‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 137 sur 828 · V. ORPHIE · texte numérisé non relu

V. ORPHIE

— Manèg. Nouer l'aiguillette, Se dit d'un cheval sauteur, qui détache des ruades violentes et répétées, les jambes étendues.

— Map. Filin pour l'aiguilletage. Il Gros fil de fer terminé par une espèce de bouton, et qu'on emploie pour tirer du sable. Il Aiguillette de porque. Allonge la plus haut placée dune "pQVf^wQ.W Aiguillette de mât, Mâtereau de renfort.

— Proverb. : Il ne fait pas bon servir un maître qui serre de vieilles aiguillettes, On gagne peu au service d'un niaîire trop économe. Il CounV l'aiguillette, Se disait des femmes do mauvaise vie qui courent les rues, il Nouer l'aiguillette. Faire un maléfice auquel on attribuait le pouvoir d'empécber la consommation du mariage. (On appelait noueurs et noueuses d'aiguillettes ceux et celles qui passaient pour savoir accomplir ce maléfice.)

— Encycl. Pendant tout le moyen ûge jusqu'au début du xviii" siècle, les aiguillettes servirent à attacher ensemble les diverses pièces du costume, notamment le pourpoint aux chausses. On se servait aussi d'aiguillettes pour retenir les feuillets des livres reliés en parchemin. Les aiguillettes pour le costume civil étaient faites de soie ou de fil, celles du costume de guerre étaient de cuir de mouton, de chien, de chevreau, etc., ou do tresse de chanvre avec des ferrets de cuivre ou de fer. A la fin du règne de Louis XIV, M"'" de Maintenon étendit son influence austère sur les aiguillettes elles-mêmes : elles commencèrent à céder le pas aux boutons, qui paraissaient plus simples, plus sévères.

Comme insigne militaire, les aiguillettes auraient, diton, une origine assez plaisante. Le duc d'Albe, général espagnol, ayant eu à se plaindre d'un corps de Flamands qui avait lâché pied, avait décidé que toutes les fautes commises à l'avenir par ce corps seraient punies de la corde, sans distinction de rang et de grade. Les Flamands répondirent que, pour rendre l'exécution de cet ordre plus facile, ils porteraient désormais sur l'épaule une corde et un clou, ce qu'ils firent en etfet ; mais leur conduite devint si brillante, si exemplaire, que la corde fut transformée en une tresse de passementerie, et qu'on en décora depuis, comme marque honorifique, les officiers de la maison des princes, les pages et les copps d'élite.

Quoi qu'il en soit de cette anecdote, l'aiguillette fut adoptée en France, en tant qu'insigne militaire, au temps de Louis XIII : les officiers d'infanterie, renonçant au corselet d'acier, ne gardèrent de l'ancienne armure que le hausse-col comme marque de leur grade, et ils y ajoutèrent les aiguillettes d'épaule, qui furent plus tard remplacées par les épaulettes.

AIGUILLEUR {gu-i, et II mil.) n. m. Celui qui chemin de fer, est préposé à la garde et à la manœuvre dune aiguille :

Prés du rail où souvent passe comme un éclair Le convoi furieux et son cheval de fer, Tranquille, Vaiguilleur vit dans sa maisonnette. P. CoPPÉE.

Il Celui qui tourne le robinet par où s'échappe la vapeur.

AIGUILLIER (gu-i, et II mil.) n. m. Petit étui à mettre les aiguilles. C'était anciennement une ■ gaine de bois, d'os, do métal plus ou moins finement travaillé, ouverte inférieurement, et contenant de petits feuillets d'étotfe sup lesquels on piquait les aiguilles. Les aiguiUieps du XIV" siècle sont en forme de losange, ceux du XVI" siècle sont plutôt carrés ; parfois l'étui était habillé d'étoffe dn soie brodée.

AIGUILLIER, tRE(gu-i. et i/ mil.) n. Celui, celle (|iii laliihiiH' uu vend des aiguilles.

AIGUILLIÉRE gu-i. et II mil.) n. f. Filet destiné à prendre les poissons dits aiguilles, et qui se tend entre deux eaux.

AIGUILLON {gu-i, et II mil. — rad.

dans un

liguille)

n. m. Pointe de fer fixée à un long bâton , «

plement Bâton pointu pour piquer les bœufs : /.'aiguillon

ae bois est pré f érable à 1'aig\jiia.ok de fer, souvent dangereux.

— Fig. Stimulant, tout co qui excite, anime, encourage : /.'intérêt est un puissant aiguillon, il Aiguillons de vin. Nom donné par Rabelais aux viandes salées (jui excitent la soif. Il Dans l'Ecriture. L'aiguillon de la chair, Los tentations, les désirs do la concupiscence.

— Phov. : A dur âne, dur atauUlon, Il faut user de moyens énergiques avec une personne difficile à diriger.

— Bot. On appelle aiguillon, en botanique, une production dure et pointue que présente l'écorco do certaines plantes.

— Ichtyol. Nom populaire du jeune brochet, V. co mot.

— Pathol. Dans l'ancienne médecine, cause déterminante de l'inflammation.

— Zool. Dard creux et par où s'épanche le venin des insectes hyménoptères et des arachnides scorpionides.

— Encycl. Zool. L'aiguillon est toujours situé à l'extrémité do l'abdomen. Chez les scorpions, il est formé par lo dernier segment de l'abdomen ou telson, qui se termmo en une pointe arquée. Chez les hyménoptères (abeilles, guôpes), l'aiguillon se compose d'une gaine chitinouse renfermant deux soies, et est articulé à son origine avec un certain nombre de pièces destinées à lo faire sortir de l'abdomen et à lo diriger dans tous les sens : Les abeilles laissent ordinairejnent leur aiguillon dans la piaûre.

— Bot. Kn botanique, Vait/uHlon diffère de 1 épine en co qu'il est dû à une prolifération épidermique, Tandis que Vèpme est un prolongement do la partie profonde du bois. L'aiguillon se détache de la plante en laissant une cicatrice peu profonde (aiguillons des ronces, des rosiers, des acacias).

— Ichtyol. En ichtyologie, le nom à'aifiuillon s'applique aux osselets d'une seule pièce et pointus qui remplacent, dans quelques familles de poissons, certains rayons des nageoires, il On désigne encore sous ce nom les piquants que présentent sur leur corps certains animaux, comme les hérissons.

Aiguillon (lat. AciUo), comm. du Lot-et-Garonne, arrond. et à 50 kilom. d'Agen, sur la rive gauche du Lot, près de son confluent avec la Garonne; 3.094 hab. (Aiguillonnais.) Au moyen âge, cette ville fortifiée fut assiégée sans succès par le dauphin Jean (1346), et prise par Du Guesclin en 1370. Aiguillon fut érigée en duché-pairie à trois reprises en faveur : du fils aîné du duc de Mayenne (1599-1621); de Puy-Laurens (1634-162:*); enfin, en luas, do Madeleine de Wignerot, dont la biographie suit.

Aiguillon (Marie -Madeleine de Wignerot, duchesse d"), fille de René de Wignerot, seigneur de Pontde-Courlay, et de Françoise du Plessis, sœur du cardinal de Richeheu, née vers 1604, morte en 1675. Fille d'honneur de la reine mère, elle épousa en 1620 Antoine de Beauvoir du Roure, sieur de Combalet, qui mourut peu après. De 1625 à 1631, elle fut dame d'atour de Marie de Médicis. Le cardinal essaya de remarier sa nièce au comte de Soissons ou même à Monsieur, mais elle s'y refusa, et, en 1638, il obtint pour elle une érection nouvelle d'Aiguillon en duché-pairie. Elle se consacra de tout temps à des œuvres charitables, fut l'auxiliaire de saint Vincent de Paul et fonda à Québec (1639) un établissement de religieuses hospitalières. Fléchier ppononça son oraison funèbre.

Aiguillon (Emmanuel -Armand de Wignehot pu Plessis-Ricuklieu, duc D*), administrateur et homme d'Etat, né en 1720, mort en 1780 ou 1782. Colonel du régiment de Brie et marié en 1740 à la fille du comte de Plélo, il reçut de Louis XV, qui jugeait la duchesse de Châteauroux trop bien disposée pour le jeune officier, l'ordre d'aller servir en Savoie sous le prince de Conti (1744); il s'y battit bravement pendan*, la guerre de la Succession d'Autriche. Il fut nommé gouverneur de Bretagne en 1754. Sa conduite à Saint-Cast( 1756) contre les Anglais, qui avaient tenté de débarquer, fut l'objet de critiques qui ne paraissent pas justifiées : ses enne tendirent qu'il s'était mis à l'abri dans un mouli fit dire à La Chalotais, procureur général près le parfementde Rennes, qu'il s'était couvert non de gloire, mais de farine. Le fait est contesté, et il se peut que d'Aiguillon ait simplement choisi un moulin comme poste d'observation. On lui reprocha aussi d'avoir, par un sentiment de mesquine jalousie, fait échouer en 1759 l'expédition projetée en Ecosse.

Son despotisme administratif soulevacontre lui les états de Bretagne et le parlement de Rennes. Obligé de donner sa démission, il fit une opposition très active àChoiseul.et, grâce à M"" Du Barry, il finit par remporter (1771). Après la retraite de Choiseul triompha le triumvirat (d'Aiguillon- Maupeou-Terray), et, sous d'Aiguillon, devenu ministre des Affaires étrangères et de la Guerre, eut lieu le partage delà Pologne. Il se fit remarquer dans ce poste par son infériorité. Soit que Choiseul ait plus que personne contribué aux infortunes de la Pologne, soit que l'on excuse cet homme d'Etat d'avoir abandonné une partie qu'il jugeait perdue, il est de fait que d'Aiguillon trouva, en arrivant aux affaires, une situation dont il était plus que tout autre incapable de se tirer dignement. Exilé à ravènement de Louis XVI, il employa ses dernières années à recueillir des notes en vue de la publication de ses Mémoires.

— BiBLiOGR. : Soulavie, Mémoires du duc d'Aiquillon fl789) ; comte de Carné, les Etats de Bretagne (186S); Carré, La Chalolais et le duc d'Aigicillon; correspondance du cheralier de Fontette (1893); A. Sorel, la Question d'Orient au xviii" siècle (Paris, 1889).

Aiguillon (Armand de Wignerot du Plessis-Riche- LiKu, duc D|, fils du précédent, né en 1750. mort à Hambourg en 1800. Officier dans la garde du roi, il fut. en 1789, élu député de la noblesse d'Âgen aux états généraux, se déclara partisan des réformes et vota avec^o parti de Barnave jusqu'à l'affaire de Yarennes, après laquelle il voulut

Duc d'Aiguillon.

; pré-

aiguilli:ter — aiguiseur

se rapprocher do la droite, qui l'accuoillit froidement. Sa situation politique devenant difficile, il prit du sorvico. fut envoyé à la frontièro 8ui»so{1792), mais émigra hientfti, redoutant les suites do la saisie d'une lettre où il qualiiiait rudement l'Assemblée léf^islative. Il no prit aucune part à l'œuvre active do l'émigration. Rayé de la liste dos émigrés, il se disposait, en 1800, à rcntror en France. lorsqu'il mourut subit^-mcnt.

AlGUiLLON-SUR-MER {L\ comm. Ot port do la Vendée, arr. et à *'j kilom. de Fontonay, sur le fl. côticr le Lay ; 1.822 hab. A 0 kilom. do là se trouve Vanse de l'Aiguillon, golfe de l'Atlantique et reste do l'ancien aoKo du Poitou, où l'élévo des moules a pris un très grand développement.

AIGUILLONNANT, ANTE {gu-i, et II mil.) adj. Qui est de nature à aiguillonner, e.xcitcr, animer : Curiosité aiguillonnante.

AIGUILLONNEMENT [gu-i, et II mil.) D. m. Action d'aiguillonnor; résultat de cette action : Z'AiGUiLLONKeuifNT d'un conducteur brutal blesse souvent les bêtes.

AIGUILLONNER (gu-i, et II mil.) v. a. Piquer, presser avec l'aiguillon : Il faut aiguillonner tes bœufs avec mé'

nagemcnt.

— Fig. Exciter, aiguiser : L'exercice aiguillonne l'appétit. Il Inciter, animer, encourager, attirer: Aiguillonnkr un homme lent. Aiguillonner un poltron. \\ Tourmenter : Toujours quelque inquiétude nous aiguillonne.

Aiguillonné, ée part, pass. du v. Aiguillonner. Chass. Se dit des fumées des bétes fauves, terminées par un aiguillon : Fientes aiguillonnkhs.

— Zool. et Bot. Muni d'aiguillons : Plante aiguillonnée. Insecte aiguillonné (comme les insectes hyménoptères [guêpes, abeilles] qui portent un aiguillon à venin). V. portk-aiguillon.

S'aiguillonnerfV. pr. Etre excité, encouragé; s'exciter, s'encourager : Le.i hommes réunis s'aiguillonnent et s'éclairent. (Mercier.)

— Syn. Aiguillonner, animer, encourager, exciter, inciter, porter à, pousser à. On excite celui qui manque de résolution. On incite celui qui n'est pas disposé. On pousse à celui qui ne veut pas ou qui ne veut

que faiblement. On anime celui qui n'a que de la froideur ou de l'indifférence. On encourage le lâche et le timide. On aiguillonne celui qui ne peut vaincre son inertie. On porte à celui qui se laisse mener plutôt que de se conduire lui-même.

AIGUILLONNEUX, EUSE [gu-i. et II mil.) adj. En T. de bot-. Muni d'aiguillons : Arbre aiguillonneux. Il On dit plutôt aiguillonné.

AIGUILLONNIER (gu-i, et II ml!.) n. m. Nom vulgaire d'un insecte coléoptère longicorne [calamobius gracilis), habitant le midi et le sud-ouèst de la France, la région circaméditerranéenne, a i g n i 1 1 o n n î e r et qui a fait parfois de grands ravages. (grossi 3 fois). Ses larves attaquent le froment sur pied en rongeant le chaume au sommet, circulairement, de telle sorte que les épis tombent au moindre vent. Les champs de froment, ainsi dévastés, ont l'air d'être pleins d'aiguillons, d'où le nom d'aiguillonnier donné à l'insecte.

AIGUILLOT {gu'i-o [Il mil.] — rad. aiguille) n. m. Mamelon des gonds de cuivre ou de fer fixés sur le gouvernail et entrant dans les femelots fixés à l'étambot : C'est sur les aiguillots que tourne le gouvernail.

AIGUISABLE (gn-i) adj. Qui peut être aiguisé : Couteau

qui n'est plus aigl isabi-K.

AIGUISAGE ou AIGUISEMENT (gu-ï) n. m. Action d'aiguiser une arme, un outil; état de I ustensile aiguisé: /.'aiguisage d'un sabre, d'une hache, d'un canifs d'un rasoir.

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