‹ Nouveau guide de Terre SainteChapitre 50 sur 251 · LYDDA · texte numérisé non relu

LYDDA

La station de Lydda se rencontre au 20* km. La ville est dissimulée au milieu d'une véritable forêt d'oliviers, à 20 min. de la gare, à gauche.

HISTOIRE

Lod ' ou Lydda ^, Loud en arabe, fut conquise, comme nous l'avons vu, par Thoutmès III, et rebâtie par Samad, un Bonjamite. Nabuchodonosor emmena une partie de sa population en Chaldée Parmi les captifs qui revinrent en Palestine avec Zorobabel, on comptait 725 hommes de Lod, d'Hadid, d'Ono et de Neballât, tous descendants de Benjamin ^.

Vers l'an 150 av. J.-C, Démétrius Nicator, roi de Syrie, détacha Lydda de la Samarie et la rendit au pontiferoi Jonathas *. Pompée l'enleva de nouveau à la Judée ; mais l'an 48, Jules-César la remit aux Juifs. Elle était alors chef-lieu d'une foparchie ^.

L'an 44 de notre ère, Gassius réduisit les habitants en esclavage ; mais Antoine ordonna de les remettre en liberté^'. Cestius Gallus, après avoir livré Joppé aux flammes, incendia aussi Lydda ; mais il n'y trouva que 50 habitants à massacrer, parce que les autres assistaient aux fêtes des Tabernacles à Jérusalem ^. A l'approche de Vespasien en 68, la ville se rendit à discrétion et n'eut pas à souffrir. Les Siro- Macédoniens avaient remplacé son nom par celui.de Diospolis, ville de Zeus ou de Jupiter. Néanmoins, quelques siècles après, elle reprit son ancien nom, comme tant d'autres villes.

Dès le commencement de la prédication apostolique, Lydda comptait une chrétienté. Saint Pierre s'y rendit un jour u pour voir les saints, » et à cette occasion il guérit miraculeusement Enée, que la paralysie avait retenu huit ans au lit. u Et ceux qui habitaient Lydda et Sâron le virent et se convertirent au Seigneur ^. » C'est là aussi que le Prince des apôtres reçut le messager qui l'appelait d'urgence à Joppc, où Tabilha venait de mourir.

i. i Par., VIII, 12. — 2. iNoU., VI, 35. — 3. Esd., II, 33. — 4. I Macli., XL 34. — 5. G. J., III, in, 5 ; — A. .1., XIV ou XI (xii, 2-5). — 6. G. J., IL XIX, 11. — 7. Act., IX, 32-35.

32 Voyage I. lydda De Ja/fa à Jéra*.

Aussitôt que la litterlé du chrlsUanlsme fut procInmiSo par

Constantin, Lydda devint le siège d'un évêché. Àélius, évÈque de Diospolia, liftarâ sur la liste des Pères du nonclle de Hiaée en 3ï5. L'an 413, le métropolItaiD, de CéBarée convoqua un sfnode k Lydda, auquel assistèrent li évéques pour juger Pelage, Morgan d'Angleterre, qui y lut cil^. Les erreurs qu'ii avait répandues furent condamnées ; mais comme l'astucieux hérétii|ue sembla anatliëmatUer ses propres doctrines, il fol

L'iigllse de Lydda est dédiée au glorieux mairtyr saint Georges de Cappadoce. D'après la tradition locale, qu'on peut retracer Jusqu'au ve' s,, saint Georges était originaire de Lydda et ses restes morlels furent rapportés de Nicomédie en sa ville natale. Cependant, vera l'an SU, Eusèbe de Césarëe raconte le martyre du noble soldat qui confessa le Christ ft Mcomédie devant Dioclétlon en 3vcil303; mais il ne nomme pas le saint par son nom et ne parle ni de sa patrie, ni du lieu de sa sépulture '. Parmi les pèlerins, le diacre Théodose (oiJD) mentionne le premier le tombeau de saint Georges à Lydda.

Do même que la prospérité de Lydda fit déchoir Ono, de même aussi Hamiéh, croissant en importance après l'iavasloo des Arabes (637i, causa la décadence de Lydda. En 1099, les Croisés trouvèrent cette ville sans défense. Son éfllise. une basilique à grande obacavait déjà soulfert sous le .em en tOlO, a été livrée aux lar les Sarrasins A l'approche s, aQo que ceux-ci no puse servir de ses poutres pour : des mactiines de guerre ^.

ilieu du XII' s., les Francs y érigèrent une nou l'eue église Si trois nets, au N. E.

de la première. La nouvelle église de Saint-Georges fut ruinée en 11!)1 sur l'ordre de Saiadin, pendant les luttes qu'il eut â soutenir contre Richard l'Ian dit l'i^illsp île SBint-Georgcs. Cisur de Lion, roi d'Angle-

Kn chemin de fer, ramléh Voyage I. 33

Etat actuel.

Lydda est aujourd'hui une petite ville sans industrie et sans commerce. Les rues sont étroites et malpropres. Li population s'élève à environ 6.800 habilants, dont 4.800 musulmans, 2.000 Grecs non-unis et 30 protestants.

L'église de Saint-Georges f.

Une mosquée avec minaret a remplacé la première église de style basilical. M. Clermont-Ganneau en a retrouvé l'abside. De Téglise des Croisés, deux absides et deux travées avec la crypte ont échappé à la destruction. Les vénérables restes de ce monument ofiTrent le plus vif intérêt à Tarcbéologue, qui y retrouve le même plan que dans celle de Sébaste, avec des particularités de détails très caractéristiques.

Pendant la guerre franco-allemande, les Grecs non-unis contestèrent aux Pères de Terre sainte leurs droits sur celte église, sous prétexte qu'elle appartenait aux Grecs avant d^appartenir aux Latins. En vertu d'on compromis fait entre le gouvernement français et le gouvernement ottoman, les Pères Franciscains furent obligés de renoncer à leurs droits en faveur des Grecs, et comme dédommagement, le gouvernement français obtint l'église de Qariet cl Enàb ou Abougôche. Les Grecs ont restauré depuis la portion de l'église qui restait debout, et dans la crypte ils ont placé un petit monument de forme cubique, un cénotaphe, portant en grand relief l'image de saint Georges.

Avant de quitter Lydda, on lira avec émotion le passage des Actes des Apêtres, relatif au séjour de saint Pierre dans cette ville et à la guérison du paralytique. (V. à la fin, Act. IX, 32-36, n» 94.)

A TE. de Lydda apparaît Hadité qui doit être Hadid, une des quatre villes occupées par les Benjamiles d'après Esdras et Néhémic. On reconnaît la quatrième de ces villes, Neballât, dans le village de Beit Nebâla situé à 4 km. au N.-E. de Hadité.

Au sortir de la gare de Lydda, la voie descend vers le midi.

Au km. 21, on aperçoit à g. le village de Djimzou qui est le

Gimzo ou Gamzo de la Bible.

L'écrivain sacré raconte que les Philistins s'emparèrent « de Bethsamès, d'Aïalon, de Gadérolh, de Socho, ainsi que de Thamna et de Gamzo (Gimzo en grec), et qu'ils y habitèrent ^ ». Dans les monuments assyriens figure dans cette même direction la ville de Gam-u-zchfiu,

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