FOUGÈRE
Chère au fils de Sémèle, odieuse à Cérès,
La fougère à son tour fleurit dans nos guérets.
Castel.
Vous n’avez point, humble fougère.
L’éclat des fleurs qui parent le printemps ; Mais leur beauté ne dure guère,
Vous êtes aimable en tout tenîps.
Léonard.
Voici le printemps qui s’avance.
Le front couronné de lilas, Devant lui sourit l’espérance,
Du bonheur il guide les pas.
Hier, la première hirondelle,
Sous mon toit, commençant son nid,
M’a dit : J’apporte sous mon aile Le bonheur trop longtemps banni.
Voici le printemps, etc.
L’air plus chaud déjà se parfume,
De tous côtés naissent les fleurs,
Dans les cieux le soleil s’allume :
Combien il va sécher de pleurs!...
Voici le printemps, etc.
Les cieux ont déchiré leurs voiles,
Les champs, les bois sont diaprés :
Il semblerait que les étoiles Descendent le jour dans les prés...
Voici le printefnps, etc.
Des buissons qui bordent la route Sortent des chants harmonieux ;
Le laboureur qui les écoute Se dit, dans un transport joyeux :
Voici le printemps qui s’avance,
Le front couronné de lilas,
Devant lui sourit l’espérance,
Du bonheur il guide les pas.
E. L’Epine.