ÉPILOGUE DE LA GUERRE
pendu leur service, mais ils ne desservaient que la rive gauche, sur laquelle ils avaient reporté tous leurs pontons.
Sur la place de la Concorde, on distribuait déjà de la paille pour le bivouac de la nuit.
La musique d'un régiment jouait des airs variés au pied de la statue de Strasbourg et les soldats dansaient lourdement devant la pâle effigie.
Le jardin des Tuileries était envahi. Les grilles de la rue de Rivoli étaient fermées, et devant les guichets du Carrousel on avait tendu d'immenses bâches verte s.
Et le Louvre! Et cet amoncellement de merveilles introuvables î Comment ne pas rendre justice à la prudence, à la modération et à la fermeté des officiers allemands, qui conduisirenteux-mêmes leurs hom mes pour leur faire voir l'extérieur seulement de ces monuments historiques et prestigieux, mais qui les empêchèrent d'entrer à l'intérieur, en leur affirmant qu'on avait emporté tous les objets d'art !
Et comment ne pas rendre justice à la discipline de ces masses armées qui se laissaient conduire comme des moutons !
Quelques officiers pénétrèrent, seuls, dans le Louvre. Le public, qui les vit aux grandes fenêtres du palais, les hua. Ils eurent le tact de se retirer des fenêtres.
Si on songe que les armées sont outillées pour allumer les incendies, mais non pour les éteindre ; si l'on songe qu'il eût suffi d'un soldat ivre pour détruire à jamais l'œuvre du génie à travers les siècles; si on