‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 129 sur 828 · AGRÉER · texte numérisé non relu

AGRÉER

quait, chez les Romains, à toute disposition ayant pour objet de remanier la distribution de Vagerpublicus et d'assurer aux citoyens pauvres une part dans l'exploitation des ieJTCs conquises. Ces terres avaient été affermées dans i'origine aux patriciens, qui non seulement n'en payaient plus°e cens et transformaient ces possessions toujours révocables en propriétés, mais encore les augmentaient sans cesse pardes achats à vil prix et souvent par la force. Les lois agraires, effroi de la noblesse, arme de guerre entre les mains des tribuns du peuple, et tjui soulevèrent tant d'orages, avaient donc pour but de limiter ces usurpations, en revendiquant et le droit imprescripible de l'Etat, et le droit des plébéiens do participer à l'exploitation des terres publiques. La plus ancienne loi agraire est celle de Spurius Cassius, qui remonte à l'an 486 av. J.-C; la plus célèbre était la loi Licinia, obtenue l'an 376 av. J.-C. ; elle limitait à 500 arpents la quantité de terres domaniales que pouvaient posséder les détenteurs, et prescrivait en outre le payement des fermages. Elle no fut jamais exécutée, malgré les plaintes du peuple, que les patriciens essayaient parfois d'apaiser parla concession de quelques parcelles au loin. Los Gracques firent voter la loi Semprunia, qui reprenait et dépassait même les dispositions de la Liciolinia, mais cotte nouvelle loi fut délinitivement abrogée après leur immolation par l'aristocratie. De nouvelles lois agraires furent proposées au temps de Cicéron, qui les combattit dans deux discours. Quatre ans plus tard, en Tan de Rome 695, César, étant consul, en lit voter une oui concédait les terres publiques de la Campanie aux plébéiens pères de trois enfants. Sous les empereurs, il n'y eut plus de lois agraires proprement dites, mais de simples distributions sans aucun caractère de légalité, et qui n'étaient le plus souvent que le fruit do violentes 4êpossessions. L'expression lex agraria que l'on trouve au Digesle n'y désigne plus que des lois relatives au bornage et à la police rurale.

Il ne faudrait pas croire que les lois agraires aient eu pour but de dépouiller do véritables propriétaires ou de mettre une limite à l'étendue des propriétés foncières. Elles ne ressemblaient en rien, par exemple, à celles que Lycurgue établit à Sparte. Mably et Montesquieu avaient professé cette fausse opinion, q'ue partageait également la Convention lorsqu'elle prononça, le 17 mars 1793, la peine de mort contre quiconque proposerait une loi agraire, c'est-à-dire tendant au partage égal des terres entre tous les citoyens. Les travaux de Heyne, de Savigny et de Niebuhr ont, à cet égard, rétabli la vérité historique.

— Bibl:ogr. : Wacé, Des lois ag}-ai7'es chez les Bomains (Paris, 1846); Laboulaye, art. dans la Bévue de législation et de nirisprudence, t. 'II et III (Paris, 1846),

S" En Irlande et en Ecosse. On a signalé, au mot absentéisme, l'importance de la question agraire en Irlande ; cette question est on effet intimement Ticc à l'histoire de r<i île-sœur » sous la domination anglaise ; et c'est l'honneur de Gladstone d'avoir fait voter par h^ Parlement du Royaume-Uni les Jrish agrarian lai/s t)n ir'in.-ra l'exposé delaquestion au mot Irlande, et. au mot Ecossi;, celui des difficultés auxquelles le Ci-ofter's bill de IS5!.> ;, eu pour objet d'apporter un rem.

AGRAM [am') n. m. nom vulgaiir ; chiendent dans quelques régions - la Franco.

Agram [Zagrab ©n croate), ville de Croatie, située près de la Save ; 37.350 liab. C'est la ville oii est née l'idée de Villyrisme, le foyer intellectuel des Slaves méridionaux dont elle est l'n Athènes », la capitale du royaume de Croatie. Là résident le ban de Croatie etdeSlavouic, les administrations centrales du royaume. En 1880-sl, Agram a été ébranlée par plus de deux cents secousses de tremblement do terre. Chef-lieu d'un district du même nom, peuplé do 88.000 hab.,et d'un comitat qui compte 484,250 hab.

Agrramant, chef de l'armée qui assiège Paris dans le lioland furieux de l'Arioste. Pour sauver Cliarlemagno, Dieu charge saint Michel d'ordonner à la Discorde de semer la division parmi les chefs ennemis. De là est venue cette

Ehrase proverbiale : La discorde est au camp d'Agramant. a valeur impétueuse de ce personnage est également passée on proverbe, et l'on y fait do fréquentes allusions.

AGRANDIR (rad. grand) v. a. Rendre plus grand, plus vaste, i)lus étendu : Agrandir une maison, une ville, une plaie. Il Faire paraître plus grand : Les vêtements noirs et longs AGRANDISSENT la taille.

— Par ext. Rendre plus riche, plus puissant, plus élevé en dignités : Marie de Médicis agrandissait tons les Jours ConciJii, Il Amplifier, exagérer: Les bavards sont sujets à agrandir leurs récits.

— Fig, Elever, ennoblir, fortifier : Les bonnes lectures AGRANDISSENT l'ânie. \\ Imprimer un caractère tle grandeur à ce qu'on fait, à ce qu'on dît, à ce qu'on écrit : Corneille AGRANDIT ses kéros.

S'agrandir, v. pr. Devenir plus grand, plus étendu : Paris s'agrandit tous les jou7's. Il Augmenter sa puissance, ses possessions, ses richesses : Presque toutes les puissances européennes cherchent à s'agrandir en Afrique.

— Fig. S'élever, s'ennoblir, se fortifier.

— Syn. Agrandir, accroître, augmenter. V, accroître.

— Syn. Agrandir, étendre. On agrandit dans les trois dimensions, on n'rh.'utl que dans une seule. Agrandir, c'est embrasser plus d'espace dans tous les sens, rendre plus vaste, plus spacieux; étendre, c'est agrandir au loin, c'est reporter plus loin les limites. On étend ce qui est court, ce qui manque de longueur. On agrandit un bassin circulaire, une ouverture carrée, ronde ou ovale, en lui consorvant la même forme; on étend une allée, un sentier dans un pré. Un lapm agrandit son terrier sans l'étendre en lui donnant plus de capacité; il l'étend sans l'agrandir en le creusant plus avant. Il Au fig., la nuance est beaucoup plus délicate, et même, dans un grand nombre de cas, la différence est nulle : on agrandit ou l'on étend la sphère de ses connaissances; on agrandit ou l'on étend son pouvoir. Mais on dira plutôt étendre qnagj-andir sa réputation, sou commet ce, son influence, sa domination.

— Anton. Amoindrir, apetisser, diininuer, rapetisser, réduire, restreindre.

AGRANDISSEMENT (rad. agrandir) Q. m. Augmentation, accroissement : /.'agrandissement d'une propj'iété, d'une viaisouj d'un Jardin, ^'agrandissement d'une photographie.

— Fig, Se dit en parlant do la puissance, des dignités, de la fortune : Jamais les plaisirs ne firent perdre à César une heure du temps qu'il pouvait employer à son agr.andis- SEMENT. (Ch. Charron.)

— Encycl. Phot. Les appareils destinés à faire les agi'andissements sont basés sur le fait qu'un objectif donne d'un objet situé à une distance de sa face antérieure comprise entre le double de sa distance focale et sa distance focale une image réelle, renversée et agrandie. Si p et p' sont les distances de l'original et de son image à l'objectif, l'amplification g (v. amplification) est donnée par la formule :

f étant la distance focale de l'objectif employé. Il en résulte que, si l'objet doit être grossi g fois, il faut le

placer à une distance p = i ' Me l'objectif, et l'image va

se former à une distance p'= (17+I) f. Les agrandissements peuvent se faire, à volonté, à la lumière artificielle ou naturelle ; la lumière solaire est indispensable pour les agrandissements sur papier au charbon. On peut, comme appareil, utiliser une lanterne à projection, et, lorsque l'amplification no doit pas être très grande, employer un amplificateur. V. ce mot,

AGRANDISSEUR n. m. Appareil employé en photographie pour les agrandissements. V. amplikecateur.

AGRANDITIF n. m. Mot qui sert à donner plus d'étendue à une expression, à l'agrandir : Augmentatif emporte un tout autre se7ts que agrandit'K. (Mercier.)

AGRANIES, AGRIANIES ou AGRIONIES (du gr. ag7'ios, sauvage, féroce) n. f. pi. Fêtes en Dionneur de Bacchus, dont le char était traîné par des tigres.

— Encycl. Les agranies se célébraient en Béotio. Les femmes s'assemblaient la nuit, feignaient de chercher le dieu, qui, disaient-elles, allait alors se cacher chez les Muses. Après un festin, elles se proposaient des énigmes. Ce singulier mystère paraît avoir symbolisé l'influence de l'étude sur le naturel le plus féroce.

AGRAPHIDES n. m. pi. Genre de plantes de la famille des liliacées, dont une espèce, la jacinthe sauvage, est commune dans nos bois.

AGRAPHIE (du gr. a priv., et graphein, écrire) n. f. Impossibilité d'écrire, quoique le malade entende, comprenne, parle et Use correctement : Z'agraphii-; est l'aphasie de la main. (Charcot.1

— Encycl. Ce symptôme s'observe dans l'ataxie locomotrice, le delirium tremens, le tremblement mercuriel, la crampo des écrivains, les lésions de l'encéphale, l'hystérie, etc. On doit distinguer trois formes à'a/iraphie, correspondant aux trois formes d'aphasie ; agraphie par cécité verbale, où le malade peut encore écrire de la tête ou sous la dictée, mais non d'après un modèle ; agraphie par surdité verbale, où le malade ne peut écrire sous la dictée, bien qu'il puisse encore écrire de têto ou d'après un modèle; agraphie motrice, où il ne peut plus écrire du tout. Cette dernière forme paraît plus rare que les précédentes.

L'agraphie est habituellement associée à l'hémiplégie ou àlaphasic; cependant, elle peut être observée isolément, ni dehors lie tout trouble intellectuel ou moteur. V.aphasic

AGRAPPE n. f. Garniture de billettes à la poignée de la lance Jo joute. (V. grappe.) Il Au moyen âge, s'employait aussi oummc synonyme de agrafl:, de mordant. V. ces mots, a. Prendre, saisir avec

Qui conslutine.

Ce qu'elle atlmpe :

Femme est pncline.

Toujours elle huppe

Ce qu'elle agra}'jic. fxvi" siècle.)

i Vieux et fam.'i 11 On dit mieux agripper et gripper.

AGRARIANISME {nïss — rad. agraire) n. m. Système des partisans du partage des terres entre tous ceux qui cultivent le sol.

AGRARIAT {ri-a) n. m. Application de l'agrarianismc, partage des terres entre ceux qui cultivent le sol.

AGRARIEN, ENNE {ri-in, en') adj. Qui concerne la loi agraire : Partage agrarien.

— Substantiv. Partisan des lois agraires : C'est à l'époque des cojivulsions sociales qu'apparaissent les AGRARiiiNs. li On dit aussi agr\ikien.

— Encycl. Hist. et polit. Les agrariens, Nom que s'est donné un parti de théoriciens socialistes aux Etats-Unis. C'est aussi le nom d'un parti politique allemand, composé surtout de grands propriétaires fonciers, qui estiment la terre et l'agriculture lésées par la législation actuelle au bénéfice du capital argeut. Protectionnistes à outrance, ils ont leur forteresse dans les pays au delà de l'Elbe.

AGRASSOL n. m. Nom donné, dans le midi de la France, au groseillier à maquereau.

AgrATE (Marco Fkrrare d''», sculpteur italien du xvi« siècle. Son œuvre la plus connue est la statue de saint Barthélémy (I5t)2), placée dans la cathédrale de Milan et représentant le personnage écorché qui porte sa peau sur ses épaules. Ce marbre est curieux au point de vue anatomique. L'artiste a gravé sur le socle do sa statue :

JS'un me Praxitcles, sed ilarcus /inrit Âgriitus-

(Ce n'est point Praxitèle, mais Marco. Agrato qui me sculpta.)

Dans cette même cathédrale, pour laquelle Agrato travailla de 1541 à 1571, on voit de lui un bas-relief, les iVoces de Cana; il a également collaboré à la décoration de la Chartreuse de Pavie.

AgraULE, nom d'un dème de l'Attique, s'appclant ainsi d'Agraule (ou Aglaure), fille do Cécrops.

Agraule ou Aglaure, fille do Cécrops, adorée à Salamine et à Athènes. Suivant Hérodote, elle se dévoua volontairement pendant une guerre que soutenaient les Athéniens. Elle avait près de l'Acropole un temple où les jeunes guerriers prêtaient serment avant d'aller à la guerre.

AGBAUUES ou AGLAURIES n. f. pi. Fêtes en l'honneur d'Agraule, à Salamine et peut-être â .Athènes; elles oui été, primitivement, accompagnées de sacrifices humains.

AGRAULXS {â-liss — du gr. agraulos, qui vit dans les champs) n. m. Genre d'insectes lépidoptères rhopalocères, famille des nymphalidés, renfermant des papillons do couleurs vives et tranchées, à ailes dentelées, habitant les régions tropicales et équatonalcs de l'Amérique. 11 On les appelle aussi dignes.

AGRAVIADOS (mot esp. qui signif. persécutés) n. m. pi. Nom pris lors de l'établissement des Bourbons en Espagne, par le parti d'oiiposition à la nouvelle dynastie, et devenu générique en Espagne pour désigner les mécontents politiques. — C'n .iGRAVlADO.

AGRAYLÉE (gré —du gr. agraulein, habiter les champs) n. f. Genre d'insectes névroptères trichopières, de la famille des phryganidés, voisins des hydroptiles, et renfermant de petites phryganes ressemblant à des teignes. Nombreuses espèces dans uos pays : agraylea sparsa, costalis, etc,

AGRAZ [graz') n. m. Boisson rafraîchissante que les Espairnols font avec du raisin vert : Le goût légèrement acidulé de Tagraz est des plus agréables. ("Th, Gaut.)

AGRE n. f. Genre de coléoptères. "V, agra. AGRÉABILITÉ n. f. Qualité d'une personne qui est, qui se rend agréable : X'agréabilité d'un causeur.

AGRÉABLE adj, Quî agrée, qui \Asdi : Maison, conversation, figure, odeur, rêve agréable. L'art du philosophe consiste à se rendre tous les objets agréables par la manière de les considérer. (Guizot.) 11 Sempl. avec la prép. a: Son agréable k l'oreille. Mets agréable au goût. Se rendre agréable k quelqu'un. 11 Qui plaît en société, qui est aimable, d'un commerce facile : On se croit dispoisé d' être un homme de bien, pourvu qu'on soit un homme agréable. (J.-J. Rouss.)

— Avoir pour agréable. Consentir à, trouver bon : Ayez POUR AGRÉABLE ûue... II On disait aussi avoir agréable.

— Il est agréable de. C'est une chose qui plaît que de...

— Substantiv. Personne qui cherche à plaire, qui aflecto l'amabilité, la galanterie : Ln agréable. 11 Faire l'agréable. Mettre beaucoup d'empressement à passer pour aimable.

L'agréable, n. m. Ce qui est agréable, ce qui plait : Heureux qui sait mêler l'agréable à l'utile!

~ Pbov. littér. Joindre (ou unir) l'utile à l'agréable.

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