corde, et, par-dessus, une peau de mouton ou un manteau grossier, abaièh, à larges raies brunes et blanches tirées verticalement.

Le costume des femmes ne diffère guère de celui des hommes, sauf qu'elles ne portent pas Vabaièh, et que le kouf/iéh est remplacé par un voile long et étroit qui couvre leurs tresses de cheveux ornées de petites pièces d'or et d'argent. C'est là leur dot.

Juifs. Dans les Vilayets de Syrie, il existe plus de 150,000 Israélites dont environ 70,000 vivent en Palestine. Les Juifs établis à Damas et à Alep de temps immémorial, ressemblent par les mrpurs et le costume aux Arabes, dont rien ne les distingue extérieurement.

En Palestine, ils forment deux groupes principaux. Le premier se rattache par son origine aux Juifs qui furent expulsés de l'Espagne et du Portugal sous Ferdinand et Isabelle, vers la fin du xv s. Ils parlent l'arabe, et entre eux un patois espagnol. Ils sont velus de la robe des gens du pays et coiffés d'un large chapeau de feutre noir.

Le second groupe se compose de Juifs allemands, polonais, russes, hongrois, roumains, hollandais, etc. Entre eux, ils parlent presque tous un patois allemand caractéristique. Ils sont reconnaissables à la longue mèche de cheveux portée aux tempes en forme de tire-bouchon. Les jours de fêle et au mur des Pleurs, on les rencontre coiffés d'une lourde toque de fourrure et revêtus d'un long manteau de velours à couleurs voyantes.

Le mouvement qui porte les Juifs en Palestine s'est accentué il y a quarante ans. La misère et la politique les forcèrent de chercher meilleure fortune hors de leur pays natal. Ils sont eflicacement soutenus par l'Alliance Israélite de Paris et d'autres sociétés de ce genre fondées dans les capitales du Nord de l'Europe, ainsi que par les initiatives privées des Montefiore, Rotschild et Hirsch. Aujourd'hui bien peu d'entre eux sont protégés par leurs consulats respectifs. Ils ont dii, à contrecœur, se faire naturaliser et devenir sujets ottomans.

Les Samaritains ne se rencontrent qu'à Naplouse, en fort petit nombre.

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