TULIPE. — GRANDEUR. — MAGNIFICENCE
Ce fut vers le milieu du xvi e siècle, que Gessner la vit pour la première fois à Augsbourg, dans le jardin d’un amateur qui l’avait reçue de Constantinople, et ce n’est qu’au commencement du xviir siècle qu’elle fut introduite en France. Dans le siècle dernier, l’amour des tulipes était une manie, une espèce de fureur. Il n’était pas rare de voir des familles ruinées par la passion d’un père pour cette fleur. A Lille, dit M. Bescherelle aîné, toute une brasserie, qui porte encore le nom de brasserie de la tulipe , fut troquée par un de ces précieux oignons.
Madame de Genlis parle ainsi du tulipier, le plus beau de France et peut-être de l’Europe :
« Son petil jardin était fameux par un arbre superbe, inconnu alors en Asie : c’était un tulipier de soixante-dix pieds de haut, et qui, dans le temps de la floraison, se couvrait de plus de deux mille tulipes d’une beauté merveilleuse. Le propriétaire avait fait pratiquer autour de cet arbre éblouissant, un escalier circulaire qui s’élevait jusqu’à la hauteur de trente pieds; là se trouvait un repos, une espèce de nid posé solidement sur deux grosses branches qui lui servaient de charpente. Ce nid était assez grand pour contenir en même temps trois ou quatre personnes; et rien n’était plus singulier que de se voir, dans le mois de juillet, placé au milieu de cet arbre, dont chaque rameau, chaque extrémité de branche, présentaient une superbe tulipe; on en était entouré, couronné; on en voyait de tous côtés et sous tous les aspects. Au sein de ce réduit mystérieux, parfumé des plus douces odeurs, un poète aurait pu se croire dans le bosquet chéri de Flore. »
. “ C’est parmi les Turcs, dit un autre auteur, la marque de la plus haute estime, que d’envoyer une tulipe en présent. Cette fleur y partage en quelque sorte les honneurs de la divinité. C’est au mois d’avril que se célèbre la fête des tulipes. On construit dans la cour du sérail des galeries en bois, et l’on dresse des bancs sur lesquels on range en amphithéâtre, une quantité prodigieuse de carafes garnies de tulipes. Ces vases sont entremêlés de flambeaux, et les bancs les plus élevés sont réservés aux serins du Grand Seigneur, enfermés dans de magnifiques
cages, et à des globes de verre remplis de liqueurs de différentes couleurs. — Au centre du sérail, est le pavillon du sultan, devant lequel sont étalés les présents que les seigneurs de la cour destinent à Sa Hautesse. Les femmes du sultan se regardent parmi les fleurs, en sorte que, pendant le reste de la journée, la nature et l’art semblent se réunir pour briller aux yeux du Grand Seigneur. — Tel est le besoin de céder aux grâces. — Le despote luimême, ajoute l’auteur, le despote qui traite la beauté en esclave, sent qu’il lui faut honorer une simple fleur. »
La tulipe s’élève : un port majestueux,
Un éclat qui du jour reproduit tous les l'eux,
Dans les murs byzantins méritent qu’on l’adore,
Et lui font pardonner son calice incolore.
Rouchek.
A cette heure douteuse où l’ombre plus tardive Fuit du jour qui s’éteint la clarté fugitive,
La nymphe loin de Flore, hélas! loin pour jamais,
Des champs et de son cœur goûtant l’heureuse paix,
Sous l’odorant feuillage où chantait Philomèle,
Savourait du repos la douceur infidèle,
Zéphire l’aperçoit, et, d’un souffle enflammé,
Caresse des attraits dont son œil est charmé.
La fille de Protée, ù cette douce haleine,
Entr’ouvre avec lenteur sa paupière incertaine,
El ne voit pas encor, dans son enchantement,
Que ce bruit de Zéphir est la voix d’un amant.
Mais bientôt, à l’aspect du jeune époux de Flore :
« Déesse, à tes bienfaits si j’ai des droits encore,
» Dit-elle, contre un dieu qui trompe les amours,
» J’implore ta vengeance, ou du moins ton secours.» Tout à coup, ô prodige! une forme étrangère La dérobe aux transports d’un désir adultère.
Son beau corps dont Zéphir presse en vain les appas, En lige souple et frêle échappe de ses bras ;
Ses cheveux, qui tombaient en boucles agitées, S’élevant sur son front en feuilles veloutées, L’entourent d’un calice; un doux balancement Semble prouver encor qu’elle craint son amant.
Le dieu veut, en parfums, respirer son haleine;
Ce baume de l’amour adoucirait sa peine :
Nul parfum ne s’exhale! et ce dernier désir Prive la fleur d’un charme, et l’homme d’un plaisir. Mais la nymphe, héritant du secret de son père,
De cet art protecteur se fait un art de plaire,
Et, trompant le regard par sa variété,
De changeantes couleurs enrichit sa beaulé.
Tu vois errer Zéphir, mais il ne cherche quelle, lit s’il paraît volage, il n’est plus inlidèle.
RoISJOL'.N.
URTICA—ORTIE. — cruauté
On connaît la douleur que cause la piqûre de l’ortie ; on ignore généralement l’utilité de cette plante, qui croît spontanément, sous presque toutes les latitudes, le long des murs, des haies et parmi les décombres. Ses fibres offrent assez de consistance pour que, dans certains pays de l’Europe, on en fabrique des toiles, des cordages, du papier même. Elle renouvelle l’air pur; les oiseaux mangent ses graines ; quand elle se fane, on la donne en pâture aux vaches; elle fournit une teinture jaune, et sous mille formes, elle offre des propriétés médicinales.
VALÉRIANE. — facifitf.
Plante herbacée croissant naturellement en France. Elle se couvre, en juin et en octobre, de fleurs nombreuses, éperonnées, en panicule, rouges, pourpres, blanches ou lilas. Sa racine a une saveur âcre et un peu amère, son odeur est nauséabonde. On en compte soixante dix espèces.
VÉRONIQUE. — jf, vous offrr mon coeur.
Jolie petite plante, commune dans les pâturages sablonneux. Ses feuilles sont alternes, ovales, doublement dentelées, pubescentes en dessous ; ses fleurs sont bleues.