MINISTÈRE DU CLERC
{7 août I88S — 98 janvier tSBS) Présidence du Conseil et Affaires
étrangères E. Duclerc.
Justice et Cultes Paul Devès; Varambon.
Intérieur Falliêres; Jules Develle.
Finances Tirai-d; Labuze.
Guerre Général Billot.
Marine et Colonies V,- amiral Jauréguiberry-
Instruction publique et Beaux-Arts. . Duvaux ; Looerotie.
Travaux publics Hérisson ; Baïlumt.
Commerce Pierre Legrand.
Agricultur.' De Mahy.
Postes et Télégraphes Ad. Cochery.
Le ministère Duclerc fut surtout un gouvernement de transition, un ministère - d'affaires ■•. Il eut à réprimer les troubles ouvriers de Montceau-lcs-Mines et de Blanzy, ainsi que la propagande anarchiste. Il fit voter des obsèques nationales à Gamljetta. mort le 31 décembre 1882 et suivi bientôt dans la tombe par le général Chanzy. La disparition du grand patriote républicain ayant paru réveiller les espérances des royalistes et des bonapartistes, le ministère lU arrêter (iC janvier) le prince Jérôme BnQaparte. qui avait puiflié un violent manifeste contre le gouvern("ment républicain. Mais un projet de loi, ayant pour objet d'éloigner de tout emploi civil et militaire les membres des familles qui avaient régné en France, avant été l'objet d'un rapport favorable devant la Chambre, trois des ministres, Duclerc, Billot et Jauréguiberry. hostiles au projet, donnèrent leur démission, et le ministère dut être reconstitué sous la présidence de Falliêres.
MINISTÈRE FALLIÊRES
(S9 janvier — 13 février 1883) Présidence du Conseil et Intérieur. . Falliêres ; Jules Devellé.
Justice et Cultes Paul Devès.
Affaires étrangères (intérim) Falliêres.
Finances Tirard.
Guerre Général Thibaudin.
Marine et Colonies (intérim) De M;ihy.
Instruction publique et Beaux-Arts. . Duvaux.
Travaux publics Hérisson.
Commerce Pierre Legrand.
Agriculture De Mahy.
Postes et Télégraphes Ad. Cochery.
Le nouveau gouvernement fut de très courte durée. Il fit adopter par la Chambre le projet de loi sur les prétendants; mais il se h«urta presque immédiatement A l'hostilité du Sénat qui repoussa obstinément, et sous diverses formes, la motion présentée contre les prétendants. Impuissant à résoudre le conflit qui divisait les deux Assemblées, le ministère dut donner sa démission.
2» MINISTÈRE Jl'l.ES FERRY
(SI février 1883 - 30 mars 1885) Présidence du Conseil , Instruction publique et Beaux-Ai'ls Jules Ferry ; Falliêres .
Justice
Affaires étrangèrai. .
Intérieur et Cultes. .
Duraii'l.
Martin-Feuillée ; .Voîrof.
Challemel - Lacour ; Jules Ferry.
Waldeck-Rousseau ; JUarf}uc; Ltirozi.
Finances Tirard ; Labuze.
Guerre Général Thibaudin ; général Carupenon ; général Lowal; J'.t'asimn'-Pei'iec.
Marin*^ et Colonies. . Ch . Brun; vice -amiral
Peyron ; Félix Faure.
Travaux publics. ... . Raynal; Bui/iai/f.
Commerce Hérisson; Rouvier.
Agriculture Méline.
Postes cl Télégraphes Ad. Cochery.
Le nouveau minist*Ted*''cïara vouloir procéder, à l'égard des prétendants, par voie de décrets, sans faire intervenir une loi spéciale. Le 25 février 1881. Il rayait en effet des cadres le duc d'Aumalc, général de division, le duc de Chartres, colonel de ctiasscurs, et le duc d'AIcnçon, capitaine d'artillerie. Il ci^-nvertit la rente .'i O'O (2t avril; et signa avec les t-randes Compagnies de chemins de fer d'imiiortanîos convention-i négociées par le ministre Raynal (20 nov. I883J, Il lit suspendre l'inamovibilit--- de la magistrature, nlln d'en éloigner les magistrats ouvcrtemeut hostiles ft la forme républicaine, fit voter la loi sur le divorce {M mai 188i). les syndicats professionnels 'iV mars), et la loi municipale, qui accordait aux communes la somme d'autonomie compatible avec le principe de In tulrllc admlnisirativc [S avril), etc. Le 2» mai 188t, il dépo»ja un projet de revision de la Constitution, accroissant notamment le nombre des délégués de» conseils municl[iaux dans les collèges sénatoriaux. Le Congrès {4-13 août 188^) vota les propositions couvi-rnemcntales qui supprimaient, [par voie d'extinction, les sénateurs inainovibl'^s.
A lextérSeur. le ministère eut à régler les incidents diplomatiques survenus i% la suite du voyage en France d'Alphonse XÏI que des manlfe*itallons hostiles avaient accueilli. Au point de vue colonial, l'expansion de la France, commencée en 1881 par l'établissement de n-ftre protectorat sur la Tunisie, se continua, sous le second ministt-re Ferry, avec une activité remarquable. Ferry intervint 4 Madagascar et fit booibardcr et occuper Tamatavc (1883). En Indo-Chine, il se décida au Tonkin pour une politique d'action énergique qui, après l'aflhire de Bac-Lé, nous entraîna.
malgré les protestations du parti radical, k une guerre ouverte avec la Chine, sans qu'il y eût déclaration de guerre Katiclionnéc par le pouvoir législatif. Lorsqu'- arriva en France la nouvelle, quelque [«u exagérée, de l'échec de Lang-Son (28 mars 188^1, le ministère fut mis en échec h. la Chambre, au milieu de l'aliolcment général et à la suite d'un discours do Clemenceau, par 273 voix contre 227. Le Jour même s'ouvrait ft Paris la conférence chargée de délibérer sur les conditions de la neutralité du canal de Sui'/. au lendemain de l'iieureusc issue de la conférence réunie ix Kei-lin pour régler les droits et les intérêts des puissances qui prenaient part au " partage de l'Afrique >•.
l*T MINISTÈRE BRISSON
(6 avril — 29 décembre 1885)
Présidence du Conseil et Justice. . . . Henri Brisson.
Affaires étrangères De Frcycinet.
Intérieur , AUain-Targé.
Finances Clamageran; Sadi Carnot;
Ih'rauU.
Guerre Général Campenon : Go-
(tefroy Cavainnar.
Marine et Colonies Contre - amiral Oaliber ;
Arm. Bousxcau.
Instruct. publ., Beaux-Arts et Cultes. René Goblet; Ktl. Turquet.
Travaux publics SadiCarn()t; DenK^de.
Commerce Pierre Legrand ; Lucien
Dautrcsme.
Agriculture Ilcrvé-Mangon ; Gomot.
Postes et Télégraphes Sarrien.
Le nouveau ministère s'nfiirma comme un gouvernement de conciliation et d'union entre tous les républicains. Il présida aux obsèques nationales d^-cernées à Victor Hugo (l"" juin). Il fil voter la loi sur la relégalion des récidivistes (27 mai t88i>j et la loi substituant le scrutin de liste au scrutin d'arrondissement (IGjuin). Le premier résultat des élections des 4 et 18 octobre 188;> fut inquiétant pour les républicains, qui ne retrouvèrent la majorité dans la Chambre que grâce au scrutin de ballottage. Le ministère fut rendu responsable de ce demi-insuccès, et assez froidement accueilli par la nouvelle Chambre. Les crédits pour le Tonkin ne furent votés qu'a une majorité de 4 voix; le gouvernement, estimant ne plus avoir l'autorité morale nécessaire, abandonna le pouvoir.
3« MINISTÈRE DE FRETCINET
{7 janviei' — S décembre 1886)
Présidence du Conseil et Affaires
étrangères De Frcycinet.
Justice Demôle.
Intérieur - . . ; Sarrien; Bernard (Doubs'.
Finances Sadi Carnot ; Petjlral.
GueiTC Général Boulanger.
Marine et Colonies C.-am. Aube; de La Porte.
Instruct. publ.. Beaux-Arts et Cultes. René Goblet ;£d. Turquet.
Travaux publics Balhaut; Ed. Millaud.
Commerce et Industrie Ed. Lockroy.
Agriculture Jules Develle.
Postes et Télégraphes Granet.
Le ministère Frcycinet réclama, dans sa déclaration, l'appui de toutes les fractions de la majorité républicaine. Il annonça une politique de sévères économies, et l'abandon des expéditions coloniales. 11 fit voter un emprunt de 900 millions, réprima un commencement d'agitation monarchiste dans l'armée (mise en disponibilité du général Schmitz, fin Janvier i88ij}. et, à la suite d'une réception sensationnelle donnée à l'hôtel Galliera par le comte de Paris (seul prétendant depuis la mort du comte de Chambord en 1903), à l'occasion du mariage de sa fille avec le prince royal Charles de Portugal, il fit voter par le Parlement une loi interdisant aux chefs des familles ayant régné sur la France, et à leurs héritiers naturels dans l'ordre de primogéniture, le territoire de la République. Il raya des cadres les membres des deux familles Bonaparte et Bourbon, et, sur sa protestation, expulsa le duc d'Aumalc. Il réprima enfin les troubles de DecazeviUe et de Vierzon. Mais combattu bientôt à la fois par l'extrême gauche, impatiente de réformes, et par les fractions les plus modérées du parti républicain, qui s'inquiétaient de la popularité grandissante du général Boulanger, il fut mis en minorité au cours de la discussion du budget, sur la question des sous-préfets, que la Chambre annonça sa volonté de supprimer, et il dut quitter le pouvoir (3 décembre).