BETHLÉEM, HÉBRON, BERSABÉE
Une roule carrossable conduit de Jérusalem à Bethléem et jusqu'à Hébron. — De Jérusalem à Bethléem, 8 km. — Prix de la voilure, aller et retour, 8 à 12 f rs. On peut loger à l'hôtellerie ou Casa Nova des Pères Franciscains.
De Befhléem aux Vasques de Salomon et Ourlas, roule carrossable, 7 km.
De Bethléem à Hébron, 28 km.
De Jérusalem à Hébron, roule directe, 36 km. — En voiture, le trajet se fait en 4 ou 5 h. — Prix de la voiture, aller el retour le mêm^e jour, 20 à 25 frs. — On trouve à Hébron une auberge juive. — Dans l'Hospice russe, on donne l'hospilalité pour la nuit, sans nourrilure, moyennanl 3 frs par tète.
VOYAGE IIP De Jérusalem à Bethléem,
Dirket es Sultan. — Mont du Mauvais Conseil. — Plaine de Raphaïm. Puits de Marie. — Couvent de Saint-Elie. — Tantoûr. — Champ des Pois duchés. — Tombeau de Rachel. — Beit Djâldh.
Do la porte do JaCfa on descend dans la vallée d'Hinnom entre le mont Sien et la colonie israélile fondée par Moïse Monlefiorc, et l'on côloie le Birket es Sultan. Ce réservoir, long do 180 m., large de 80 m. et d'une profondeur maxima de 10 mu, est simplement formé par deux digues jetées à travers la vallée ; elles servent aujourd'hui de ponts. Le mur supérieur retient la masse de lerre et de décombres charriés par les eaux de pluie, et le mur inférieur, celle de l'eau elle-même. Au xus., un Franc du nom de Germain, reconstruisit cette piscine qui fut appelée pour cela Lacus Gernianvs ; Soliman II la restaura au xvr s.
Après avoir traversé le pont, le chemin remonte les pentes de la vallée, laissant à g., d'abord l'hôpital ophtalmique anglais, puis le sentier qui conduit au sommet dénudé du
Mont du Mauvais Conseil. D'après une tradition du xii'^s., Caïpho possédait sur cette hauteur une maison de campagne, dans laquelle les Juifs, dit-on, tinrent leur première délibé-
De Jér. à Bethléem, puits de la vierge Voy. III. 207
ration contre Jésus. C'est là que le gendre d'Anne « étant pontife pour cette année-là, prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation. » (Jean, XI, 51.) De là lui vient le nom de montagne du Mauvais Conseil. Les Arabes l'appellent Djêhel Deir Abou Tôr, mont du couvent du Père du Taureau. 11 y eut là anciennement un monastère sous le vocable de saint Luc, dont l'emblème évangélique est le bœuf.
Après avoir dépassé la gare de Jérusalem et la colonie wurtembergeoise a dr., Ton entre dans la plaine de Raphalm, en arabe Baqâah, qui mesure environ 3 km. 1i2 du N. au S. et 2 km. i\2 de l'E. à 1*0. Son nom vallée des Géants, ou, d'après Josèphe, vallée des Titans , rappelle les Enacim, hommes à taille gigantesque, descendant d'Arbée, le fondateur d'Hébron. Dans cetle plaine, David battit deux fols les Philistins. Quand ceux-ci se présentèrent la. première fois dans a Témêq Raphaîm, » le roi leur infligea une sanglante défaite à BaaI-Pharasim, oii il brûla les idoles que l'ennemi, en fuyant, avait abandonnées*.
Celte lop.ilité n'est ras connue. Elle doit appartenir à une des hanteius qui entourent la plaine. Isaîe semble y faire allufion, quand il montre le Seigneur se tenant sur « le mont Pharasim ou Péràsini '. »
A g., on rencontre le monastère des Clarls.ses françaises, et àdr., lorsque le chemin de fer fléchit vers l'O., on aperçoit Catamoim sur une hauteur, puis le village de Sûfafa et plus loîn celui de SchérafAt. (V. Voyage 1". p. 45).
A dr., les pèlerins visitaient autrefois le Thérébinthe de Marie. Cet arbre, suivant une pieuse légende qui rappelle colle de Mathariyéh près du C-jire, aurait abrité sous son ombre la sainte Vierge et l'Enfant Jésus, lorsqu'elle le portait au Temple. En IGio, un Arabe y mit le feu, parce que les pèlerins foulaient son champ, en allant baiser cet arbre vénérable.
Puits de Marie. Avant d'arriver au couvent de Saint-Elic, qui se dresse en face comme une forteresse féodale, on rencontre à g. une citerne que les' Arabes appellent Bir el Qadismou. Ce mot, qui n'est pas arabe, peut venir de l'hébreu Qadaschim qui signifie les saints hommes, ou du grec Kathisma, qui veut dire siège ou lieu de repos. D'après une tradition déjà relatée par le diacre Théodose vers 530, la sainte Vierge s'était reposée en cet endroit, lorsqu'elle se rendit avec saint Joseph à Bethléem. « Près de ce puits, » Anlonin de Plaisance (570) trouva une église élevée en l'honneur de la sainte Vierge. C'est sans contredit celle que la pieuse et riche matrone Icélia (it construire, selon Mélaphraste, « sur le chemin <le Bethléem en l'honneur de la Vierge-Mère de Dieu, » et dont saint Théodose