‹ Nouveau guide de Terre SainteChapitre 68 sur 251 · C. Souliers. lionnelle occupée par la Sainte · texte numérisé non relu

C. Souliers. lionnelle occupée par la Sainte

Vierge, quand elle échangea

avec son Fils no regard ob passa toute leur âme, mais qui

pénétra le cœur de la Mère comme un glaive.

ilv>rien talion un peu diflérente. L'éiaiigile de Nicodenie montre Ja Viej'ge en proie a une douleur Immense sur le passage du eorlé«. Les chroniqueurs des xir et iiii'a. Ecoihleut bien parlerde cette éclite, eu écrivant: • A main désire de celé rue de Josattas avoil I moDStier e on apeloit le Htpos, JA dist on que Ihesu Cris reposa, quant on le mena crucenler, • L'oHentntioa seule est erronée. L'auleur des Médilations de la Vie de Jenu^CArùl (LXX II) (ouvrage attribué à tort à saint Bonavenlure. maia aimposé au iiii' s.) dit avoir appris des pèlffl'lns que l'église du [àpasme if H.-L, était eu ruines. ICn ISH Bicnld visita dans tf carrefour « tocuui tramorUtlonla domina noslrte », Une carte de Ji-rusalero de l'an 1308, re|>rêB«nle dans ce même carrefour une église avec ces mois o Pasm VKis ■ pour Spasina Virginu '. Odoi'ic |13a)f j indique une église dilc

I. Q. S.. i9l«, iîî-l!i. - !. De Vogiié, Egliiet de T. S., 438.

106 5« Visite, JÉRUSALEM Via dolorosa.

« Sancta Maria de Pasmoyson n. Les musulmans avaient transformé les dépendances de celte église et le monastère en bains publics, qui portent encore le nom de Hammam es Sultan, Bains du Sultan.

La IV* StatioD du Chemin de la croix a été fixée dans la rue, ù 35 m. des deux souliers en mosaïque.

V® Station. — Chapelle de Simon le Cyrénéen,

Pendant la poignante entrevue de Jésus et de Marie, arrivait des cliamps, par la porte des Poissons, un étranger nommé Simon, originaire de Cyrène. C'était probablement un prosélyte juif, peut-être même un admirateur du Christ. Les satellites, voyant Jésus épuisé de force, imposèrent au Cyrénéen la corvée humiliante et pénible de porter la croix de Jésus sur la pente raide qui monte au Calvaire.

La Citez de Hierusalem (1187), Ernoul (1230) et plusieurs autres traités de l'époque des Croisades, indiquent à dr. du carrefour qui se trôuye à ro. des « Portes douloureuses », la rencontre de Jésus avec l'homme champêtre, rusticus, « ruissiaus », qui fut chargé de porter la croix : « A main destre sur le carfour de celé voie fu li ruissiaus dont l'Evangile tesmoigne, dont il disoil que Nostre Sire le passa quand il fu mené crucifier. »

Ricold de Monte-Croce (1294) raconte que près du Spasme de N.-D., le lieu du Repos et celui de Simon le Cyrénéen a se trouve la maison habitée jadis par les Frères Mineurs ». Il semble qu'à leur arrivée à Jérusalem, les Franciscains s'installèrent en premier lieu dans le couvent latin de Saint-Jean l'Evangéliste que la Citez de Hierusalem indique dans ce même carrefour, à moins que ce ne fût « le moustier du Repos » lui-même.

Dans Tangle méridional formé par la rue el Wdd et celle qui monte au Calvaire, Tarîq es Serai, appelée aussi par les chrétiens Tarîq et Alam, la rue des Douleurs, les Franciscains ont aménagé un oratoire en souvenir du Cyrénéen, qui mérita d'avoir son nom et ceux de ses fils, Alexandre et Rufus, consignés dans l'Evangile.

VI® Station. — Eglise Sainte-Véronique.

A 80 pas plus loin, au-delà d'une voûte à cheval sur la rue et portant un bel édifice, un fragment de colonne encastré dans le mur, à g., indique la VI' Station. C'est l'emplacement traditionnel de la maison de sainte Véronique, le lieu où parut cette noble femme tenant dans ses mains un linge trempé d'eau fraîche, qu'elle porta respectueusement au visage du divin Maître, couvert de poussière et de sang. Jésus l'appliqua sur son front et, pour récompenser cet acte de générosité, il y laissa les traits de sa face auguste.

Quelques anciennes voûtes, à moitié sous terre, ont ^té trans* formées en oratoire, par-dessus lequel les Grecs-unis ou Mel-

VW station. Jérusalem 2* Visite. 107

chites bâtirent en 1895 une fort belle église sous le vocable de Sainte-Véronique.

Ce que rEvangile raconte de la piété des Filles de Jérasalem est bien d'accord avec ce que la tradition rapporte de Bepevtxfi ou Véréniké, Veronica dans la forme latine.

Dans la maçonnerie en pierres et en briques et les tuyaux de terre cuite retrouvés au milieu des constructions établies sur le roc, M. C. Sehick voit les vestiges d'une maison juive antérieure à l'époque romaine ^ Georges de Nuremberg (1435) et Félix Fabri (1484) montrent la maison de sainte Véronique en ce même lieu.

Vile Station. — Porte Judiciaire f. — Chapelle de la Colonne de la Sentence.

A 60 pas plus haut, on arrive à un nouveau carrefour. Là, une porte do ville s'ouvrait sur la campagne. C'était la porte Antique, que le livre de Néhémie (XII, 38) place entre la porte des Poissons au N. et celle dEphraïm au S. A Tune des colonnes du portique intérieur fut aflichée, dit-on, selon la coutume des anciens, une copie de la sentence de mort prononcée contre le Roi des Juifs, d'où les chrétiens donnèrent à la porte Antique le nom de porte Judiciaire. En franchissant le seuil de la porte, Jésus, bousculé par la cohue, défaillit une seconde iois, d'après une pieuse croyance.

La chapelle de la VU* Station à l'angle N.-O. du carrefour renferme UQ splendide débris de l'antique Jérusalem, que tout pèlerin devrait visiter. Sur le roc traversé par une rigole carrée et profonde, se dresse une superbe colonne monolithe en marbre, ayant 0 m. 75 de diam. et 7 m. de hauteur ; le chapiteau a disparu. Le piédestal de la colonne est en partie enclavée dans un pan de mur de construction romaine. En face, à l'angle S.-O. du carrefour, Boniface de Raguse (1552) et le prince Nicolas de Radzivil (1585) virent encore une colonne semblable, formant ie pendant. On sait que la rue qui passait devant cette porte, à l'intérieur, était ornée dans toute sa longueur d'un double portique, dont les colonnes n'avaient que la moitié du calibre de celle renfermée dans la chapelle. « Là où au temps de Néhémie, dit M. G. Sehick, se trouvait la porte Antique, cette rue à colonnades fut croisée par une autre et portait, comme il paraît, un tétrapylône formé de colonnes plus hautes, dont une existe encore in situ *. »

Hérode le Grand se plaisait à orner les villes par des rues bordées de galeries ; il en construisit une à Césarée, à Jéricho et à Sébaste. Le monument auquel appartenaient les deux colonnes pouvait être fort bien indépendant de la rue, et avoir existé avant que celle-ci ne fut ornée d'un portique. Tout permet donc de croire que la majestueuse colonne vit le divin Sauveur gisant à ses pieds, lorsque, accablé de malédictions, «I sortit de la ville déicide.

Dans cette même rue, on rencontre vers le N. une coupure de rocher longue d'environ 80 m. ; elle supportait, d'après MM. Williams, Warren, Wilson et d'autres explorateurs, le mur de la 2* enceinte, ou en formait ja contrescarpe. Puis à l'O., du côté du Golgotha, on a constaté, lors do la construction d'un canal sous la rue, l'existence d'un fossé remblayé.

108 5« Visite, JÉRUSALEM Via dolorosa.

Thomas de Swiuburue (1392i et les pèlerins suivants ne disent pas que tombant une seconde fois au sortir de la ville, Jésus ait été chargé de sa croix. Adrichomius a m^me soin d'ajouter que le Cyrénéen continuait à la porter jusqu'au pied du Calvaire.

Au premier étage, les Franciscains ont élevé une chapelle assez grande qui communique avec l'oratoire inférieur par le moyen d'un escalier. Pour avoir la clef de l'un et de l'autre sanctuaire, il faut s'adresser au couvent de Saint-Sauveur.

VIII« Station. — Lieu où Jésus s^adressa aux

Filles de Jérusalem,

Après avoir croisé la rue transversale, Tarîq Bâb el Amoûd,

OD entre dans celle qui remonte à TO., laissant à g. l'Hospice

protestant allemand dit de VOrdre de Saint-Jean. Là Jésus,

arrivé en pleine campagne, rencontra un groupe de femmes

tout en larmes. « Filles de Jérusalem, leur dit-il, ne pleurez

pas sur moi, mais sur vous et sur vos enfants. »

Quelques écrivains, comme Lndolphe le Chartreux (t 1370), supposèrent que ces femmes avaient accompagné la sainte Vierge et, en conséquence, ils placèrent leur rencontre avec Jésus à la V Station. François Pipin (1320), Jacques de Vérone (1331), Ludolphede Sudheim et d'autres jk'lerins placent cette rencontre « entre la porte Judiciaire et le Golgotha. » L^i distanc? n'est que de quelques pas. Mais la Via dolorosa est interceptée par le couvent de Saint Caraiambos des Grecs non>uuis. autrefois résidence des chanoines latins du Saint-Sépulcre. A 35 m. de l'entrée de la rue, une simple pierre ornée d'une croix latine et encastrée dans le mur à g. marque la VIII* Station. Pour atteindre la IX', qui est tout près, il faut faire un grand détour.

Si l'on continue à remonter la rue, on rencontre à g. la mosquée el Khattgah^ puis, du même côté, la rue par laquelle on arrive au Saint-Sépulcre. De là, on entre dans le quartier des Francs, Hâret el Frandji. Ensuite on voit à dr. l'orphelinat paroissial pour les filles, dirigé par les Sœurs Franciscaines ; 2 min. plus loin, on rencontre, également à dr., l'entrée de l'église paroissiale latine et du couvent de Saint-Sauveur des Franciscains, dont nous parlerons plus loin. De là il n'y a que quelques pas jusqu'à la Casa^Nova.

IXe Station. — Troisième chute de Notre-Seigneur,

De la VIII* Station, on retourne sur ses pas, pour prendre

à dr. la rue qui se dirige au S. Les Croisés lui donnèrent le nom

de rue du M alcuisinat^ parce qu'on y préparait les viandes qu'on

vendait aux pèlerins. Après avoir fait une centaine de pas, on

monte, à dr., un large escalier de 28 marches qui cétoie l'angle

N.-£. de l'Hospice des nobles russes. Puis on suit le chemin

ortueux sur une longueur de 90 m. et l'on arrive en face du

)orlaiI de l'église copte. Un fût de colonne encastré dans le

)ied-droit de la porte marque la IX' Station.

IX' Statioiî. JÉRUSALEM %' Visite. 109

Le chevet de la basilique du Saint-Sépulcre qu'on aperçoit à g. fait voir que de la IX* Station au sommet du Golgotha la distance n'est pas grande. Ludolphe de Sudheim (1336), Frescohaldi (138i) et d'autres pèlerins parmi lesquels il faut citer un évèque oriental, Nicolas d'Aquirraan (1483), trouvèrent près de la basilique une pierre ornée de croix, qui, suivant la tradition, marquait l'endroit où Jésus tomba pour la troisième fois, et celte fois-ci de nouveau sous le fardeau de la croix. Les uns veulent qu'arrivé au pied du Calvaire, le divin Sauveur ait demandé à reprendre l'instrument de. son supplice ; d'autres disent que les légionoaires l'aient contraint de s'en charger de nouveau, pour se conformer, au dernier moment, aux prescriptions de la loi. (^uoi qu'il en soit, une expression de saint Marc ; « Ils le portent, çepouoriv, au Golgotha », semble indiquer (ju'un moment « la faiblesse du divin Maître fut telle (|«e les soldats durent le relever et peut-être le soutenir jusqu'au Calvaire i. »

A côté de l'église» se trouve le couvent où habitent l'évêque, les moines et les pèlerins coptes. Oii peut y visiter un vaste et antique réservoir d'eau appelé la Citerne de Sainte-Hélène, à laqaelle on descend par 43 marches taillées dans le roc.

Aa S. de Téglise quelques marches descendent sur une terrasse, au milieu de laquelle émerge la coupole de Véglise Sainte-Hélène ou de l'Invention de la Croix. La terrasse est au niveau du sol de l'antique Martyrium ou basîlique constantinleoDe dont elle occupe la partie orientale. Pendant l'occupation de Jérusalem par les Croisés, les chanoines du Saint- Sépulcre tenaient là leur réfectoire, dont on voit encore de benux restes contre le mur occidental. Aujourd'hui les moines abyssins, disciples d'Eutychés, habitent les masures qui encombrent la terrasse. Ils possèdent une modeste église dans ic voisinage et y chantent roffico dans l'ancienne langue élhiopleone.

Pour arriver au Calvaire, on retourne sur ses pas jusqu'au pied de Fescalier où l'on reprend la rue Tariq Bab el Amoûd. Passant entre l'établissement russe à dr. f V. p. 87) et la nouvelle église protestante du Rédempteur, puis les nouveaux bazars grecs à g. {V. p. 8^), on traverse la petite porte au fond de la rue pour entrer dans le parvis de la basilique du Saint-Sépulcre.

Les 4 stations suivantes se font au Calvaire et la dernière au Tombeaa de Notre-Seignenr. {V. Voy. précédent, p. 83-84.}

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