BELLE-DE-NUIT
Solitaire amante des nuits,
Pourquoi ces timides alarmes.
Quand ma muse, au jour que tu fuis, S’apprête à révéler tes charmes?
Si, par pudeur, aux indiscrets Tu caches ta fleur purpurine,
En nous dérobant tes attraits, Permets du moins qu’on les devine.
Lorsque l’aube vient éveiller Les brillantes filles de Flore,
Seule tu semblés sommeiller Et craindre l’éclat de l’Aurore.
Quand l’ombre efface leurs couleurs, Tu reprends alors ta parure,
Et de l’absence de tes sœurs Tu viens consoler la Nature.