‹ Nouveau guide de Terre SainteChapitre 67 sur 251 · I. Mar;., XV. Ifi, - 2. /((., vers, »yr. - 3. td · texte numérisé non relu

I. Mar;., XV. Ifi, - 2. /((., vers, »yr. - 3. td

98 ^ Visite, JÉRUSALEM Via dolorosa.

se garde bien de les nommer » parce qu'ils étaient entre les mains «de ces manières de gens qui n'estoient mie obéissant à Rome, u Quaresmius trouva cet oratoire transformé en cuisine. Depuis que M. Melchior de Vogiié en a relevé le plan et déclaré que la chapelle du Couronnement d'épines est une œuvre chrétienne du xii* s., les musulmans ont pris ombrage. Ils placèrent dans la chapelle le cénotaphe d'un santon inconnu, tout en l'utilisant comme magasin d'habillement. Les chrétiens n'y entrent pas.

Atrium du Prétoire et basilique de Sainte-Sophie »^.

En tournant à g., on arrive à la grande cour de la caserne. La superbe basilique de Sainte-Sophie ou de la Sagesse éternelle, que le Breviarius de Jérusalem, Pierre l'Ibérien^ Théodose, le Pèlerin de Plaisance et Sophrone nous ont fait connaître, fut détruite en 614. La pierre très dure qu'on y vénérait jusqu'à cette époque et dans laquelle, d'après Aurèle Gassiodore et le Pèlerin de Plaisance, Jésus laissa les empreintes de ses pieds pendant qu'il se tenait devant Pilate, fut transportée plus tard dans la basilique du Saint-Cénacle. Au xii* s., les chrétiens indigènes relevèrent le glorieux monument qui marquait le tribunal de Pilate ; mais il dut bientôt céder une seconde fois la place au tribunal du gouverneur musulman de Jérusalem.

La nouvelle église formait un vaisseau allongé, flanqué de deux nefs latérales. Boniface de Raguse (1562) y vit encore une peinture représentant Notre-Seigneur devant son juge^ Plusieurs autres pèlerins relatent le même fait. Quaresmius, qui eut l'occasion de visiter plusieurs fois le Sérail, dit de cette église : « Sauf sa splendeur primitive, l'ancien édifice existe encore. Il n'a changé que de forme et d'usage... A l'endroit où se trouvait jadis le prétoire et où se dressait le chœur, la partie principale de l'église, on voit présentement le tribunal. Les salles qui s'ouvrent de côté et d'autre retiennent toujours la forme des chapelles (tJ'arées) ; elles sont très hautes et couvertes de peintures, la plupart très détériorées. Sur la place qui sert maintenant de cour, s'élevait, à mon avis, l'avantcorps de l'église {le vestibule) *. » Vers 1832, Ibrahim Pacha fit reconstruire à neuf toute la caserne, sauf quelques corps de bâtiments placés au centre et renfermant la chapelle du Couronnement^.

Chaque vendredi à 3 heures du soir, et les jours où les caravanes de pèlerins en font la demande au Rv"' Père Custode, les Pères Franciscains, et à leur suite les autres catholiques, sont admis dans la cour de la caserne, pour y faire la lecture, môme parfois la prédication de la 1'' Station de la Via Crucis. Bien que Jésus entendit prononcer sa sentence de mort sur le lithostrotos, néanmoins Tusage s'est établi de commencer le Chemin de la croix au tribunal proprement dit de Pilate. Les fidèles ont ainsi la consolation de prier à l'endroit où le Prince de la Sagesse fut interrogé par son juge qui, tout en reconnaissant son innocence, le livra aux Juifs. C'est là que sa femme, nommée Procula, d'après les plus anciennes versions grecques

1. Op. cit., 22C. — 2. Op. Cit., II, 140. — 3. Schick, Beit et lUakdas. 110.

Ch, de la Flagellât. Jérusalem

5« Visite. 99

w.^mv^iummi'^mM

de l'ouvrage apocryphe dit Evangile de Nicodème, eut Je mystérieux sooge qui la ût intervenir en faveur de Jésus. C'est là que les soldats ramenèrent riunocente Victime après la flagellation et que, par un raffinement de cruauté, ils ta couronnèrent d'épines, la couvrirent d'un manteau écarlate et invitèrent toute la cohorte à la tourner en dérision et à la saluer Roi des Juifs.

Chapelle de la Flagellation ^.

Arrivé au pied do la rampe au sortir de la caserne, on se

tourne à dr. et l'on entre par la 1" porte qu'on rencontre à g. ; elle ouvre dans le cloître du couvent des Pères Franciscains. A dr., on aperçoit aussitôt la chapelle de la Flagellation, l'endroit où, d'après la tradition, le divin Maître fut soumis au cruel supplice du fouet et des verges. A g., on voit la chapelle de la Condamnation, qui s'élève sur l'antique lithostrotos.

Les juifs n'ont pas assisté à la flagellation de leur Victime. Les bâtiments qui s'élevaient à l'E. de la cour où ils s'étaient arrêtés, les empêchaient de jouir du cruel spectacle ; c'est pourquoi le faible juge sortit avec Jésus de l'atrium du prétoire, pour le présenter à la foule, dans l'espoir que la vue du lamentable état où il était réduit exciterait en eux quelque sentiment de commisération.

Nous avons déjà vu qu'au commencement du v* s. le Breriarius mentionne, avec la basilique de Sainte-Sophie, « le cuhiculum où le Sauveur a été dépouillé et flagellé, w Au vu* s., les nouveaux maîtres enlevèrent aux chrétiens le rocher de Baris avec les ruines de l'église de Sainte- Sophie ; mais ils leur laissèrent, comme il paraît, la partie septentrionale du Prétoire, qui en était séparée depuis longtemps déjà, comme aujourd'hui encore, par une rue. A l'époque, de Charlemagne et d'Ha-

roiin pr Ra6<*htH /vprc Mlft\ rmit^nr Hn CnminPmnvn.tnri'n.tn n<>pil • u A»

Chapelle

de la Flagellation

roùn er Raschid (vers 808), l'auteur du Commemoratorium écrit : « Au Prétoire, cinq (prêtres et clercs). »

'indique au IN. ae la rue car

fldgelLatus estJhesus. Les débris de sculptures et de moulures retrouvés dans les ruines, montrent que cette petite église était un vrai bijou d'architecture, qui se rattache au type des plus belles œuvres des Croies. Il est très vraisemblable que les architectes francs de 1 église Sainte- Anne, qui ont construit aux Syriens Jacobites la belle église de Sainte- Marie-Madeleine dans le même quartier, leur bâtirent aussi la gracieuse chapelle de la Flagellation. En 1618, le fils du pacha de Jérusalem l'enleva par force aux Frères Mineurs. Réduit tantôt en écurie, tantôt en boutique de tisserand, le petit monument, malgré ses restaurations, ne forma bientôt plus qu'un monceau de ruines. Ibrahim Pacba le rendit à

100 r Visite. JÉRUSALEM Via dolorosa.

leurs anciens propriétaires en 1838. L'année suivante, Maxintilien, d«c (Je Bavière, laissa comme souvenir de son pèlerinage à Jérusalem la somme nécessaire pour sa reconstruction. Les Franciscains, qui virent pèlîp l'étoile du conquérant égyptien, relevèrent l'antique ciiapelle en toute liâle, pour assurer aux i)è(erins la consolation de prier en liberté sur le lieu même ou le divin Sauveur eut ses cliaira mises en lambeaux par amour pour nous,

Chapelle de la Condamnation et de Vlmposîtion

de la croix f .

A quelques pas de la chapelle de la Flagellalion, vers l'O.,

oh arrive au lithostrotos, au bord oriental duquel s'élève la

chapelle de la Couda mnatiou. C'est ici le

Gabhatha où Ponce Pilate amena Jésus tout

ensanglanté et le présenta au peuple avec

ses mystérieuses paroles : Ecce Homo. Le

faible juge espérait que sa vue calmerait la

haine féroce des membres du Sanhédrin et

ferait naître quelque sentiment de pitié.

«' « Mais, lorsque les Princes des prêtres et

Plan de la chapelle les satellites le virent, ils s'écrièrent : Gruci-

^ ^^ ^^ ,. fiez-le ! cruclliez-le!... Que son sang retombe

Condamnation . » * . .

et de l'Imposition de sur nous et sur nos enfants. » Le. juge

la croix. inique, tout en se lavant les mains du sang

de la Victime dont il venait de proclamer

l'innocence, le condamne à mort et le fait charger de la croix.

La chapelle, découverte il y a quelques années, est un carré parfait de 10 m. de côfé ; une abside s'y rattache à l'iil. A l'intérieur, 4 piliers carrés sans socle supportaient autrefois une coupole. L.es nefs latérales sont terminées, comme dans l'église voisine du Deir el Adès, par une niche semi-circulaire en pierres de faille à 1 m. au-dessus du sol. Audessous de la niche seplentrionale, un petit placard en ma(;onnerie semble avoir été recouvert d'une des grosses dalles du pavement ; il devait en Mre de même sous la niche du midi, complètement démolie.

Avant que cette chapelle ne fût reconstruite en 1904, les dalles du lithostrotos s'avançaient jusqu'à l'abside. Celle-ci, un peu plus grande qu'aujourd'hui, portail des traces manifestes d'une restauration, qui a dû avoir lieu avant l'an 1187.

La chapelle de la Condamnation semble avoir été rainée ou enlevée aux chrétiens dès l'an 1219. En 1294, Ricold de Monte Ci*oee ne la remarqua déjà plus. « Près de la maison de Pilale, dit-il, nous vîmes le lithostrotos où le Seigneur fut condamné et le lieu où se tint le peuple, devant le palais, lorsaue Pilate sortît au devant de lui. » Fassbender (1492) parle de cette même cour, et en 1507, Anselme de Cracovie ajoute que « la place du Lithostrotos est traversée par une sorte de maçonnerie en forme d'arc ressemblant à une porle double. » Entre cet arc et le Sérail, Stochove (16îi0) indique le Heu où Jésus fut chargé de la croix. Joseph-Antoine de Milan (1764-1778), avant de parler de l'église de la Flagellalion, écrit : « Au sortir de la caserne, nous notâmes, tout çrès les vestiges d'une antique église fort petite, ayant encore quelques piliers carrés et un reste de voûte portant des traces de peintures ; malgi^ mes efforts, je n'ai pu réussir à discerner ce qu'elles pouvaient représenter.

Arc Ecce-Hamo. jërusakem 5' Visite. 101

C'est la croyance commune des chréLlens du pays qu'en cet endroit on imposa la croix au divin Sauveur, u En etiet, jusque vers l'an 1863, la 2* station du Chemin de la croix se 61 toujours dans la rue à côté des ruines de cette chapelle.

Lithostrotos. Le dallage sur lequel la chapelle est assise s'étead sous la rue jusqu'au rocher qui porte la caserne ; il mesure environ 40 m. du N. au S. et s'avance vers l'O. à une distance d'environ 30 m. Dans le couvent des Dames de Sion attenant à celui de la Flagellation, on en a également mis à découvert une grande partie. Les dalles ont toutes 0 m. 35 à

0 m. 45 d'épaisseur, et celles qui se trouvent sur Taxe de l'are Ecce Bomo sont striées par des cannelures transversales, pour empêcher les chevaux de glisser. Les Actes des Apôtres (XXI, 34-37; — XXII, 2i} nous apprennent en effet qu*il y avait dans la forteresse Antonia un corps de cavalerie. De place en place, on voit gravées sur les dalles des figures géométriques semblables au jeu de margelle ou de moulin en usage chez les Romains. Notons encore un Immense linteau de porte orné d'un cartouche, un piédestal judaïque comprenant la base d'une colonne, retrouvé debout dans l'un des angles de la chapelle. Deux piédestaux de même caractère furent découverts chez les Dames de Sion. A Sébasle, ville d'Hérode, on en voit de forme identique. Le banc en pierre d'un m. de largeur qui limite le lithostrotos, semble avoir porté une rangée de colonnes. A l'E. de ce stylobate, la construction du nouveau couvent mit au jour plusieurs beaux murs qui courent parallèlement avec lui ; on en voit encore des pans fort intéressants.

Arc Ecce-Hotno.

En sortant de l'enclos de la Flagellation, on se dirige à dr. vers l'O. et l'on arrive à l'arc en plein cintre qui traverse la rue. Depuis le xvi* s., il porte le nom d'arc Ecce Homo^ parce que vers le xiv« s. on avait encastré dans le mur, au-dessus de l'archivolte, à TO., deux pierres du lithostrotos, sur Tune desquelles se tenait, suivant la tradition, Notre-Seigneur et sur

1 autre Pilate; lorsque celui-ci prononça ces mots : Voilà l'homme.

En 1310, Marin Sanut y remarqua déjà les deux dalles. Félix Fabrl (1485) et 8 autres pèlerins du xv* s. rapportent que les deux pierres fouloes Tune par Jésus, l'autre par son juge au lithostrotos, furent pieuserapnt recueillies par les fidèles pour être conservées à cette place.

Anselme de Cracovie (1507. dit « qu'avec la permission du sultan, obtenue an prix d'une forte somme d'argent, un certain Père (îardien, aidé de quelques Frères Mineurs, les encastra au-dessus do l'arc. » Le premier couvent des Frères Mineurs à .lérusalem au xiii' s. se trouvait dans le voisinage près de « Simon de Cyrène », et il est vraisemblable que les deux pierres sacrées occupaient jusqu'alors la base des deux niches de la chapelle de la Condamnation. A partir du \\i* s., quelques

102 2* Visite,

JÉRUSALEM

Via dolorosa.

pèlerins pensèrent que les deux pierres marquaient la place d'où Jésus lut montré à la foule, et l'arc devint peu à peu la tribune d'où Pilate haranguait le peuple, l'arc Ecce Homo.

L'arc de la rue se continue dans l'intérieur de l'église des Dames de Sion par un arc semblable, mais plus petit ; il y eut autrefois un deuxième petit arc au S. dans le couvent des derviches indiens.

L'arc central a 6 m. d'ouverture et l'ensemble de cette triple porte mesurait 20 m. de largeur. Les pieds droits et l'archivolte, seuls antiques, sont construits en très bel appareil de blocs considérables appelés communément hérodiens. Les moulures de l'archivolte sont de même caractère que celles de la Triple Porte, au S. du Haram esch Schérif. qui est l'œuvre d'Hérode. Le rocher sur lequel s'appuient les pieds droits, n'est pas recouvert de dalles ; comme il est d'un calcaire très compact, on s'est contenté de le strier transversalement. Dans l'église, on remarque au-dessus de la petite arcade une corniche de 2 m. de longueur, dont les moulures font angle de retour à chaque extrémité. C'est l'appui d'une fenêtre. Cela prouve que le monument était surmonté d'un ou de plusieurs étages pourvus de salles. La plupart des portes des places fortes romaines, comme par exemple l'entrée principale de Pompéi, celle du camp prétorien découvert à Lambèse en Algérie, formaient une tour carrée, dont la façade était percée d'une porte triple en plein cintre, ayant la baie centrale plus grande que les deux autres. Ces portes ou ces tours avaient d'ordinaire deux ou trois étages. La forteresse pour laquelle Hérode « avait déployé toutes les ressources de son génie, » ne pouvait manquer d'avoir une entrée monumentale. D'ailleurs, les anciens, comme le Pèlerin de Plaisance, Théodoric et d'autres, qui la virent en meilleur état de conservation, la prirent pour une porte de place forte.

Basilique Ecce-Homo ^.

L'église et le couvent des Dames de Sion sont l'œuvre du R. P. Marie- Alphonse Ratisbonne et furent inaugurés en 1868. L'architecte a su tirer le plus heureux parti des vénérables pierres, témoins contemporains de la Passion du divin Rédempteur. L'église a été élevée au rang des basiliques mineures.

En entrant, on remarque à g., au fond de l'église, le gros piédestal que nous avons déjà mentionné. En face de soi, se dresse la contrescarpe rocheuse qu'on pourra suivre à ro. jusqu'à l'Hospice autrichien et qui ù l'E. se replie à angle droit vers le N., formant autrefois, avec le mur de la forteresse, un large fossé. Derrière le mattre-autel, apparaît majestueusement l'arc collatéral avec le pied droit de l'arc central de la porte Antonia. La conque a. Entrée. qui surmonte l'antique monument B- Contrescarpe, et qui renferme la statue de Jésus g; '^'^'^i^StdroU, de l'are présenté au peuple, vient d être Ecce Homo.

Egl. Ecee-Homo. JÉRUSALEM î' Visite. 103

décorée de mosaïques. La partie ialérieure dea pieds droits est Cachée sur une hauteur de 1 m. 60 par l'exhaussement du sol de l'égJise aD-dessus du niveau du seuil de l'antique porle.

Les Religieuses rnoolrent voloutiera aux pèlerins leur Intéressante portion du iilhoslrotos. Mais l'accès â la piecloe double est devenue assez difficile.

Antique rue de la forteresse Antonla.

De l'arc Ecce Homo, une rue aussi large que la porte a triple baie, c'est-à-dire de 20 m., dosceod dans le vallon el Wad ; elle est pavée avec des pierres de mêmes dimeusions que celles du HthostTOloe, et ■" — - " -du grand arc, elles sont également st:

versalement. L'existence de cette vi iéji été constatée lors de la consl l'église Ecce Homo et de celle de î du Spasme. Les Grecs non-unis qu de conslFuirc une maison entre l'i Homo et l'Hospice autrichien (I90t

trouvé la même voie dans les méi ,

lions ; ils l'ont laissée à découvert et s

de la visiter. Do, plus, au-dessous i S

pavage, ils ont lelrouvé les traces §

pavée avec moins de luxe. Celte a

dernière est sans doute la voie ^

primitive par laquelle on montait 9 la tour B'rah ou Baris, que Nèhtmie Ht restaurer après le retonr de la captivité de Babylone. Arrivée au fond du vallon, la lielle me avec ses grosses dalles ensuit le lit dans la direction du Baram esck Scitérif, comme les ingénieurs l'ont conslalé ' ; elle alion tissait proliablement k l'entrée ta plus septentrionale du Temple au temps d'Hôrode. Do l'Antonia aux parvis sacrés il n'y

ivaft d'autre communication di- - '•

Mcte que « deux escaliers % pour pi^^ g^g „gti^ ^^as la coniresle service des soldats, » dit Jo- rarpe de la Via dolorosa. sÈphe '.

1. Sthict. Z. 0. P. V., XVII, 168. - a. Cl. Act., XXXI, 35, 40. - 3. G.

104 ^ Visite. JÉRUSALEM Via dolorosa.

Pour établir une voie plane d'une largeur de 20 m.^ on dut nécessairement entailler les flancs du mont Bézétha. Cest ainsi que se forma l'espèce de contrescarpe qu'on voit dans l'église Ecc«-Honio, et surtout dans le nouvel établissement des Grecs.

En formant la contrescarpe, on a emporté la partie antérieure de plusieurs anciennes habitations creusées dans le roc. Cependant, dans la propriété des Grecs existent encore des grottes artitlcielies à plusieurs étages, sur une grande étendue. Les trous, pratiqués dans les parois de quelques-unes de ces grottes indiquent qu'elles ont été utilisées pour le logement des chevaux, peut-être par les soldats de l'Antonia. D'autres, soigneusement taillées et munies de portes et de couclieltes, semblent constituer une prison romaine pour les criminels de la pire espèce.

il y a une cellule qui mérite surtout d'être signalée : On y voit un grand banc rocheux de 0 m. 90 de hauteur et creusé en dessous à une certaine profondeur. Au-dessus de cette excavation, le banc est perforé de deux trous capables de recevoir les jambes d'un homme, de manière à ce qu'elles puissent être liées en dessous. Ce banc a certainement subi une restauration. En tout cas, rien n'autorise les moines Grecs à faire passer cette grotte pour la Prison du Christ.

Lies Croisés, il est vrai, localisèrent, avant leur départ de Jérusalem, la maison de Caïphe, dans le voisii\age du Prétoire ou la forteresse Antonia, pour les raisons que nous avons exposées plus haut. (V. ^. 98). Pour les mêmes motifs, ils ont aussi fait descendre du mont Sion la Prison de la maison de Caîphe, où Jésus fut retenu jusqu'à l'aube du jour. C'est pourquoi Ernoul, par exemple, écrit : « Et là (à l'Est du Prétoire) estoit li prisons où il fu mis la nuit qu'il fut pris en Gessemani. j) Mais bientôt il devint manifeste que ce fut là une erreur, et les Latins reconnurent que l'emplacement du palais de Caïphe, avec sa Prison, était au mont Sion, où les Orientaux n'avaient jamais cessé de l'indiquer. L'Evangile ne permet pas d'admettre que Jésus fut jeté en prison dans la forteresse Antonia.

III« Station. — Première chute de Notre-Seigneur.

Arrivé au fond du vallon, on entre dans la rue qui descend de la porte de Damas. Dans ce carrefour, trois actions se passèrent presque simultanément. Jésus, épuisé de force, chancelle sous le poids de la croix. Cette chute n'est pas relatée dans rfïvaogile ; mais saint Luc l'insinue en disant qu'à ce moment un passant fut requis pour porter le lourd instrument du supplice. Pendant cet instant d'arrêt, dit l'évangile apocryphe de Nicodëme, Marie réussit à percer la foule et à arriver jusqu'à son divin Fils gisant dans la poussière et faisant des efforts pour se relever sous les coups et les imprécations des bourreaux. Le saint Evangile raconte que la Vierge Mère assista à l'agonie de son divin Fils, et que des femmes de Jérusalem se glis*8èrent dans le cortège pour exprimer à l'innocente Victime leur compassion pour ses souffrances. Il serait étrange que la tendre Mère ne fut pas la première à exprimer son amour et sa sympathie à Jésus traîné au lieu du supplice.

Une colonne de marbre brisée en deux et couchée à terre sur la chaussée marque de temps immémorial la première chute du divin Sauveur. Les Pères Franciscains bâtirent l'oratoiro au pied duquel glt la colonne.

U <;iUz de HierusaUia (1487) et piasieurs Inilcs iDOdek-s sur cet ouvrage parlent du lieu où Jésus se reposa uu p«n > quant ou le mena rrufelîer a, mais ils Indiquent ce lieu à l'E. du l'rétoire. rers l'élise SalDle-Aone et i cAlé de (a Frison de la iDaison de Calplie. La eonlusion esl manitesle. Ricold (IRH) oioptre dans le carrefour du Cjrénéen le lieu où Ji^us ■ épuisé se reposa an peu. ■ Ce repos, que Burchurd (lîlfô] el Jnc.|iies de Vérone {1335) appellent une chiite, est nécessairenieiil dû à rierablemenl de Jésus sous le poids de la croix, qui, pour ce motll, lui akirs imposée 1 un élrani^.

IV' Station. — EgUse de Notre-Dame du Spasme f. A l'emplacement tradiliooel de l'émouvaDte rencontre de

Jésus et de sa Mère sur la Vole douloureuse, les ArméDiena catholiques viennent d'élevçr la belle église qu'on voit au fond de la cour près de l'oratoire de la III' Station. Dana la crypte, au niveau de l'antique rue dont on a retrouvé quelques pavés du cûté du N., existe une grande mosaïque, qui lut mise au jour quand on creusa les fondements delà nouvelle église. Un carreau encadrA d'une belle bordure porte au centre deux petits souliers ou sandales juxtaposées, dont les pointes sont tournées j^^ vers te N.-O. Cette mosaïque,

de la crypte de N.-D. du Spasme, qui est antérieure au vu- s.,

A. F.nirée. - n. Mosaiqties. semble marquer la place Iradl-

Page 1