ATMOSPHÈRE
AEROSTAT {ta — du gr. aêr, aéros, air, et istaô, je me tiens) n. m. Appareil qui s'élève dans l'atmosphère, grâce à la légèreté spécifique du gaz dont il est rempli : Un AÉROSTAT qu'on 7ie peut diriger est tout au plus un jouet d'enfant. (Ch. Nod.)
— Enxycl. Les aérostats sont souvent appelés ballons, eu raison do leur forme. On leur donne le nom de montgolfières quand ils sont remplis d'air chaud.
— Théorie des aéi-ostats. La théorie des aérostats repose sur ce principe découvert par Archimède, qu'un corps plongé dans un fluide éprouve une poussée do bas en haut, égale au poids du fluide déplacé. Ce corps restera donc eu équilibre, tombera ou s'élèvera, suivant que son poids sera égal, supérieur ou inférieur au poids du fluide déplacé.
Un aérostat est composé de deux parties essentielles : d'un ballon, enveloppe renfermant un gaz spécifiquement plus léger que l'air, et d'une nacelle, sorte de corbeille d'osier suspendue au ballon à laide d'un filet à larges mailles ou d'une chemise d'étoft'e légère. Tout gaz dont la pesanteur spécifique est notablement moindre que celle do l'air pourrait servir à gonfler un ballon. On a d'abord fait usage de l'air chaud; aujourd'hui, on emploie exclusivement l'hydrogène ou lo gaz d'éclairage. L'enveloppe doit être imperméable; elle est formée soit do tafl'etas verni, soit d'une feuille mince de caoutchouc placée entre doux feuilles do tafl'etas. A la partie inférieure est une ouverture pour l'introduction du gaz; à la partie supérieure, une autre ouverture garnie d'une soupape de métal, destinée à donner issue au gaz. C'est dans la nacelle (|ue se tient l'aéronaute, avec tous les objets nécessaires au voyage, et une provision de lest.
On àonne le nom de force ascensionnelle à la diff'érence nui existe entre le poids total de l'aérostat et le poids de 1 air déplacé. La ditiérence entre le poids de l'air déplacé par le ballon et le poids du gaz est proportionnelle au cube du ravon ; d'autre part, le poids de l'enveloppe de taffetas est proportionnel à la surface du ballon, cest-à-dire seulement au carré du rayon. On voit que la force ascensionnelle doit nécessairement croître avec les dimensions de l'aérostat. Notons que, pour un mémo ballon, la force ascensionnelle est beaucoup plus grande si on la gonflé avec de Ihvdrogène que si l'on a employé du gaz d'éclairage, la densité de l'hydrogène étant environ un auinzième de celle de lair, tandis que celle du gaz en est la moitié. L'enve-
loppe doit toujours Aire assez vaste pour que le ballon ait acqitJH une force ascensionnelle suffisante bien avant quo dèiro complètement distendu. En cfl'ct, la pression do l'atmosphère diminuant a mesure eue l'on s'éloigne do la terre, il arriverait un moment ou l'enveloppe finirait par éclater sous la pression du gaz contenu â 1 intérieur, quelque solide qu'elle fût, si cTio ne pouvait augmenter de volume. Deux causes tendent à diminuer la force ascensionnelle d'un aérostat : la première est la raréfaction du milieu quo lo ballon atteint en s'élevanC; la seconde est le phénomène d'endosmose, qui sopère à travers l'enveloppe.quelque soin qu'on ait pris do larendro imperméable. et en vertu duquel une quantité notable d'air extérieur no tardo pas à pénétrer dans le ballon, en même temps qu'une partie du gaz intérieur s'échappe dans l'atmosphère. La force ascensionnelle peut encore diminuer par la. condensation de vapeur d'eau à la surface do l'aérostat; elle peut augmenter par l'écliauff'ement du gaz, si le ballon reçoit les rayons du soleil. Lorsque l'aéronaute est arrêté par la diminution de la force ascensionnelle, et qu'il veut continuer i s'élever, il décharge la nacelle d'une partie du lest. Lorsqu'il veut arrêter le ballon ou opérer une descente, il ouvre, à l'aide d'une corde qui se rend dans la nacelle, la soupape qui ferme l'ouverture supérieure. Une ancre, placée à 1 extrémité d'une longue corde, sert ordinairement à prendre un point fixe sur le sol et à amener peu à peu la nacelle jusqu'à terre. Dans les aérostats militaires, on a substitué â l'ancre une herse articulée en acier. — Avant quo l'aérostat abandonne la terre, on mesure la force ascensionnelle au moyen du dynamomètre; on peut la déterminer a priori quand on connaît le volume du gaz introduit, le poids de l'enveloppe et des accessoires, ot les conditions dans lesquelles se trouve l'air ambiant. Dans le cours de l'ascension, le baromètre permet de vérifier à. chaque instant si le ballon s'élève, et d'évaluer avec une approximation suffisante la hauteur à
Portugais Gusmao s'éleva en ballon; mais il mourut sans livrer son secret. Lorsque Cavcndish eut découvert l'hydrogène, en 176G, le D' Black essaya, sans y réussir, de fairo monter dans l'air une vessie remplie de ce gaz, extrêmement léger. Les deux frères Etienne et Joseph Montgolficr, fabricants do papier à Annonay (Ardèche), furent plus heureux. Le 5 juin 1783, une enveloppe faite d'une toile d'emballage, doublée de papier, de forme à peu jirès sphcriqie, ayant environ 866 mètres cubes de capacité, ouverte par en bas, et portant suspendu à sa partie inférieure un réchaud, fut lancée solennellement sur la place publique d'Annonay. Bientôt le physicien Charles imita cette expérience en substituant l'hydrogcne à l'air chaud, et le premier ballon qu'eût encore vu Paris s'éleva au Champ-de-Mars, salué parle canon, au milieu d'une foule immense qui couvrait les places, les avenues, les toits.
Montgolîier renouvela à Versailles, en présence de la cour, l'expérience d'Annonay, avec un aérostat qui s'élcv^ à un demi-kilomètre, emportant un mouton, un coq et un canard dans une cage suspendue à l'appareil. Ces animaux revinrent sains et saufs.
Moutgolfier et son collaborateur Pilaire de Rozier firent peu après une ascension en ballon captif. Enfin, le 20 novembre 1783, Pilatre, enhardi par ce premier succès, se hasarda avec le marquis d'Arlandes sur un aérostat entièrement libre, et fit ainsi le premier voyage aérien. Lo 7 janvier 1785, Blanchard et JetTerie accomplirent la traversée de Douvres â Calais. Le 15 juin de la même année, l'aventureux Pilatre de Rozier et Romain tentaient une expédition semblable, mais les deux aéronautes trouvèrent la mort sur les falaises de Boulogne.
— Applications des aérostats. Après les voyages d'essai entrepris par curiosité, vinrent les voyages scientifiques. En 1804, Biot et Gay-Lussac s'élevèrent ensemble et recueillirent de nombreux renseignements sur la physique de l'air. Un mois après, Gay-Lussac partit seul, atteignit une hauteur de 7.000 mètres, et en rapporta des échantillons d'air atmosphérique, dans lesquels une analyse délicate ne découvrit aucun élément nouveau. En 1862, les Anglais Glaishcr et Coxwell cherchèrent à déterminer jusqu'où l'on pouvait aller impunément pour la vie humaine, et auraient atteint 8.840 mètres, ils étaient parvenus à 7.000 mètres, lorsque l'un d'eux s'aperçut qu'il ne pouvait plus remuer les bras et s'évanouit. Paul Bert a montré que la cause des troubles qui se produisent sur l'organisme, à une grande hauteur, est due au manque d'oxygène par diminution de pression. En 1871, Crocé Spinelli et Sivel emportèrent deux ballonnets d'oxygène pour lutter contre la raréfaction de l'air. Ils atteignirent 7.400 mètres. L'expérience fut renouvelée par ces deux aéronautes et Gaston Tissandier, en 1S75. Mais, quelque temps après, une nouvelle expédition des mêmes aéronautes sur !o Zénith coûta la vie aux deux premiers. Le Zénith s'était élevé à 10 kilomètres environ ; mais les aéronautes avaient perdu connaissance à 8.600 mètres. En 1804, Benson atteignit 9.155 mètres, et. en 1901, il arriva à 10.300 mètres. Des ballons-sondes portant des appareils enregistreurs se sont élevés à 15 kilomètres. La température, à cette hauteur, est de 70*" au-dessous de zéro. V. hauteur.
Les aérostats ont été aussi appliqués à l'art militaire : le comité de Salut public décida que les aérostats seraient employés, aux armées, comme moyen d'observation. L'aérostat militaire était retenu captif à une certaine hauteur au moyen de cordes q^ue dirigeaient à terre des conducteurs. Le corps des aérostiers accompagna l'armée de Sambre-et-Meuse. Il figura d'abord à la défense de Maubeuge, puis à l'attaque dS Charleroi, à la bataille de Fleurus, et enfin au siège ofl'ensif de Mayeuce. Une deuxième compagnie d'aérostiers fut organisée à l'époque de l'expédition d'Egvpte. Pendant la guerre de sécession, en Amérique, le général Mac-Clellan eut plusieurs fois recours aux aérostats, qui lui rendirent de très grands services. En 1870, pendant lo siège do Paris, cinquante-deux ballons furent lancés de la capitale et parvinrent pour la plupart à destination. Depuis cette époque, les étatsmajors des diverses puissances font des études en vue du perfectionnement de l'outillage aéronautique. C'est qu'en effet, en temps do guerre, les aérostats peuvent rendre des services de nature différente : reconnaissances, levées
f)hotocraphiques, transports de dépêches, do personnes, ancemeni do projectiles. L'école aérostatique de Meudon. fermée en 1799, a été réorganisée en 1S71. Le modèle de ballon captif militaire que l'on a choisi contient 500 à 600 mètres cubes do gaz. Le câble est enroulé sur uo
AÉROSTAÏHMION — JETHAIJUM
treuil porté par un cbariot. Un téléphone relie les aéronautes au sol. Un décret du 19 mai 18S6 a organisé les services de l'aérosiation militaire.
Navigation aérienne. L'invention des aérostats avait
fait faire un pas considérable à la question de la navigation aérienne; on avait le véhicule, il ne s'agissait plus que de le diriger. Après les essais infructueux de Mcusnier avec des Ballons à deux enveloppes, de Transon avec des ballons conjugués, Giffard, en 1852, a tenté dappliquer la vapeur à la direction des ballons en donnant à ceux-ci la forme d'un ovoïde allongé à axe horizontal. Dupuy de Lômo a repris, en 1872, aux frais du gouvernement, l'expérience de Giffard.
Les expériences de Giffard et de Dupuy de Lôme démontraient nettement qu'un aérostat allongé peut acquérir, sous rimpulsion d'une hélice, une vitesse propre au milieu de l'air qui l'environne; mais la direction n'appartient réellement à l'aéronaute que si l'aérostat possède une vitesse propre, supérieure à celle du vent. Ce qui importe, c'est donc d'obtenir cette vitesse propre, et la difri^ culte, c'est de trouver un moteur assez léger, assez puissant et assez exempt de dangers pour les aéronautes. Avec la machine à vapeur, les deux premières conditions sont ;n quelque sorte contradictoires : de plus, la variabilité du poids, par suite de l'usure du combustible, constitue un assez grave inconvénient; enfin, le foyer est une menace continuelle d'incendie et d'explosion. La force musculaire présente l'inconvénient de n'être suffisante qu'à la condition de charger la nacelle d'un ^rand nombre d'hommes.
Il était naturel de demander à 1 électricité la solution du problème. Le 8 octobre 1883, Gaston Tissandier exécuta une ascension dans laquelle il appliquait les moteurs dynamo-électriques à la navigation aérienne. L'aérostat s'éleva de l'atelier d'Auteuil à 500 mètres de hauteur, et put se maintenir contre un vent de 3 mètres par seconde. Les frères Tissandier opérèrent une seconde ascension , le 26 septembre 1884 : l'aérostat obéit parfaitement au gouvernail, complètement reconstruit ; la machine dynamoélectrique imprimait au système une vitesse propre de 4 métrés par seconde. En même temps, les capitaines Renard et Krebs, de l'école aérostatique de Meudon, préparaient des expériences du même genre.
Le ballon la France, construit d'après les résultats de leurs savantes et patientes recherches, avait une forme ovoïde très allongée, avec le gros bout à l'avant et les deux extrémités effilées en pointe. L'hélice était installée à l'avant; le moteur pouvait développer une puissance de
8 chevaux 1/2. La pile pouvait être considérée comme constante pendant trois ou quatre heures. Le poids total de l'aérostat, muni de tous ses agrès, était de 1.650 kilogrammes environ, dont 435 pour la pile. Il pouvait enlever deux aéronautes pesant ensemble 150 kilogr. avec plus de 200 kilogr. de lest. La première ascension eut lieu le
9 août 1834: les aéronautes purent, en décrivant un demicercle do 300 mètres de rayon, revenir au point de départ. t5ix autres ascensions confirmèrent cette épreuve : l'aérostat qui fitjusqu'à 15 kilom. à l'heure, contre un vent de 8 kilom-, est revenu cinq fois sur sept à son point de départ. , Les résistances mesurées ont été beaucoup plus grandes qu'on ne le supposait. Pour imprimer à l'aérostat la France la vitesse propre de 10 mètres, il aurait fallu une puissance do 31 chevaux à l'arbre de l'hélice. Malgré cette conclusion un peu décevante, la possibilité de diriger les ballons à laide de moteurs électriques n'est pas moins démontrée. La résistance n'augmentant que proportionnellement au carré du diamètre, taudis que la force ascensionnelle est proportionnelle à peu près au cube du diamètre, il sera plus facile de donner la direction aux grands aérostats qu'aux petits. Il sera également nécessaire de créer des sources d'énergie électrique pouvant rester en action pendant un temps plus long. Il n'est donc pas prouvé que l'électricité doive être forcément le moteur aérien de l'avenir.
Les moteurs empruntant l'énergie à une source calorifique ont eu aussi leurs partisans. En Russie, on a construit un grand ballon à hélice, mû par une machine à vapeur do 50 chevaux.
En Angleterre, on s'est appliqué à tirer parti de la méthode préconisée autrefois par Meusnier, qui consiste à chercher, à différentes altitudes, des courants de directions différentes : en faisant pénétrer l'aérostat successivement dans deux courants d'air, on pourra le conduire à un point quelconque, situé dans une direction intermédiaire. On explore les courants étages dans l'atmosphère à l'aide de ballons-pilotes qui sont maintenus captifs par les aéronautes. Le capitaine J. Temper a montré, dans divers voyages aéronautiques, f[ue la méthode peut être avantageusement utiliaée. V. ballon.
— BiBLiOGR. : Charles, l'Art de voyarjer dans les airs (Paris, 1784); Dupuy de Lôme, l'Aérostat à hélice (Paris, 1852); G. Tissandier, Simples Notions sur les ballo7is {Pa.ris, 18761 ; A.-H. Hamon et A. -F. Hamou, la Navigation aérienne {Paris, 1885).
AÉROSTATHMÏON (du gr. aâr, rteVos, air, et stathmion, balance, poids) n. m. Instrument inventé en 17G5 parCarpi, et destiné à marquer dune manière sensible les varialions du poids do l'atmosphère et le degré de la température.
AÉROSTATION [si] D. f. Syn. de aéronautique.
AÉROSTATIQUE adj. Qui a rapport aux aérostats, aux ballons, à la manière de les diriger : La première idée des ballons aérostatiques date dirs-vn"^ siècle. (A. Libes.) 11 Se dit do ce qui est propre à enlever dans les airs : Machine aérostatique. Il Qui a lieu dans les airs, on ballon : Voyage aérostatique.
— n. f. Théorie de l'équilibre de l'air, et. plus particulièrement, tliéorie des aérostats. Syn., dans co dernier cas, de aéronautique.
AÉROSTIER ou AÉR05TATIER (du gr. aêr, aéros, air, et islaô, je nie tiens) n. m. Aéronaute : Habile aébos- TiER. Il Soldat du corps créé en Franco , pendant la Révolution, pour la manœuvre des aérostats militaires : Les AÊROSTiERS rendirent de S services à Fleurus. (V. aérostat.) 11 Aujourd'hui, soldat préposé à la manœuvre des aérostats militaires.
AÉROTECHNIE (tèk — du gr. aêr, aéros, air, et technê, art) n. f. Etude des applications qu'on peut faire de l'air à l'industrie.
AÉROTHÉRAPIE (du gr. aèr, aéros, air, et thérapeia,
traitement) n. f. Méthode thérapeutique qui traite les maladies par l'air raréfié ou par l'air compnmé.
— Encycl. Air raréfié. L'application de l'air raréfié est basée sur cette remarque : la vigueur des habitants des hautes montagnes. On a cherché à réaliser les conditions analogues à celles où se trouvent ces habitats. C'est le bain d'«jV raréfié d'une durée égale à une heure. Le premier quart d'iieuro. ou abaisse progressivement la pression atmosphérique à O^.SS; la demi-heure suivante, la pression reste constante, et le dernier quart d'heure retourne insensiblement à la pression de 0'",76. (Cette méthode ne tient pas compte de la situation spéciale où se trouvent les habitants des grandes altitudes : pression constante de l'air raréfié, exercice à l'air pur.)
— Air comprhné. Sous l'influence de l'air comprimé, la poitrine se dilate, les mouvements respiratoires diminuent, les combustions sont activées, la température augmente. De là l'utilité de l'air comprimé contre l'asthme, le catarrhe pulmonaire, l'emphysème, la laryngite catarrlialo, la phtisie, la chlore-anémie, les convalescences longue^N, le diabète et l'obésité.
Deux moyens : l" le bain d'air comprimé sous une vasio cloche pouvant contenir plusieurs malades et communiquant avec une pompe foulante qui comprime l'air progressivement : 2° les inhalations d'air comprimé avec le masipic.
AÉROTHÉRAPIQUE adj. Qui se rapporte à l'aérothcra-
pie : Ajijxirrt/, )/li tfnule AÉROTÏiÉRkFlQVE.
AÉROTHERME 'lu gr. aér, aéros, air, et thermos, chaud)
adj .Se dit de fours à pain chauffés par un courant d'air chaud.
AÉROTONE (du çr. aér, aéros, air, et tonos, tension) n. m.
AÉROTONOMÈTRE(du gT.aêr, acVo-s. air; totios, tension, etmétruii. mesure n. m. Instrument destiné à mesurer la tension de 1 air -lans les recherches physiologiques relatives à laction de la raréfaction ou de la compression sur les organismes ou dans l'aérothérapie.
AÉROVAPEUR (du gr. aér, aéros, air, et de vapeur) a. m. Moteur actionné par un mélange d'air et de vapeur.
Aersghot, ville de Belgique (prov. du Brabant). sur la Demer, au pied des collines où commencent les basses plaines de la Campine ; 6.230 hab. Elle a été prise plusieurs fois par les Franeais (1705, 1746, 1793). Erigée en marquisat par Charles-Quint en faveur de Guillaume de Croy (1507'), et plus tard en duché (1533), Aerschot passa ensuite à la famille d'Arenberg. C'est le chef-lieu d'un canton de l'arrond. de Louvain (22.000 hab.).
Aerschot (Philippe de Croy, 3* duc d') prince do Chimay, né en 1526, mort en 1595. Ce diplomate belge joua un rôle assez important à l'époque des troubles des Flandres, refusa d'entrer dans une conjuration tramée contre Granvelle et devint gouverneur d'Anvers en 1576 et de la Flandre en 1577. Il finit sa vie dans la retraite à Venise.
Aerts (F.), musicien et compositeur belge, né à Saint- Trond en 1827. Ou lui doit des romances, des airs variés, des faniaisios pour orchestre. Il a publié sur la musique des <'ii\ 1 :i:^ ■ :iiii'^ : Méthode théorigue et pratique pour l'acran ■ ■ : plain-chant; Manuel théorique et pra-
tiqio: <i ;' h: Chansonnier des écoles; etc.
Aertsen un AvERTSENfPieter), dit Pierre le Long ou Lange Peter, à cause de sa haute taille, peintre hollandais, né à Amsterdam en 1505, mort en 1573. Outre des tableaux relig^ieux et des scènes de genre, il peignit avec succès des intérieurs et des sujets familiers, comme l'excellente Cuisinière hollandaise du musée de Bruxelles.
AÉRUE OU AERVA (nom arabe) n . f. Genre de plantes amarantacccs, comprenant six espèces propres aux régions inlertropicale:^ ou subtropicales de l'ancien continenî.
^RUGINEUX, EUSE (du lat. ssrugiitosus, rouillé : formé lie aerugo, rouille) adj. Qui tient de la rouille ou qui ressemble à la rouille. (Inusité.)
AÉRUGITE n. f. Arséniate anhydre naturel de nickel.
«SALE (du gr. aisalon, émerillon, épervier) n. m. Genre d'insectes coléoptères pectinicornes, ou lucanidés, type d'une petite sous-famille dite des xsalinés, et dont la seule espèce connue, xsalus scarabseoides, habite le tronc des vieux chênes dans les montagnes d'Europe. La sous-famille des assalinés comprend, en outre, les genres ceruchus, vùtonhyllus, ceratognathus, nicagus, répandus dans l'Australie, l'Amérique du Nord et la Nouvelle-Zélande.
à xm genre d'oiseaux de proie qui comprend l'émerillon et les faucons
-Eschna.
sectes de
l'ordre des pseudo-névroptères, famille des libellulidès ou odonates, renfermant de grandes libellules à abdomen cylindrique, à vol puissant et rapide, répandues '^. 7 , -*=?^ dans l'Europe et rAni.- .^ ^^ . - ' riqno du Nord. r.
œschnes sont nuisiblr > aux environs des ruches, car elles dévorent les abeilles ; par contre, ces grands ncvroptères font la nourriture des busards qui les chassent au bord des eaux.
«SCHYNANTHE (kl -dugr.a/.tWn»H>. pudeur, et anlhos, fleur) n. m. Genre de plantes dicotylédones, famille des cyrtandracécs, croissant les archipels avoisinants.
— Encycl. Les caractères principaux de ce genre sont : corolle tubuleuse, gamopétale, à cinq divisions inégales. Ce sont des sous-arbrisseaux grimpants, à feuilles opposées, charnues et à fleurs en cymes terminales ou axillaires. On peut citer, parmi les belles espèces cultivëLS dans nos serres, l'œschynanthus pulcher, à grandes fleurs bicolores, d'un rouge éclatant.
iESCHYNITE {chî) n. f. Titano-niobate de thorium, ceriura, fer, yttrium, lanthane, didyme, calcium, trouvé ii Minsk, dans l'Oural.
ASCHYNOMÈNE {ki — du gr. aiskhunoménos, pudibond; n. f. Genre de légumineuses papilionacées.
— Encycl. Ce genre a dix étamines, réunies en deux groupes de cinq. Ce sont des arbrisseaux ou des herbes des régions chaudes, à. fleurs de couleurs-variées, h'êeschynumena cannabica, de l'Inde, a des fibres textiles ; Vœschynomena pahtdosa, à tiges <l'un tissu mou et léger, est employée en Cliine pour faire du papier de riz.
«SOULAGÉES n. f. pi. Famille de plantes qui a pour type le genre ^-sch/»* ou hippocasfanum, formé d'une seule espèce, le marronnier d'Inde, n On dit aussi .(ESculinéis
et HlPPOCASTANÈES.
— Encycl. La famille des a?sculacées, ou hippocastanévs. comprend quelques arbres et arbrisseaux exotiques, la plupart cultivés comme ornement dans nos pays. Elle présente des feuilles opposées, sans stipules, composées, digitées ; des fleurs hermaphrodites ; un calice caduc, ;i cinq divisions; une corolle irrégulière à pétales distincts, inégaux, au nombre de cinq, et des étamines ordinaire meut au nombre de sept.
«SCULÉTINE n. f. Substance cristalline qui résulte du dédoublement de VxscuUne sous l'influence des acides uu de l'émulsine. L'œsculétine cristallise en petites aiguilles d'une saveur amère et sans réaction acide ; sa solutiuji aqueuse est dichroïque, comme celle de l'aesculine. il On écrit aussi escl'Létike.
ASCULINE (rad. œsculus) n. f. Substance cristalline, contenue dans lécorce du marronnier d'Inde. L'œsculuhse présente sous la forme de petites aiguilles incolore , sans odeur, d'une saveur amère, d'une légère réaciii;. acide. La solution aqueuse de cette substance préseni' des reflets chatoyants très remarquables; elle est ini^ lore par transmission, et bleue par réflexion : de là le nuiu de polychrome (plusieurs couleurs) qui lui est quelquefois^ donné. Il On écrit aussi esculine.
ASCULUS (/<
-Esculu;
Genre d'sesculacées, renfermant une seule espèce, Ysesculus hippocastanum {ou marronnier d'Inde), apporté de Cou stantinoplo à Paris eu 1615. "V. marron d'inde.
^STHÈME (gr. aisthêma, mémo sens) n. m. En T. <lr mcd., Syn. de sens.\tion.
jESTHÉSIE ;du gr. aisthcsis, sens) n. f. Svn. de sensi mil IF. I]\ia-essiou employée parfois par les physiulu-
iCSTHÉSlOGRAPHIE (du gr. aisthêsis, sens, et graphcin. 'leerire; n. f. Traité des organes des sens. Il On écrit aussi
l.srHÊSIOGKArilIlC.
iCSTHÉSIOLOGIE (du gr. aisthêsis, sens, et logos, diseours) n. f. Traité des organes des sens. Il Ou écrit aussi
r.STlIUSIOLOGIE.
^S TRIPLEX, mots lat. qui signif. triple airain, et qui sont empruntés à un passage d'Horace (livre I", ode iu)j où le poète dit : " Un triple chêne, un triple airain couvrait le cœur de celui qui, le premier, confia aux flots redoutables une barque fragile.» — h'^es ti'iplex,«\e triple airain ■> du poète, se rappelle tantôt en latin, tantôt en français, pour exprimer soit l'intrépidité, soit la dureté du cœur, etc.
.ffiSTUANT, ANTE (lat. afstuans, chaud, bouillant) adj. l-:.liauHé, qui fermente : Un quaJ'tier durci et .«estuant (:v i/ni'i'-rr. (Nadar.)
-^TA, AlTA, etc., nom que se donnent à eux-mêmes les Nej.';ritos des Philippines. V. Négrito.
jCTERNUM VALE (mots lat. qui signif. Adieu pour l'étcr- >uir). An niiinieiit où Orphée perd p'Ôur la seconde fois .sa eliere Kurvdiee, Ovide lui fait jeter cet adieu déchirant : .Siiprcmiuuipwralel (Adieupourladernicrefois! ) Dans l'applieaiion, néanmoins, on dit plus volontiers: ^^ternum vaie.
^THALIUM (om' — du gr. aithalès, couleur de suie) 11. m. Genre de champignons myxomycètes, caractérisés par un plasmode dont l'ectoplasme est marqué de ligues concentriques, ii On écrit aussi -«talion.
~ Encycl. Les xthalium appartiennent à la tribu des physarées, famille des endomyxées. Une espèce, type du genre, V^thalium septicum, se développe sur la tannée, ce qui l'a fait nommer « fleur de tannée, fleur do tan o ;
AEROSTATION (ancienne et moderne)
Voir les mots : Aviation. Parachute.
Ji:THEILÈME — AFFAIRE
elle est très commune dans les serres où <ïle cause de erands déeàts, envahissant en une nuit les plantes. Elle févcloppe son plasmode en un largo gâteau jaune, épais de 0" C2^ou 0.,03, sur 0-,33 de diamètre. Le phénomène le plus remarquable que présentent ces masses est la possibilité de le mouvoir en glissant à la surface des corps sur lesquels eUes sont appliquées. Au- moment delà fructification, le plasmode sëfève à 1 intérieur du milieu nutritif et vient se rassembler à sa surface sur laquelle il se déplace, puis prend une forme déterminée et s entoure d'une membrane ceUulosique. Cette dernière, s'épaississant et se durcissant do bas en haut, sert de support à la partie supérieure qui est le sporange. Ce sporange, muni d'un capillite, mais dépourvu de columelle, donne naissance à des spores violettes. — Syn. ;Ethalium, fuligo, plttocarpe.
jETHEILBME ((t' — du gr. ailhéeis, couleur de suie, et lémé sécrétion) n. m. Genre de plantes acanthacées, originaires des régions tropicales do l'Asie, de l'Afrique et de focéanie.
/ETHÉOGAME (du gr. aéthês, insolite, et gamos. mariage) n et adj. Se dit des acotvlédones, c'est-à-dire des plantes qui, pour les organes et le mode de reproduction, s'éloignent dos monocotylédones et des dicotylédones. Ce terme, jadis employé par de CandoUo, n'est plus usité.
JETHÉWE (du gr. aithéréos, éthéré) n. f. Bot. Genre de plantes de la famille des orchidées, croissant à Java.
— MoU. 'V. ETHERIE.
^THIONÈME (du gr. aéthês, insolite, et nêma, ftlament) n. m. Genre de plantes crucifères, voisines des thlaspis et des ibéris, originaires de l'Europe méridionale, de l'Asie Mineure et de la Perse.
iETHLIUS, fils de Jupiter d'après les uns, d'Eole d'après iesautres.etpèred'Bndymion.
;ethophylldm (llom' — du gr. aillios, flamme, et phiiUon, feuiBe) n. m. Nom donné par Brongniart à des palmiers fossiles.
Encycl. Les feuilles des
lethophjUum, espacées, groupées par trois, planes, linéaires, égales, étaient attachées à des tiges rameuses, sans nœuds, striées à la surface.On a trouvé ces végétaux dans le grès bigarré de Soultz-les- Baïus.
JETHRIOSCOPE (du g.-.
aithria, sérénité, fraîcheur, et
skopein, explorer) n. m. Instrument propre à mesurer le rayonnement calorifique de la surface do la terre vers les es'paces célestes. Il consiste en un thermomètre différentiel dont une des boules est placée au foyer d'un miroir concave tourné vers le ciel, et l'autre en dessous de ce même miroir.
VETHUSE (du gr. aithmsô, je vacille) n. f. Genre de plantes ombellifères, dont la seule espèce est Yœlhtisa ajnapmm, plus connue sous les noms vulgaires de petite ciguë, ache des chiens, persil des fous, faux persil.
— Encycl. h'sthuse est une plante très vénéneuse, qui ressemble beaucoup au persil et se mêle à lui dans nos jardins. Cette ressemblance a causé de funestes accidents. L'sethuse se distingue du persil par la forme de ses folioles plus étroites et plus nombreuses et par l'involucello composé de 3-5 folioles placées du côté extérieur des ombellules sanslesentourer;ses fleurs sont blanches.
AÉTIENS (si-iiO n.m. y' Sectaires, disciples i'A' lins. On les appelle plus or dinairement anoméens.
parce qu'ils niaient non seulement que le Verbe fût consubs*antiel, mais encor» qu'il fût d'une nature semblable à celle du Père.
(On les appelle aussi quelquefois F.UNOMÉENS,du nom
d'Eunomius, amietdisciple -^.'^i d'Aétius.)
AÉTITE (du gr. aétos, ai clc) u. f. Variété deperoxyde de fer hvdrate, ou d ocrejaune.
-Encxcl. Viu-tUe nu'e l'on trouve en Fiam;e aux environs de Trévoux et d'.îlais est appelée pierre d mgle, {tarée que, suivant une légende, les aigles portaient cette pierre dans leur nid pour faciliter la ponte.
AÉTICS {si-uss), hérésiarque du iv« siècle, mort en ses à Constantinople. D'abord ouvrier en cuivre, il s'adonna ensuite à la médecine et à la philosophie, puis se consacra à la théologie, fut sacré évoque, mais n'eut pas do diocèse. Adepte de l'arianisme intransigeant (v. aétiens), il fut tour à tour proscrit et vainqueur avec son parti. De ses trois cents traites théologiques, un seul nous a été conservé.
AÉTIUS (si-uss), général romain, né en Mœsie vers la fin du iv« siècle, mort e~n 454. Il parvint sous Valontinien aux plus hautes dignités militaires, et troubla l'empire par ses rivalités avec le comte Boniface. Il fut un des derniers soutiens de l'empire d'Occident, combattit les Francs et les Bourguignons, sut unir contre les Huns les peuplades germaniques campées dans les Gaules et, aidé par Théodoric et Mérovée, écrasa Attila aux champs Catalauniqucs(451). Cette victoire causa la perte d'Aétius: l'empereur Valontinien III, effraye de sa gloire et de sa puissance, l'assassina de sa propre main.
AÉTIUS (si-uss), médecin du v siècle, né à Amida en Mésopotamie. Il était chrétien et médecin à la cour do Constantinople.
AetOUKON ou AnatOUKO, ville do Grèce (prov. d'Acarnanic-et-Etolie), bâtie sur une ile réunie par une
, umbellule avtc son involucelle composé de trois pointes; B, fruit; C, fleur.
jEtophorc.
chaussée à la terre ferme, à 10 kilom. au nord de Missolonghi; 5.500 hab. Culture de l'olivier et de la vigne, commerce actifde poisson, d'huile et de raisin de Corintlie. Cette ville résista vaillamment aux Turcs, entre 18-23 et 1826.
AÉTOMA ou AÉTOS {loss — du gr. aétos, aigle) n. la. Autiefois, chez les Grecs, le tympan du fronton; quelquefois morne, le fronton entier. (On pense que ce mot vient do ce que les anciens avaient pour habitude de mettre la figure d'un aigle sur le faîte de leurs édifices). AÉTOPHORE(dugr. ae(os. aigle. et p/ior'os, qui porte) 0. m. Genre d'inse.ctes coléoptères, famille des carabidés, sous-famille des dromiinés, renfermant d'élégants insectes allongés et plats, vivant dans les marécages. Les aétophores sont ainsi nommés parce que leurs élytres jaunes portent des taches dont la réunion figure une sorte d'aigle éploye. La seule espèce du genre, s-iophorus imperiali<, de nos pays, se trouvo sous les roseaux coupés, dans les marais. V. de.metrias. AÉTOS (toss — du gr. aétos, aigle) n. m. Genre doiseaux, du groupe des buses.
AÉTOSAURE (du gr. aélos, aigle, et sauras, lézard) n. m. Genre de reptiles hydrosauricns, famille des béloduuudés, renferiuant des crocodiles fossiles dans le keuper d'Allemagne.
JEvVUt ii'om'), personnification de l'éternité, de l'immutaliilitô du temps, chez les Hoinains, à l'époque do l'empire.
AT, modification da AiHosaure.
préfixe ad, qui a lieu, , •
par assimilation do consonnes, quand le mot auquel celui-ci est adjoint commence par K : AK/'amei- pour a.afamer, etc. Afa, commune de Corse, arr. et à 9 kilom. d'Ajaccio ; 1.080 hab.
AFAKITE n. m. Appellation injurieuse équivalant à celle de vagabond et que les Arabes infligent aux musulmans qui viennent à La Mecque dans le seul but de s'attribuer le titre de haddji (pèlerin) et qui s'en retournent immédiatement sans y séjourner.
• AfanASIEV (Alexandre-Stéphanovitch), écrivain russe né en 1816. Il a publié, tantôt sous son vrai nom, tantôt sous le pseudonyme do Tchoujbinsky, une Galerie des écrivains nohiiais.nneHisloii-epopulairedelanussie(lSib),iiaVoija/je dans la Russie méridionale, et différents autres ouvrages. Afanasiev (Alexandro-TS'icola'icvitchl, écrivain et savant russe, no en 1826 dans le gouvernement de Voronèje, mort en 1871. 11 a publie : tes Divinités zoomorpliigiies des Slaves; la Vie d outre-tombe, d'après les traditions slaves; les Vues poétigues des Slaves sur la nature (1866lS6i); Contes populaires russes (IS13I, dont quelques-uns ont été traduits en français.
Afar ou Afer, pays encore à peu près inconnu de l'Afrique nord-orientale, entre l'Ethiopie, la mer Rouge, lo ■- • - de Karrar. Cette contrée mon-
golfe d'.^.den et le
tueuse, tourmentée , volcanique
renfermant des
lacs très riches en
sel, notamment les
lacs Assal et Alal
bad, possède un
seul grand fleuve
l'Haouach, qui
prend ses sources
dans la partie mé
ridionale de l'A
bvssinie,etsejette
dans lo grand lac
saumàtre d'Aous
sa, à 100 kilo
mètres environ du
golfe de Tadjou
ra.Ce pays sec et
aride est habite
par les Afar, con
nus suftout sous
le nom de Danà-
ïa ^ubdivisent^'en plusieurs tribus, indépendantes malgré
ies efforts des Ethiopiens, et commandent les routes commerciales entre la mer Rouge et 1,Ï'">'°.P'»- .^''"^ '> 'ir.
la France possède les territoires d Obock et de Tadjoura. Afer (Domitius), orateur latin, né à Nimes, l'an 16
av J-C.,mortl'an59de l'ère chrétienne. Quintiien e
Place au rang des grands orateurs. Mais il joua lo rôle
île délateur sSus Tibère, Caligula, Claude et Néron. Il ne
reste de lui que quelques Iragments.
aff n m ou AFFE n. f. T. d'argot. Abréviation d'AF- FAiRE. Il Maquiller une aff. Comploter un mauvais coup. Il Eau d'«£^Eau-de-vie : Tu vas me payer ae l eau d afk. ou je te fais danser. (E. Sue.)
AFrABILITÉ n. f. Courtoisie, bienveillance ; manières douces, avenantes : Villeroy avait concilié la grandeur avec /'affabilité. (Mass.) — SYN.AHabiUté.civilité, honnêteté, politesse.V. affable. AFFABLE (lat. afTabilis. formé de /ari arf, parler à) adj Qui se rend agréable à ceux qu, 1 approchent : /( /«■" <^ '/ AKFAUI E avec tout le monde, n Qui annonce de 1 affabilité, qui accompagne l'affabilité : La vraie vertu est toujours éaale, affable et complaisante. (Fen.) .„„,,„
L'affab/e, n. m. : Il faut mêler a propos L affable et le sévère. (Rotrou.) ,.
— Syn. Affable, civil, courtois, gracieux, honnête, poli. L'homme gracieiuv va au-devant do ce qui peut nous être agré.able. L'homme aff-able attend qu on \ lenne à 1"' P»" manifester sa bienveillance. L homme poli et 1 homme civil se montrent fidèles observateurs des usages reçus dans la bonne compagnie ; mais le premier est plus cérémonieux que le secmid. L'homme honnête se renferme Tusses iLites les plus strictes de la civilité L homrno cour/o!5 pousse la politesse à l'extrême. 11 faut être honnête sans cérémonie, civil sans jmporiunite, courtois sans
affectation, poli sans fadeur, gracieux sans minauderie, affable sans familiarité.
AFFABLEMENT adv. D'une manière affable, avec ailabiliie : .iccuediir quelqu'un affableme.nt.
AFFABULATION (si — lat. affabulatio, moralité ; de ad, à, et fabula, fablo) n. f. La partie d'un apologue, d une fable, qui en explique le sens moral. . ,
— Par ext.. Moralité qu'on peut tirer do certains événements historiques. Il Arrangement dos faits (jm constituent la trame d'un roman : Zaffabulation d un roman.
AFFADIR (rad. fade] v. a. Rendre fado, sans caveur : AhVADlR une sauce, une ligueur.
— Par ext. Affadir le co-itr, Causer du dcgout. 11 Fig. Inspirer de la répugnance, de l'aversion; lasser, latiguer : Un chant monotone affadit l'auditeur.
Fig. Rendre froid, insipide, affaiblir : Trop de recherche dans les expressions affadit le style. Il Oter le sel, le piquant : Affadir une épigramme.
S'affadir, v. pr. Devenir insipide : Les hqueurs s affadissent si l'on y met trop de sucre. ,..,..., ,..,
— Fi" Devenir doucereux, affecté, froid, insipide : Lelo- ««CTice^sAFFADiT par des adulations, n En parlant des personnes. Devenir faible, lâche, s effeminer : Florian .s'était un peu ai'fadi dans le voisinage du duc de Penthiévre. (Ste-Beuve.)
AFFADISSANT, ANTE adj. Qui est propre à affadir; insipide, sans saveur : Sucreries affadissantes.
— Fig. Fatigant, ennuyeux; Flatteries affadissantes.
AFFADISSEMENT n. m. Action de rendre fade; sensation, effet, malaise que produit la fadeur : Affadissement d'un ragoût. Affadissement de cœur.
— Fig. Etat de ce qui est doucereux, affecté et Iroid : ^'affadissement littéraire, artistique, etc.
AFFAIBLI, lE adj. Dont les forces ont diminué : Personne AFFAiBLiEpar la maladie. Il Dont l'intensité est plus faible :
Son AFFAIBLI. . , -i, I ■
— Syn. AMaibli, faible. Un homme est faible par luimême, quand il manque de force ; mais il est affaibli quand il a subi une action qui l'a rendu faible.
— Syn. Afiaibu, amolli, efféminé, énervé. Affaibli et énervé se rapportent plus particulièrement au corps, à une action physique: «"'o'" «' efféminé, à l'âme, à une action moiaie. Affaibli marque l'effet, le résultat ; éncrcé exprime la cause ; on est affaibli parce qu'on est énervé, les nerfs étant ce à quoi tient la force. Amolli exprime un amoindrissement d'énergie dans le caractère, les facultés, la volonté ; efféminé marque pour ainsi dire un état naturel ou résultant d'une longue éducation, et qui fait que Ion a les goûts, les manières d'une femme.
AFFAIBUR (rad. faible'] V. a. Rendre faible, diminuer la force : Affaiblir un lutteur. Affaiblir une pensée.
— Fig Diminuer l'activité, l'énergie, etc.. le crédit, 1 autorité otc. : On AFFAIBLIT toujours ce qu'on exagère. Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
— B.-arts. Adoucir à l'excès le coloris, les teintes, les contours. ,. . , -, ,
— Techn. Oter de l'épaisseur, diminuer le poids, le titre, etc. : Affaiblir les monnaies. Affaiblir une planche.
— V n. Perdre do ses forces, de ses lacultes, au prop. et au fig. : Nous sommes tous faits pour affaiblir, vieillir et mourir. (U"' de Lambert.)
S'affa/b/)r, v. pr. Devenir faible ; se dit des personnes et des choses: La vuedes vieillards s'xTFkiBLn, lis s'affaiblissent eux-mêmes. . . a
— Fig. Perdre de sa puissance, de son influence, etc. . Purrhus se plaignait de s'affaiblir ;)ar «es victoires. « En parlant des choses morales. Perdre de sa vivacité, de son énergie : Les sentiments s'affaiblissent par le temps et par l'absence. , .. ,y^, .
Syn. AHaiblir, énerver. Le premier marque 1 eflet, le second la cause. V. affaibli.
AFFAIBLISSANT, ANTE adj. Qui est propre à affaiblir : Un régime affaiblissant. La saignée réitérée est un ixnifrfe affaiblissant. (Chomel.) , , ,.■
— Fis. Qui énerve, amollit, efféminé: L excès de bienè!rc nous affaiblit.
AFFAIBUSSEMENT n. m. Diminution de la force, dél.iliiation au prop. et au fig.; état de ce qui est ailaibli : iAFFAiBLissEMENT de la vue, de la mémoire, /.'affaiblissEMENT des passions, ^'affaiblissement rf un parti. \i Kelàchement : i'AFFAiBLissEMENX de la discipline, de la foi.
— Diminution de poids, de titre, en parlant des monnaies. En T. de phot. Diminution de l'intensité d une image. AFFAIBLISSEUR n. et adj. En T. de phot. On désigne
ainsi les bains au moven desquels on opère 1 affaiblissement ile bain le plus usité est celui de Farmer, renfermant : eau 1 000 gr.; hyposulfitc de sodium, 5 gr.; ferricyanure de potissium, 5gr.)f t'n affaiblisseur. Sain affaiblisselr.
AFFAINÉANHR (S') (rad. fainéant), y. pr. Devenir mou, lâche : Les nations s'affainêantissent dans une longue paix.
AFFAIRE (du lat. ad. à, et facere, faire; ou de l'ital. affare) a f Tout ce qui est à faire, tout ce qui dans la vie est e sujet d'une occupation quelconque : Une AFFMRKagréabte, .importante, ennuyeuse. Le bonheur est 'affaire de tout ce oui respire. (Legouvé.) il Projet, dessein, entreprise : Je ne Z pas'^mes\vÂ,^s 'aux autres. (V. Hugo.) il 'tout ce qu. se rapporte à la fortune, aux biens, aux intérêts d un pan cuUcr- L'homme prend soin des affaires du dehors, la femme de celles du dedans. (B. de St-P.) Il Tout ce qui concerne les intérêts publics, tout ce qui a rapport aux événements politiques, au gouvernement, aux ministères, aux adminisiniinns etc • AFFAIRES »u6/i««es. AFFAIRES rf £^(aMl Choses usu^nes objets ser/ant loit à l'habillement, soit à la toilctfe : On coJene ses affaires par l'ordre et la propreté
— Employé au pluriel, ce mot emprunte très souvent un sens tout particulier de son complément determmatif ou do l'adiectif qui l'accompagne : Les j,rFt,mES spirituelles, tenporMes. ie» affaires k'Indo-Chine, de Madagascar.
-i Marché, traité, convention, transaction commerciale, spéculation financière, etc. : Faire des affaires avec nuelnuim Etre, se mettre dans les affaires. Les affaI; es. c'est l'argent des autres. (Alex. Dum. fils.) Il Tout ce qui peut causer de la peine, de l'embarras, de linqmetude soin souci, difficulté, danger : .Usmipir une affaire, il Procès, débat ; tout ce qui appartient au contentieux, tout ce qui est du ressort des tribunaux :, Affaire cmfe criminelle. Affaire judiciaire. Il Chose qu. concerne, qui îcgarde : La philosophie est une affaihe d'ame, comme la
l)oi^sie et la rclifiion. (Jouffroy.) ii Spôcialit<S, ffrinîo, talfuii particulioi' : C'était l'KVVKnm de Molière île jouer ten iiu-dffins. (Tràv.) iiChosoqiii ost agréable, qui con'viont purlairc'nicnt : Ceci ou Cette personne fait vwn affauik, est mon afi-Aiiu;. Il Knpapfnipnt niilitairo, combat: Avfmuv: fflovieuse. Al i\ti:T' ■:irr>.-jK-r'rfr. \\ Disputo, duol, combat siiigullor : <''>■ ' \MMi;i l'.ius lo m<^mo sons on (lit : Akfaiuk
'/ '" Il u i[|tiino, iiuriguo amourouso, cora-
iii'i' r. ,i, : .i.iiii- m- .\\\ wuEdecœur. Affaire d'amour.
— hinpl'jyn (1 uiio iimiiiOTO va^'uu, U> mot affaire est souvent synonyme du mot chose, pris lui-in(*mo dans iiu sons indônni : Ah! qu'une femme demoiselle est une êlrant/e affaire! (Mol.) Don Juan réduit l'amour a n'âlre qu'une AFFAIRE or(/i/mi?*e. (II. Boyle.)
— T. d"argol. Vol ù commettre, coup à faire: Monter
une AFFAIKE.
— Dans un sens niystiq. L'a/faire du salut, Lo soi» qu'un croyant doit promiro do Iui-ni6me par rapport à son funo et on vue do la vie future.
— A/faire d'or, a/faire magnifique, etc. Opération trôs avantageuse, marché où il y a bt-aucoup à gagner.
— Avoir affaire. Etre très occupé, ou être appelé ailleurs : Exciisez-moXfj'ai affaire, il Avoir affaire à quelqu'un, Avoir à lui parler, avoir à traiter avec lui. (So dit aussi par manière do menace : Il aura affaire k moi.) il Avoir affaire avec quelqu'un, Suppose différend, contestation : // faut éviter rf'AVOiR AFFAIRE AVEC des fripons. Il Avoir affaire do quelqu'un, Avoir besoin de lui : La république a bien affaire UK f/ens qui ne dépensent rien! (La Font.) [Dans ce sens, ciuolquos-uns écrivent à faire on doux mots ; cola no .saurait f'tre considéré comme une faute, « /aire convenant mieux ici que affaire; mais l'usago est d'écrire affaire en un mot.] il Avoir affaire à une femme, EntrcUMiir avec elle un commerce de galanterie, ii Avoir son affaire. Avoir ce qui convient, réussir. (Ironiquem., dans ce .sens. Recevoir une correction, ou une leçon.) — Se dit aussi d'uno personne mortellement blessée ou malade : Jl n'y a plus rien à espérer: il a son affaire. — Dans un sens familier, Ktre tout à fait ivre ; Je buvais une absinthe; après quoi. j'avais mon affaire, là, dans le solide. (Monsclet.)
— C'est une affaire, La chose est grave et mérite qu'on y rénéoliisso : Attaquer cette place, c'est une affaire.
Il C'est une araire d'Etat, C'est une affaire do la plus haute importance, il Ce n'est pas une petite affaire, La chose n'est pas facile. \\ C'est une affaire finie. C'est une chose à laquelle il no faut plus penser, il C'est une affaire faite, Vgus pouvez regarder la chose comme conclue; c'est uno chose sur laquelle vous pouvez compter, il Ce n'est pas l'affaire d'un moment, d'un Jour, C'est uno cliose qui présente de grandes difficultés et qui demande du temps, des soins : Foi'mer des citoyens n est pas l'affaire d un JOUR. (J.-J. Rousseau.) ii Paire affaire, Conclure, terminer, tomber d'accord, ii Faire l'araire, Sufiire; atteindre le but proposé, il Faire son araire, en parlant do qucl-
Ïu'un, Le châtier, lui donner une leçon, même le tuer : espion fat découvert, et on lui fit son affaire, il Faire
i affaires dans les vins, dans , dans les soies, etc.
Il Faire son affairée d'une chose. S'en charger, en répondre : Dites-moi quelle place vous désirez, j'e:^ fais mon affaire.
Il Vous avez fait là une belle affaire! Vous avez fait telle chose mal à propos; vous avez fait une chose qui aura des suites fâcheuses, il Faire des affaires de tout. Attacher de l'importance à des choses qui n en ont pas. ii C'est mon araire, ou Ce sont mes affaires. Cela ne regarde que moi, n'expose que moi. n C'est son affaire, Cela le regarde, il
Voilà bien une autre affaire! C'est une chose bien différente, à laquelle en ne s'attendait pas. n C'est araire à lui, C'est sou atfaire, c'est lui que cela regarde, qui en est capable, ou encore. C'est à lui de s'en tirer comme il le pourra, il C'est affaire à, 11 appartient à...: C'est affaire AUX médecins de guérir les malades, ii Le bon, le meilleur, le pire de l'affaire est que... Ce qui est étonnant, ce qui surprend davantage encore, c'est que... n Une affaire de rien, de peu, etc., Une cliose facile à faire, une chose sans couséquence.
— Se tirer d'affaire, Se tirer d'un danger, d'un embarras quelconque, n Etre hors d'affaire. Etre hors de d:inger, hors d'embarras, n Etre au-dessous, au-dessus de ses affaires, No pas réussir, ou Etre en prospérité.
— Belle affaire! Chose de peu d'importance, ou d'une exécution facile, il Quelle affaire! que d'affaires! Quo de peines pour rien, que d'embarras pour peu de chose!
— Etre de bonne affaire. En T. de fauoonn. Se dit d'un oiseau (juand il est bien affaité, bien dressé pour la volerie.
— Chargé d'affaires. Agent diplomatique accrédité auprès d'un gouvernement de peu d'importance, ou remplissant les fonctions de l'ambassadeur ordinaire pendant l'absence de l'ambassadeur titulaire, il A^en? d'affaires. Celui qui, moyennant salaire, fait profession de se charger des affaires d'autrui. (On dit aussi homme d'affaires.) ii Faiseur d'affaires. Celui qui n'a d'autre état que de spéculer dans le but de gagner de l'argent par des opérations de finance. (Il se prend ordinairement on mauv. part.) ;i Gens d'affaires, Intendants, régisseurs, etc. il Cabinet d'affaires, bureau d'affaires, ageiice d'affaires. Etablissement dirigé par une personne qui se charge de diriger des affaires conteutieuses, etc. V. agence.
— Fig. Se dit en parlant d'une femme galante, d'une entremetteuse :
La toilette d'Albine est un bureau d'affaires.