AFFAIRE — AFFAISSER
do diro quo, houh l'ancien régime, lo MinÎKlèro comprenait deux départements politiques dirigés chacun par un premier commis, un bureau des fond» et un bureau dos archives; et quo les consulats dépendaient tantôt de co ministère, tantôt du département do la manne. A partir do leur réunion aux affaires étrangères on 1702, Je» consulats formèrent un bureau dépendant do la direction politique, et qui, sous l'empire, fut qualifié do «division-. L'ordonnance du a aofti 182Ô on fit une direction indépendante. Lort/anisation actuelle do l'administration centrale du Ministère remonte au décret, rendu en conseil d'Etat du 12 mai 1891, modifié depuis, partiellement. L'administration centrale comprend : !• le cabinet du ministro (auquel sont rattachés les bureaux du personnel, des traducteurs et do la presse, du chiffre, du départ et do l'arrivée des courriers et lo scr\'ice du protocole); 2» la direction des affaires politiques {comprenant un bureau d'ordre et do classement, la sous-direction du Nord ot de l'extrême* Orient, la sous-direction du Midi et do l'Orient, la sousdirection du contentieux, celle-ci traitant les questions d'extradition, les réclamations des étrangers contre le gouvernement français et des Français contre les gouvernements étrangers, les questions relatives à la jnndiction consulaire, etc.); 3» la direction des consulats ei des affaires commerciales divisée en: sous-direction des afl'airos commerciales, chargée de la correspondance relative aux intérêts du commerce français à l'ciranger, de la négociation des traités do commerce et de navigation, des conventions pour la protection do la propriété littéraire et industrielle et de l'étude des traités analogues passés par les nations étrangères, etc. ; sous-direction des affaires consulaires dans la compétence de laquelle sont les conventions sanitaires, les arrangements internationaux relatifs aux chemins do fer, aux communications postales et télégraphiques, la correspondance relative à ces affaires et à I application de la loi militaire à l'étranger ; sous-direction des afiaires de chancellerie, chargée des législations, de la transmission des actesjudiciaircseldes actes de l'état civil, de la correspondance relative au règlement des successions de nos nationaux à l'étranger ou des étrangers en France, aux naturalisations, aux rapatriements administratifs, aux demandes de services et renseignements, etc.; 4" la division des archives (bureau historique, chargé des communications au public ot de la publication de documents anciens; bureau du classement et des communications au département; bibliothèque; service géographique); 5» la division des fonds et de la comptabilité (chargée de la comptabilité du département et de la surveillance des comptabilités des postes diplomatiques et consulaires, de la préparation du budget, du service des bâtiments du Ministère et de ceux qui appartiennent à la France en pays étranger, du payement des traitements.de laliquidation des pensionsde retraite, etc.;. Au département sont rattachés un jurisconsulte, trois secrétaires interprètes, deux comitûs consultatifs (du contentieux, des consulats} et la commission des archives diplomatiques. La hiérarchie de l'administration centrale comprend des directeurs, sous-directeurs, rédacteurs ou chefs de bureau, etc. ; la plupart de ces fonctionsau cabinet ot dans les directions politique et des consulats sont remplies par des agents ayant un grade dans la carrière extérieure (diplomatique ou consulaire) et détachés, hors cadre, à l'administration centrale. Les agents des autres services peuvent, dans des conditions déterminées, recevoir des grades dans la hiérarchie diplomatique et consulaire.
Les services extérieurs comprennent : 1' le corps diplomatique et consulaire (décrets des 24 juin 1886, 17 janvier et 12 novembre 1891, il et 22 octobre 1892, 25 octobre et 22 novembre 1894), comprenant : a des ambassadeurs, ministres plénipotentiaires, secrétaires d'ambassade de 1", 2" et 3* classe, attachés d'ambassade ; b des consuls généraux, consuls de l" et 2* classe, consuls suppléants, élèvesconsuls; c des vice-consuls; d des chanceliers de i" et 2' classe et des élèves-chanceliers; 2" les drogmans et interprètes; 3" les commis expéditionnaires de chancellerie ; 4" les contrôleurs civils en Tunisie.
Aux termes des règlements, nul ne peut entrer à la direction politique ou à la direction des consulats qu'à titro d'attaché et après un concours, exception faite pour les fonctions de directeurs et sous-directeurs ; lo concours est également la base du recrutement des secrétaires d'ambassade et consuls.
AFFAIRÉ, ÉE adj. Qui a beaucoup d'affaires, qui en est accablé; qui parait très occupé, ou qui veut le paraître; empressé, agité : Le public se compose de gens affairi-.s ou ennuyés. (De Barante.) ii En parlant des choses, so dit surtout de la physionomie, de la mine, qui annoncent de l'inquiétude ou do l'empressement : .4roir l'air affairé, ii Peut avoir un complément marqué par la prép. dk : Gens AFFAIRÉS DK rtens.
— Substantiv. : I^s affairés abondent dans les grandes villes. Il Faire l'affairé. Faire l'empressé, affecter d'être surchargé d'affaires, de besogne.
AFFAIREMENT n. m. Etat dune personne affairée.
AFFAIREUX, EUSE adj. Qui est embarrassé dans ses affaires ; Me semble plus misérable un riche malaisé, nécessiteux, Art' \inE.vx, que celui qui est simplement pauvre. (Montaig.) ti Qui donne fort à faire, qui occupe beaucoup, lo plus souvent sans profit : J'aime mieux une vie moins brave et moins AFKAiREfSE. (Montaig.) ii Conversations af- FAiREi'Sics. (Ch. Nod.) [Vieux.]
AFFAISSEMENT n. m. Etat d'une chose affaissée : Z affaissement d'un édifice, d'une montagne, etc.
— Fig. Accablement, affaiblissement des forces physiques, intellectuelles et morales : Un affaissement mora'. s empare d'un peuple travaillé par tes révolutions. (Mérimée.)
— Chirurg. Dépression : /.'affaissement d'une tumeur.
— Géol. Déplacement plus ou moins vertical du sol dû. soit aux secousses profondes, soit au tassement progressif de certaines couches, soit à la dissolution par les eaux souterraines de roches calcaires ou autres. Dans le Valais, les eaux séléniteuses dissolvent annuellement 20û mètres cubes de gvpse dans le sous-sol.
— Pathol. Etat d'un homme qui, affaibli par la maladie, ne peut se soutenir.
AFFAISSER (rad faix) v. a. Faire ployer, courber sous le faix : Une trop grande charge finit par affaisser un plancher, u Faire baisser, tasscrdes choses posées les unes sur les autres: Les gj^ndes pluies affaissent les terres.
— Fig. Diminuer les forces, affaiblir, accabler : Le grand âge affaisse l'esprit.
AFFAÎTAGE — AFFERMER
S'affa/sseov.pr. S'abaisser, se plier, se courber par son propre poids : Les montagnes s'affaissent quelquefois.
— Fig. Etre accablé : L'âme s'affaissb sous le poids des chagrins, ii On dit quelquefois Laisser affaisser pour Laisser s'affaisser : Nous laissons affaisser notre esprit dans la nonchalance. (J.-J. Rouss.)
— En T. de chirurg. Subir une dépression : Tumeur qui s'affaisse.
AFFAÎTAGE OU AFFAISAGE n. m. Action de dresser, d'apprivoiser un oiseau de proie.
AFFAÎTEMENT n . m. Action daffaîter un oiseau de proie. Il Manière de travailler les peaux à la tannerie.
AFFAÎTER (du lat. ad, à, et factare, façonner, disposer, préparer) v. a. Fauconn. Apprivoiser un oiseau de proie, le dresser à revenir sur le poing, ii S'est employé anciennement au fig., dans le sens d'Elever, instruire; orner, ajuster : // duist sa barbe, affaîta soh guernon. (Chacson de Roland.)
— Archit. So dit quelquefois, mais abusivement, pour
ENFAÎTER.
— Techn. Façonner : AffaÎter des peaux. AFFAÎTEUR n. m. Celui qui est chargé de dresser, d'apprivoiser les oiseaux de proie.
AFFALE ! T. dc mar. Commandement d'affaler. V. affaler.
AFFALEMENT n. m. En T. d'argot. Accablement, découragement : /,'affalëment est V état particulier des âiîu-s faibles.
AFFALER (de l'allem. af, auf, sur, et fallen, tomber) V. a. En T. de mar. Faire descendre, n Affaler mie carque, Haler sur l'un des bouts pour vaincre la résistance éprouvée par le tilin à son passage dans les poulies ou dans les conduits, et le faire ainsi descendre, ii Affaler un objet quelconque. L'envoyer doucement de haut en bas, à laide d'un bout de filin ; on affale un voilier ou un calfat dans une chaise, n On dit aussi qu'un navire est affalé à la côte, lorsque, tombé trop à terre, il risque de ne pouvoir se relever. (Dans ce dernier sens, affaler n'est plus usité aujourd'hui à la forme active.)
S'affaler, V. pr. délaisser glisser le long d'un cordage, pour descendre plus vite : Matelot qui s'affale le long d'mi qalhauban.
— En T. d'argot. Tomber : T'es rien poivre, tu vas t'af- FALER. (J. Richepin, le Pavé.)
AFFAMABLE adj. Qui peut ôtre affame, que Ion peut affamer : Ville, place affamable.
AFFAMANT, ANTE adj. Propre à affamer : Médication
AFFAMANTE^
— Fig. Qui porte à désirer ardemment et sans cesse ; dévorant : Une ambition affamante.
AFFAMATION (si) n. f. ou AFFAMEMENT n. m. Action d'affamer au prop. et au fig. ; résultat de cette action.
AFFAMÉ, ÉE il. Celui, celle que la faim pousse : Le monde est plein ^'affamés.
— Fig. Celui, celle qui est avide de, qui désire passionnément une chose : Des affamés de gloire.
— Adjectiv. : Loup affame.
— Prov. Ventre aifamé n'a point d'oreilles, Celui qui a faim n'écoute guère ce qu'on lui dit, les représentations qu'on lui fait. C'est la moralité d'une fable de La Fontaine {le Milan et le Rossignol), il Gomme un pou affamé, Comparaison triviale, mais énergique, servant à caractériser rhomme qui pousse larapacitéjusqu'â ses dernières limites.
AFFAMER (du lat. ad, à, et famés, faim) v. a. Causer, faire souffrir la faim, en retranchant, en arrêtant les vivres : Affamer une ville. L'impôt de consommation exténue le peuple et Taffame. (Proudh.) ii Affaiblir, rendre moins vif, moins actif : La diète affame la maladie; mais elle affame bien plus encore la vitalité. (Raspail.)
— Agric. Affamer une plante, un arbre. Les priver d'une partie de leur nourriture, pour arrêter un plus grand développement do bois, nuisinle aux fleurs et aux fruits.
— Pêch. Attirer, à l'aide d'un appât, le poisson à fleur d'eau, à l'endroit où le filet est tendu.
S'affamer, v. pr. Etre afl'amé : L'araignée s'affame po?ir se nourrir. (Micbelet.) il Tomber dans la misère, le dénuement : Le travailleur s'affame par la maladie, par le chômage, etc.
AFFAMEUR n. m. Celui qui affame, qui 6te, qui retranche les vivres : Le cri rf'u affameur » désignait a une mort a peu près certaine celui qui en était l'objet.
AFFANER(du lat. fxnum, foin) v. a. Cultiver. (Vieux.;
AFFANURE (du lat.arf,à, et fœnum, foin) n. f. La portion de blé par laquelle on paye, dans quelques provinces, les moissonneurs et les batteurs en grange.
AFFARE n. f. Terpe ancien qui désignait (notamment en Dauphiné} toutes les dépendances d'un fief.
AFFE n. f. Argot. V. aff.
AFFÉAGE n. m. Ane. dr. Droit qui était dû pour chaque feu dun villaire.
AFFÉAGEMENT n. m. Anc. dr. Action d'afféager. L'afféagement est noble, lorsque la partie aliénée l'est à titre de sous-inféodation; il est roturier, lorsqu'il a été stipulé dans l'acte que l'héritage afféagé serait tenu en roture.
AFFÉAGER (du lat. ad, à, et de féage) v. a. Autrefois, aliéner une partie des terres nobles d'un fief pour être tenues en fief ou en roture par l'acquéreur, à la charge d'une certaine redevance.
AFFÉAGISTE n. m. Celui qui tenait une terre afféagée.
AFFECTABLE adj. Qui peut Atre touché, affligé; qui est susceptible de s'affecter : Homme très affectable. il Qui peut être engagé, hypothéqué : Terres affectables.
AFFECTANT, ANTE adj. Qui affecte, qui touche, qui cause de la peine : Histoire affectante.
AFFECTATION [si — lat. affectatio. même sens") n. f. Manière dêtre^e parler, d'agir, qui s'éloigne du naturel : Toute affectation est ridicule. Pour fuir la vulgarité, on arrive à /'affectation la plus abominable. (H. Beyie.)
— Simulation ou exagération de sentiments, de qualités qu'on n'a pas ou qu'on a peu : On pleure par affectation, uussi bien que par émotion vraie. (G. Sand.)
— Destination, application à un usage déterminé : Affi-xtation d'un édifice au culte, d'une somme à telle dépense.
— Affectation hypothécaire. Acte par lequel on hypothèque un ou plusieurs immeubles pour garantir une obligation. Il Affectation. Dr. adm. V. domaine, forêt.
— Syn. Affectation, afféterie. "L'affectation est une manière d'être qui s'éloigne du naturel, et qui souvent manque de sincérité. L'afféterie est une sorte de mignardise : On tombe dans /'affectation en courant après l'esprit, et dans /'afféterie en courant après les grâces.
— Anton. Aisance, naturel, simplicité.
AFFECTÉ, ÉE adj. Qui a de l'affectation ; Pose affective. Il Fig. Qui est ému, affligé.
— Algèb. Se dit d'une quantité accompagnée par un signe, un coefficient, un exposant, etc.
— Dr. canon. Se disait d'un bénéfice chargé d'un mandat, induit, ou réservation du pape.
— Stn. Affecté, apprêté, compassé, composé, étudié, guindé, maniéré, recherché. Jiecherr/ié indique que l'on pousse le bon goût et la distinction jusqu à la minutie. Etudié renferme une idée de pédantisme ou d'astuce, ainsi que composé, qui exprime les allures de certains pédants et les manières hypocrites de certains faux dévots. Maniéré exprime la prétention ridicule que certaines personnes mettent dans leurs gestes ou dans leurs paroles. Affecté marque la recherche dans les manières et le langage. Apprêté ajoute à l'idée d'affecté. Guindé renchérit i^ncore sur l'idée exprimée par apprêté. Compassé se dit de *-e qui est d'une régularité, d'une symétrie minutieuse.
AFFECTER v. a. {1" de l'inf. lat. affectare, affecter, ou 2" afficere, a^ir sur), l" Faire une chose avec ostentation, avec affectation : À^ous affectons souvent de louei- avec exagération des hommes assez médiocres. {La Bruy.) n Feindre, simuler, faire semblant d'avoir : Affecter l'air distrait. AFFtiCTER de grands airs, n Faire un usage fréquent, généralement ridicule ou vicieux, de certaines choses; aliuser : Affecter certains mots. Il est de mode à Paris f/'AFFECTEB les usnges anglais, li Marquer de l'attachement, de la prédilection pour certaines choses : Chaque acteur AFFECTE particulièrement certains rôles, ii Rechercher une chose avec ambition ; y aspirer, s'y porter avec ardeur : César AFFECTAIT la première place, et ne voulait point d'égal. Il Avoir une disposition à prendre certaines formes, certaines configurations : Le sel marin affecte dans sa cristallisation la figure cubique, il Fig. : La vanité prend, suivant les formes qu'elle affecte, des nonis différents. (Arnault.)
~ 2" Toucher, impressionner, affliger : La mort de Turenne affecta beaucoup l'armée, n Au physique, causer une impression douloureuse, morbide : Le tabac affecte ti la longue l'odorat et quelquefois la vue. il Destiner, appliqiier à un certain usage : Affecter une somme à telle dépense. Il Attacher, annexer, attribuer : Affecter une dotation à une dignité.
S'affecter, v. pr. Etre ému, touché ou affligé ; ressentir une impression ordinairement fâcheuse : L'égoïste voudrait ne s'affecter de rien, et tout l'affecte. (Boiste.) il Etre feint, contrefait, simulé ; La véritable douleur ne peut a' afvectef..
-— En T. de pathol. Contracter une lésion : Les poumons SAKFECTENT facilement.
— -Stn. Affecter, afficher, se piquer. Affecter, c'est Manifester une prétention. Afficher, c'est Faire parade d'un défaut ou d'une qualité. Se piquer, c'est Avoir de soimême une certaine opinion.
AFFECTIBILITÉ n. f. Etat d'une personne facilement et vivement afi'ectable : Z'affectibilité est plus grande chez les femmes que chez les hommes.
AFFECTIF, IVE adj. Qui inspire de l'affection, qui impressionne, qui attire à soi. Se dit surtout dans le langage ascétique : Un discours, un geste affectif. Saiiit Bei-nard est un des Pères de l'Eglise les plus affectifs, ii Sensible, impressionnable : Naturel tejidre et affectif, h Qui provient des sens, qui est le résultat de la sensibilité : Les premières sensations des enfants sont purement affectives. Il Qui consiste dans les sentiments et les actes intérieurs. — Se dit par opposition à effectif : Amour affectif. Vertus affectives.
— En T. de gramm. Se dit des mots qui peignent d'un seul trait les affections subites de l'âme, tels que les interjections. Il S'empl. substantiv. dans le même sens : Les affectifs OJit été le premier langage oral de l'homme. (Darjou.)
AFFECTION [si — lat. affectio, même sens) n. f. Se dit en général de toutes les impressions que l'âme éprouve, comme les penchants, les sentiments d'attachement, les préférences, et particulièrement de la tendresse : L'av- FECTION des hommes a coutume de changer avec la fortune. (La Hochef.) li Sensations : Le corbeau a un grand nombre d'inflexions de voix répondant à ses différentes affections intérieures. (Buff.) n Les objets mêmes de nos attachements : Chaque jour on se détache de quelqu'une de ses affections. 11 État maladif, lésion morbide, maladie : L'habitude de fumer prédispose aux affections cérébrales.' ;A, Rion.)
— Affection à. Tendance à, attachement à : Affection au péché. (Fléchier.)
— D'affection, loc. adv. Avec intérêl. avec chaleur ; Parler d'affection de quelque chn<:e. i'Sl""' de Sévigné.)
— Syn. Affection, amitié, amour, attachement, inclination, passion, tendresse. L'amour se dit en général do tout ce gu'on aime, mais plus particulièremen"t du sentiment quun sexe éprouve pour l'autre. La tendi'esse consiste en une douce et inactive émotion. L'inclination est un commencement d'amour ou de tendresse. L'amitié suppose d'ordinaire réciprocité. L'affection naît d'une manière douce et tranquille. L'attachement consiste presque uniquement à tenir d'une manière quelconque aux personnes et aux choses, à n'y être point indifférent. Passion se dit, dans le langage ordinaire, d'une affection quelconque poussée à l'excès.
— Syn. Affection (avec), affectueusement. Le second dit plus que le premier. Affectueusenwnt, en etTet, signifie En homme plein d'affection, et de cette affection qui se marque par de nombreux petits soins.
— Anton. Animadversion, antipathie, désaffection, détachement, éloignement, froideur, haine, Indifférence.
AFFECTIONNATIVITÉ {si-o) n. f. Phrcnol. Y. afFECionnivité.
AFFECTIONNÉ. ÉE («i)adj. Qui a de l'affection; qui est
attaché de cœur, dévoué : Ai'OîV des sujets affectionnés vaut mieux qu'avoir de vaillants soldats. (Sent, persane.)
— Suivi d'un complément, il veut généralement la prép. À : Je suis Français, et très affectionné à ma patrie. (Vauban.)
— En style épistolaire, entre dans les formules de politesse et de salutation qu'on met au bas des lettres :
Votre affectionné serviteur, u On dit aussi substantiv.; Votre affectionné. Votre très affectionnée.
— Faire l'affectionné, s'est dit pour Feindre une grande affection.
AFFECTIONNER {si — rad. affection) v. a. Avoir de l'aflection pour quelqu'un ou pour quelque chose : César affectionnait Brutus. 11 Avoir un goût marqué pour : Affectionner l'étude, le jeu. n Inspirer de l'affection pour ; attaclier à : Un tendre seiitiment inspiré par la nature nous AFFECTIONNE o nos Semblables. (De Barante.)
S'affectionner, v. pr. S'attacher fortement à ; mettre son affection dans ; so passionner pour : S'affectionner a un pays, à un bienfaiteur, à un obligé. \i S'affectionner quelqu'un. Se l'attacher, gagner son affection : S'affectionner des commis, des tioinestiques.
— Syn. Affectionner, aimer, chérir. Nous aimons généralement ce qui nous plait, soit les personnes, soit les choses ; nous ne cfiérissojis que les personnes. Affectionner paraît exprimer un sentiment plus modéré que chérir et aimer. On ï\' affectionne que ses égaux et ses inférieurs.
— Syn. S'affectionner à, s'affectionner pour. D'après Marmontel, le premier signifie tout simplement S'attacher à; le second, c est S'intéresser vivement, se passionner.
— Anton. Abhorrer, détester, exécrer, haïr, jalouser. AFFECTIONNIVITÉ [si) n. f. En phrénologie, Faculté
aflective, qui nous porte à nous attacher aux hommes, aux animaux, aux objets qui nous entourent, il On l'appelle
aussi AFFECTIONNATIVITÉ et ADHÉSIVJTÉ.
AFFECTIVITÉ n. f. En philosophie, fonction générale sous laquelle on range les phénomènes affectifs : L'kv- FECTiviTB existe chez tous les êtres dont les nerfs sensitifs ne sont ni paralyses ni anesthésiés.
AFFECTUEUSEMENT adv. D'une manière affectueuse, avec art'cctinti.
— Syn. Affectueusement, avec affection. V. affection.
AFFECTUEUX, EUSE adj. Plein d'affection, d'attachement, d'amitié, de tendresse : La femme est d'autant plus AFFECTUEUSE et plus tendre qu'elle est pure. (Ventura.)
— Qui témoigne de l'affection ; qui excite l'affection ; Arec des prières affectueuses on triomphe des cœurs les pins durs. \C\\. Nod.)
— Anton. Froid, haineux, malveillant, misanthrope.
AFFECTUOSITÉ n. f. Qualité d'une personne affectueuse ; sentiment d'affection profonde : Les belles âmes ne sont jarnais mieux prédisposées à la bienveillance et à /'affectuosité que par le bonfieur. (E. Sue.)
AFFENAGE n. m. Action d'affener, de donner la pâture : Z'affi;nage des bestiaux.
AFFENER V. a. (du lat. ad, à, et f^num, foin. — L'e du radical prend l'accent grave devant une syllabe muette : J'afféne, tu affènes, etc.). Donner la pâture aux bestiaux, ii On dit aussi affenager.
AFFENOIR frad. affener) n. m. Ouverture pratiquée dans le plafona ou la voûte, au-dessus des mangeoires, et par laquelle on jette le fourrage du grenier dans l'écurie ou l'étable. V. abat-foin.
AFFÉRAGE n. m. Anc. dr. V. affeurage.
AFFÉRENCE n. f. Rapport, relation. (Vieux.)
AFFÉRENT, ENTE (du lat. afferens, allant à, qui convient ài adj. Dr. Se dit de la part qui revient à chacun des intéressés dans un objet indivis : Portion, part afférente. 11 II est ordinairem. suivi d'un complément et signif., alors, Qui est attaché, qui incombe à : Droit afférent au locataire. Dette afférente à la succession.
— Anat. Vaisseaux afférents, Vaisseaux qui apportent un liquide à un organe.
AFFÉRER (du lat.a^^, à, et /erre, porter) v. a. Anc. dr. Imposer, répartir, régler la part de chacun dans une chose commune.
— V. n. Revenir, incomber : La pari qui affï-ire à chaque héritier.
AFFÉRIR (du lat. ad, à, et ferire, frapper) v. n. Frapper à. i! Fie Convenir : H n'AFFiERT qu'aux grands poètes d'user des licences de l'art. (Montaigne.) [Vieux.]
AFFERMABLE adj. Qui peut être affermé.
AFFERMAGE n. m. Action de donner ou de prendre à ferme un immeuble : X'affermage des teri'es. \\ Bail ù ferme, prix de ce bail (il se dit par rapport à celui qui reçoit le revenu et à celui qui le doit) : J'ai touché mon affermage. J'ai payé mon affermage, il Convention par laquelle certains entrepreneurs de publicité louent, pendant un temps déterminé et pour une somme fixe, la parlie d'un journal destinée aux annonces.
AFFERMATAIRE n. Celui, celle qui prend à ferme. (Vieux.
AFFERMATEUR. TRICE n. Celui, ccUe qui afferme, qui
AFFERMATION (si) n. f. Action d'affermer. (Vieux.) AFFERME n. f. Syn. de fermage. (Vieux.) AFFERMEMENT n. m. Action d'affermer : Z'affermemknt d'une tei-re.
AFFERMER (rad. ferme) v. a. Donner à ferme, i bail : Affermer ses terres. Affermer les annonces d'un jom'rial. i\ Prendre à ferme, à bail : Les cultivateurs afferment les termes de ceux qui ne veulent pas les cultiver eu.x-niêmes. S'affermer, v. pr. Etre donné, être pris à ferme ou à bail.
— Syn. Affermer, louer. Ces deux mots expriment l'action par laquelle le propriétaire d'une chose en cède à un autre la jouissance et l'usufruit, moyennant une somme annuelle. Mais on loue toutes sortes de choses, et pour un temps qui peut être court : on loue des chambres, des meubles, des habits, des livres, etc. Affermer se dit principalement dos biens ruraux, et en général des choses
ilont la joiiissanco ost abamionmln par lo propriôiairo, l'uiir un lonips d'ordiiiairo assoit ^^^ë-
AFFERMIR (formô do à, ot do ferme) v. a. Kendro fcrmo, stahlo : Ai'FiiRMiR un pont, U7ie voûte, un t}dificc.
— Paroxt. Donner lie la consistance : AermfKf/rfi AFFKR- Mi r crrttiins h'f/nmcs. La gclte AFFERMIT les chemin». Il Dans ro sens, i-nffrruiir ost lo mot propro.
— l-'iL'. tnii ..ilhli-r ; rendre plus ferme, plus stable, en ii;ii l:iii( d.'s I 11., s, s ; lUchcUeu AFFicRMiT le trône sur les dé- In-, dr ian<,n!n.-frodah-, (Fontanos.) Il Kcndr.- [dus ferme. |.lu-.n,,„ h..;..r„ parla.x .1rs ,M.r^, .mm-s ■■. ai. -,■ . Vomploie |.|.' .|M.' t.M,|.M,i-.s;,N-' i mn-.l. -, ^r.,. , , ■, ,.....-. i Kl-:. SI;r) :
— Manéf,'. Affermir la bouche dun cheval, L'iialdtucr à l'etfet de la bride, il Affermir un cheval dajis la main et sur les hanches, L'accoutumor, dans la marche, à tenir les lianches basses.
S'affermiPf v. pr. Devenir ferme, plus forme; prendre do la consistance : S'afpkrmir sur les étriers. Le poisson s'affiîrmit en cuisant. (Trév.)
~ Fig. Devenir plus fort, plus stable, plus in(^branlable : S'affermir dans une résolution, dans un dessein.
— Syn. Alfermir, arrêter, assurer, attacher, consolider, fixer. On assure co qu'on mer a l'abri do certains accidents ou do certains risques. On affervùt ce que l'on assied sur de solides fondements : Affermir une conquête. — On consolide ce qiii tend à se rompre, à se désunir : Consolider un mur. — On arrête los choses en mouvement : Arrêter mu^ voiture, un cheval. — On fixe en arrV'tant d'une manière invariable : Fixer un volet. — On attache en faisant tenir une chose à une autre : Attacukr une treille à l'espalier.
— Syn. Affermir, cimenter, confirmer, raffermir, sceller. Cimenter se dit des choses où l'on voit distinctement dos parties qui pourraient se désunir ot entre lesquelles on met un lien pour les rendre indissolubles ; on cimente l'amitié, une union, une alliance. On confirme ce qui est cléjà fort en y ajoutant un nouveau degré de force. On raffermit co qui chancelle, ce qui est ébranlé. Enfin, sceller veut dire ajouter queltjue chose, quelque signe qui consacre : Les apôtres soi:r. lurent leur tnnou/naf/e de leur sang.
— Antun. Aitaiblir, ébranler, intirmer, ruiner.
AFFERMISSEMENT n. m. Action dalU-rmir, do consolider ; titat de co qui est alTcrnii ; Z.'affl;rmissemi.,nt des gencives, des chairs.
— Fig. Consolidation ; amélioration do ce qui est déjà dans un état satisfaisant : L'affermissement au crédit public. Z'AFFKRMissiiMENT de la Santé.
AFFÉRON (rad. fer) n. m. Petite pièce de métal qui garnit le bout des lacets et des aiguillettes, n On dit plutôt