PLUS QUE REINE — POICTEVIN
faiblo. c'est la fommo rjui aime ot que dos circonsiancos spùcialos jettent on dehors dos conventions sot-ialos. C'est ici Germaine, qui fut mariôo à M. do Maucombo, un drôle, lequel est parti en emportant la fortune do sa femme. Maintenaui, Gerraaiuo a renoncé à sa situation mondain© pour vivre avec le ciiltsbro écrivain Jacques Nerval, qu'elle adore, et qui l'aimo bien. Un divorce pourrait tout arranger. C'est ce que souhaite ardemment le brave Gourd, ami do Nerval, bon {garçon très dévoué, mais un pou maladroit, ot admirateur enthousiaste de Germaine. Celleci lui défond do s'occuper do rien, car Jacques a horreur dos complications, ot elle veut le laisser tout entier à ses travaux. Or, voici Jacques grièvement blessé on duel. On le trau'iporto dans sa famille, une famille de commerçants enrichis, aux idées étroites, qui déplore que Jacques se soit fait auteur, qui gémit surtout de ce qu'il vivo irrégulièrement avec une femme mariée. Aussi, maintenant nue Jacques agonise, sa sœur Angélique, épouse do 1 avoué l.obrun, mettra tout en œuvre pour briser des liens si fâcheux. KUe insulte Germaine, qui est accourue. ot la chasse. Kilo .s'efforce à aiguiller Jacques convalescent vers Pauline, sa propre lille à elle, une adolescente do seize ans, qui aime ingénument son oncle. Enrïn, elle persuade à Jacques que Germaine le trompe avec Gourd, lequel, à vrai dire, a offert l'hospitalité chez lui à la plus faible. Une lettre, relative au projet de divorce, mais conçue en termes vagues, semble établir entre eux une complicité. Soupçons, douleur, quasi-rupture. Mais Jacques, entin, rentre chez lui : des explications ont lieu, la vérité se découvre, et, comme M. de Maucombo a eu le bon esprit de mourir dans l'intervalle, un mariage régularisera la situation de Jacques et de Germaine, plus épris quo jamais ; ainsi la plus faible est devenu la plus forte. Ce procès — toujours facile à gagner à la scène — de l'amour sincère contre les préjugés, l'auteur le plaide avec des qualités réelles d'émotion, de charme et d'esprit.
Plus que reine, pièce en cinq actes et sept tableaux, d'Emile Bergerat. (rorte-Saint-Martin, 4 avr. 1899.) — La série des tableaux montre au spectateur différentes phases de l'existence de Joséphine de Beauharnais. Une sorcière de la Martinique a prédit à ia belle créole qu'elle serait un jour « plus que reine «, et la voici qui rencontre Bonaparte, jeune général ambitieux, encore incertain de sa voie. Ils se plaisent, ils se marient. A ce moment, c'est Bonaparte qui aime Joséphine. Il part pour l'Egypte et s'y couvre de gloire, tandis qu'elle s'amuse à Paris. A l'heure de son retour, elle est au bal. L'auteur met en scène un Bonaparte jaloux, furieux, maïs qui aime toujours, et, par cousé(|uent, se laisse reprendre aux càliueries de la coquette. Puis les temps s'accomplissent, Bonaparte devient Napoléon, l'empereur sent la nécessité pour la dynastie d'un héritier, et, comme Joséphine ne peut le lui donner, il se détache d'elle. Mais à mesure que l'amour de l'homme décroît, celui do la femme augmente. Elle repousse avec énergie le divorce, non point, d'après l'auteur, pour ne pas tomber du trône, mais pour ne pas perdre celui qu'elle aime. Napoléon, lui, le veut, ce divorce ; et, comme il se délie do lui-môme, il a fait murer, à l'insu de l'impératrice, le couloir secret par où elle peut arriver jusqu'à sa chambre. Quand Joséphine veut aller à lui, elle rencontre les pierres froides, s'irrite, se précipite contre elles, et tombe baignt''e dans son sang. Napoléon accourt au bruit, la trouve inanimée, sanglante, la relève et pleure. Revenue à elle, Joséphine voit ces larmes, et l'amour obtient le sacrilice que l'amour empêchait : elle se jette sur l'acte do divorce et le signe fiévreusement.
Les trois premiers actes ne sont guère que des tableaux d'histoire se succédant sans lien dramatique : les deux derniers, dans lesquels on voit mieux aux prises les passions humaines, relèvent l'intérêt de la pièce.
PLYMOUTH-ROCK n. et adj. Race do volailles, d'origine américaine.
— Encycl. Les plymouth-rocks proviennent de croisemont entre un coq cocliinchinois et une poule issue ellemême de croisement entre malais et dorking. Ce sont de fort belles volailles, rustiques, d'un développement rapide; leur chair est estimée. La poule pond de très beaux
Race plymoutb-rock.
œufs, couve bien, et ses poussins sont d'un élevage facile. Le plumage est gris do fer, ombré de noir; la tête, de grosseur moyonno, est armée d'un bec court et jaune et surmontée cfune crête simple et bien dentelée; barbillons longs, oreillons moyens, bien rouges. Le corps est solidement charpenté, la poitrine et les épaules sont larges; les pattes sont jaunes. Chez la variété dile pi y moût h- rock barré, la crête est triple.
PNEU n. m. Autom. V. pneumatique.
* PNEUMATIQUE adj. — Tôlégr. Cartes pneumatiques.
Y. Ti:i,li(;KAI'HK.
— Aniom. Uanâage pneumatioue ou Pneumatique (un). Bandage gonflé d'air garnissant la janto des roues pour la préserver des chocs sur la route, ii On dit le plus souvent, par abréviation, psku.
— Encycl. Oràce à sa souplesse, le ptieumntique, ou pneu, amortit les chocs sur les légers obstacles.
Le pneu d'automobile ressemble dans ses parties essoD-
• •«•^ tnveioppe
^V Crochet de ^^o^ la jante
Rondelle caoutchoui Grand écrou —
Pièce centrale
Disque Caoutchouc
Pneu.
tielles au pneu de bicyclette ; mais on l'a modifié pour accroître ses qualités de résistance. Uno surépaisseur de caoutchouc et de toile dite croissant, coUoe sur la surface diî roulement, prolonge sa durée ei protège la chambre contre les perforations. Ou tend d'ailleurs à abandonner cette protection pour les ^ -,. CroiMani <ie
gros pneus, qui y'^'^ *^^^^ protcctî n
périssent surtout par éclatement et non par perforation.
Léclatement se produit lorsque la chaleur amollit la chambre et di- P'aquelte minue sa ré- Bourrelet sistance; cette Plaque — V^; chaleurest due tcrouaux fret tcments internes et même moléculaires des toiles de la carcasse du caoutchouc, et de la chambre dans l'enveloppe lors des dél'ormations sur le sol. Une surépaisseur augmente ces frottements et devient par conséquent nuisible quand on marche à grande vitesse. Ou a cependant essavé de revenir au croissant, mais en le constituant (îe cuir cliromé garni de rivets d'acier, parce que l'on donne ainsi au pneu des propriétés antidérapantes, qui compensent l'accroissement de réchauffement. Ces antidérapants solidaires du pneu sont aujourd'hui préférés aux antidérapants amovibles , qui usaient le pneu qu'ils recouvraient et pouvaient s'arracher, accident qui devenait grave lorsque l'antidérapant arraché s'introduisait dans les chaînes de transmission.
L'antidérapant donne beaucoup de sécurité à la voiture automobile par mauvais temps, mais présente par contre l'inconvénient d'user excessivement vite les routes.
PNEUMATOGÈNC (du gr. pneunia, atos, souffle, et gennân, engendrer) n. m. Appareil respiratoire imaginé par Jaubert, et qjui permet le séjour d'un homme dans un milieu délétère. V. sauvetage.
PNEUMOBACILLE (du gr. pneumân, poumon, et de bacille) n. m. Hactériol. Pyogène qui n'intervient que secondairement dans la pneumonie (v. pneumocoqde), mais qui est l'agent de certaines broncho-pneumonies (pleurésies, péritonites) et de beaucoup de suppurations, il On dit aussi
BACILLUS LACTIS AEROGENES.
— Encycl. Découvert par Friedlsender, le pneumobacille se présente sous forme de bâtonnets courts ou filamenteux (cultures) ou de coccobacilles. On le trouve dans les crachats, le pus, le sang, oîi il est encapsulé; il se colore par les couleurs basiques, mais ne prend pas le gram. Anaérobie facultatif, il se cultive dans tous les milieux (température optimum, 37"), même légèrement acides. Tué rapidement entre 60 et 80», il résiste à la dessiccation et conserve sa virulence dans l'eau et le sol. Il donne, en culture, une toxine différente de celle du pneumocoque (v. pneumotoxine). fait fermenter les sucres, transforme les nitrates en nitrites, mais ne donne pas d'indol avec les peptones.
PNEUMOCOCGÉMIE {kok-sé-mî — de pneumocoque, et du gr. haima, sang) n. f. Méd. Septicémie, avec accidents généraux graves et suppurations locales, déterminée par le passage, dans le sang, du pneumocoque.
PNEOMOCOCCIE(A-o/.--sfj n. f. Méd. Ensemble de maladies déterminées par le pneumocoque. (Les principales sont : pneumonie, pleurésies, endocardites et péricardites, viéninqiles, arthrites, otites, 7iéphrites, péritonites, parotidites, phlegmatia alba dolens, septicémie.)
PNEUMOTOXINE n. f. Biol. Toxine du pneumocoque. (Elle est capalfle de tuer le lapin, avec hypertbermie, mais ù dose assez élevée; elle contiendrait, d'après Andreini, une base alcaloïdique. Le cliautfage à 70" altère ses propriétés ot, à 100°, les fait disparaître.)
PNEUMOTYPHOÏDE n. f. ou PNEUMOTYPHUS (fuss) n. m. Méd. Fiévro typhoïde, débutant par uiie pneumonie et qui évolue pour son compte quand la pneumonie va vers sa terminaison. (On a attribué cette pneumonie à une localisation du bacille typhique, mais il semble aujourd'hui qu'elle soit duo uniquement au pneumocoque. Le traitement est celui de ces deux atreclions.)
PNOM (pnom') n. m. Ornement pyramidal que les Cambodgiens placent sur leur coiffure en toilette de cérémonie.
POCIOLOK n. m. Nom
donné au village cosaque d'au moins trente feux, qui constitue, dans les voïskos, un organe administratif d'ordre immédiatement inférieur à la stanitza. (Le pociolok a. comme celle-ci, son ataman, nommé dans dos conditions semblables, et organe d'exécution des ordres de l'autorité supérieur!'.)
POCQOET (Barthélémy), né i Kennos en 1852. Il fit à Hennés toutes ses études, y compris sou droit, et il s'v fit
recevoir docteur on 1877. ïl dirige le "« Journal do Rennes », quo son père fonda on 1844, et il préside la Société archéologique d'Ille-et-Vilaine. Outre de nombreux articles dans les publications périodiques bretonnes, il est l'auteur de trois ouvrages importants : Essai sur l Assistance publique (1877) ; les Origines de la révolution en
Bretagne (1885) ; le Duc d'Aiguillon et La Chalotais (1900lyOi). Ces deux derniers ont obtenu de l'Académie française, l'un le prix Thiers fl885j, l'autre le prix Guizot (1901). Pocquei s'est chargé de terminer la grande Histoire de Bretagne, entreprise et menée jusqu'au troisième volume par A. do La Borderie.
PODAGRISME iyrissm'j n. m. Etat de celui qui est podagre
PODAUQUE {Itk' — du gr. pous, podos, pied; adj. Se • lu d u(n* version dans laquelle on amène les pieds du l'i-iiis vers le petit bassin.
PoDLÉSIE, une des anciennes grandes régions naturelles de la Pologne, comprenant essentiellement, sur le cours supérieur du Pripet, la région marécageuse de Pinsk. C'était, de toute la Pologne, la partie la plus infertile et la plus pauvre.
PODOCÈRE n. m. Genre de crustacés amphipodes rrevettines, de la famille des corophiidés, comptant de nombreuses espèces répandues dans toutes les mers. (I^s podocères, types d'une sous-famille dite dfs podocérin^s, sont des petits animaux allongés, remarquables par la pince puissante qui termine leur deuxième paire de pattes. Le podocerus variegalus abonde sur les côtes des mers du Nord; le podocerus dentex pullule parmi les colonies de sertulaires dans les estuaires de la mer Noire.)
PODOCÉRINÉS n. m. pi. Sous-famille de crustacés amphipodes crevettines, de la famille des corophiidés, renfermant les genres podocère, cérape, etc. — Un podocériné.
PODOÏDES n. f. pi. Math. Podoîdes d'une courbe. Courbes obtenues en prenant les symétriques M d'un même point O, par rapport aux tangentes de cette courbe, et qui sont liomothétiques aux podaires de la même courbe.
— Encycl. Les podoides s'engendrent encore eu faisant rouler sur cette courbe une courbe égale et symétrique par rapport à la tangente au point de contact.
L'équation de la podaire étant :
on a pour équation de la podoïde :
xM!,î = 2y/-(-î),
ou en coordonnées polaires :
;- = 2 sin 6 /"(— cotg.6).
Brocard a fait remarquer que la podoïde est également le lieu des images d'un point donné sur un miroir tournant, si on suppose ce dernier reciiligne et formé par la tangente mobile sur la courbe donnée.
PODOSPHÈRE i'ifér') n. m. Champignon du groupe des périsporiacées, formant sur les feuilles des périihèces qui sont pourvus d'un petit nombre seulement d'appendices bifurques, brunâtres, et qui produisent des asques à une seule spore ovoïde incolore, unicellulaire.
PŒCILANDRIE (pé, drî — du gr. poikilos. varié, et anér, dros, mâle) n. f. Biol. Modifications sexuelles secondaires que stibissent certains mâles de coléoptères, et au cours desquelles ils miment divers caractères de la femelle. (P. Lasne désigne ce phénomène sous le nom de pœcilandrie périodique, qu'il faut distinguer de la pœcilandrie de stature, de la pœcilandrie de couleur et de la pœcdandrie d'âge. Ce sont peut-être des cas d'adaptation réciproque ou de castration parasitaire.)
PŒCILODYNAME (pé — du gr. poikilos, Tarlé, et dima-
niis, force) adj. Caractères pœcilodynames. Caractères que l'on observe ciiez un hybride mosaïque, dans lequel le caractère dominant se montre côte à côte avec le caractère récessif, mais où, en outre, on constate entre eux l'existence de tous les caractères intermédiaires comme chez les hybrides de vitis estivalis et de vitis labrusca.
POELCAPPELLE, comm. de Belgique (prov. de Flandre- Occidentale [arrond. d'Ypres') ; 2T20O hab.
Poète et la Sirène (le\ groupe en marbre (Salon de 1903), ([ui a valu à son auteur, Emmanuel Haunaux, la médaille d'honneur.
Assis sur un rocher baigné par les flots, le poète, à demi vaincu, écoute la sirène séduisante e t persuasive. Dans un geste d'une câlinerie irrésistible, elle appuie son corps nacré contre la poitrine du poète et son bras déjà maître de la couronne qui ceint sa têto va tantôt atteindre la Ivre sonore qu'il élève, hors ue son atteinte, dans un dernier effort de volonté.
Ce groupe, de conception et de technique tout à fait classiques, d'un heureux balancement do rythme, a l'élégante simplicité de certaines des œuvres du xvii' siècle et du commencement du iviii* qui partMit encore les jardins de Versailles.
POOROM igroni') ou POGROME [mot russe, signif. iiiicutc. désortire, désolation, dévastation] n. m. Nom donné, en Kussie, aux émeuies populaires, plus ou moins directement encouragées par la police, (|ui ont troublé pendant la période ]9u:i-r.>00 la plupart des grandes villes de la Pologne ou de la Russie méridionale. (Les pogroms, dirigés le plus souvent contre les juifs, parfois contre les étudiants libéraux, ont été particulièrement fré<iuents à Lod/, ù Siodire, ii Varsovie, à Bielostok. elcl
PoiCTEVIN.Fran'is-Paul-Edouard-Adrien\ littérateur français, né à Paris en 1854, mort ù Menton en 1904. Au Si^rtii du lycée Saint-Louis, il lit sou droit, et voyagea
Le Poète et la Sirène.
en AUenia{<DO, on Anf^lctorro ot en Italie, amassant dos improssioiis ot dos inia^'os pour l'œuvre littéraire eu'il rôvait dès lors. .Son premier livre, la Hobe du moine, aatc de 1882. Vinrent ensuite et successivement : Ludine, Songes, Petitau, Seuls, Pnt/sat/es et nouveaux sont/es. Derniers sonyes, ùonbfc, l'resijue, Heures, Tout bas, Ombres. Ces livres, dont la plupart (Uaieiit des recueils de notations personnelles ot dont Urs autres tenaient plus de l'étudo psycholu(^l(|ue et murulo (|uo du roman, se firent remarquer des lettrés par une l'ormo recherchée jusqu'à la bizarrerie enveloppant une j)ens6o énigmatiquo et paradoxale, mais où l'on distinguait une rdello préoccupation do l'art. En 1895, l'état do sa santé lui interdit le travail ot il alla se soignera Menton, où il passa le reste do savlo dans le détachement de ses atnhiiions littéraires ot en méditations mvstli|uos auxquuUos la musiquo donnait plus d'élan vors l'idéal. Il a laissé une œuvre manuscrite, laito avant sa maladie.
*P0INCARÉ (Jiiles-//e;in), mathématicien français, né à Nancy eu 185-i. — Il a publié en dernier lieu : la Science et l'Hypothèse (1902); Fitjuves d'ét/uilibre d'une masse fluide fl903); Leçons de mécanique céleste (1903 etsuiv.); la Valeur de la science (1906).
*PoiNCARÉ (Raymond), homme politique franchis, né à Barde-Duc en ISiîo. — Lo 7 janvier 1906, il a été réélu sénateur de la Meuse. Kapportour général de la commission des linances, il entra dans le cabinet Sarrien avec le portefeuille <les linances (M mars 1906) et, coufurmémeut ■à la déclaration ministériello, il prépara un projet d'nnpot sur lo revenu. En désaccord grave avec la commis-sion du budpffît, il refusa de faire partie, en octobre 190tJ, du ministère Clemenceau, où lo portefeuille des atfaires étrangères lui avait été od'ort. Il a publié : Ùu droit de suite dans la propriété mobilière; l'ancien droit et le code c/iw7(lSs3); Idées contemporaines (lUÛG).
POINClLLADE(//mll.) D. f. Un des uomsde la césalpinic. *POlNT n. ni. — KncycI-. Points d'appui de In flotte. Ou désigne sous ce nom un certain nombre de stations lointaines, choisies dans les colonies les plus exposées à une attaque par mer, ot destinées à fournir à la (lotte française en campagne de guerre des bases de ravitaillement en charbon, vivres, munitions, matériel, etc., en mémo temps qu'un refugo possiblo en cas de combat malheureux. Les événements do la guerre hispano-américaine, nuis de la guerre russo-japonaise, ont démontré la nécessite de semblables stations, sans lesquelles uno flotte ne saurait entreprendre un trajet quelque pou considérable, les usages do la guerre no permettant pas atix neutres de la ravitailler librement en charbon. Le programme naval français établi au lendemain de la crise de Fachoda prévoyait l'aménagement d'un (;ertain nombre de points d'appui plus ou moins éloignés, dont les principaux étaient Bizerto, Diégo-Suarez, Dakar, Nouméa, Saigon, etc. Des dépôts de cliarbon, des arsenaux ot de vastes formes de radoub devaient y être créés, et la protection par terre et jiar mer devait en ètro assurée. Malheureusement, l'exécution intégrale de ce programme demandait des crédits trop élevés, et l'on a décidé postérieurement de s'occuper d'abord presque uniquement de Bizerte, Diégo-Suarez et Saïgon. Bizerte a été pourvue d'un nouveau bassin et d'un outillage plus complet. Saigon a été mis en mesure de réparer les grands croiseurs, ot uno station de sousmarins y a été créée. Quant à Diégo-Suarez, cette magnifique rade a été protégée par un réseau extérieur de lorts et de batteries, qui eu fout un refuge pres([ue inviolable pour une flotte.
Point (Armand), peintre français, né à Alger en 1860. I! commença par peindre des scènes algériennes ou orientales, i>uis vint à Paris en 1888, fut séduit par les primitifs italiens, obtint une bourse de voyage en 1892 pour ses pastels exposés au Salon du Champ-de-Mars, et reprit en France les théories des préraphaélites anglais. Sous l'influence des peintres florentins du quattrocento, il exécuta dès lurs la phipart do sos œuvres, telles que : l'Annonciation (1895), l'Espérance et la Douleur (1896), où se manifestait directement le souvenir do Boiticelli. En même temps, Armand Point, curieux de procédés anciens, étudiait Cellini ot peignait à l'œuf ou à fresque comme dans sa Sainte Cécile. Malhourouseraont, ces œuvres manquent souvent de sincérité et do grâce véritable et le pastiche y est trop apparent; il faut néanmoins citer encore parmi elles : ai SirénCy la Princesse à la licorne, et le Parfum de mimosa. Parallèlement, l'artiste, toujours épris des théories de William Morris, songeait à. rénover l'art décoratif, et son habileté manuelle so donnait libre cours en des bagues ou des bijoux émaillés et on quelques travaux idus importants, un culfrit aux serpents et un Saint Ht'orycs en bronze égatenicnt émaillé.
*PoiNTELIN (Augnsto-Emnianuel), peintre français, né à Arbois (Jura) en 18U. — Aux œuvres déjà citées de cet artiste il convient <i'ajoutor : le Haut Jura, Solitude, Lever de lune, toiles; bords de Veau, Etang de Belmont, pastels qui ont figuré à l'Exposition universelle de 190o (Paris), où l'auteur fut honoré d'une médaille d'or. Il a exposé au Salon do 1903; Hautes prairies (Jura), et Forêt lointcine.
*PoiRIER (Paul), chirurgien français, né àGranvilleen 1853. — Il a été élu, ou 1905, membre do l'Académie do médecine.
POJAN , h&iiTg dAustro - Hongrie ( Transylvanie ) ; 1.000 hab. Eaux minérales bicarbonatées ferrugineuses, à la température de 12» C, utilisées en boisson dans le traitement de certaines afl'octions do l'appareil digestif.
POLAILLON (Joseph-François- Benjamin), chirurgien français, ne à Lyon en 1837, mort à Paris en 1902. Après avoir commencé ses études dans sa ville natale, il alla les terminer à Paris, où il fut interne ou 1S59, aide d'anatomie en 18*54, et reçu docteur on 1865 avec une thèse sur les ganglions nerveux périphériques. Nommé aerégé danatomie et de physiologie en 1866, chirurgien des^iôpitaux en lS7û, il fut chargé successivement des services de Cochin (accouchement), do la Maternité, puis de la Pitié. Ses études se sont portées sur l'anatomte et la physiologie, l'obstétrique et la pathologie chirurgicale. Sa thèse d'agrégation eut pour sujet les MilieiLt réfringents de l'œil; il a publié dans le « Dictionnaire encyclofiédique des sciences médicales - des articles sur la glande acrymale. la main, les veines caves, dans les « Archives do physiologie » une étude sur les efl'ets toxiques de
Polavic^a
l'inéo, poison des Pahouins (Gabon). On lui doit diff'érents travaux do tératologie (vice do conformation des yeux, fœtus anencéphalc. communication des ventricules, malformations do l'utérus), d'obstétrique (grossesse extrautérine terminée par l'enkystement du produit de conception, les nœuds du cordon ombilical, dysiocie par hydrocéphalie), do chirurgie (suturo des tondons, anévrismo faux consécutif développé dans la plaie bourgeuunauie d'une résection du coude, pathologie de la clavicule;, etc. 11 fut élu membre do l'Académie do médocino eu 1818. ^POLAIRE lier') adj. — Biol. (ilobulea polairet. Cellules aboriives résultant do la double bipartition do l'ovocyte au moment do la maturation. (Il y a deux ou trois gloi)ules polaires, selon que lo premier so divise ou non.
[V. MATURATION, et DIVISION ItKDi;CTKlCKj.)
— Géogr. expéditions polaires. V. antarctiques (^erre«) ot ARCTiyt-Ks {terres},
POLAVIUA (marquis Garcia db Polavieja y dki. Cas- TitLo), général et homme politique espagnol, né à Madrid en 1838. Engagé volontaire on 1858, il nt toute la campagne du Maroc, eu qualité' do sergent. Il assista nolammont à la bataille do Castillejos et fut blessé à celle de l'oued Ras. Sous-lieutenaiit en 18G3, lieutenant l'année suivante, il combattit à Saint-Domingue, puis à Cuba, au moment de la révolution do I8ti8.
Capitaine en 1811, il fut nommé lioutcuant-colonoi en 1872, à cause des services qu'il avait rendus, notamment comme adjoint au général Martiuez Campes. Il retourna en Espagne en qualité do colonel, et sous les ordres do Martinez Canipos, il combattit contre les bandes carlistes. Brigadier on 1876, il retourna, on 1877, avec Martinez Campes, à Cuba, où il eut à lutter contre Pancho Jiménez et Antonio Maceo. Maréchal de camp en 1878, gouverneur do Puerto-Principe, puis de Santiago-dc-Cuba, en 1879, il continua à lutter contre les révoltés.
Il retourna en 1882 en Espagne, où il fut capitaine général d Andalousie jusqu'en 1888. Nommé en 1890 gouverneur général de Cuba, où dès son premier séjour il s'était efforcé de préconiser des mesures do nature à empêcher la rupture avec l'Espagne, il en revint en 1892, désolé de voir que ses vues politiques n'étaient pas partagées par le gouvernement. Capitaine général et gouverneur des îles Philippines, il remporta sur les insurgés philippins des victoires si décisives, qu'il fut surnommé le Pacificateur, mais il dut rentrer en Espagne, malade, en 1897. Peu après, il commença à prendre une part active à la politique de son pays, s'efforçant de le relever par des réformes pratiques. Francisco Silvela le choisit comme ministre de la guerre en 1899. Le général Polavieja, sénateur à vie, chef de la maison militaire du roi, chef de l'état-major central (1905). a écrit, sur Cuba, ses mémoires, qui ont été publiés en 1898, ainsi que d'autres ouvrages historiques d'un réel mérite.
POLENZ (Guillaume dk), érudit ot écrivain allemand, no et mort au château d'Ôberennewald (1861-1903), dans la Lusace supérieure saxonne. Il étudia lo droit et les sciences politiques à Breslau. Berlin et Leipzig, appartint pendant quoique temps à la magistrature, étudia onsuito l'histoire aux universités do Berlin et de Fribourgon-Brisgau, puis se consacra entièrement à la littérature. Il s'est attaché surtout, dans ses œuvres, à poindre les mœurs de ses contemporains et particulièrement des hobereaux et des paysans de sa province natale. Il est remarquable par la sincérité de ses personnages et do ses récits, et par la finesse de son observation. Ses principaux ouvrages sont : dos drames : Hommes prussiens (J89i) ; Henri de Kleist (1891); Andréas Boekholdt {IS9S) ; Hobereaux et serfs (1901), des nouvelles : Tentation (1891); Caroline (1894); Pure^^(1896); liegarde le pays [1900), et des romans: le Pasteur de Ùreitendorf (\S93) ; le Pai/san tonnelier {IS96); le Cantonnier (1897); Tltekla Lûdekind (1899); L'amour est éternel (190û); l'Enchanteur des racines (1902). Il donne les impressions d'un vovagc aux Etats-Unis d'Amérique dans le livre le Pays de l'avenir (1903), qui eut trois éditions dans la même année. Hansde Valkmauna publié un recueil postliume : le Temps des moissons. Poésies posthujnes (l;304).
PoLEVOÏ (Pierre Nicolaevitch), écrivain russe, né en 1839, mort en 1902. Il fut professeur de littérature russe à Varsovie. Il a écrit en russe divers ouvrages de critique ot d'histoire littéraire, dont lo principal est uno Histoire de la littérature rttsse, publiée pour la première fois en 1872. *POLICE n. f. — Encycl. Admin. Police municipale. Le décret du 10 mars 1906 a décidé que tous les commissaires do police, sans exception, seraient directement nommés et révoqués par décrets du président do la République^ sur la jtroposition du ministre de l'intérieur.
Police sanitaire maritime. La destruction des rats est obligatoire pour l'admission dans les ports français des bâtiments provenant de pays contaminés de peste. Les détails d'application de cette Î>rescription et es exceptions qu'elle comporte font l'objet du règlement du \ mai 19Ù6. Les frais do dératisation, calculés sur la jauge brute, sont à la charge de l'armement, mais aucune taxe sanitaire n'est duo du fait de l'opération.
Police municipale et rurale (médaille des agents DE la\ distinction honorilîque instituée par décret du 3 avril 1903 en vue de récompenser les services des
Médaille des agents de la police manicïpale et rurale.
POLNCAUE — POLYBIBLION
agents de la police municipale ot rurale (agents do police, gardes champêtres, etc.) on fonction depuis au moins vingt années et n'ayant pas encouru do punition pendant les cinq dernières années.
Diplôme et médaille sont accordés par lo ministre do l'intérieur, sur la proposition du préfet de police à Paris et des préfets dans les départements.
La médaille travée par Coudray est on argent, du module do 27 millimètres et suspendue par une bélléro do mémo métal en forme do brancho do chêne à un niluin constitué par cinq bandes verticales parallèles: uno bande bleue méoiane do 8 millimètres accostée de bandes blanches do 5 millimètres, elles-mêmes limitées par des bandes rouges de 6 millimètres. Lo ruban no peut être porté sans la médaille.
POLIGNAC (Charles-Ludovic-Marie, prinro dk\ offlcior français, né à Londres on 1827, mort à la Bouzaréa, près d'Alger, eu 1904. Ancien élève do I Kcole polytechnique, attaché au bureau politique dos atfaires arabes en 1857, il fut, en 1802. étant alors capitaine, cliargé avec lo chef d'escadron Mirchorclunemissioti près des TuuarcgAzdjer. Los négociateurs, arrivés à Ghadamès le 21 octobre, parvinrent, après do nombreux pourparlers, à signer, le 26 novembre, avec le chef des Azdjcr, le fameux traité destiné à faciliter à la Franco l'accès du Soudan. Le prince do Polignac devint colonel d'état-major, fit partie de l'étatmajor da général de Forgemol pendant l'expédition de Tunisie, et, retraité en Algérie, ne cessa de consacrer ses efforts au développement de l'inâuence française dans le .Sud algérien. Il avait épousé, on 1874, la princesse Gabrielle de Croy-Diilmcn née en 1835, et qai moorat en 1904.
Polignac (Edmond-Melchior-Jcan-Marie, prince w.), comi)Ositeur français, frère du précédent, né et mort à Paris ' 1834-1901). Il était lo ouatrièmo fils du prince Jules de Polignac, ministre de Charles X. Passionné pour la musique, il prit des leçons do Thys. puis de Rêver, dont il suivit la classe au Conservatoire. Le prince Edmond do Polignac prit part à divers concours et remporta des prix, notaomient en 1865 pour trois chœurs : le Myosotis, Oii est le bonheur, la \ ieillesse ; en 1867, pour son chœur l'Abeille; en 1876. pour la scène lyrique Don Juan et Haydée. On lui doit aussi des romances, une marche funèbre, un recueil de douze mélodies ; les Adieux de Deidamia, scène avec solo et chœurs, etc. Il avait épousé en 1893 uno Américaine, M"» Singer, belle-sœur du duc Decazes.
POLIOENCÉPHALITE ili-o-an — du gr. polios, gris, et egképhaie. encéphale i n. f. Méd. Maladie due à deslésions dos noyaux gris bulbo-protubérantiels et provoquée par des maladies infectieuses (scarlatine, diphtérie) ou des intoxications lalcool). [Il y a deux formes principales : la polioencéphalite inférieure, caractérisée par la paralysie labioglosso-laryngée , et la polioencéphalite supérieure, caractérisée par l'apparition brusque do maux de tète, de vomissements, de parésio des membres et d'ophtaïmoplégie externe. La mort survient, après tmo période d'obnubilation ou do délire.]
POLIOMYÉLITE (du gr. polio», gris, et muéîos, moelle) n. f. Méd. Maladie déterminée par des lésions des cordons gris de la moelle épinière : paralysie infantile et paralysie spinale de l'adulte. V. ces mots.
POLIOPLASMA plass) n. m. Biol. Partie ducytoplasma qui est entraînée par les courants d'échanges ou d'osmose ou de diffusion intracellulaires. (Se confond souvent avec Vhyaloplasma.)
* POLKA n. f. — Petite brouette servant aux transports de terre dans les carrières où l'on cultive le champignon de couche.
POLLINCHOVE. comni. do Belgique (prov. do Flandre- Occidentale 'arrond. de Dixmude}); 1.550 hab. Moulins.
POLLOCK (Charles), juriste anglais, né en 1823, mort à Putney en 1897. Il était fils de William Frederick Pollock (1815-1888). Avocat en 1847, conseil de la reine en 1S66, il fut nommé, en 1873, un des barons de l'Echiq^uier, avec des appointements de 125.000 francs. Ses fonctions ayant été supprimées celte même année, il devint, tout en conservant son titre, juge de la haute cour. On lui doit des traités estimés sur la procédure des comtés et sur la loi do la marine marchande.
POLONIDM (ni-o»r — do Pologne, pays d'origine de M*' Curie) n. m. Chim. Première substance radio-active, découverte par M. et M*' Curie (1898) dans la pechblende, où elle accompagne le radium.
— Encycl. Le polonium se concentre dans le traitement du minerai, avec le bismuth, dont on le sépare en so basant sur la différence do volatilité des sulfures dans le vide. Cet élément non isolé pur est environ -iOO fois plus actif que l'uranium; il n'a pas do spectre caractéristique et se rapproche beaucoup chimiquement du bismuth.
POLYALTHIE f/i'j n. f. Genre d'anonacées unonées.
— Knctcl. Les polyalthies sont des arbres ou des arbrisseaux voisins
dos unones et des canangues, caractérisés par leurs âeurs à carpelles biovulés ou uniovulés. Ce genre compte plus do 70 espèces, réparties en Australie, à Sladagascar et surtout dans l'archipel malais. Le bois blanc, léger, do la plupart des polyalthies est peu employé. Certaines espèces fournissent des fruits comestibles : l'écorce de la polyalthie subéreuse et de lapolyalthie cerise sert à faire des liens
Polyalthie : a, pistils ; b. étamines.
grossiers. Enfin, il existe des polyalthies réputées comme médicinales, mais leurs propriétés sont encore douteuses. Polybiblion, revue bibliographique universelle, fondée à Paris en 1S6S et publiée depuis cette époque sous les
Polyodontophis.
POLYGASTRULA — PORRO
auspices de la Société bibliographique Ello so compose do deux parties, dont l'une, tecnnit/ue, est uno liste biblior^raphique des principaux livres parus en Franco et à l'éiraa- ^er, tandis que l'autre (la partie littéraire) contient l'analyse d'ouvra^'es. français surtout, do tous les genres. Un dépouillement do périodi(|ues et dos articles littéraires des principaux journaux do Paris et uno chronique complètent l'une 01 l'autro des doux parties do cette revue, dont les tendances sont nettement catlioli<|ues.
• POLYGASTRULA {i;hass — du pr. polus, beaucoup, et gastér, tros, estomac) n. f. Bioi. Gastrula à plusieurs invaginations, que l'on observe dans la polijspermie. (Elle constitue une formation monstrueuse qui no se développe pas plus loin.)
POLYLÉPIDC n. f. Genre de rosacées sangnisorbéos, comprenant dix espèces d'arbrisseaux qui habitent les hautes montagnes do l'Amérique du Sud.
POLYODONTOPHIS (fîss) n. m. C.enro de reptiles ophidiens, do la famille descolubridés, comptant dix espèces répanduesde Madagascaràl'Indo-Chine et dans l'Amérique centrale.
— KNCYCL.Les polf/odontophis sontd'assezgrandes couleuvres à tête courte, peu oupointdistincte du cou, à yeux moyens avec pupille ronde, à corps allongé, C3;Iindrique, terminé par uno queue assez longue. Ces serpents non venimeux, brun varié de jaune, vivent dans les forfts humides, he polyodonlophis collaris, répandu dans l'Asie tropicale, atteint un métro de long.
POLTSCIAS (li-si-ass) n. m. Genre d'araliacées schefflérées, des régions australes do l'ancien monde.
— Encycl. Los pohj scia s sont des arbres à feuilles composées imparipenuées, à fleurs articulées sur le pédoncule floral et albumen non ruminé. On en compte une centaine d'espèces. Le polyscias frutescens est cultivé dans toutes les régions chaudes ; ses jeunes pousses se mangent comme le persil; on l'utîliso en décoction contre les maux de gorge, ainsi que pour la cicatrisation des plaies.
POLYSTIGMA (liss-tigh) n. m. Champignon du groupe des hypocréacées. (11 se présente sous la forme de taches épaisses, rouges ou jaunes sur les feuilles, constituant une masse étalée appelée stroma. Le polystigma rouge est une espèce très répandue sur les feuilles des pruniers dans toute l'Europe et l'Amérique boréale.)
POLYTAXIQUE (tak-sik) adj. Biol. Caractères pobi toxiques, Se dit des caractères (taille par exemple) qui, observés chez beaucoup d'individus d une même espèce ou d'une même variété, et représentés graphiquement, donnent une courbe à plusieurs sommets, composés de groupes d'individus sans intermédiaires entre eux. (Ces sommets sont appelés laxies, et le caractère qui présente plusieurs sommets est appelé di, tri, polytaxique.)
POLYTROPIQUE {pik') adj. Biol. Caractères polytropi-
?ues. Se dit des caractères susceptibles de varier d'une açon continue, pendant la vie de l'individu (par exemple la taille, la couleur, la pilosité, etc.).
POMMEROL (M"»' Jean), femme de lettres française, née près de Sens en 1869. Elle reçut une éducation masculine, où les sciences et les arts, la musique surtout, eurent leur part non moins que les lettres, et qu'elle compléta plus tard en Autriche par l'étude du droit romain et germanique, d'exégèse, do médecine et do philologie. C'est à Vienne qu'elle débuta dans le journalisme, en envoyant des correspondances politiques à plusieurs grands journaux. Presque toujours en voyage, elle a parcouru toute l'Europe, l'Asie Mineure, l'Egypte, lo Sahara, où elle séjourna trois années (1800-1901), vivant au milieu des Arabes, dont elle étudiait la vie sociale et religieuse. Parmi les ouvrages de cet écrivain, qui sait revêtir une documentation exacte d'un stylo coloré, il faut citer : Didja, (leurs d'un jour; Petites âmes d'ailleurs, Psycholoqie d'un chef d'insurrection; Déraciné (ISOi) ; le Péché dès autres ; la Faute d'avant ; le Crible; trois volumes consacrés à l'étude des mœurs viennoises : les Six filles de Frau Soferl ; Vierges d'ailleurs ; Une de leurs étoiles, et plus récemment des ouvrages inspirés do ses explorations aux confins de l'Algérie : une Femme chez les Sahariennes ; l'Haleine du Désert; Chez ceux qui guettent (1903); etc.
POMPILI (Vitioria), née Aganoor, poétesse italienne, née à \ cniso en 1857. Dans l'unique recueil qu'elle a publié, Legyenda eterna (1900), ello point le trouble d'une &me qui, partie de l'optimisme, découvre pou à peu les laideurs do la vie et so révolte coûtro elles, pour so reposer cnll ii dans I espoir m;* s tique on un aven i meilleur. Comni.
son maître Gia como ZancUa, olio montre la grâce, la déli<:atesse, uno émotion discrète et contenue.
nftkir*»^» RouleuM lie ponchon. àPorto-NoTo.
funutiQn n. m.
FutûiJIo on usage dans T Afrique occidontalo pourlo transport do 1 huile. "^
PONOSE Mu gr. ponos, fatigue) n. f. Méd. Auto-intoxicalion produite par la fatigue et le surmenage physique. ( Ello se traduit surtout par des courbatures, de 1 essoufflemont, do l'hyperthermie, parfois du délire et des troubles d'insuflisanco digestive. La fièvre musculaire observée chez certains ouvriers [mineurs, forgerons], au début de lapprontissage, est une forme de ponose.)
^PONSCARME (François-Joseph -Hubert), sculpteur et graveur français, né à Belmont (Vosges) en 1887. — li est mort à Malakotf (Seine) en 1903.
*PONT n. m. — Faire le pont, Chômer un jour ouvrable lorsqu'il so trouve placé entre deux jours fériés.
— E.Ncv<L. Pont suspendu à chaînes. Un nouveau pont suspendu par des câbles formant chaînes a été construit récemment à liudapest sur le Danube, qu'il traverse par une seule travée. Les dimensions do cet ouvrage sont considérables, la travée principale ayant près de 300 mètres do longueur pour une largeur de 18 mètres environ. La caractéristique du système consiste dans les chaînes de suspension, qui sont disposées en deux couples de part et d'autre du pont. Les tours de soutien des chaînes sont articulées sur pivota leur base; toute la construction, ainsi que les tours, sont en acier doux ayant une résistance de 3.500 kilogrammes au centimètre carré.
PONT-DE-LOUP, comm. de Belgique (prov. de Hainaut [arrond. de Cliarleroi j. sur la Sambre, affluent de la Meuse: 2.100 hab. Charbonnages.
PONTIAC, ^rand comté du Canada (prov. de Québec\ ainsi nommé d un chef indien dévoué à la cause française, à la rive gauche de l'Ottawa, qui le sépare de l'Ontario ; 51.000 kilom. carr. ; près de 26.000 hab. Ch.-l. Bryson.
*P0NT-JEST (Léon-René Delmas, dit René de), romancier français, né à Reims en 1830. — Il est mort à Paris en 1904.
PONTRESINA, comm. do Suisse (cant. des Grisons [distr. (io .Maloja^), dans la Haute-Enpadine, à l.soo mètres d'altitude; 500 hab. Station climatique très fréquentée.
POOL (pou/— mot angl. dérivé du franc, poule, iQvma de jeu) n. m. Groupement ou syndicat de producteurs, que l'on confond souvent à tort avec le trust ou lo cartel. (Il est. comme le trust, d'origine américaine; mais, tandis que le trust est une coalition durable, comme le cartel, le pool n'est qu'une entente accidentelle et momentanée, en vue d'un gain rapide, destinée à disparaître par le fait de la réalisation des bénéfices cherchés.)
POOLE (Reginald Stuart), archéologue et numismate anglais, né et mort à Londres (1^32-1395). Elevé en Egypte auprès de son oncle, l'orientaliste Edward L.ane, il entra à 1 âge de vingt ans au département des antiquités du Britisli Muséum, où il devint conservateur adjoint des monnaies et médailles lors de la création de ce département (1861), et dont il fut nommé conservateur en 1870. Ses travaux en numismatique sont de la plus haute importance, principalement ses catalogues des monnaies grecques, romaines, orientales et anglaises (1873-18S5), des monnaies suisses du South Kensington Muséum (1878), des monnaies des Ptolémées (1883), et des monnaies des schahs de Perse depuis 1512 jusquà nos jours (1886). On lui doit aussi Horx JEgyptix (1857) et the Cities of Egypi (1882). II a écrit beaucoup d'articles dans les encyclopédies et revues spéciales. Il était un des gouverneurs de University Collège, à Londres.
Pope (John), général et homme d'Etat américain, ne à Louisville (Kenluckv) en 1822, mort en 1892. Elève de l'Ecole militaire de west-Point, il fit comme colonel les campagnes de la guerre du Mexique, de 1846 à 1848, et se signala par sa hardiesse. Puis il fut mis à la tète de l'importante mission à la fois militaire et géodésique qui reconnut le tracé définitif du grand Transcontinental américain, le Pacific Huilway. Pendant la guerre do Sécession, il fut placé à la tête de l'armée fédérale de Virginie, et se couvrit de gloire sur le Potomac. Il participa ensuite, sous les ordres du général Grant, aux opérations qui aboutirent à la prise du camp retranché do Richmond. Après la guerre, il fut placé à la tête de la circonscription militaire du Pacifique, qu'il commanda jusqu'à sa mise à la retraite en 1886.
Pope (Franklin-Léonard), ingénieur américain, né en 1847, mort à New-York en 1895. Il fut d'abord attaché comme aido-ingéuieur à diverses compagnies télégraphiques américaines, et prit part, eu cette qualité, aux premières reconnaissances qui firent connaître scientifiquement les régions oui s'étendent entre l'Alaska et la Colombie britannique. Do retour de ces expéditions, il so fixa à New- York, où il poursuivit dans son laboratoire d'intéressantes recherches sur les applications iudustriellcs de l'électricité. C'est ainsi qu'il inventa, en 1870, on collaboration avec Thomas Edison, l'enregistreuse télégraphique à un fil. employée dans les grands centres, notamment pour télégraphier les cours de la Bour.se, iosuucls s'impriment auiomatiquement. Deux années plus lard, il imaginait un système de signaux électriques qui fut bientôt employé sur les principaux chemins de l'Union. A partir do co moment, Franklin-Léonard Pope s'occupa surtout du service technique des voies ferrées et du service télégraphinuo annexé aux chemins de fer. Il fut élu en 1885 présiilont do l'Institut américain des ingénieurs-électriciens. Il dirigeait depuis 1884 une publication périodique, o l'Ingénieur électricien », et il avait publié deux ouvrages ; la Pratique moderne du téléqraphe électrif^ue 01 la Vie et l'Œuvre de Joseph Henry, lo grand physicien américain dont les travaux l'avaient inspiré. En 1S95, Popo manœuvrait dans son laboratoire une machine à haute puissance de son invention, lorsqu'il fut atteint et foudroyé par un courant électrique de 3.000 volts.
P0P0P(A. S.), électricien russe, professeur è l'Ecole dos torpilles do Cronstadt. Dès 1895,Popof s'occupa do la reproduction dos expériences do Lodge sur les oscillalions électri(iuos et, au cours de ses recherches sur les dilTéronts systèmes du tube à limaille de liraidy. il émit, avant Marconi, l'idée do la télégraphie sans fil. 11 inventa un enrogisireur d'électricité atmosphérique, qui fonctionna à 1 Exposition do Nijni-Novgorod (1896). et dans la notice descripiivo qu'il en publia, il exprima l'espoir que son appareil perfectionné pourrait convenir à la iraus-
mission des signaux à distance, au moven d'oscillations électriques suffisamment puissantes. Enfin, en 1897. Popof réalisa pour la première fois, au cercle maritime do Cronstadt, le télégraphe sans fil avec l'appareil Morse. Mais pou après, la découverte de Marconi reléguait au second plan les essais imparfaiis de Popof.
POPP (VictorJ, ingénieur et électricien français, né à Vienne (Autriche) en 1846. 11 fit à Vienne ses premières études scientifiques, puis, séiant rendu en France en 1870, il obtint cinq ans plus tard sa naturalisation. U constituait bientôt la compagnie générale des horloges et forces ]»neumatiques, et installait dans les principaux carrefours de Paris les horloges à air comprimé, qui obtinrent dès l'abord un vif succès. L'entreprise, pourtant, ne fut pas financièrement heureuse. Cependant, en 1890, Popp réussissait à créer la compagnie parisienne d'électricité, dont il resta le directeur jusqu'en 1895, et qui avait pour objet la distribution à domicile de la force motrice par l'air comprimé, la distribution de l'éclairago électrique, la conservation des viandes et autres denrées par le froid, la distribution de l'heure électrique, etc. Depuis cette époque, Victor Popp a été mêlé Â la plupart des grandes affaires industrielles relatives à l'exploitation des forces électriques.
POPULISTE [lisst' — anglo-américain populist) n. m.
Membre du Populist Party (ou People's Parly) aux Etats- Unis. (Ce parti politique s est fondé à Cincinnati vers 1892. Composé surtout de représentants des classes agricoles et industrielles, il réclame la frappe libre de 1 argent, l'administration des chemins de fer et des banques par l'Etat, l'impôt progressif sur le revenu, la limitation de la propriété foncière, etc.)
PORAK 'Charles-Auguste), médecin accoucheur français, né à Paris en 1845. En 1878. après avoir passé par l'internat, il présenta une thèse où il a donné uno solution définitive à la question longtemps débattue du moment lo plus favorable pour la ligature du cordon ombilical : on ne doit lier qu'après que Tes artères du cordon ne battent plus, mais no pas attendra davantage; en procédant trop vite, on prive Je bébé de 92 grammes de sang ; en attendant plus longtemps, on l'expose à une perte de poids ultérieure et à une variété de jaunisse. U a fait paraître de nombreux mémoires, notamment ; l'Absorption par le fœtus des médicaments pris parla nièr^ (1879) ; l'Influence réciproque de la grossesse et des maladies du ccpur (1880). En 1887, quand lovariotomie faisait fureur, il eut le courage de protester énergiquement contre une opération qui doit être limitée à des cas assez rares. Il fut aussi plus tard l'adversaire déclaré des exagérations du curettage de la matrice. Médecin de la Maternité, U a été nommé membre de l'Académie de médecine en 1894.
PORCELIE (II) n. f. Genre d'anonacées uvariées, dont les espèces peuplent l'Amérique centrale. (Les feuilles do laporcelie nitidifoliée fournissent une couleur jaune.)
*PORE n. m. — Pore germinatif. Partie généralement circulaire, amincie, de la membrane d'un grand nombre de spores de champignons ou d'algues, des grains de pollen, etc., par où se fait la germination de ces corps.
*POREL (Désiré-Paul Parfouru, dit), comédien et directeur de théâtre, né à Lessay, près de Cootances, en 1842. — En 1893, il épousa l'actrice Réjane, et l'accompagna en Amérique lors de sa tournée de 1S95 ; cette union a été dissoute par un divorce, en 1905- En 1899, Porel a été élu à la présidence de l'Association générale des artistes dramatiques et lyriques, en remplacement de'Silvain, démissionnaire. Parmi les principales pièceS qui ont été jouées sous sa direction au Vaudeville depuis 1899, nous citerons : la Bonne Hôtesse, le Faubourg (1899); la Bobe rouge, Sylvie ou la Curieuse d'amour (1900); le Bon Juge, la Course du flambeau (1901); la Passerelle, le Joug (1902); Décadence, l'Esbroufe, Jilaman Colibri (1904); l'Àrmature, la Belle Madame Héber, la Marche nuptiale, Petite peste (1905); le Bourgeon (1906); etc.
PORIE (rî) n. f. Champignon de la famille des polyporéfs, formant sur les bois morts et plus ou moins décomposés des croûtes sèches t[ui présentent à leur surface externe des tubes sur les parois desquels se forment les spores.
( Beaucoup de ces champignons sont probablement des stables jeunes do véritables polypores.)
POROCYSTIDE
{siss) n. m. Genre de sapindacées de la tribu des sapindées, voisin des savonniers. iCo genre habite la région do l'Amazone et la Ouyano anglaise.)
PORPAX (pakss) n.m.Gi'iired'orchidacées dendrobiées, caractérisé par son labello ù pièces latérales indépendantes et par ses sépales concrescents en tubo. (Les porpax ont huit pollinies avec caudicule ; ce sont des plantes à port do conchtdium ; elle* sont rarement cultivées.)
PoRRO (^oi'KRATioN i>K^. Opération césarienne avec ablation do l'utérus ot des annexes.
Porpax. a. Ucur.
Ei
reprendre, un peu partout, sous le premier Empire. Depuis 1815, ce sont les deux gouvernements du second Empire et de la troisième République (|ui leur ont donné la plus vive impulsion, par la construction de nouvelles écluses, digues, bassins do chasse et bassins à flot, ponts roulants, etc., et l'amélioration incessante de l'outillage.
— Techn. Dans tout grand port, on trouve ordinairemont deux parties, le port proprement dit, et la rade. Dans le premier, qui occupe la zone intérieure de cet ensemble , viennent se placer les navires désarmés, en commission, en voie de chargement ou de déchargement,
*PORT n. m. — Excvci,. Les ;)o)/« sont les refuges ouverts au.\ navires sur les cotes ou au bord dos tfouve.s, pour leur permettre de s'abriter contre les tempêtes du large. C'est dans les ports qu'ils arment, qu ils désarment, ou qu ils otrectuont leurs opérations coinmerciales.
Les ports so distribuent, quant â leur origine, on plusieurs catégories nettement tranchées. Ceux qui résultent entièrement do la conliguration des côtes s'apjicllent ports nalureh .-par exemple ceux do Brest, de la H,ivano et do Bombay. On nomme ports artificiels ceux — les plus nombreux — qui ont été créés ou aménagés par le travail do
I homme : tels sont les ports d'Alger, de Toulon, do Cherbourg. Par opposition aux povli de mer, on appelle ports de rivière ceux qui sont installés dans les sinuosités d'une rivière profonde, à une distance plus ou moins grande de son embouchure, tels que Lisbonne, Nantes, Bordeaux, etc. On appelle ports de toute marre ceux qui ont assez d'eau pour que les bltimonts puissent y entrer en tout temps : c'est le cas des ports méditerranéens en général ; ports de barre, ceux dont l'entrée est fermée par un banc do roche ou do sable, où l'on no peut entrer qu'avec la maréo, les ports du barre étant en général situés à l'embouchure dos fleuves. Eiilin les ports d'Miouar/e sont ceux où la mer, en so rolirant, laisse les navires à sec. — Quant à leur destination, on distinguo les ports militaires ou de guerre, et les ports miircliands ou de commerre, appropriés les uns et les autres à leurs utilisations difl'erenies. Les ports de commerce eux-mêmes sont généralement subdivisés on cinq catégories : i» entrepôts généraux, ou de grande mossagorio maritime; 2» ports de refuge servant d'escale aux précédents ; 3° ports neutres et d'approvisionnement, servant d'escale à ceux do la deuxième classe ; •!• ports spéciaux de grande pèche ; 5° ports do pèche quotidienne. Nous nous occuperons surtout do
organisation importante et compliquée que demandent les ports do première calégorie.
— HiST. Lart do l'aménagement des ports est aussi ancien quo le développement de la navigation maritime elle-même. Aussi loin que l'on puisse remonter dans l'histoire du bassin méditerranéen, premier berceau de la civilisation classique, on y voit mentionner d'importantes rades commerciales, choisies en général sur les points quo leur conliguration naturelle prédestinait à ce rûlo, mais souvent aussi améliorées par la main do l'homme. Los descriptions de la vie maritime et los allusions qu'on peut relever dans les poèmes homériques supposent déjà 1 existence d'une architecture spéciale aux ports, dont Vitruve plus tard donnera les formules.
Tyr, Cartilage, Alexandrie, Athènes, Syracuse, Ostie, Marseille furent les principaux porls de la Méditerranée antique. A Tyr, il existait deux bassins principaux dont le plus grand, presque ovalo, pouvait contenir plus do 500 bâtimonts; feutrée en était fermée par deux môles à pierres perdues à la profondeur de 7 à 10 mètres d'eau, déterminant un chenal. Un troisième môle couvrait cette entrée. Des tours de défense, des fanaux fixes existaient àl extrémité de ces jetées. L'entrée du second port, couverte également par un môlo avaucé, était décorée d'une magniftque architecture. A Athènes, trois ports étaient utilisés : le Pirée, port de commerce proprement dit, et les petites rades de Munychie et de Phalèro, qui paraissent avoir été mus particulièrement réservées à la construction et à la réparation des vaisseaux. C'est là que l'on trouve cette curieuse disposition do la périphérie du port en cales do halago couvertes, où les n,-iviros, après désarmement, étaient conservés à sec et à l'abri du soleil et de la pluio. Chacune de ces cales couvertes en portiques rayonnant autour du port avait -15 à 5o mètres de lon''ueur, 9 à 10 de largeur et à peu près autant de hauteur. Par contre, les poris de Syracuse , Carthago, Alexandrie, Marseille furent surtout des ports naturels.
A l'époque romaine, la construction des môles fut perfectionnée. Au lieu d'être constitués par une jetée continue, ils furent disposés en arceaux ouverts, par où le flot pouvait passer, et nettoyer en quelque sono perpétuellement le port. Le détail de la construction do ces jetées nous a été transmis par Vitruvc, qui indique comme matériaux préférés de son temps le marbre et la pouzzolane. La consi;-uction s'elfectuait dans une sorte de bassin artificiellement doliniito et assèche, ou à blocs perdus.
Au moyen âge, mêmes procédés de construction ; mais aux jetées et aux moles on surajoute d'importantes défenses dont quelques-unes ont subsisté : à Marseille, par exemple, on peut voir encore une des deux tours qui protégeaient le goulot du port (xiv» siècle) ; à La Uochelle, une tour dont les fondations sont plus anciennes encore, et qui était reliée à un ouvrage placé de l'autre côté du chenal ; à Aiguesmortos , la fameuse tour Constance, édifiée par ordre do Louis IX qui partit de ce port, réuni par un canal à la mer, pour la conquête do l'Egypte. Presque toujours l'entrée des ports était fermée, au moins la nuit, par une herse ou par une chaîne.
II faut arriver au xvii- et au xviu» siècle pour assister à la construction d'ouvrages d'art de quelque importance. Vauban, par exemple, fit aménager à Dunkerque, où existait déjà depuis quelques années une écluse ou bassin de chasse, le clienal actuel ainsi qu'un bassin à flot. Calais, Dieppe furent l'objet de travaux du même genre. A Fécamp, ce furent les moines do l'abbaye qui firent construire le bassin de chasse, le brise-lames et les jetées do l'avant-port. A Cette, l'ingénieur Chevalier do Clerville édifia les jetées qui ferment le port (1G79) ; Marseille, Toulon, Port-Vendros, Aiguesmortes, Saint-Tropez, La Ciotat, étaient l'objet, dans le même temps, de travaux analogues. A partir de 1 761, l'entretien des ports passa du corps des ingénieurs militaires à celui des ingénieurs des ■ponts et chaussées, et, à la fin du règne de Louis XVI, sous
a direction do Trudaine. un nouvel eflTort fut donné, à Dunkerque, Dieppe, Le Tréport. Fécamp, Rouen, Saint- Jean-de-Luz, Port-Vendres, etc. Après un court arrêt pendant la période révolutionnaire, les travaux devaient
ou qui ont besoin de réparations. Dans la seconde, nui est la partie extérieure, mouillent et appareillent la plupart des bâtiments. C'est là qu'ils stationnent au moment de leur arrivée et de leur déjiart, .soit pour attendre la pleine mer, soit pour remplir certaines formalités de douane, soit pour complçSter leur armement. Devant les ports de commerce ou il n y a pas do rade, ou une rade foraine, les navires sont parfois forcés, par gros temps, de prendre le large pour ne pas séjourner dans un mouillage qui pourrait leur faire courir de grands dangers, on les exposanlà être jetés à la côte. Quelle que soit la destination d'un port, il doit, de toute nécessité, répondre aux conditions suivantes : ofl'rir un abri sûr aux navires, une bonno tenue pour les ancres et un mouillage profond. Il doit présenter une entrée d'un accès lacilo, offrir des quais do débarquement assez étendus pour que les navires, si nombreux soient-ils, puissent êtro immédiatement chargés ou déchargés. Enfin il doit être pourvu de dégagements vers l'intérieur, canaux, voies lerrées, etc. Pour répondre à ces exigences diverses les ports naturels pouvant êtro considérés comme d'heureuses exceptions, l'exécution de travaux considérables d aménagement a été à peu près partout nécessaire.
Le premier .soin des ingénieurs a dû être d'assurer le facile accès do la rade ou du port aux navires venant du largo. Tout port de quelque importance est généralement pouriu d un phare qui permet d en déterminer l'entrée et d un ou plusieurs sémaphores qui entrent en communication par signaux avec les navires arrivants. Parfois des mâts spéciaux do signaux des pilotes (mâts /enoux) sont installés aux abords des passes dangereuses, pour indiquer par signaux successifs la route à tenir par fe navire que es pilotes n'ont pu aborder. Les amers, les feux flottants, les bouées sonores, etc., sont multipliés. Les liarres surtout, fréquentes à 1 embouchure des fleuves, qui sont le principal danger, sont soigneusement reconnues et signalées. Lorsqu elles sont fixes, et constituées par des écueils ou des hauts-fonds rocheux, elles sont jalonnées au moyen de balises, numérotées en général, et de couleurs dill'érentes selon la route qu'elles commandent. Lorsqu'elles sont laites de sables mouvants, on indique, au moyen de bouées flottantes, un chenal praticable, que les navires peuvent suivre sans crainte décliouage pour entrer en rade. C'est ce qui M été fait, par exemple, à l'embouchure de la Seine. Parmi les rades, quelques-unes ont été naturellement aménagées par la disposition du littoral, qui les abrite des vents violents. Telles sont, en Angleterre, la rade de Spitehead, et en France la rade de Toulon. D'autres, los plus dangereuses, sont de simples mouillages sur bancs de sable ou de rochers : ce sont les rades foraines. Dans d autres cas, la protection en a été assurée artificiellement par la création de digues ou de jetées. La digue do Cherbourg, longue do 3 kilomètres, est un des meilleurs types du genre. Digues et jetées »nt pour but do maintenir dans un calme relatif les eaux do la baie, cl aussi (tel est le cas au Havre) d'éviter l'envahissement par los vases ou les galets venus do la haute mer do l'espace réservé aux navires, encore qu'il ait été constaté d'ailleurs, on bien des endroits, que le calme provoqué par l'établissement d'une digue favorisait les atterrissemcnts (llolyhead, baie de Dublin) ; si bieu que l'on tend à avoir recours pour la protection des rades, non plus aux ouvrages continus eu maçonnerie, mais aux môles tronçonnés" et aux brise-lames flottants, d une efficacité pourtant moins grande. Dans les grandes rades sont généralement disposés des coffres ou corps-morts, sur lesijuels les navires peuvent s amarrer sans avoir besoin do mouiller leurs propres ancres. Les coffres, sortes de grosses Ixiuécs en tôle, sont en effet fixés au fond par trois ancres à une seule patte, dont deux sont disposées perpendiculairement à la direction du vent dominant ou du courant le plus à redouter.
Dans les colonies, ou toutes les fois qu'il est nécessaire d'improviser un port de débarquement sur une côte en eau peu profonde, on se contente de créer un wharf qui permet l'accostage des navires. Le wharf se compose d une passerelle portée sur des pieux de bois battus au mouton, ou sur des pieux en fer vissés sur le fond et assujettis par des traverses. Un tablier renforce la partie sur laquelle viennent aborder les bateaux. Le wharf est, en général, pourvu d'une petite voie ferrée qui s'avance jusqu'au musoir. Mais une semblable installation ne peut êtro quo provisoire, et le débarquement des passagers et des marchandises ne peut s'y faire que par une mer calme.
Là où il existe un port proprement dit, celui-ci communi((ue avec la rade au moyen d'un chenal généralement étroit, afin de préserver complètement le port de l'agitation des eaux du largo. Ce chenal est le plus souvent foi nié par deux digues ou estacadcs parallèles, qui s'avancent oxactomeat, autant que possible, dans la direction du flot do marée, et doivent dépasser, dans le sens du large, le point que laissent à découvert les marées les plus basses. Munies à leur partie supérieure d'une chaussée ou d'un plancher, et généralement de garde-fous, ces estacadcs portent à leur extrémité une plate-forme ou musoir couronnée elle-même le plus souvent d'un sémaphore.
Le bassin fermé auquel le chenal donne accès s'appelle précisément l'avanl-port. De même t^ue dans le chenal, la marée s'y fait sentir, d'où le nom quon lui donne souvent de l>assin à marée. L'avant-port, do même que les bassins dont nous allons avoir à parler, est bordé do quais, verticaux ou obliques. Ceux-ci ont pour but de permettre aux navires de débarquer directement leur chargement sans l'intermédiaire long et coûteux de chalands. Les quais obliques, également appelés cales, alternent en général avec les quais verticaux: les deux sont munis de gros anneaux scellés dans la maçonnerie pour permettre l'amarrage des navires, d'escaliers parfois ménagés dans la maçonnerie, d'échelles de fer, de bolards. etc. Dans certains ports de deuxième ordre, les quais sont remplacés par de solides passerelles en bois ou en fer. formant comme un quai volant, à la hauteur du pont des navires. Ces appontements, qui existent surtout au bord des fleuves ou des estuaires, remédient au manque de profondeur du littoral. En certains endroits, appontement et quai oblique sont superposés l'un à l'autre. Enfin, dans le système des criljs, aujourd'hui assez employé aux Etats- Unis, le quai est constitué par une ossature' de très fortes pièces de bois, qui forment un coffrage dans lequel on coule des pierrailles et des débris de roche : construction très économique quant à son établissement, mais qui a l'inconvénient grave d exiger des réparations fréquentes. Sur l'avant-port s'ouvrent les bassins, qui sont, au point de vue industriel et commercial, l'organisme vital du port.
PORT
Ils ont pour but do sonstrairo les bâtiments auxvariationi du niveau de 1 eau qui, dans l'avant-port. gêneraient considérablement les opérations do chargement ou de déchargement, les réparations à efl'ccluer, etc., et aussi do dévoopper considérablement, au fur et à mesure des besoins la longueur des quais dont la marine a besoin do disposer' Les bassins sont répartis soit en évcuuil, autour de lavant-port, soit sur une ligne continue.
Les bassins communiquent avec lavant-port au moyen lie portes ou d'Muses. Les jiortes des bassins (sauf celle» au Ijassin de chasse) sont disposées en vantaux, muais do vannes et s'ouvrant on dedans, ou forment un rideau unique logé dans uno glissière do la maçonnerie. Elle sont construites en bois, en fer, ou même en acier. Dans ce premier système, on profite, pour faire entrer les navires de 1 avant-port au bassin, du moment où la pleine mer est étale On remplit ainsi le bassin d eau, et la porte est rcfermco dès que la mer baisse. L'entrée des navires doit donc s effectuer rapidement, et non sans risque». Dans le système des éclu«cs, cet inconvénient est évité e le temps favorable à l'entrée des navires est très sensiblement augmenté, les bateaux pouvant être amenés ou maintenus dans 1 écluse qui précède l'avant-port un peu avant et un peu après la pleine mer. Dans les très grands ports, on a même remplacé les écluses simples par des écluses a sas, composées de deux écluses entre lesquelles est disposé un sas ou bassin intermédiaire, où peuvent so loger un ou plusieurs bateaux.
En raison de leurs destinations diverses, les bassins sont divisés en nlusicurs catégories. On dislingue, d'abord, le ùassm de chasse, destiné à emmagasiner une masso d'/^au considérable. que l'on projette d un seul coupdans le chenal pour le débarrasser des apports de la mer qui risquerai ,-nt do le combler peu à peu ; sa porte .s'ouvre brusquement en tournant autour d'un axe vertical. Viennent ensuite les bassins a flot : c'est là que les navires viennent s'amarrer pour leurs opérations commerciales, et la hauteur d'eau y est en conséquence maintenue constante ; les bassins de r.idoubsonl airectésauxréparalionsûflot: c'est l'infirmerie des navires, ce sont les anciennes darses de carénage. I^s cales sèches ou formes do radoub sont de grandes fosses fermées par des bateaux-portes après que le navire i réparer y a été introduit ; I eau est ensuite asséchée et il est possible de travailler aux fonds du navire. La réparation achevée, on réadmet de nouveau Icau dans la forme, on ouvre la porto ot le navire n'a plus qu'à en sortir. I-â où 1 on n a pas pu construire do bassins de radoub, on utilise, dans le même but, les bassins ou docks floltants. que Ion "T,?.!' 7 ^A" PO"'' les immerger au tirant d'eau du navire
iêre que.
qui doit y entrer, et que l'on vide ensuite, de mani
le dock so soulevant, le navire à réparer reste à o^^.
Au-dessus dos bassins sont jetés des ponts métalliques mobiles, tantôt tournants, tantôt roulants, tantôt â bascule, quelquefois tout d'une pièce.mais qui peuvent toujours pivoter ou s ouvrir pour laisser passer la niiture d'un vaisseau. Autour de I avant-port et des bassins est réparti roulillaee proprement dit des ports. Celui-ci -s'est, depuis un deinisiecle, profondément transformé. Les machines mues par la vapeur ou I électricité sont devenues plus nombreuses, plus puissantes, plus compliquées; et l'on ne peut qu'énumerer brièvement les principaux de ces accessoires de 1 activité d un port.
Ce sont d'abord les bâtiments de servitude : les remorqueurs, petits, mais puissants bateaux, auxiliaires indispensables, dans les darses et les chenaux étroits, de» lourds voiliers; les chalands ou allèges, larges bateaux en fer ou en bois, de faible tirant d'eau, qui transportent à terre les marchandises quo les grands navires ne pour^ raient eux-mêmes amener à quai; les baleau.x-cilernes, aménagés pour le transport de l'eau douce ; les dragues à vapeur, toujours nécessaires dans les chenaux sujets à l'envasement ou à l'ensablement, et leur corUge de mariessalopes ; etc. Viennent ensuite les machines à mater, tantôt dressées sur les quais, tantôt installées sur des pontons, et surtout les imporianis appareils de chargement et de déchargement raj>ide : les grues, mues à la vapeur ou hydraiiliquement. et généralement mobiles sur dos rails parallèles aux quais ; les bigues puissantes, capables de soulever jusqu'à une centaiue de tonnes: les bennes, pour le déchargement des minerais, des sables ou des graviers; les élévateurs, sorte de chaînes à godet analogues aux dragues, et qui servent au déchargement des céréales; les cabestans, hydrauliques ou à vapeur, etc. Surtout, un élément considérable de la prospérité des ports réside dans la commodité des voies de dégagement et d'accès du côté de l'intérieur, notamment des chemins de fer et des canaux. Les chemins de fer, voies d'échange rapide, utilisés par les matériaux d'un transport facile el d un prix relativement élevé par rapport à leur volume, poussent leurs dernières ramifications le long des quais de déchargement, et des gares de triane sont aménagées le plus près possible des bassins, afin de réduire au minimum le temps de transit des marchandises. De même, pour les voyageurs, il a été créé des gares maritimes, dont les trottoirs de débarquement sont presque contigus aux quais d'embarquement des paquebots. Plus utiles peutêtre encore sont les voies de communication par eau. Les ports de Dunkerque en France, do Hambourg en Allemagne, doivent leur prospérité au réseau de canaux iulérieurs dont ils sont le débouché : routes lentes certes, mais extrêmement avantageuses par la modicité des prix de transport qu'elles offrent aux marchandises de mince valeur sous un fort volume : matériaux de construction, combustibles minéraux, bois, matières premières des industries. Aux environs des gares d'eau et des stations de triage se développent, en rapport avec l'importance du transit, les ent.-'epôts, les magasins généraux de consignation, douane, etc., et enfin les ateliers de constructions mécaniques, voUcrio, jnachinerie, les chantiers de constructions navales, etc., toutes industries appelées par la nécessité de réparer sur place on d'armer les bâtiments. A cet ensemble, commuu aux ports de commerce et aux ports de guerre, il faut ajouter, pour ces derniers seulement, les arsenaux et les ateliers divers que comportent la construction, l'entretien et l'armement des bâtiments de combat, les postes de la défense fixe, torpilles, etc. etiesouvrages, batteries, etc., destinés à protéger les abords du port, et qui s'installent souvent an milieu même des travaux d'art protégeant la rade, comme le cas se présente pour les forts de la jetée de Cherbourg. Tout port militaire doit être en même temps, de nos jours, uu camp retranché inviolable par l'intérieur des terres.
PORT
POIITS ANCIENS
Ports vooerkis (V. page U3) : A. Port do guerre ; B. Port de commerce. — 1. Navin- en einai de vitesse. — 2. Pliare. — 3. Posle de télégrai^hie sans M. - rl.mimalion des turinlle»^
— B. Fort. — C. Unpital de la marine. — 7. Pyi-ulocbiiic cl poudrière. — », Grande rade. — a. Coffres de régulation des compas. — 10. Stationnairc. — il. Division en i.U- . i- ' "ffrcs des corps morts. IJ. Port de commerce. — 1*. Jcti'e. — 15. Feu de port. — 10. Rade abri. — n. Forge. — 18. Cales do construction. — 10. Salles des gabariu et des Iraciîs. — 20. Kcole de» mécaniciens. — îl. Caserne.
— 22. Cordcrle. — 23. PaviUooncrio. — 2V. Direction dos constructions navales. — 25. Mustlc des modèles. — 26. Voilerle. poulicrfo. garniture. — 27. Grosse chaudronnerie. — 28. Cale d accostage, calo. 29. Parc des torpilles de fond. — 30. Batterie des saluls. — 31. Parc aux ancres. — 32. Parc aux cbaines. — 33. Atelier des machines. — 31. SantO. — 36. Navires en achèvement à (lot. — 36. Ponlon grue.
— 37. Grue. — 38. Place d'armes. - 39. Préfecture maritime. — 40. Majorité géniHale. — H. Porte de l'arsenal. — 42. Armurerie et salle d'armes. — 43. Direction des mouvements du port et observatoire. 44. Direction de l'artillerie. — 45. Direction de» travaux hydrauliques. — 40. Fosse aux m»ts. — 47. L'amiral. — 48. l'ont tlotUnt. — 49. Navires en riserve. — BO. Dépôt des équipages. — 61. Ecole do
nialelolage. — ti2. Doucberle. — 63. Meunerie cl boulaogci'ic. — W. Magasin des subsistances. — Bj. Magasin à bols. — BO. Scierie. — B7. Atelier des embarcations. — B8. Apponlcincnts.