MINISTÈRE RENÉ GOBI.ET
{// décembre 1SS6 — 17 mai 1887)
Présidence du Conseil, Intérieur et
Cultes ■ René Goblet-
Justice Sarrien.
Affaires étrangères Flourens.
Finances Dauphin.
Guerre Général Boulanger.
Marine et Colonies V.-am. Aube ; ds ta Porte.
Instruction publique et Beaux-Aiis. . Berthelot.
Travaux publics Ed. Millaud.
Commerce et Industrie Ed. Lockroy.
Agriculture Jules Develle.
Postes et Télégraphes. Granet.
Le ministère Goblet affirma sa volonté de rétablir l'ordre le plus strict dans les finances. Il prépara la loi sur le service militaire de troi-i ans, fit voter d'importants crédits pour la transformation de l'armement (février 1887), et releva les droits d'entrée sur les grains étrangers . Il régla avec l'Allemagne l'incident diplomatique relatif à l'arrestation du commissaire de police Schnœbelé, à Pagny-sur-Mosclle (21 avril). Mais il avait à compter avec les défiances croissantes que soulevait l'attitude du général Boulanger, et aussi avec l'hostilité de la commission du budget qui, soutenue par la Chambre, jugeait insuffisantes les économies réalisées par le projet de budget pour 1888. Devant le vote (16 mai' d'une résolution inipérative proposée par la commission, le gouvernement se retira (17 maii.
l*f MINISTÈRE ROUVIER.
(3/ mai — 9 décembre 1887)
Présidence du Conseil et Finances. . . Rouvier.
Justice Mazeau.
Affaires étrangères Flourens.
Intérieur Falliêres.
Guerre Général Fcrron.
Marine et Colonies Barbey; Eug. Etienne.
Instruct. publ.. Cultes et Beaux-Arts. Euç. SpuUer.
Travaux publics De Ilérédia.
Commerce et Industrie Lucien Dautrcsrae.
Agriculture Barbe.
Les radicaux avaient fait de la présence du général Boulanger à la guerre une condition iiue guâ mm de leur concours. D'autre part, une démarche en sens rontrairc avait été tentée auprès du
I .résident de la République par hs présidents des groupes réputlicains du Sénat. Itouvi.'r se déci<la alors h gouverner avec l'appui des éléments modérés du Parlement, la droite donna son vole nu cabinet, le jour même de sa constitution, résolue à le soutenir s'il suivait ik l'endroit de l'opposition une politique non agi'essîvc. Le ministère assista plut^'it qu'il ne présida aux débats sur la loi du service de trois ans, et se vit en bulle aux violentes attnques du parti radical, qui lui repri-chnit de gouverner sans lo concours des fractions avancées de la majorité. D'autre part, l'agitation boulangiste se précisait. Le général, nommé au commandement du 1-1' corps d'armée, était acclamé à la gare de Lyon f 8 juillet) ; d'putres manifestations, dans le même sens, se produisaient il la revue du M juillet. RicntM, le ministère frnpnnit Boulanger de mesures diwctplinairCB (10 octobre). Mais au mois do novembre, un scandale éclatait, l'affaire des décorations, oili des généraux, dont un souschcf de l'Etat major, cl le gendre même du président de la Républlijuc étaient compromis. Le ministère dut acceiderune enquête parlementaire. BientiM les débats du procès révélaient des complaisances fAchcuscs du pouvoir h l'égard des accusés. Devant lo
désordre grandissant, le ministère perdait chaque jour en autorité. Une interpellation de Clemenceau le renversait le 19 novembre, et quelques jours après le président de la Rêpubliijue, devant les manifestations de Popinion publi.jue et du l'arleuient, donnait à son tour sa démission 2 décembre;.
Présidence de Sadi Carnot
(5 décembre 18S7 — SSjuin 1894) SADI CAUNOT, président de la république
{5 décembre 1881 — 35 juin 1894)
Conform^mcDl à l'article 7 de la loi constitutiotiDelle du 25 W'vrier 1875, le Sénat et la Chambre des députés so réunissent en congrès à Versailles, lo 3 décembre 1887, sous ia présidence do Le Royer, président du Sénat, pour procéder à l'élection du successeur de Jules Grévy. Le scrutin donne le résultat suivant :
Nombre des votants 852
Bulletins blancs ou nuls 3
Suffrages exprimés 849
Majorité absolue 423
Ont obtenu :
Sadi Carnot 303 voix.
Jules Fl^RRY 212 —
Général Haussier. ........ us —
Di; Frevcfnkt 7e —
Général Appert 72 —
Heuri Brisson 26 —
Floquet 5 —
Anatole dk La Forge 2 —
Félix Pyat 2 —
Pasteur 2 —
Splller 1 —
Aucun dos candidats n'ayant obtenu la majorité absolue, il y a lieu de procéder à un deuxième tour do scrutin. Dans l'intervalle, Jules Ferry déclare (ju'il se désiste de toute candidature, par respect pour la discipline et l'union républicaines, et il engage ses amis à voter pour Sadi Carnot.
Le deuxième tour de scrutin donne le résultat suivant :
Nombre des votants 842
Bulletins blancs ou nuls I5
Suffrages exprimés 827
Majorité absolue 414
Ont obtenu :
Sadi Carnot 616 voix.
Général Saussier 188 —
Jules Ferrv U —
DE FrEYCINET 5 —
Géoéral Appert 5 —
Floquet l —
Féli.x: Pvat 1 —
Sadi Carnot, ayant obtenu la majorité absolue des suffrages exprimés, est proclamé président de la République pour sept années.
l«r MINISTÈRE TIRARD
{13 décembre 1887 — SO mars 1888)
Présidence du Conseil et Finances. . . Tirard.
Justice Falliêres.
Affaires étrangères Flourens.
Intérieur Sarrien.
Guerre Général Logerot.
Marine et Colonies De Mahy; Vice -amiral
Kranlz ; Félix Faure ;
de La Porte.
Instruct. publ.. Cultes et Beaux-Arts. Léopold Faye.
Travaux publics Emile Loubet.
Commerce et Industrie L. Dautresme.
Agriculture Viette.
Le ministère Tirard fut essentiellement un ministère de concentration. U présida au renouvellement triennal du Sénat (8 janvier 1888;, fit reprendre le procès Wilson (16 fév.-26 mars), plaça en non-activité, puis traduisit en conseil d'enquête le général Boulanger, qui fut mis en non-activité (li mars), et tînalement à la reiraitt' le 2T mars. Mais Boulanger posait immédiatement sa candidature h la députation dans le Nord, avec un programme révisionniste. D'autre part, les monai-chistes et certains radicaux demandaient la revision de la Constitution de 1875 dans un sens démocratique ; le ministère , ayant formellement refusé de s'associer à la demande d'urgence pour les propositions de revision, fut mis en minorité par la Chambre à la séance du 30 mars.
ÏIINISTËKE FLOQUET
(3 oi'i i7 1888 — u février 1889)
Présidence du Conseil et Intérieur. . . Chai'Ies Floquet ; Léon
Bourgeois.
Justice et Cultes Ferrouillat ; Guyot-Des-
saiirnc.
Affaires étrangères ■ René 13oblet.
Finances Peytral.
Guerre De Frcycinet.
Marine et Colonies Yice-amir. Krantz; de La
Porte.
Instruction publique et Beaux-Arts. . Ed. Lockroy.
Travaux publics Deluns-Monlaud.
Commerce et Industrie. . . ». Pierre Legrand.
Agriculture Viette.
Le ministcrc, où les radicaux dominaient, fit appel à la conciliatii'in des républicains, et affirma son intention de « marcher vers la gauche ■ et de lutter contre les menaces pi>ssibles de dictature. Il s'opposa à la propagande boulangiste. grAce à laquelle pourtant le général fut élu dans le Nord ot dans la Dordogne, défendit la loi militaire devant le Sénat et pi-ésida aux préparatifs de l'Exposition universelle de 1889. Le * iuin. le général Boulanger avant déposé h la Chambre une proposition de reTîsir.n dans laquelle il accusait le parti opportuniste d'avoir réduit la République à n'Otro que le gouvernement d'un çroupo. le président du conseil prit violemment à nartic le général, dans un discours dont la Chambre vota l'afllchage. Le 12 juillet, Boulanger lisait A la Chambre une proposition de dissolution et donnait sa démission de député : un nouvel et violent débat amenait un duel entre Floquet et le général. Bient-M. la Chambi-e. à rinsti)ration du ministère, et pour protester contre tout projet de coupdKt-at. votait, pour le U juillet 18K9. le transfort au Panthéon des cendres de Laiare Carnot, de Hoche, de Mnrce.iu et du i-epréRCnlanl du peuple Baudin (2t novembre^— Mais À cette date, la situation du ministère était fort ébranlée. L'hostilité du parti modéré s'accentuait. La commission du budget nommée au mois de juin et présidée par Rouvier était en majorité hostile aux projets ministérlrls. Des gri'-ves nombreuses (août I888;i avaient produit une asseï vive émotion, accrue bienttM, dans l'opinion publique, par la publication des dossiers Gillv. Le 9 décembre. Boulanger était élu d.ins trois départements, et." le 27 janvier, h Paris même, une populatuui en délire faisait au pi^nt^ral une ovation tumultueuse; l'armée et U police paraissaient ébranlées, et le conseil des ministres se réunissait de nuit A l'Elysée pour délibérer sur les mcsui-es h prendre. Le gouvernement fit alors voter le rétablissement du scrutin
d'arrondissement ''11 février ; mais il tombait, trois jours apris, devant une coalition de la di'oitc el des opportunistes, refusant de discuter immédiatement les propositions de revision de la Constitution.