‹ Nouveau langage des fleursChapitre 61 sur 69 · LAURIER · texte numérisé non relu

LAURIER

Daphné fut sensible et belle, Apollon sensible et beau :

Sur eux l’amour d’un coup d’aile Fit voler une étincelle,

De son dangereux flambeau.

Daphné, d’abord interdite, Rougit voyant Apollon.

Il s’approche, elle l’évite ;

Mais fuyait-elle bien vite?

L’amour assure que non.

Le dieu, qui vole à sa suite, De sa lenteur s’applaudit ;

Elle balance, elle hésite:

La pudeur hâte sa fuite,

Le désir la ralentit.

Il la poursuit à la trace,

Il est prêt à la saisir,

Elle va demander grâce.

Une nymphe est bientôt lasse Quand elle fuit le plaisir.

Elle désire, elle n’ose...

Son père voit ses combats,

Et par sa métamorphose A sa défaite il s’oppose :

Daphné ne l’en priait pas.

C’est Apollon qu’elle implore ; Sa vue adoucit ses maux :

Et vers l’amant qu’elle adore Ses bras s’étendent encore En se changeant en rameaux.

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