‹ Nouveau Larousse illustré (volume 2)Chapitre 239 sur 363 · V. UliCKlTKMliNT · texte numérisé non relu

V. UliCKlTKMliNT

Nature {théâtre de la). Sous co titre, ou sous des dt-uumiiiations analogues, ont été fondés, non loin de Paris, dans des sites choisis, un certain nombre de théâtres installés en plein air, et destinés à donner à ceux des Parisiens qui nemigrent pas, l'été venu, vers les villes d'eaux ou la mer, l'équivalent des théâtres do Bôzicrs ou d'Orange ot l'agrémont dos vastes ensembles scéuiques, comme les anciens les connaissaient. Tel est lo théâtre créé à champigny-sur-Marne (Seino) en 1905 par Albert Darmont, et installé dans un joli site au flanc du coteau de Champigny. 11 fui inauguré lo 23 juillet 1905, par une tragédie de Peladao, Sémiramis. — Un théâtre ae la nature a été aussi, et précédemnient, fondé â Cauterets, sous des ombrages. On y joue particulièrement dos pièces classiques.

* NATURISME {rissm') n. m. — Doctrine littéraire professée à 'a lin du xix* siècle, par un certain nombre de littérateurs, et dont îSai ut-George s de Bouhélier a le premier donné la formule.

— Encycl- i^'école naturiste, dont firent partie à l'ori-

fine, avec Saint-Georges do Bouhélier, Michel Abadic, ndré Gide, Maurice Le Blond ot Paul Fort, se proposait, si l'on en croit le manifeste de Saint-Georges de Bouhélier paru en 1897, do préparer une nouvelle renaissance française, de ramener le culte du sol et des traditions nationales, et do protester contre les influences allemande, russe et Scandinave, (|ue ces jeunes écrivains accusaient d'avoir, en art aussi bien qu'en littérature, perverti le goût français. Trois grands artistes étaient commo les dieux de la nouvelle religion artistique : Zola, Rodiii ot Cl. Mouet. Wagner, Nietzsche, Ibsen et Tolsto'i étalent comme les mauvais génies dont il fallait débarrasser la littérature. Telle était aussi la thèse défendue dans l'Essai sur le naturisme, do Maurii.;e Le Blond, et dans la « Revue naturiste -i, dont les premiers numéros parurent en mars 1897. Tentative curieuse, mais qui, en dehors du petit cénacle d'adeptes tle la première heure, n'a pas paru avoir, depuis 1897. rencontré beaucoup d'adhérents, ou diminué en France lo nombre dos admirateurs d'Ibsen, de Nietzsche ou de Tolstoï.

*NauCRATIS. — Archéol. Uno mission anglaise fouille depuis H99, en Egypte, remplacement de la ville de Naucratis, qui fut, on le sait, colonisée par des Grecs. On a dégay:é une partie du nuir de l'enceinte hellénique ; le long de co mur, on a trouvé uno série do chambres, qui renfermaient des vases grecs et des dédicaces : « Auxdieux des Grecs » ; a A Artemis u ; u A Aphrodite » . Les fouilles ont fourni des indications intéressantes sur la topographie et l'histoire de la cité. La partie sud de la ville fut toujours occupée par des Egyptiens ; lo grand temenos situé dans ce quartier n'était pas une enceinte entourée de murs, mais un vallon entouré do maisons et contenant des édifices publics. Seule, la moitié nord de la ville appartenait aux Grecs : VBellenion doit Être identifié avec l'enceinte où l'on a trouvé les dédicaces aux dieux grecs. Les vases peints, tous découverts dans ce quartier, attestent la présence de Milésions, do Samiens, do Clazoméniens. La lacune constatée dans la série dos vases attiques indique une rupture dans les relations (commerciales, depuis 1 invasion de Cambyse jusqu'après les guerres médiques. Les poteries attestent des importations de Chypre et de Phénicio, pcut-èire une immigration do Phéniciens et de Chypriotes. On a fabriqué à Naucratis dos scarabées égyptiens, ainsi que dos terres cuites grecques. Il semble que des Grecs et d'autres étrangers étaient établis à Naucratis avant le vi* siècle, et (|u'Aniasis, en 570, ait simplement réorganisé cette colonie étrangère. La ville conserva son importance jusqu'au vi* siècle de notre ère.

NaUDET (Paul-Antoine), prèiro et journaliste français, né à Bordeaux eu 1859. 11 fit ses études au petit et au grand séminaire de Bordeaux, fut ordonné prêtre en 1883, devint professeur au petit séminaire de Bordeaux (1883-1890), aumônier militaire et conjointement aumônier des orphelinats (1890-1891). 11 fonda en 1893 la Justice sociale, tut appelé à la direction du « Monde i. {1894-i89G;, devint professeur au Collège libre des sciences sociales. où il occupa la chaire des études sociales catholiques en 1897. En même temps, il prêchait dans la plupart des diocèses de France. U a publié : ta Dénw.ralie chrétienne fdiscours) [1892]; une Ame de prêtre (1892) ; Mes souvenirs fl895); Vers l'avenir (1896); Propriété, capital et travail (1897): Premiers principes de sociologie catholique {li9& ; la Démocratie et les démocrates chrétiens (1900) ; Pour la femme{\902); Pourquoi l'-s catholiques ont perdu labataille (1904); etc. L'abbé Naudet est au premier rang do ceux qu'on appelle les abbés démocrates.

Nauheim, bourg d'Allemagne (gr. -duché de flesse- Darmscadii, au ver<tant du Taunus et dans la vallée de la ^Vettpreau ; 3.500 hab. Altitude : 150 mètres. Eaux minérales chlorurées sodiquos, utilisées dans le traitement des diverses manifestations dn lymphatisme, et de la scrofule, de certaines affections de l'estomac, etc. Salines.

Naumann (Frédéric), homme politique allemand, né à SM'rruthal. près I.xîipzig, en I8C0. U lit be.s éludes do théologie et fut bucccssivoment pasteur â Hambourg, à Langeuberg (Saxo) et â Francfort-sur-le-Mcin, avant de se lancer dans la politique et do devenir, aux côtés du pasteur Stœcker, un des chefs du parti socialiste-chrétien et antisémite. En 1895 pourtant, il se sépara de St<ccker, qui! trouvait trop réactionnaire, et fonda avec Paul Gœhro et le journaliste Ilellmuih de Gcrlach an nouveau parti socialiste-national, organisa des associations d ouvriers prolestants, soutint le mouvement syndical, lit une active campagne eu faveur du sulfragc universel et direct, mais demanda lo maintien d'une forte armée permanente ot l'inauguration d'une active politique coloniale. Il fonda, pour défendre ses idées, un journal hebdomadaire: t/;'e//i//'e(rAssistartce), un annuaire: Patria, puis un petit journal : d\e Zcit (lo Temps;. Bientôt. sous l'influence de la politique française, il préconisa uno réorganisation des partis libéraux allemands, combattit la politKiuo réactionnaire et protectionniste du chancelier de Biilow, mais échoua dans sa tentative do fusion des groupes do gauche, dont il voulait former un « bloc » contreleministereallemand.il n'en poursuivit pas moins activement, surtout depuis la mort do Kicbter, ses efforts en vue d'un rapprochement entre le parti radical et le parti socialiste. Orateur et polémiste do grand talent, Naumann a écrit, entre autres ouvrages : Bibliothèf/ue ouvrière de Gœtiingufi, recueil de brochures instructives pour les ouvriers ; le Programme social de l'Eultse évangélique (1889): Lettres sociales à des gens j'iches (1894); Catéchisme socialiste nationaliste (1897) ; Assistance divine (7 vol., 1896-1902) ; Démocratie et Empire (1900); Politique économique allemande (1902); etc.

I'I'aUMBURG, ville d'Allemagne (roy. do Prusse [prov. do Silésie, présid. do BreslauJ), près d'un petit sousaffluent de lOder ; 2.500 hab. Filatures. Eaux minérales ferrugineuses bicarbonatées, utilisées pour le iraitemeut du rhumatisme chronique ot de certaines dermatoses.

NAUMBURGIE (nôm'-bur-ji) n. f. Genre de primulacéeslysimacliiées, qui diffère des l^'simaquos par l'absence de staminodes. (Ce genre se rencontre on Europe, en Asie jusqu'au Japon et dans l'Amérique septentrionale.)

NAUSCOPŒ {uô-sko-pî — du gr. naus, vaisseau, et sko~ pein, regarder) n. f. Art de découvrir les navires à grande distance, bien avant qu'ils soient visibles â l'horizon.

NAUTONIE (uô tû-nî) n. f. Gonro d'asclépiadacéescynancbées. (La nautonie nummulaire est un petit arbrisseau brésilien.)

NavalpinO, bourg d'Espagne centrale (Nouvelle- Castille [prov. de Ciudad Real)), dans la vallée de Vilianarijo. et près d'un petit sous-affluent du Tage ; l.OOobab. Eaux minérales bicarbonatées ferrugineuses, ù la température de 29° C, utilisées dans un établissement thermal assez fréquenté, pour le traitement d'un certain nombre dalt'eciions de l'appareil digestif.

Navarro (Eniygdio), journaliste, homme politique et diplomate portugais, né à Vizeu en 1844, mort en 1905. Député à partir de 1879, il fut ministre des travaux publics, du commerce et de l'agriculture dans le cabinet présidé

f)ar Luciano de Castro. Monarchiste ardent, il fut le eader du parti progressiste à la Chambre portugaise, ou il siégeapendant douze années consécutives ( 1879 à 1891), c'est-à-dire, jusqu'au moment ou il fut envoyé à Paris, en qualité de ministre plénipotentiaire du Portugal. Cette mission prit fin en 1894. En 1885, il avait créé le journal As Novidades, dont il resta le directeur jusqu'à sa mort. Navarro fut en même temps qu'un journaliste de talent un orateur de premier ordre.

NaveLLIER (Edouard -Félicien -Eugène), sculpteur animalier français, né à Paris en 1865. Fils du graveur Navellier et petit-neveu du statuaire Jouffroy, il suivit d'abord les cours de dessin d'Aug. Tmphême et entra ensuite dans les ateliers J.-P. Laurens et Benjamin Constant. Mais il abandonna bientôt la peinture pour la sculpture et se consacra à l'étude des animaux. Pour ses débuts, Il envoya au Salon de 1895 : Vieux cerf aux écoutes, grou])e qui. réexposé en bronze l'année suivante, fut dans la suite acquis par l'Etat pour le musée du Luxembourg. Il a exposé depuis : Eléphant aux prisrs avec un crocodile il897), quia hgurô à l'Exposition universelle de 1900; Kanquroo géant ( 1899) ; Eléphavt terrassant un crorodile (1900); Bœnf zéhu de .yfadatjascar {musée de 'RoixcD, 1901); Eléphant et pélicans (musée du Luxembourg, 1903) ; fiison d'Amérique (1904); Vache à la corde; Buffle de Kerabau (1905); Taureau entravé; Vieux serviteur (cheval aux champs); Brebis dn littoral (1906); C/'ien colley; etc. En dehors de leur mérite proprement artistique, les bronzes do Navellier se recommandent par la perfection do la fonte et la beauté de la patine.

* NAVIGATION n. f. — EnctcL. Adm. Navigation de plaisance. Bien nue les fleuves et rivières navigables et flottables fassent partie du domaine public (loi du 28 avril 1898, art. 34). la circulation des bateaux de plaisance sur cette catégorie de cours d'eau n'est pas cependant en général dispensée de toute entrave. Elle no s effectue librement que sur les rivières à courant libre. Sur les rivières canalisées, les bateiiux d'un tonnage égal ou supérieur à 10 tonnes jouissent des mêmes droits que les bateaux de commerce. Les bateaux ou nacelles ne peuvent circuler librement que dans les biefs, et ils no sont admis à franchir les écluses qu'avec une permission écrite dos ingénieurs, et, autant que possible, en profitant du sassement d'un bateau de commerce. Sur les canaux, les bateaux de plaisance ne peuve^ circuler dans l'étendue des biefs qu'avec une permission écrite des ingénieurs. (Décret du 8 oct. 1901, tit. VII, art. 51.)

Il n'existe aucune disposition légale réglementant la navigation de plaisance sur les cours d'eau non navigables et non flottables. La question de savoir si la circulation on bateau sur ces cours d'eau est libre ou non a de tout temps été controversée et la mise en vigueur des dis-

Sositions de la loi précitée de 1898. qui ont attribué le lit e ces cours d'eau aux propriétaires des rives, n'a pas mis fin â la controverse. Si quelques tribunaux ( Corbeil. 25 juil. 1900; Aucb, 4 juin 1901) ont admis que depuis 1898 le droit de circulation en bateau n'existe plus, la cour de Paris, au contraire, adoptant les principes qui paraissaient prévaloir à la Cour de cassation (8 mars 1855)

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