‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 144 sur 828 · AIMERI — AINE · texte numérisé non relu

AIMERI — AINE

de Philippe VI de Valois. — Ce prince était à peine sur Je trôno de France, qu'il songea à guerroyer contre les Flandres. La plupart des barons lui conseillaient d'attendre jusqu'à l'année suivante, n pour ce que l'hiver viondroit avant qu'on eût. préparé une si grosse expédition. Comme ces paroles déplaisoient moult au roi, il se tourna devers messire Gautier de ChâtiUon, connétable du royaume de France : « Et vous, connétable, qu'on (1 dites-vous? — Qui a bon cœur trouve toujours bon n temps pour la bataille ! u s'écria Gautier de ChâtiUon. Quand le roi eut ouï cette parole, il accola le connétable, en disant : a Qui m'aime me suive! '• Et donc fut crié que chacun, selon son état, fut prêt à Arras pour la Magdcleine. b [Chronique de Saint-Denis.)

Aimeri de Narbonne, chanson do geste, de Bertrand de liar-sur-Aube, et qui date du commencement du xin" siècle (entre 1210 et 1220). Elle appartient au cycle dit do Guillaume au court nfz. auquel se rattachent plus d'une vingtaine d'épopées du même genre. L'épisode du début, la pl-ise de Narbonne par Aimeri. a inspiré à Victor Hugo sou Aymerillot, un des plus beaux poèmes chevaleresques do la Légende des siècles.

AlMOIN, abbé de Fleuri ou Saint-Benoît-sur-Loire, auteur d'une Histoire des Francs, compilation qui va jusqu'en 654 et qui, malgré les erreurs qu'elle contient, est précieuse et a servi de base aux Grandes Chroniques de Saint-Denis. Dans ses Miracles de saint Benoit et dans sa Vi'e d'Abbon, il donne des renseignements très utiles sur l'état des esprits et des mœurs au x< siècle. Il fut favorable à l'avènement de Hugues Capet. — On le fait mourir sans preuves en lOOS.

AlMON (les QUATRE FiLS). On donuo ce nom à quatre chevaliers fameux dont les aventures merveilleuses sont racontées dans nos vieilles chansons de geste, dont la plus ancienne version parvenue jusqu'à nous, Henaud de Aîontauban, remonte à la première moitié du xm* siècle. Aimon fut chargé par Charlemagne de gouverner le pays dont Albi était la capitale, et prit le titre de « duc de Dordon » (ou a de Dordogne »). Il eut pour fils les quatre preux Renaud (ou Retnauld), Guichard (ou Guiscard), Alard (ou Adélard) et RicHARn (ou Richardet). Le duc d'Aigremont, frère d'Aimou, s'étant attiré la colère de Charlemagne, celui-ci envoya des troupes contre lui : il ne voulait que le vaincre et lui imposer des conditions, mais Ganeron, moins scrupuletix, le tua dans la bataille. Alors, Renaud et ses frères vinrent trouver Charlemagne pour lui demander justice du meurtre de leur oncle. N'ayant pu rien obtenir, ils se considérèrent comme déliés de leur serment, puis, aidés par le magicien Maugis, leur cousin, ils se frayèrent, l'épée à la main, un passage à travers les soldats du grand roi, et plus dune fois ils ne durent leur salut qu'à leur unique clieval Bavard, que leur avait donné la fée Orlande.

Longnon a cru pouvoir établir que le Charlemagne dos Quatre fils Aimon était, en réalité, Charles-Martel. Renaud et ses frères auraient été au nombre des Francs qui s'opposèrent à Charles-Martel, de 715 à 719. D'après les recherches de Grellet-Balguerie, l'origine des quatre fils Aimon serait, au contraire, aquitanique. Leur aïeul serait Aimon I", comte de Périgueux, et leur père Aimon n ou Aimeron. Ce qui estcertain, c'est que les Quatre fils Aimon, Renaud de Montauban sont uu écho des grandes luttes du vin* siècle entre les Francs d'Austrasie et les Gallo-Romains d'Aquitaine.

C'est en 1619 que parut à Anvers la Chronique des quatre fils Aimon, où l'on voit les quatre frères juchés les uns derrière les autres sur le robuste cheval Bavard. L'Arioste, dans son Roland furieux, a rendu immortel le nom de Renaud de Montauban et celui de sa sœur Bradamante, dont il a évidemment emprunté les types originaux à notre légende nationale.

— BiBLiOGR. : Paulin Paris, Histoire littéraire de la France (XXII, 667-708) ; Longnon, Revue des que.itions historiques (année 1879, pp. 173-96); Angel FayoUe, Origine des villes de Ribêrac, Mussidan, etc. ^Ribérac, 1881).

AÏMORÈS ou ÂÏMOURÊS. Géogr. V. Botocudos.

AIN, suffixe que l'on ajoute à un adjectif numéral (dix-huit, vingt, vingt-deux), pour désigner, dans le tissage des draps, certain nombre de fils de la trame.

— Encycl. Le mot ain proviendrait d'une abréviation do centain (écrit C*"», et définitivement ain) ou centaine, les draps se désignant par les centaines de fils dont la irame était composée. Mais on n'a jamais dit " centain i> pour n centaine ". En réalité, ain n'est pas un mot, mais un suffixe. Un drap ayant dix-huit cents fils de trame s'appelait un dix-huitain, ce qui est une expression aussi claire que t un quatrain u , « un sixain » , pour désigner une pièce de quatre, do six vers. On disait même un vingtam, un vingt- deux^xiv, un vingt-quatraiXn, un vingt-kuitain^ selon que la trame avait vingt, vingt-deux, vingt-quatre, vingtsix ou vingt-huit centaines de fils.

On peut employer tous ces mots adjectivement et dire : Un drap dix-nuilAm, vingt-deuxw^, etc.

Ain, riv. de France, affluent droit du Rhône, née dans le dép. du Jura, près du village de Nozeroy. Elle se dirige vers le S. à travers ce département et celui de l'Ain, coulant jusqu'à Pont-d'Ain au fond d'une vallée sinueuse et resserrée, franchissant d'abord des sauts, puis recevant ïa Bienne, la Valouse, l'Oignon, l'Albarine et le Surand; elle longe ensuite le plateau de la Bombes, et se jette dans le Rhône près de Loyettes, en face d'Anthon, à 190 kitom. do sa source. Le flottage est considérable sur l'Ain, navipahlo seulement depuis son confluent avec la Bienne (90 kilom.).

Ain (département de l'), formé do la Bresse, du Bugey, du Valromey, du pays de Gex et de la principauté de Dombes. Il tire son nom de la rivière de l Ain, qui lo traverse du N. au S. La frontière, entre co département et le canton de Genève, est une ligne conventionnelle, d'abord parallèle au Rhône et circulant do 10. à l'E., puis parallèle au lac de Genève. Superficie 579.897 hect.

Il comprend 5 arrondissements [Bourg, ch.-l. : Belley, Gex, Nanlua, Trévoux), 36 cantons, 453 communes, et uno population de 351.569 hab. Il ressortit au "• corps d'armée, dont Bourg et Belley sont des subdivisions, à la 5" insu, des ponts et chaussées, à la 2* div. des mines, et à la 17* conserv. des forêts. L'évêché de Belley est suffragant de l'archevêché de Besançon ; pour l'instruction publique et les tribunaux, le département est placé dans le ressort de Lyon.

La constitution géologique du département do l'Ain est calcaire et argileuse. Tout le relief y est dû au Jura: tombant à pic vers l'E. , il s'abaisse en étages à l'O. vers les plaines marécageuses de Bresse et de Dombes: ces côtes portent des vignobles et des prés ; la forêt s'étend au-dessus. Les rivières roulent resserrées entre les plis du Jura, ou les coupent par des écluses; ainsi fait le Rhône. On trouve quelques lacs : celui de Nantua, à 425 m. d'altitude, a 208 hect, d'étendue; celui de Silan, qui s'écoule par la Valserine, en a 180.

Le climat, salubre sur la montagne, est humide et malsain dans la Dombes, presque constamment couverte do brouillards épais et méphitiques. La neige y règne de la fin d'octobre à avril; des gelées tardives nuisent aux récoltes; l'hiver est rude dans le Jura.

L'Ain est plus remarquable par ses sites pittoresques que par ses richesses, malgré les progrès de ragriculture

AÏN-BEÏDA-EL-KEBIRA, comm. d'Algérie, dép^ arrond. et à 115 kilom. de Constantine, ch.-l. d'ua cercle militaire ; 6.1 14 hab. Pop. du cercle : 66.200 hab.

AÏN-BES^EM, comm. mixte de l'Algérie, dép., arr. et à 7ô kilom. d'Alger; 26.275 hab.

AÏN-BOU-DINAR (c'cst-à-dire la Source aiix pièces d'or),

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