DORAT
— Fam. et bas. Faire ses araires, aller à ses affaires, Satisfaire ses besoins naturels.
— Chaise d'affaires. Nom donné autrefois, chez le roi, à la chaise percée : Henri lll fut blessé mortellement par Jacques Clément, étant sur sa chaise d'affaires. (Littré.'i
Il Brevet d'araires. Le privilège d'entrer dans le lieu où le roi était sur sa chaise percée, ii En parlant d'une femme, Avoir ses araires. Avoir ses règles.
— Loc. ADV. Point d'affaire. Nullement, en aucune manière : Des conseils tant qutl vous plaira, mais de l'argent, point d'affaire.
— Proverbialem. : Il n'y a point de petites affaires. Los plus petites choses méritent notre atieniion. ii Avoir affaire A la veuve et aux héritiers, Avoir affaire à forte partie.
Il Les affaires sont les affaires, Il faut n'occuper sérieusoiiHMii et exclusivement des cIiosoh do son état. Il Chacun sait ses affaires. Se dit quand on ne veut point entrer dans 1<!S motifs do la conduite do quelqu'un, ou qu'on refuse, par une lin do non-rocovoir. dos conseils, dos reproches, etc. Il II vaut mieux avoir affaire à Dieu qu'à ses saints, Il vaut mi<Mixs'adrossoricelui qui ^'ouvernequà SCS subordonnés. •1 Ceux qui n'ont point d'affaires s'en font, L'oisiveté fatigue, et l'on se crée des occupations, 'i Avoir plus d'affaires quo le légat, Etro très occupé, ii Les affaires font les hommes, Lu pratique des affaires forme, donne de l'aptitude.
— l'Rov. HisT. A demain les affaires sérieuses, ou simplement A demain les affaires. V. demain.
~ Piiov. LirrÉu. Le temps ne fait rion à l'affaire, Allusion à un vers du Misant/trope. V. temi-s.
— PROV. LITTÉB. :
. . . On ne s'attendait guère A voir Ulysse en cette affaire-
Vers de La Fontaine, dans la Tortue et les deux Canards. Deux canards, proposant à uno tortue de la transporter ù. travers les airs, lui disent :
Vous v«rrGz mainte république.
Maint royaume, maint peuple ; et voua profiterez De» ditfiireiitc» mœurs que vous remarquerez. Ulyaae eu lit autant. On ne s'attendait guère, etc. On cite ces vers pour exprimer plaisamment la surprise quo doit causer uno intervention inattendue. Le moindre grain de mit Serait bien mieux »jon affaire- Là FoNTAiNK (le Coq et lu Perle).
Un coq fait cette réflexion en trouvant une perle. On l'applique lorsque échoit â uno personne une cnoso pré oieuso qui lui est inutile.
— Encycl. Agent d'affaires. V. gestion d'affaires.
— Anton. Amusements, divertissements, passe-temps, plaisirs.
Affaire Clemenceau (l'), roman d'Alex. Dumas fils (18C6). Peu d'œuvres ont ou plus de retentissement quo co mémoire supposé d'un artiste accusé d'avoir tué sa femme, et qui cherche, non point à excuser, mais à expliquer son
Le héros est un fils naturel abandonné par son père, et élevé par sa mère, qui est à la tête d'un magasin de lingerie. Il entre dans l'atelier d'un sculpteur, manifeste aussitôt un grand talent, mais tombe dans les filets d'une aventurière, et d'Iza, sa fille. La mère, fausse grande dame, vivant d'expédients et de mensonges, est fatalement amenée à spéculer sur la beauté précoce d'Iza, vouée dès le berceau à l'intrigue, façonnée d'avance à toutes les fourberies féminines. Pierre Clemenceau, passionné, avec un cœur et des sens tout neufs, prend au sérieux les hâbleries de la comtesse et les naïvetés calculées de la fille, qu'il épouse. On devine le duel qui va s'engager entre ces deux natures si différentes; Iza, courtisane des pieds à la tète, trompe son mari, qui est le seul à l'ignorer, ot l'art de l'auteur éclate dans les scènes qui préparent Pierre à la révélation suprême de son malheur et de sa hoiite. Ils so séparent. Clemenceau essave de se rattacher à^ l'art, à la paternité, aux espérances d'une vîo nouvelle. Vains efforts! II aime toujours sa femme et il revient furtivement à cette alcôve souillée, et qui ne peut plus lui accorder, à lui le mari et le maître, qu'une hospitalité clandestine. Dans Iza il n'a plus retrouvé qu'une fille; mais, comme cette fille est sa femme, il la tue.
On rencontre dans l'Affaire Clemenceau bien des crudités do détail, de singulières hardiesses d'exécution; mais c'est un livre d'une réalité puissante.
Affaires de Rome, ouvrage que Lamennais a publié en 1837, et dans lequel il donne 1 histoire de ses rapports avec Rome, au sujet du journal l'Avenir. (V. Lamlinnais.) Le volume contient, en outre, sous ce titre : Des maux de l'Eglise et de la Société, ce qui put être achevé d'un ouvrage dans lequel l'auteur de l'Essai sur l'Indifférence, voulant présenter un tableau fidèle de l'état de l'Eglise catholique dans le monde entier, ainsi que de l'état de la société, recherche les causes de la décadence de l'Egliso et celles des souffrances de la société, et indique les moyens propres à y remédier. Enfin, dans les dernières pages des Affaires de Rome, Lamennais s'attache à montrer qu'entre la papauté ot les peuples, une rupture complète s'est effectuée, et que cet antagonisme devient de plus en plus irrémédiable.
Affaires étrangères (Ministère desI. Le Ministère des affaires étrangères existe comme département distinct depuis 1588. Jusque-là, la direction de la diplomatie restant entre les mains du roi ou de son principal ministre, la correspondance était faite par l'un des secrétaires du roi, sans spécialisation. Sous François I", les quatre secrétaires qui expédiaient les affaires intérieures expédiaient encore les affaires extérieures sur les ordres du roi rendus généralement après l'avis du conseil secret. ' L'un des secrétaires avait l'Ecosse et l'Angleterre ; l'autre, la Savoie, l'Allemagne, les cantons suisses; le troisième,
l'Espagne et le Portugal ; le quatrième, le Piémont, Rome, Venise, le Levant. En 158S, Henri III donna l'expédition de toutes les affaires extérieures à Louis de Révol, à qui succéda Nicolas de Neufville de Villerov, en 1594. Depuis lors, un secrétaire d'Etat fut chargé dès affaires étrangères jusqu'à la fin de la monarchie légitime, à l'exception de la période de 1624 à 1626, durant laquelle trois secrétaires d'Etat eurent, l'un la correspondance de l'Espagne, do l'Italie et de la Suisse, l'autre, de l'Allemagne, de la Pologne ot des Provinces-Unies; le troisième, de l'Angleterre, de la Turquie et du Levant; et de la période de n\^ à 1718, durant laquelle exista un conseil des affaires étrangères présidé par le maréchal d'HuxelIes, la direction appartenant en réalité au conseil de régence. Après la Révolution du 10 août 1792, Lebrun reçut Te portefeuille de ministre des affaires étrangères; ces fonctions furent supprimées le 21 juin 1793, et les relations extérieures confiées à des commissaires ; le poste de ministre fut rétabli le 6 novembre 1795.
Le Ministère des affaires étrangères, qui est l'org'ane des relations du gouvernement français avec les puissances étrangères, fait également recueillir au dehors tous les rensoignoments de nature à servir notre influence politique ot économique à l'extérieur, ot prête en nombre de circonstances ses bons offices aux intérêts de nos nationaux ù l'étranger. L'indication des services qui sont de son ressort fera connaître l'étendue et l'importance de son rôle.
Sans fairo l'historique de son organisation, il convient