LA BASILIQUE DU SAINT-SÉPULCRE
HISTOIRE
Authenticité du Calvaire et du Saint-Sépulcre. H est démontré scientiQquement qu'au temps de Noire Seigneur leGolgotha traditionnel se trouvait en debors de la ville, non loin de la porle de 6'ennath ou des Jardins. Les vestiges de la 2' enceinte ont été retrouvés au midi et à l'orient de la basilique^. D'ailleurs, le tombeau juif à plusieurs fours à cercueil, Icokim, qu'on voilderrière la rotonde du Saint-Sépulcre, et un autre de même genre retrouvé au N.-E. du monument, fournissent des arguments péremptoires qu'avant la construction de la 3* enceinte, l'an 43 de notre ère, ce lieu n'était pas compris dans les murs de la ville.
La tradition aussi olTre des j^aranties à la critique la plus exigeante. Un grand nombre de Juifs, témoins de la Passion, étaient ou sont devenus les disciples du Christ. En embrassant le christianisme, ils n'ont pas abdiqué cette qualité commune aux Orientaux, mais qui distingue la race d'Abraham, savoir la fidélité aux traditions, la vénération profonde pour tout lieu témoin de la puissance ou de la bonté du Seigneur. Les évangéiistes, de leur côté, ont soin de spécifier le théâtre du drame divin, comme pour y intéresser tout adorateur du Fils de Dieu. Ils apprennent que le monticule où Jésus fut crucifié est celui qui porte le nom de Golgotha, hors de la porte, mais tout près de l'enceinte. Il y avait en outre en cet endroit un jardin avec un sépulcre neuf, propriété de Joseph d'Aî'imathie.
A l'approche des légions romaines sous le commandement de Titus, les chrétiens de Jérusalem comprirent que la prophétie du divin Maître sur le malheureux sort du Temple et de la ville allait s'accomplir, et ils se réfugièrent dans les Etats d'Agrippa 1*% au delà du Jourdain. Mais aussitôt que le fléau de la guerre fut passé, ils revinrent se grouper autour du Cénacle, dans la Ville haute qui avait échappé à la destruclion. Là, la X' légion leur fit bon accueil.
Lorsqu'ensuite les Juifs se soulevèrent de nouveau sous la conduite de Barcochébas, le prétendu Messie, les chrétiens ne prirent aucune part à la révolte et, s'ils eurent à souffrir de la part des Juifs, ils furent épargnés par les Romains.
Histoire,
JERUSALEM
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Jasque là, ils avaient si bien gardé la vénération du saint Tomljean et ÛVL Calvaire, que l'empereur Adrien, résolu de fonder une ville loute païenne, essaya de les en éloigner en souillant les grands souvenirs du Judaïsme et du Christianisme par le culte des faux dieux. Dans ce dessein, disent Eusèbe^ et saint Jérôme >, il fit élever sur le Golgotha unevaste terrasse d'une csntaine de mètres de longueur, en accumulant sur le sol inégal un monceau de terre et de décombres, que retenait un mur d'enceinte semblable à celui du Temple. Sur cette esplanade, il fit planter un bocage consacré à Jupiter et à Vénus. Cette profanation est une nouvelle garantie d'authenticité. Par elle aussi le Sépulcre et le Golgolha forent mis à l'abri de toute injure jusqu'à leur solennelle invention au iv* s. Nous savons aussi par Origène 3, Eusèbe * et saint Jérôme ^, qu'aux n* et iii* s. de nombreux et illustres pèlerins se rendirent à Jérusalem, pour
« visiter les Lieux saints et pour ^ prier ». Ce mouvement de pèlerinage, qui, suivant l'expression de saint Jérôme, commença dès l'ascension du divin Sauveur, ne permettait pas que l'oubli envahit les deux endroits mémorables où s'accomplirent les principaux mystères de la Rédemption "'. Aspect primitif du Golgotha et du Jardin de Joseph d*Arimatliie.
La configuration actuelle du sol permet aisément de reconstituer les lieux à peu près tels qu'ils étaient au temps de la Passion. Du côté de la ville s'élève une butte rocheuse de 5 m. de hauteur, dont le sommet dénudé et arrondi en forme de crâne lui a valu le nom de Gtitgotha ou de Calvaire. A son pied, vers l'Ô., un pli de terrain s'étend du S. au N. et s'accentue au N.-O. Ce vallonnement est limité à l'O. par les parois de la roche qui monte en pente assez raide sur les flancs du (îareb, et qui atteint une hauteur de 10 m. à la première rue qui passe à l'O. de la rotonde. Celte terrasse transformée en jardin était la propriété du noble décurion. Dans l'escarpe de la masse rocheuse s'ouvrait le tombeau de ses ancêtres, tombeau dont une partie subsiste encore. Tout auprès, Joseph d'Arimathie s'était fait tailler dans le vif un sépulcre neuf, à un niveau légèrement plus élevé. Un autre sépulcre de famille a été retrouvé à 50 m. au X.-E. du précédent.
A l'E. du Golgotha, vers le mur de l'ancienne ville, la dépression est plus profonde. Sur le flanc, à 10 m. au dessous du sommet du monticule, s'ouvre une grotte naturelle qu'on pouvait utiliser comme citerne. Ajoutons encore que le Calvaire n'était pas spécialement destiné aux exécutions capitales. Les Juifs, comme M. Wilson l'a démontré ', n'avait aucune place particulière pour exécuter les condamnes à mort.
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