‹ Nouveau guide de Terre SainteChapitre 51 sur 251 · II Par., X.KVIH · texte numérisé non relu

II Par., X.KVIH

34 Voyage I. u vmlÉh De Jaffa à Jériis,

Hamlclh esl l'ancieDno Arimalhie, pairie de Joseph, le noble déciirion qui ensevelit Noire- Seigneur dans son propre lom- }3eau.

HISTOIRE

Parmi les anciennes villes de la tribu de Juda siluoes dans la plaine, la version des Septante mentionne Ramen *. Nous savons d'une manière positive que Démétrius Nicator détacha de la Samaric Ephraim, Lydda et Ramathulm pour les réunir ù la Judée, parce que leurs habitants « sacrifiaient à Jérusalem w"-', c'est-à-dire qu'ils étaient Juifs.

Ramalhalm est la forme du duel de Rama; au pluriel Ramatlia. Ce nom avec l'article ha devient en grec Armathem ou Arimalhaia. Or saint Luc raconte que Joseph qui ensevelit Notre Sei^'nniir, était « d'Arimathie, ville do Juifs '^ »

Il n'y a de doute pour personne qu'Arimathie ne soit Ramathaïm, et celte localité existait encore au iv« s. de noire ère. Eusôbe de Césarée dit q^'Armathem était situé près de Diospolis (Lydda), et que c'était o le lieu d'origine de Joseph appelé dans l'Evangile Joseph d'Arimathie^. » Saint JiTÔmc rôpcte la même chose à son tour^, et, dans l'épilaplie de sainte Paule, il fait suivre à cette dernière un itinéraire qui, comme le remarque A. Reland, semble bien placer Arimalhic au S. de Lydda. Débarquée ii Césarée, sainte l'aule passa par Anlipalridc et arriva A Lydda. Au lieu de continuer son chemin vers Jérusalem par Bethoron, elle se rendit de Lydda à Arimalhie, « patrie de Joseph », et de là à Joppé*^.

Au vm' s. Ramicli devint une grande ville munie de huit portes. L'iiistorirn arabe, Aboulféda, dit qu'elle esl l'œuvre do Soleiman, fils d'Abd ri Mélek, qui la bâtit en 716. Mais le même historien fait reculer son origine aux temps les plus éloignés. Lorsqu'Abraham revint de l'Egyple avec Sara, dit-il, il se fixa en Palestine « entre la ville de Jérusalem et celle de Ramla ' ». Les Chroniques samaritaines nous fournissent d'ailleurs un document positif que cette ville existait longtemps avant (jue Soleiman ne la construisit dans de vastes proportions. Elles racontent que du vi' au vji« s. « Safiriyéh et er Ramlah étaient habitées par des Samaritains^. »

Ramiéh signifie sable en arabe ; mais personne n'ignore que les Arabes ont modifié une foule de noms hébreux de manière ù leur donner un sens nouveau dans leur langue.

Sous la domination musulmane, Ramiéh renfermait un bon nombre de chrétiens ; au x" s. ils possédaient deux églises .'\ A

1. .los . XV, 34. — 2. I Mac, XI, 34. - .3. Luc, XXXIII, 3, l. gr. — 4. O. S., 32. —5. Id. — 6. Ep. LXXXVLad Eusl. — 7. //. anteislam.. 22. — 8. S. W. P., S. P., mi. - 9. Eutyoliius d'Alex., Ànn. M. P. G., CXI, 1531.

RAMLÉH Voyage I. 35

l'arrivée des Croisés, ils apprirent à ceux-ci que Ramula ou Ramléh était l'antique Ramatha ou l'Arimathie de Joseph. Foucherde Chartres, qui lit partie de la 1" Croisade, raconte que les Francs, après avoir occupé Lydda, « passèrent par la ville appelée Raoïatha ou Arimathfe, dont les Sarrasins s'étaient enfuis la veille \ » L'auteur des Gesta Francorum, Guiberl do Nogent, et tous les autres historiens des Croisades appellent celle ville, Ramula, Rama, Rames et Ramatha.

Aussitôt que les Croisés eurent pris possession de la ville, ils y érigèrent un évèché sous le titulaire de Saint-Oeorges de Lydda, et dans tous les actes publics, l'évéque porto le lilrc de Episcopus Raniathensis. Ensuite, depuis Godefroy de Rouillon jusqu'au xiv* s., le seigneur de Ramléh porte le lilre de Dominus Ramattiensis^ et la ville elle-même figure vingt fois dans les chartes de l'époque avec le nom de Ramatha.

L'Israélite Benjamin de Tudéla (1160-1165) reconnaît dans Ramléh la Ramatha! m de l'Ancien Testament. Jean de Wurzbourg{1165), Théodoric (1175}, Burchard de Mont-Sion {l283j. Marin Sanut et tant d'autres pèlerins y virent l'Arimathie de l'Evangile, la patrie de Joseph. Au moyen-âge, plusieurs écrivains se sont écartés do la tradition, déroutés qu'ils étaient par la Vulgate. Celle-ci a rendu les mots du texte original « Joseph d'Arimathie ville de Juifs y* par « Joseph d'Arimalhje ville de la Judée '^, » ce qui n'est pas tout à fait la même chose. Ramléh eut beaucoup à souffrir pendant les guerres des Croisades. En 1101, Baudouin 1" remporta une brillante victoire sur une armée égyptienne venue d'Ascalon pour s'emparer de Ramléh ; mais la mémo année, ses troupes furent défaites et il dut se réfugier dans la ville, d'où il s'enfuit pendant la nuit pour aller à Arsur, grâce à la magnanimité d'un chef arabe.. Le lendemain, Ramléh fut prise d'assaut et tous les chrétiens furent mis à mort ou faits prisonniers. En 1177, la ville fut incendiée par le renégat Ibelin qui était à la tète d'une forte armée ; mais à son approche les habitants avaient abandonné la ville. Après la bataille de Hattin (1187), Saladin s'en rendit maître. Plus tard, en 1204, elle devint le quartier général de Richard Cœur de Lion et resta au pouvoir des chrétiens jusqu'à la conquête de Bibars (1266;.

Etat actuel,

Ramléh resta une ville commerciale jusqu'au xv s. ; mais depuis elle déchut rapidement de son ancienne splendeur, et

1. H. Hieros., XXV. — 2. V. noire ouvrage La Patrie de S. Jean IL, App. Arimalhip.

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aujourd'hui elle n'ost pas plus tlorissante que Lydda, sa voisine.

La population est d'environ 7,200 habitants dont 5,300 musulmans, 225 Latins, 25 Grecs catholiques, 1,600 Grecs non-unis et quelques Israélites.

La paroisse latine est dirigée par les Pères Franciscains. Ceux-ci y ont ouvert une école pour les garçons ; les filles ont la leur dirigée par les Sœurs de Saint-Joseph, qui tiennent en même temps un dispensaire.

Visite de la ville.

La mosquée mamiâ el Kébir. £n allant de la gare en ville, on voit à g. l'ancienne église de Saint-Jean, construite au xii* s. et transformée depuis le XIII' s. en mosquée appelée la Grande, Djamiâ el Kébir. De toutes les églises de celte époque, celle-ci est peut-être la mieux conservée. Elle forme un leclangle de îiO m. de long sur 25 m. de large, divisé en trois nefs par des piliers flanqués de colonnettes. Li nef du milieu est recouverte d'une voûle en berceau à ogive surbaissée, reposant sur sept arcs-doubleaux. Comme les bas côtés sont couverts de terrasse, il élait permis de ménager à la naissance de la grande voûte une rangée de fenêtres. La façade, autrefois très élégante, est en partie masquée par une maçonnerie nécessitée par les décombres amoncelés dans la rue ; à l'intérieur le sol fut exhaussé de deux pieds pour le môme motif. Un minaret remplace l'ancien clocher.

Eglise de Saint-Joseph d*Arimathie f.

A l'extrémité de la ville, sur la roule de Jaffa, on rencontre le couvent des Frères Mineurs. Dès l'année 1296, les Franciscains y possédaient une maison. En 1393, Gérard GalvetU, custode de Terre sainte, y établit un couvent pour ses Religieux *. Mais ceux-ci curent beaucoup à souffrir de la population musulmane. En 1403, les chevaliers de Rhodes stipulèrent avec le sultan d'Ejïyple un traité en vertu duquel « un consul », c'est-à-dire un drogman, et six Religieux étaient autorisés à s'établir à Ramléh pour le service des pèlerins ^,

Pendant le siège de Jaffa, en 1799, Bonaparte logea avec son état-major dans le couvent, et l'église fut transformée en hôpital. A peine l'armée française eut-elle quitté le pays, que les musulmans saccagèrent le couvent et massacrèrent les Religieux.

Dès l'origine, Téglise fut dédiée à saint Joseph d'Arimathie et à saint Nicodème, qui l'aida à ensevelir le corps de Notre-Selgneur. L'église et le couvent viennent d'être reconstruits à neuf.

La tour des Quaratite-Martyrs.

A 10 min. du couvent, vers l'O. s'élève la mosquée Blanche^ Djamià el Abiâd, avec sa tour célèbre. C'est un carré de 100 m.

1. Calahorra, Chron. Syr., 11,9. — 2. Mlllilz, Man. des Cons., II, i,465.

En chemin de fer. ramlëh

Voyage I. 37

de côté, garni en parlie d'une ou de deux rangées d'arcades ogivales, autrefois couvertes de voûtes. A peu près au centre de la cour s'élève un petit monument formé de quatre arceaux surmontés d'une coupole. C'était une fontaine et en môme temps un lieu de prière, comme l'indique le mihrâh. Sous le sol est ménagé un vaste souterrain divisé en deux nefs par une rangée de piliers carrés, qui supportent une voûte fort bien conservée* Tout l'ensemble de ces constructions représente un khan ou caravansérail, avec des magasins creusés dans un sol sablonneux très sec.

La tour carrée, qui se dresse à l'extrémité du même enclos,

est appelée Tour des Quarante Martyrs par les chrétiens et Tour des Quarante Compagnons du Prophète par les mahométans. Elle mesure 9 m. sur chaque face, est divisée en 5 étages et renferme un escalier en spirale de 1 10 marches Celles-ci s'appuient sur un gros pivot central et conduisent ix une plate-forme. La disposition des étages, les fenêtres et les contreforts sont imités des clochers chrétiens

Plan de la Toar des Quarante- ^" *«° »• ^» construction, les mou- Martyrs, lures et le galbe de la porte sont 1. Entrée. — 2. Tour. arabes. Une inscription qu'on y a 3. Mihrâb. trouvée dit que ce monument fut

commencé sous Bibars de l'an 1237 à l'an 1238, et une autre sculptée sur la porte d'entrée apprend qu'il fut terminé par le sultan Nasir Mohammed ibn Kalaoûn en 1318. Moudjir ed Dln l'attribue au même sultan. Cet édifice servit de tour d'observation en temps de guerre. Du haut de sa plate-forme, on jouit d'un panorama splendide sur toute la plaine. Au xyu*" s., une construction cylindrique fut élevée sur la terrasse et transforma la tour en minaret.

A 10 m. au N. du couvent existent les Vasques de Sainte-Hélène, vaste réservoir d'eau de pluie, divisé par 15 piliers en 6 compartiments couverts de voûtes. Celle construction, aujourd'tiui fort délabrée, remonte probablement au vni* s., à l'époque de Solelman.

Au sortir de la gare de Ramlôh, la voie ferrée franchit la route de Jaffa à Jérusalem. Au km. 25, on upcrçoit à g. un hameau bâti en pisé et en bois, appelé el Barriyet er Ramléh, le Désert de Ramléh. C'est un des lieux destinés aux familles bannies de leurs villages par leurs concitoyens K Plus loin.

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