LE PLACEMENT DES PLANCHES
La Rose. . 35
Le Bouton de Rose . . 47
La Tulipe . 51
La Saule Pleureur . ..... 57
La petite Marguerite , ou Pâquerette . 61
La Violette . . 05
Le Souci. . . 71
La Belle- de-Nuit. ............... 75
Le Chardon. . ^ . 79
L’OEillet . 85
Le Bouton d’Or . 91
L’Hortensia . 95
La Couronne Impériale . 101
Le Narcisse. . • . 1Q7
L’Immortelle . 119
La Belle-de-Jour et la Belle-de-Nuit . 127
La Pensée . . . . 129
L’Amaranthe . 130
La Rose à cent feuilles . 265
De toutes les langues de la terre, la plus délicate et la plus gracieuse est celle qui se peint aux yeux sous l’apparence des plus riantes productions de la nature, et dont les fleurs sont les caractères hiéroglyphiques : langage plein de pudeur et de mystère, le seul qui semble convenir au sexe avec lequel on l’emploie dans les régions embaumées de l’Orient.
Plusieurs ouvrages ont dévoilé le secret de cette parole emblématique. Dans celui que nous donnons au public, nous avons ajouté au Glossaire de Flore les plus jolis
vers que cette Déesse a inspirés à ceux qui l’ont choisie pour leur muse : les noms de Mollevault, Constant-Dubos, Milleyoye , Bois jol ain , De Gueule , Arnault, Aimé-Martin , Hoffman, Parny et d’autres encore, répondent du mérite des morceaux que nous avons réunis dans notre recueil.
D’une autre part, nos meilleurs artistes ont bien voulu embellir cet écrit par une collection de dix-neuf lithographies, représentant les plus brillantes productions du règne de Flore.
Il suffira d’y jeter un coup-d’œil pour s’apercevoir que la Belgique est toujours la terre classique des peintres de fleurs , et que nos concitoyens n’ont point dégénéré de la renommée des Yan Spaendonk et des Redouté.
^nîmhmiwn.
Printemps chéri, doux matin de l’année, Console-nous de l’ennui des hivers ; Reviens enfin , et Flore emprisonnée Va de nouveau s’élever dans les airs.
Qu’avec plaisir je compte tes richesses ! Que ta présence a de charmes pour moi!
INTRODUCTION
Puissent mes vers , aimables comme toi ,
En les chantant , te payer tes largesses !
Déjà Zéphyre annonce ton retour.
De ce retour modeste avant -courrière ,
Sur le gazon la tendre primevère S’ouvre et jaunit dès le premier beau jour.
A ses côtés , la blanche pâquerette Fleurit sous l’herbe et craint de s’élever. Vous vous cachez, timide violette,
Mais c’est en vain , le doigt sait vous trouver Il vous arrache à l’obscure retraite Qui recélait vos appas inconnus ;
Et, destinée aux boudoirs de Cythère ,
Vous renaissez sur un trône de verre ,
Ou vous mourez sur le sein de Y énus .
L’Inde autrefois nous donna l’anémone,
De nos jardins ornement printanier.
Que tous les ans , au retour de l’automne , Un sol nouveau remplace le premier ,
Et tous les ans , la fleur reconnaissante Reparaîtra plus belle et plus brillante.
INTRODUCTION
Elle naquit des larmes que jadis Sur un amant Vénus a répandues.
Larmes d’amour , vous n’êtes point perdues Dans cette fleur je revois Adonis.
Dans la jacinthe un bel enfant respire :
J’y reconnais le fils de Piérus ;
Il cherche encor les regards de Pliœhus ,
Il craint encor le souffle de Zéphyre.
Aimables fruits des larmes de l’Aurore,
De votre nom j’embellirais mes vers ;
Mais quels parfums s’exhalent dans les airs Disparaissez , les roses vont éclore.
Lorsque Vénus , sortant du sein des mers, Sourit aux Dieux charmés de sa présence , Un nouveau jour éclaira l’univers :
Dans ce moment, la rose prit naissance. D’un jeune lis elle avait la blancheur ;
Mais aussitôt le père de la treille De ce nectar dont il fut l’inventeur Laissa tomber une goutte vermeille ,
INTRODUCTION
Et pour toujours il changea sa couleur. De Cythérée elle est la Heur chérie ,
Et de Paphos elle orne les bosquets ]
Sa douce odeur , aux célestes banquets , Fait oublier celle de l’ambrosie ;
Son vermillon doit parer la beauté :
C’est le seul fard que met la volupté.
A cette bouche , où le sourire joue ,
Son coloris prête un charme divin 5 Elle se mêle aux lis d’un joli sein ,
De la pudeur elle couvre la joue ,
Et de l’Aurore elle rougit la main .
Cultivez-la , cette rose si belle $
Yos plus doux soins doivent être pour elle. Que le ciseau , dirigé par vos doigts , Légèrement la blesse quelquefois j Noyez souvent ses racines dans l’onde.
Des plants divers faisant un heureux choix , Préférez ceux dont la tige féconde Renaît sans cesse, et fleurit tous les n*ois.
INTRODUCTION
Songez surtout à ce bosquet tranquille Où notre amour fuyait les importuns :
Conservez-lui son ombre et ses parfums ,
A mes desseins il est encore utile.
Ce doux espoir , dans mon cœur attristé ,
Vient se mêler aux chagrins de l’absence.
Ah ! mes ennuis sont en réalité ,
Et mon bonheur est tout en espérance !
(Vers extraits du poème intitulé les Fleurs , par Parny )